Le charme, l'originalité de l'instant présent est son instantanéité. Il en a l'exclusivité. Il nous fait voir ce que nous regardons, entendre ce que nous écoutons, réfléchir à ce que nous pensons, agir. Tout est brillant, direct, vrai. Il se découvre en même temps qu'il se coule.
Pas d'intermédiaire, de décortication, d'explication, elles viendront dans le passé, quand l'histoire s'écrira. Lui n'a pas cette vérité. Il est rempli de souvenirs jaunis, interprétés, déformés, trafiqués. Son parfum est suranné, fade, flétri. Il a l'odeur rance d'une graisse oxydée.
L'avenir se dit rempli d'espoir, de plaisirs à venir, de découvertes qui changeront tout : la façon de manger, de calculer, de voyager, de fabriquer, de faire de la musique, les films, d'éduquer, de se soigner, de travailler. On sait, d'expérience, que l'homme restera ce qu'il est depuis toujours : hypocrite, menteur, égoïste, paresseux, crédule, idiot, méchant. Il aura en plus abandonné le peu qui le rendait fréquentable à une intelligence qui fera tout à sa place.
L'idéal serait que le présent cesse de bouger, ne connaisse pas d'instant suivant, arrête de suivre le mouvement.
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