Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mercredi 1 avril 2026

Pour prendre de la hauteur, je grimpe à une échelle et, en haut, débarrassé de l'effet de sol,  je me livre au vertige du vide en me demandant, frissonnant, si je ne serais pas mieux, allongé dans mon lit, à rêver que je suis, très haut, assis confortablement sur une étoile filante.

MERCI

MERCI n'est pas un mot banal. Il est même redoutable, c'est une reconnaissance de dette envers quelqu'un qui a  ramassé un objet tombé, ouvert la porte, mis une pièce dans la main tendue, donné un conseil,  dépanné, etc. Ce merci peut être suivi de beaucoup quand le cadeau est conséquent.

Il reconnaît un statut de débiteur et on espère que le mot rembourse suffisamment pour éteindre la dette. Il ne le fait pas, car il  engage l'avenir puisqu'il atteste qu'un service a été rendu. C'est un liant et surtout un lien. 

Soyons donc économes de nos mercis. Pas  au point cependant de faire partie de ceux qui ne le disent jamais. Leur silence signe un complexe de supériorité qui ne peut admettre que sa grandeur soit redevable envers un autre, forcément inférieur. Ce serait humiliant donc intolérable. Ce sont les autres qui doivent les remercier d'être uniques et à son service.

PS: les sans-merci n'ont rien de commun  avec ces derniers. Ils appartiennent à l'espèce des prédateurs qui répandent le mal par orgueil, indifférence, gourmandise. Ce sont des humanoïdes dépourvus d'humanité. 
Si on comprenait que la vie joue un match contre nous,  que l'on passe  notre temps à l'entretenir alors que son seul but est de marquer le but, de nous envoyer au vestiaire du cimetière, on prendrait les devants et on refuserait de naitre.

mardi 31 mars 2026

J'aime le décubitus car la position allongée permet de voir le ciel de lit ou le bleu du ciel, les papillons, les petits oiseaux. Je hais l'orthostatisme car, debout, on voit l'horizon bouché, le ras des pâquerettes, la boue et tous les salauds et les salopes qui mentent, corrompent, salissent, en veulent à nos libertés, à notre argent, à notre peau.
En plus de l'être, les salauds salissent l'eau: deux raisons de finir en enfer.

LE CERVEAU ET LE TUBE DIGESTIF

Il y a des idées difficiles à croire, dures à comprendre comme il y a de la viande coriace, des légumes indigérables. Le cerveau a donc les mêmes problèmes que le tube digestif et tous les deux produisent de la matière nauséabonde avec l'un des théories fétides et l'autre des excréments puants. Ceci explique qu'on se retrouve, au final, dans le caca.                       

NOSTALGIE

Les conversations sont ennuyeuses parce qu'elle ne font que répéter ce qui a été mille fois entendu, des informations que tout le monde connaît et qui n'intéressent personne. Pour mériter son nom, elle devrait être enrichissante, satisfaire la curiosité, stimuler l'esprit critique, enflammer l'imagination et porter sur l'avenir, les projets, les actions en cours. Mais les lieux communs, les souvenirs de jeunesse, les vieilles casseroles sont si présents, si envahissants, si vivants qu'ils profitent de la moindre occasion pour se remettre en selle, occuper la scène. Ils s'affichent pour montrer que le présent et le futur n'égaleront jamais notre passé.

 Pour vivre tranquille, il suffit de croire la religion dominante, de suivre les conseils publicitaires, de mangers des plats préparés, d'écouter la radio d'état, d'obéir à la loi. On évite ainsi de poser des questions, de soulever des problèmes et donc de déranger l'ordre établi. On lui est fidèle jusqu'à la dernière extrémité puisqu'on disparait à la date de péremption inscrite sur le bulletin de décès.

lundi 30 mars 2026

DE TOUT UN PEU

Si Saint Joseph n'avait pas suivi l'exemple de ses beaux frères, la face du christianisme aurait changé.
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Pour paraître celui que l'on voudrait être  et s'illusionner comme ceux qui font illusion, il suffit d'imiter ceux à qui on voudrait ressembler.
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C'est parce qu'ils sont incapables de se taire  que ceux qui ont réponse à tout, parlent de ce qu'ils ne connaissent pas.

ÇA, C'EST BEN VRAI

Les idées saugrenues ont, sur les banales, l'avantage de créer la surprise, de piquer la curiosité et de déranger le confort des gens qui n'aiment pas sortir de leur vie végétative.
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Ce qu'il y a de bien avec le téléphone, c'est que, lorsqu'il est ici et qu'on est là, on a une bonne raison de ne pas répondre et de rester tranquille.

MA FUTURE ET DERNIÈRE INVENTION

Si le plus grand savant du monde n'avait pas quitté Romorantin-Lanthenay pour passer sa retraite en Thaïlande, dans le stupre et la luxure, il aurait inventé le téléphone biodynamique. J'ai pris sa relève et l'ai concocté: de la taille d'une pièce de 10 centimes, implanté sous la peau retro-auriculaire, il prévient et on répond quand on veut, avant la sonnerie. L'autre oreille peut être équipée pour avoir la stéréophonie car il envoie aussi de la musique de la qualité de la Philarmonique. 

Ps: il sera disponible dès que l'usine qui fabriquera mon bijou ouvrira son portail.

HISTOIRE VRAIE

Ancien typographe, il adorait les livres non pour l'histoire, le style, mais les lettres des mots. 

dimanche 29 mars 2026

MOT ET OBJET

Les mots et les objets ont deux points communs: des valeurs statiques et dynamiques comparables.

Un mot isolé dans le dictionnaire se distingue par son sens, le nombre de lettres, le son qu'il a quand on le prononce. Il ne dit rien de plus. Sa valeur se réduit à lui-même. L'objet subit le même sort. Posé sur une étagère, mis dans un placard, un tiroir, il est inerte. On sait qu'il existe quand on on le voit. Il ne fait rien, ne sert à rien.

Le mot seul  est un sujet qui a besoin d'autres mots qui sont des  verbes, des compléments, de prépositions, des adjectifs, des articles. Bien agencés, ils vont former des phrases qui exprimeront une idée. En s'additionnant de façon cohérente, élégante, ils finiront en théorie, en roman et s'empileront dans les feuilles d'un livre. L'objet, lui, est pris en main ou branché sur une prise électrique pour s'animer : le couteau se met à trancher, le tournevis à tourner, la pince à couper, le four, le radiateur à chauffer, le moulin, le ventilateur à tourner, le moteur démarre la voiture  roule etc.. 

Mot et objet ont le même destin tragique : ils servent un moment et disparaissent, emportés par le vent d'une parole en l'air, les livres tombent en poussière, les mécaniques, le matériel s'usent, se détraquent, deviennent une épave. Ont-ils une âme ? Un poète a posé la question,  ceux qui prêtent aux pauvres disent oui.

LE CONSEIL DU CYNIQUE

Si vous voulez ne pas vous fatiguer, ne pas vous ennuyer, souffrir, gémir, dormez.

PS: c'est vous qui voyez.

PS : d'après des faits réels.

LE CONSEIL DU DIMANCHE

Soyons logiques, pragmatiques et de la même façon que l'on ne peut revenir en arrière et revisiter le passé pour le changer, cessons de nous projeter dans l'avenir et d'y voir des monts et des merveilles ou des abominations à faire peur. Vivons au présent dans la joie, la bonne humeur et le bonheur.

samedi 28 mars 2026

Si vous voulez avoir auprès de vous un compagnon qui, chaque fois qu'il vous voit trépigne de joie, vous accompagne dans vos promenades sans vous poser des questions, dit avec franchise quand il a besoin de sortir, vous fait confiance, ne vous fera jamais de reproche si vous avez été brutal, l'avez oublié, enfermé par erreur, vous pardonnera votre mauvais caractère, vos sales habitudes, vos habitudes détestables. Si vous voulez tout ça, prenez un chien.

L'esprit voudrait être le maître mais son adversaire occupe le terrain. Chacun a son  armée. Le corps a pour soldats des sensations qui exigent des satisfactions, ne se contentent pas de promesses. Quand il a faim, il veut manger, soif boire, sommeil dormir. À ses besoins, il ajoute ses plaisirs. Pour eux, il est capable de voler, violer, tuer. Ayant pour seule raison, la volonté de survivre, il obéit à ses instincts, des réflexes de survie.  L'esprit parce qu'il voit les chose de haut n'a  pas les pieds sur terre. L'handicap est irréversible pour ceux qui,  par inné ou par acquis, n'ont pas les munitions qui leur permettraient de résister à l'oppression des sensations. Leurs sentiments sont submergés par les sollicitations. Ils s'inclinent, obéissent, contraints, forcés et bientôt serviteurs modèles, esclaves fidèles. D'autres refusent l'asservissement. Orgueilleux, ils refusent d'être dominés, se sentent dominants, comprennent qu'ils sont aux commandes, que tout l'étage inférieur est à sa vraie place et qu'il leur suffit de vouloir pour pouvoir imposer les lois: dicter l'heure à laquelle on se met à table, décider de ce que l'on  mange, boit, fixer la durée du sommeil, imposer l'emploi du temps. Mais lui aussi a des contraintes, des exigences, des côtés bons et mauvais. Sa liberté est limitée par ses vices et ses vertus. Les unes le conduisent dans le droit chemin, choisissent le bien et ils sont bienveillants, tolérants, compréhensifs. Les autres l'orientent dans la mauvaise direction. La perversion  les conduit à préférer le mal et mentir, trahir, salir, détruire. 

Mais, comme souvent ce que l'on croit ne résiste pas à la critique, ce qui était blanc cachait une noirceur et la vérité est un demi-mensonge. L'histoire nous apprend que les idéologies détruisent plus qu' un excès de graisse, que les pires crimes ne sont pas commis par la faim, la soif, le désir mais le bien mal compris, la vertu armée, la morale persuadée d'être juste. Au  final, la conciliation est impossible entre un corps  coupable et un esprit esclave.

LIBERTÉ CHÉRIE

Être libre serait penser, dire, faire sans contrainte, ne dépendre de rien ni de personne, agir selon son bon plaisir. Mais comment sortir de notre prison intérieur?  On y est retenu avec la complicité de l'éducation, de la culture, des habitudes, de l'hérédité, de nos sensations, de nos sentiments, de nos croyances. Ce formatage est un  carcan infernal quyi nous empêche de penser autrement, de parler intelligemment, d'agir correctement. La seule issue est fatale.

vendredi 27 mars 2026

ENCORE LE CYNIQUE

 J'aime les couleur du drapeau car, patriote, le bleu me rappelle un ciel de vacances lointaines, le blanc mon amour de la crème Chantilly et le rouge , un  baiser d'anthologie, me confie le cynique qui ferait tout pour rendre jaloux le meilleur de ses amis.

LES BONNES RAISONS DE L'IRAN

Il y a  presque 20 ans, sur un blog où je m'activais, j'avais  posté cette réflexion sur les bonnes raisons qu'avait l'Iran de se doter de l'arme nucléaire pour assurer sa tranquillité. L'actualité remet tragiquement sa pertinence en lumière. Un Iran avec la bombe atomique n'aurait-t-il pas la même tranquillité que la Corée du Nord face à l'imperium américain?
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Le débat actuel sur la défense faite à l’Iran de poursuivre son effort sur le nucléaire militaire mérite de sortir du manichéisme dans lequel il s’enlise. 

Essayer de comprendre les raisons de la détermination iranienne et son refus de se plier à l’injonction devrait être un simple exercice de logique politique et permettre un vrai dialogue en plaçant les interlocuteurs sur un pied d’égalité.  

Leur détermination s’explique facilement et ne devrait choquer aucun de ceux qui cherchent à les convaincre d’y renoncer, la France en particulier.

Même si l’ambition de l’Iran dans ce domaine est ancienne et est un héritage du Shah, la situation actuelle cumule toutes les raisons pour décupler leur effort. La plus importante est la position adoptée par les Etats-Unis à l’égard de ce pays. 

L’hostilité américaine n’est pas nouvelle mais se trouve exacerbée par leur présence dans l’enfer irakien et leur recherche désespérée pour en imputer la responsabilité à d’autres qu’eux-mêmes.  

Les iraniens sont idéalement positionnés. A ces soupçons de connivence avec l’opposition chiite se surajoute opportunément le problème du désir iranien de se doter de l’arme atomique.  La crainte qu’un pays, considéré comme potentiellement terroriste, puisse de doter d’une telle arme explique leur opiniâtreté car les États-Unis se sentent menacés par un tel régime qui n’accepte pas de reconnaître leur droit à disposer des autres.  

Une telle politique ne peut que produire l’effet inverse de celui recherché.  L’attitude américaine et celle de ceux qui veulent par la diplomatie parvenir à la même renonciation stimulent les iraniens et les renforcent dans leur volonté à poursuivre leur effort nucléaire militaire.  

Il est impossible de ne pas comprendre que la non-reconnaissance par les américains du caractère démocratique du régime iranien, la planification d’un envahissement du pays et la suspicion de terrorisme ont des effets passionnels sur le nationalisme d’un peuple fier de son passé et de sa culture.  

La menace américaine d’intervention ne peut également que faire regretter aux iraniens de ne pas s’être déjà procurés la bombe. Ils auraient alors acquis le statut de pays intouchable car doté d’un pouvoir de nuisance capable de faire reculer même le pays le plus puissant du monde. Ils envient peut-être aussi la Corée du Nord en se demandant si la prudence et les atermoiements américains ne tiennent pas à la conviction que les coréens disposant de l’arme nucléaire  n’hésiteraient pas à s’en servir s’ils étaient envahis.  

La certitude que seule la possession d’une telle arme  met à l’abri d’une agression potentielle est, par là, confortée.  La réaction de la société internationale est intéressante.  Il y a peu de voix dissidentes: la société internationale partage dans sa majorité la position des dirigeants américains à propos de l’armement nucléaire iranien. La France elle-même s’aligne, en contradiction avec sa diplomatie sur l’Irak.  

D’un point de vue juridique, une telle unanimité est en parfaite contradiction avec un des principes fondateurs des Nations Unies : le principe de l’égalité des États. L’article 2 paragraphe 1er de la Charte des Nations Unies énonce en effet que « l’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.».  

Ce principe exclut, tant qu’une des menaces énoncées à l’article 1er – et qui justifierait une action collective – n’a pas été constatée, toute forme de pression sur n’importe lequel des Membres des Nations Unies  L’alignement de la société internationale sur les États-Unis lorsqu’ils déterminent leur propre conception de l’illicéité est un coup de plus porté à l’ONU.  

D’un point de vue de logique politique, il est surprenant – paradoxale même – que des pays qui ont estimé nécessaire de se doter d’armes de dissuasion du même type que celles dont veut se doter l’Iran s’indignent aujourd’hui de sa volonté de le faire. Rappelons que la volonté des puissances nucléaires d’aujourd’hui – tels la France ou Royaume-Uni – remonte à la guerre froide. 

Le contexte – du « containment » justifiait que l’on se prémunît d’une menace qui venait de l’Est.  Il est difficile d’affirmer que la situation d’un pays comme l’Iran en 2005, est très différente de celle qui prévalait à cette époque-là. Personne ne peut nier qu’une menace réelle d’envahissement pèse sur lui. La similitude des situations devrait rappeler à la France sa propre histoire.  

Le refus américain de s’interroger sur la légitimité de la position de l’adversaire est traditionnel de tout pouvoir hégémonique.  Plus contestable est leur prétention à s’ériger en exemple vertueux et digne de garantir la paix du monde. Il y a des souvenirs qui font douter de l’aptitude des États-Unis à discerner le bien du mal. Les récents anniversaires de Nagasaki et d’Hiroshima ont permis de rappeler que ce sont les américains qui, pour la première fois, ont utilisé des armes de destruction massive sur des civils, sans pitié ni remords.  

L’exemple de l’Irak illustre la capacité américaine à déclarer la guerre dès lors que leurs intérêts leur semblent menacés, sans se soucier de la position du Conseil de Sécurité.  Aucun dirigeant américain n’a exclu l’utilisation de l’arme atomique contre un pays qui ne la possédait pas et leur panoplie est suffisamment large et riche pour leur permettre d’utiliser des armes atomiques tactiques contre un État qui saurait leur résister en enterrant ses centres de décision politiques ou militaires. 
 
Il est donc impossible de reconnaître aujourd’hui aux États-Unis une quelconque autorité morale pour interdire à un autre État de vouloir se défendre avec les mêmes armes, ou plus précisément de se prémunir d’une attaque américaine en jouant le jeu de la dissuasion. Même affranchis du cadre de la Charte, quelle base juridique les États-Unis peuvent-ils faire valoir pour exiger d’un autre pays qu’il renonce à se procurer, pour se défendre, des moyens analogues à ceux dont eux-mêmes disposent?  

Le problème de la course à l’armement atomique n’est pas moins dramatique pour l’avenir du monde et exige que l’on s’y intéresse autrement qu’en développant une argumentation qui sous-tend des connotations que l’on croyait révolues : celles de peuples intellectuellement et moralement supérieurs face à d’autres inférieurs, irresponsables, dangereux par nature. Son emploi, même implicite ne peut être que source de haine et de colère. 
 
Le seul moyen qui permettrait d’enrayer la prolifération des armes atomiques consisterait à supprimer le problème à son origine. Les puissances nucléaires d’aujourd’hui retrouveraient l’autorité morale qui leur fait défaut si elles consentaient à renoncer à cet armement et détruisaient leur stock. Alors, et seulement alors, elles seraient dans la posture d’exiger des autres pays de cesser de rêver à l’arme atomique.