Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


vendredi 13 février 2026

SOUVENIR SOUVENIRS

Alors que j'étais, hier matin, en train de m'échiner à curer un fossé pour que son eau puisse s'évacuer, je me suis demandé, soupçonneux et inquiet, si les souvenirs qui sont en train de s'installer dans ma mémoire, pour l'avenir, avaient la qualité de ceux qui viennent du passé lointain. Je me vois survolant le grand canyon du Colorado,  campant à Moorea sur le sable fin d'une plage déserte, bivouaquant au pied des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), dégustant un filet d'esturgeon au bord de la Caspienne, péchant la morue à Gaspé (Québec), assurant, interne,  une garde de nuit, à l'hôpital. Il y en a tant qui se bousculent, veulent revivre, me faire plaisir, que je n'ai que l'embarras. Ils sont un élixir de jeunesse qui rappelle que la vie a été belle, joyeuse, fructueuse, aventureuse et qu'il suffit de le vouloir pour y replonger, rajeunir et, même, mourir heureux.
Pour rendre heureux un malheureux, lui faire plaisir ne suffit pas, il faut lui apporter le bonheur.
Changer d'aspect est possible et aussi facile que de changer de chemise ou la déco de l'appartement, il suffit de changer de coiffure, la couleur des cheveux, de se faire refaire le nez, lifter, botoxer, implanter, dégrossir, grandir, rapetisser.  Mais changer de caractère, de tempérament, d'humeur, de thymie, de pensées, de philosophie, de croyance et devenir optimiste, positif, joyeux, généreux, courageux, sage, sceptique, stoïque, épicurien, tolérant reste impossible.

LES PARESSES

La paresse est parfois physique et pousse à ne pas se fatiguer et à faire travailler les autres, les regardant les bras croisés, allonger dans un transat. La seule idée de faire un devoir donne, pour certains, l'ordre d'aller se coucher. Le plus souvent elle est intellectuelle et paralyse la réflexion. empêche de chercher des solutions aux problèmes, de  poser des questions  pour ne pas se compliquer la vie avec les réponses. Mais autant il est facile de recruter un homme de peine et une femme de ménage sur le marché du travail, autant il est difficile de trouver un cerveau avec un esprit éclairé prêt à se faire embaucher. Ces paresseux sont contraints de se replier sur du prêt à penser dont vous connaissez la qualité. 

PS: de la même façon que l'inactivité conduit à l'amyotrophie, l'involution cérébrale par défaut de stimulation est rapide et serait une des causes des démences séniles et de plus en plus souvent des juvéniles.

ENTENDU AU TRIBUNAL DES AFFAIRES PEU COURANTES

Je m'excuse, je me pardonne, je m'exonère de mes erreurs, de mes bêtises, de mes insuffisances car, avec des circonstances dépénalisantes, des excuses recevables,  des reproches injustifiés, je suis blanc comme neige, victime innocente du sort cruel,  coupable idéal  d'un crime sans cadavre. Soyez juste généreux, courageux comme moi, pardonnez les offenses  que la société vous fait en vous mettant sur les bancs de l'infamie pour me forcer, le peu de temps qui me reste à souffrir,  à vivre en votre compagnie.

DE TOUT UN PEU DE PSYCHOLOGIE ÉLÉMENTAIRE

Les personnalités compliquées aiment se compliquer la vie non par masochisme primaire et souffrir  mais parce qu'elles n'aiment pas la facilité.
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C'est parce que je suis d'accord avec ce que je pense que je n'ai pas de conflit intérieur.
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Pour ne pas arriver en avance, je compte les heures à rebours. 

jeudi 12 février 2026

De la même façon qu'une mauvaise idée se remplace facilement par une bonne, il suffit d'y penser, une mauvaise habitude ne résiste pas à la prise d'une bonne. Il suffit de la trouver. 

Exemple: si, brusquement, vous avez envie d'en finir à la suite d'un trop plein de soucis en rapport avec votre faillite, votre divorce, votre cancer, le mauvais temps, la conjoncture et d'aller en Suisse pour une euthanasie douce, confortable, en musique, à un coût compatible avec ce qui vous reste de moyens, vous pourriez orienter votre état d'esprit dans une direction moins définitive et la remplacer par la décision positive, réjouissante, de celles qui mettent du baume au cœur et de la salive en bouche, de faire un bon gâteau, de lire un bon bouquin, de planter un bel arbre, de regarder un bon film, mais c'est vous qui voyez...

ÇA, C'EST BEN VRAI

Chacun estime le travail des autres à l'aune de son propre talent. C'est ainsi que l'analphabète illettré n'aucune considération pour l'écrivain, que le philosophe regarde de haut l'éboueur, que le consul honoraire ignore la caissière du supermarché, que le cuisinier étoilé a du dédain pour le vendeur de pizzas surgelées, que l'orateur se sent supérieur au camelot qui discourt pour vendre sa camelote etc.. Chacun a, pour sa chapelle, les yeux de Chimène...
La retraite est une porte de sortie de la vie active et d'entrée dans la contemplative.
Le militaire aime se réveiller au son martial du clairon, le pompier à la sonorité lugubre de la sirène, le curé à la voix grave du bourdon de la cathédrale, le musulman au chant religieux du muezzin, le pianiste au bruit  de la musique de  la lettre à Élise, Alfred de Vigny aimait l'être par le souffle du cor au fond des bois. Je ne les comprends pas car moi, je déteste le bruit qui m'empêche de continuer à rêver.
Il y en a qui on besoin de se parler pour savoir qu'ils existent et de se regarder dans une glace pour savoir à quoi ils ressemblent!!!
La haute estime qu'ont d'elles-mêmes certaines personnes équilibre harmonieusement la mauvaise opinion que les autres leur portent.

mercredi 11 février 2026

DE TOUT UN PEU

Ce n'est qu'une affaire de goût mais je préfère ce que j'aime.
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Ce que je suppose n'est pas forcément vrai mais se rapproche de ce que je crois être la vérité.
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C'est  la minorité que je préfère car il y a moins de concurrence que dans la majorité.
J'extériorise mes qualités (courage, volonté, générosité) faute de pouvoir les externaliser à qui en manque pour éviter de les intérioriser  car j'ai du mal à les assumer faute d'en disposer.

LA PHYSIQUE DE L'AMOUR

L'amour est un feu dont la flamme n'a pas vocation à la vie éternelle. Il s'éteint naturellement  non par fidélité  à  la troisième loi de Newton qui nous dit que toute action provoque une réaction égale, de sens opposé, mais par obéissance à la deuxième de la thermodynamique qui précise que dans la vie réelle, tout système se dégrade, l'énergie se dissipe, le désordre augmente et  le retour à l'état initial impossible. Pas de panique, pas de culpabilisation, personne n'est responsable puisque toutes les fins sont prévues dès le commencement. On l'apprend trop tard et on le vit comme un accident. Ce devrait être inscrit dans le contrat du mariage qui est forcément à durée limitée. Les nouvelles générations connaissent mieux la physique et préfèrent le concubinat qui anticipe l'extinction de la curiosité, le refroidissement de l'affection, la distraction de l'attention et dédramatise la séparation.

Conclusion: Cupidon, le saint patron des amoureux est un demi-dieu farceur qui n'a jamais prétendu  travailler pour les générations futurs mais le temps d'un moment.

Vivre en paix, échapper au fracas extérieur, se retirer dans son monde intérieur est difficile car l'ennemi principal est l'ami, la famille, la relation. Ils jouent tous un rôle dans la comédie sociale. Ils y tiennent et veulent que vous fassiez de même. Ils ne vous laisseront pas tranquille et vous accableront de sollicitations, de démonstrations, de manifestations. C'est d'eux qu'il faut se débarrasser. Chacun a sa méthode: X est parti aux Kerguelen, Y s'est enterré dans un monastère, Z vit dans un phare désaffecté au milieu d'une mer toujours démontée. Moi, je suis resté où je suis et ce sont les autres qui se sont éloignés. Pour les y obliger, j'ai utilisé mes dons de comédien refoulé dans un travail de composition digne de l'Actors Studio. J'ai commencé par emprunter son sale caractère à un chien teigneux, son  humeur massacrante à un tueur en série. J'ai renforcé mon abord répulsif  en adoptant le ton sarcastique d'un donneur de leçons. Mon humour bon enfant trempée dans du fluide glacial aurait fait peur à Ambrose Bierce, l'auteur du Dictionnaire du diable. Quand cela ne suffisait pas, je tenais des propos séditieux, de ceux que l'on entend la veille de toutes les révolutions par des iconoclastes, au cas par cas. Devenu infréquentable, la société se détourna de moi : la famille se mit aux abonnés absents, les amis passèrent leur chemin, les relations retrouvèrent leur incognito, même le facteur se mit à garder ses distances. 

Cette opération commando m'assure une tranquillité exceptionnelle en me délivrant de toute obligation sociale. C'est une récompense rudement gagnée car tenir le contre-emploi est un exploit théâtral qui fait être le contraire de ce que l'on est, à la ville. Forcer mon bon caractère, mon humeur joyeuse, mon ironie aimable, ma bienveillance naturelle, mon ton  légèrement moqueur, ma conversation que l'on dirait dictée par mon ange-gardien relève de l'exploit sportif de haut niveau. 

PS : Je ne conseille pas cette duplicité assumée pour le bon motif à n'importe qui. Elle peut échapper à l'auteur qui ne retrouvera son état d'origine. Seules des âmes d'élite y auront recours, mais existent-elles?

PS : c'est vous qui voyez si vous pouvez.

mardi 10 février 2026

UN ÉTONNEMENT ÉLOQUENT

Je suis très étonné de constater la passivité grandissante, l'inertie galopante, non seulement de mes mains et de mes pieds, mais du corps entier y compris la partie frontale du cerveau dédiée à l'activité motrice. Leur refus de s'engager, de remplir le contrat d'exclusivité signé à la naissance, de tenir la fonction qui leur est dévolue, me confine au lit, en position allongée, sans possibilité de me lever, de m'habiller, d'aller vaquer ou travailler à remplir mes tâches quotidiennes ménagères, potagères, animalières, culturelles, relationnelles etc.. Qu'ai-je fais au bon Dieu  pour mériter un sort si agréable, De quel bienfait me récompense-t-il avec ce trop de volupté? Dites-le moi avant que je me rendorme pour faire de beaux rêves...

LA GRANDE QUESTION DU MAL

Comment faire pour tirer du bien du mal afin de le rentabiliser. Cette question vous préoccupe, m'a-t-on dit, aussi m'y suis-je attelé.

Posons les limites de ce problème réputé insoluble depuis la haute antiquité et laissons son origine à ses sources. Elles sont connuzs, documentées, détaillées. Nous les citons pour mémoire, constatons qu'elles échappent à notre pouvoir de coercition et devons nous en accommoder. 

- Satan et ses envoyés terrestres: dictateurs, génocidaires, violeurs, assassins. Leurs noms et maléfices salissent les livres d'histoire et remplissent les annales de la justice . 

- Les catastrophes naturelles bien que ne sachant pas ce qu'elles font ne peuvent être exonérées des méfaits qu'elles commettent en toute innocence, poussées par des forces qu'elles ne contrôlent pas. Éruptions meurtrières, tremblements de terre, glissements de terrain, incendies, inondations, cyclones, typhons, vagues scélérates, chutes de météores etc. rivalisent pour semer la désolation, la peur et la mort, but ultime du mal. 

Ces maux sont primaires. Ils échappent à notre volonté. Ils appartiennent à un fatum qui nous dépasse. Le mal qui m'intéresse est celui que nous subissons, provoquons et dont nous sommes les victimes plus ou moins complices.

Le mal de vivre est le plus pénible. Présent au quotidien, il poursuit le dépressif de sa malfaisance, transforme ses jours qui auraient pu être des rêves éveillés en cauchemars. Il crée un sentiment oppressant qui peut   devenir insupportable.

Le mal d'être est la forme mineur du précédent. Fréquent lors des crises de l'adolescence, de la trentaine, de la quarantaine, de la cinquantaine, de la soixantaine.  Il a disparu chez les très âgés qui ont survécu, il est remplacé par sa forme féminine: la maladie.

Le mal de mer frappe les marins d'eau douce quand ils mettent les pieds sur le pont roulant et tanguant d'un bateau de haute mer navigant dans le golfe de Gascogne. On l'évite facilement en restant à terre ou en prenant ce qu'il faut. 

Le mal du pays est l'exclusivité des aventuriers qui se sont expatriés en terre étrangère pour échapper au froid, au fisc, à la vie chère, à la chienlit,   à la famille, à la justice, à la routine,  trouver une jeune concubine sublime  désintéressée. Il survient au bout de quelques mois quand les illusions se sont envolées, que les mensonges des agences et des expats piégés ont été éventés et qu'il faut affronter le désert culturel, la pollution, le climat qui est tout sauf tempéré, la solitude, la pauvreté des natifs, la politique, la nourriture, les escrocs, l'envol des rêves d'amour éternel. Il se manifeste par une nostalgie du pain du boulanger, des quatre saisons, des restos sympas, du film du samedi soir, de la partie de cartes, de pétanque, des discussions du café du Commerce, des soldes au Carrefour, de la sécurité sociale, du défilé du 14 juillet, de la pagaille, des grèves, du plaisir de dire du mal de tout sans en faire.

Le mal peut être secondaire et provenir d'un tiers qui nous  empoisonne par l'intermédiaire de la trinité satanique qui réunit l'idéologie, la politique, la religion (ipr). Ces trois entités ne sont pas antagonistes mais solidaires: elles usent des mêmes mots, tiennent les mêmes discours et poursuivent les mêmes prétentions: l'asservissement de l'esprit, la dépendance du corps. Toutes prétendent vouloir notre bien, nous ouvrir les yeux, que les sacrifices à faire préfigurant les délices à venir. En réalité, ils veulent le pouvoir pour assouvir leur rêve de puissance, satisfaire une ambition démesurée, asservir pour dominer. Le bien qu'ils invoquent est à la mesure du mal qu'ils se donnent et de celui qu'ils répandent.

Cet état des lieux fait percevoir que si le bien est l'étendard de l'ipr, le mal est son lieu commun. Le savoir permet de découvrir la faille entre le discours, la posture et la réalité et d'échapper à la servitude. Il n'y a pas de plus grand plaisir que de voir le piège, de découvrir la vérité, un  trésor. Confondre le coupable est la seule joie possible et l'unique bien que peut offrir le mal.
Les gens qui s'étonnent de rien et sont jamais surpris ne sont pas victimes d'une tautologie mais atteints d'une maladie psycho-sensitive qui abolit le reflexe provoqué par l'inattendu avec les yeux qui essaient de sortir des orbites, le buste qui se jette en arrière, une poussée d'adrénaline qui accélère  le cœur et aberre l'interprétation psychique du phénomène inhabituel qu'ils  considèrent comme ordinaire. Cette paralysie psychomotrice les prive des réactions enregistrées sur les personnalités normales avec un "OH" de stupéfaction, écarquillement des paupières etc. Ces personnes peu remarquables  dégagent la chaleur d'un glaçon, ont  la curiosité d'une huitre de Cancale et leurs yeux brillent de l'éclat d'un verre dépoli.  Ils sont là mais viennent d'ailleurs, d'un endroit où la surprise et l'étonnement n'ont pas leur place puisque les faits extraordinaires sont l'ordinaire.

lundi 9 février 2026

Quand aux malentendus secondaires à l'hypo-acousie, aux mal vus provoquées par le vieillissement de la vision, au mauvais ressenti qui résulte de la diminution des sensations, on ajoute les malfaçons consécutives à la perte des forces, au malheur qui accompagne la maladie, on se demande, sans pouvoir répondre, compte tenu de la médiocrité de la mémoire, comment c'était quand tout allait bien???