Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 17 février 2026

Ne pas savoir où l'on va crée, à l'arrivée, une surprise qui ressemble à celle que l'on a quand on ne sait pas ce que l'on fait. 

PS: n'aimant pas être surpris, compte tenu du danger pour ma santé du choc émotionnel car j'ai le cœur fragile, je ne pars pas et ne fais rien. On s'ennuie, mais qu'est-ce que c'est reposant!! Penser à tout ce que ce que je pourrais si je le voulais me suffit. Ça fait beaucoup et souvent trop.
La vérité qui dit qu'il n'y a pas de grand homme pour son valet nous apprend que l'intimité tue l'admiration par la connaissance des faiblesses. Elle dit aussi que la grandeur n'existe pas tant elle est amputée par les bas côtés de la personnalité. Le mieux placé  pour déprécier une réputation usurpée est celui qui en jouit car qui mieux que nous connaît la vérité du for intérieur. Nous sommes les seuls à savoir si nous mentons ou pas, si nos sentiments sont sincères, notre avis autorisé. Esclaves de   notre ego,  nous sommes  forcés de le servir sans émettre un jugement qui lui serait fatal, notre inconscience réussissant  à faire taire notre conscience.

LES PERSONNALITÉS

On est tous les victimes innocentes de nos personnalités. Elles nous conduisent par le bout du nez et nous obéissons,  contraints, forcés, à leurs ordres souvent  déplorables. Le choix est limité et la psychiatrie renforcée par la psychologie en a fait la nomenclature avec une précision chirurgicale. Elle les classe en 4 catégories.   Pour mémoire, à  l'usage de ceux qui l'ont perdu ou ne l'ont jamais su, je les citerai: personnalités paranoïaques, histrioniques, obsessionnelles, narcissiques. Elles sont compatibles avec une vie sociétale mais perturbent la sociale. 
                                        
Elles ne sont pas distribuées par le hasard mais nous sont imposées par la  conjonction coordonnée de l'hérédité, de l'éducation, de la culture, de la petite et de la grande histoire du pays où nous vivons. Ces influences disparates en apparence imposent à notre psyché un carcan de sentiments qui associent les défauts, les vices, les qualités et les vertus propres au genre et l'espèce auxquels nous appartenons, l'humaine. Son absolutisme est impossible à contrarier, son arrogance dépasse nos forces de persuasion: nous ne pouvons pas changer de caractère, base indestructible de la personnalité. Cette vérité est résumée par l'antique adage Ouzbek qui affirme "Con un jour, con toujours", et par le constat implacable qui dit qu'elle nous colle à la peau. On a :

- la personnalité paranoïaque forte, volontiers dominatrice avec un sentiment de puissance contrariée par l'impression  d'être  persécutée par un monde malveillant jaloux. La surestimation  est constante, cachée parfois sous une fausse bonhomie facile à détecter. Elle favorise l'ambition  qui l'orientera vers la politique, avec  et, c'est ce qui la rend redoutable obstination, intolérance et mépris des autres. La méfiance est présente, envahissante.

- la personnalité histrionique a une  théâtralité  qui  met en scène un spectacle permanent plein d'à-côtés tragiques qui lui fait vivre une comédie dramatique qui n'amuse personne. Elle a besoin d'attention, d'admiration. Elle dramatise les situations, crée facilement des liens superficiels, se laisse influencer, manipuler tout en voulant le pouvoir qu'elle essaie de conquérir par la séduction. Son bonheur dépend du regard des autres et elle tombe dans le malheur quand elle n'est plus visible.

- la personnalité obsessionnelle ne se rend pas la vie facile car elle veut  contrôler pour rendre son monde cohérent, ordonné, prévisible et  ne plus craindre l'avenir. La lutte est inégale  car les autres ne sont pas tous comme elle et son obsession de la maitrise  la rend rigide, dominatrice et finalement peu sympathique à ceux qui n'aiment être commandés. 

- une quatrième complète le quatuor, la personnalité narcissique. Elle est centrée sur elle-même car elle se voit admirable, supérieure et se met sur un piédestal. Cet orgueil lui donne une assurance, un sentiment de domination, lui fait croire mériter l'admiration. Si elle n'est pas reconnu comme méritant ce traitement d'exception, elle  se sent victime d'une injustice et souffre intensément. La vie de Narcisse est difficile.

Cette classification schématique n'est qu'un reflet de la réalité. Les personnalités apparaissent surtout dans leurs excès, lorsque l’une d’elles est envahissante et rigidifie le comportement. L’homme ordinaire  est, lui, plus souvent un mélange de ces tendances. Il possède un peu de méfiance pour ne pas être naïf, un certain besoin d’ordre pour vivre en société, un désir d’être reconnu qui nourrit ses relations et une part de fierté qui soutient son identité. Ce dosage lui permet de s'adapter plus ou moins souplement aux circonstances. Ainsi, la normalité psychique  correspond à un compromis qui équilibre. La pathologie commence lorsque l’une des armes psychologiques  empêche la flexibilité. L’homme moyen commun   navigue entre prudence, contrôle, séduction et affirmation de soi avec la capacité  fragile à passer de l’un à l’autre selon la situation.
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PS: on ne doit pas les confondre  avec les psychoses  qui,  autrefois, dans leur plénitude, étaient enfermées dans des asiles de fous.  Aujourd'hui, elles se promènent en liberté, empêchées cependant de s'extérioriser grâce à l'action bienfaisante d'une camisole chimique qui a remplacé celle de force.

lundi 16 février 2026

L'espoir donne une force qui n'a pas l'énergie de celle du désespoir, me suis-je demandé, l'autre jour, dépité de ne pas réussir à ouvrir le couvercle d'une boite de bonbons qui me faisait espérer un plaisir sucré d'une rare qualité. Qu'a de plus le désespoir? Comment désespérer sans souffrir, le temps nécessaire pour récupérer sa force? Si vous savez, dites-moi le, merci, à charge de revanche...
Un lecteur compatissant m'a charitablement répondu: 

"Votre désir impérieux met la boîte de bonbons sur la défensive, vous en voulez à sa virginité, à son intégrité. Son opposition est une mesure de défense. Comment ne pas comprendre cette pauvrette pleine de trésors qu'un ogre assoiffé de sucre veut décapiter pour assouvir des instincts gourmands?

Votre désespoir n'a pas la force du sien, la lutte est inégale, il y va de sa vie. La solution est simple: laissez-la tranquille, éloignez-vous, n'y pensez plus. Frustrée de ne plus être désirée, elle boude, relâche la pression sur le couvercle et un peu plus tard, quand elle ne s'y attend pas, vous la saisissez et avant qu'elle ne s'en soit rendue compte, vous l'ouvrez par surprise" .
On a une veilleuse dans le cerveau. Sa lumière éclaire comme le clair obscur que l'on aime dans un tableau de La Tour. Elle attire les idées et quand l'une passe à portée, elle réveille l'attention de l'esprit qui s'en empare, l'examine, en fait son miel, un motif de réflexion, la développe en pensées, en parle, l'écrit, publie un livre, pond une idéologie, une philosophie, une politique, crée une église ou la recrache, dégouté et se remet en veilleuse, montrant que le cerveau est toujours vivant, à l'affut, qu'il n'est pas hors circuit, Elle témoigne que le temps du recyclage n'est pas arrivé.

LA GRANDE QUESTION

 Que faut-il sauver en premier: son âme, sa peau , les meubles?

 On  se cache dans un trou pour se protéger de la pluie, de la neige, du froid, du chaud, des ennemis, des ennuis, de la justice, des voleurs, des assassins, des autres en général et on s'en échappe en courant pour fuir les accusations imbéciles d'une conscience aveugle.

 Le prix d'un tableau  mesure  la vanité de celui qui l'achète.

LE CYNIQUE SE FAIT VIEUX

 Ce que les jeunes n'ont pas encore  et qu'ils seront obligés d'attendre pour avoir et que les vieux ont en trop, ce n'est pas seulement l'expérience, la chance d'être revenu de tout, de ne plus avoir besoin de craindre ce que l'on va faire après les études, la connaissance a posteriori de tout ce qui est arrivé avant la retraite, les raisons des erreurs et leurs conséquences, etc.. L'immense supériorité de la vieillesse est, je le vois, et vous êtes trop jeune pour partager ma clairvoyance, c'est que l'on sait que la vie vaudrait la peine d'être vécue seulement si on la commençait par la fin.

dimanche 15 février 2026

LE CONSEIL

Parce que le conseil est à la fois un avis, une leçon, parfois un devoir et que plus il est bon, plus il est exigeant, il est rarement suivi car il faut des qualités exceptionnelles pour s'obliger à le prendre au pied de la lettre, comme s'il était un ordre venu du ciel.

BESOIN, TU NOUS TIENS

Le besoin est le moteur qui pousse l'homme à vivre et à poursuivre son chemin. Nous n'existons que parce qu'il nous oblige à manger, à boire, à dormir, à respirer. Dès qu'il se manifeste,  nous obtempérons, sous peine de mort. D'autres sont moins impératifs mais savent se faire impérieux, toujours organiques, ils nous font bailler, éternuer, tousser, vomir etc..


DEMAIN L'IA

On nous dit que l'IA va, sous peu, devenir plus intelligente que le plus intelligent. Compte tenu de notre bêtise, la barre n'est pas haute. Le vrai problème va se poser quand, ayant gravi les échelons et passée d'une classe élémentaire où son jeune âge la confine encore, elle aura, après  la terminale, l'université, droit au titre de docteur. Nous serons, nous, toujours en primaire,  capables de compter, de calculer des équations de quelques degrés tandis qu'elle pourra, elle, poser et solutionner des problèmes que l'on ne peut même pas imaginer. Nous la regarderons avec la même hébétude que l'idiot du village à qui on demande de multiplier un par deux. Ses progrès sont si rapides que ses géniteurs n'arrivent plus à la suivre. Ils multiplient les mises en garde, font semblant d'être paniqués mais, stimulés par la concurrence, ils accélèrent dans l'innovation, investissent à outrance. Ils fabriquent un monstre qui, après nous avoir effrayés, ridiculisés, marginalisé, nous éliminera.

LE RIRE INTÉRIEUR

Le rire intérieur s'exprime silencieusement. Il n'a pas la tonitruance vulgaire de celui qui s'extériorise dans le bruit, les postillons, la distorsion du visage. Sa saveur est incomparable car il n'est pas artificiel, mensonger, outrancier. Sa retenue est  un signal de qualité et le sourire discret qu'il se permet montre la force du plaisir qui agite l'impétrant qui doit à son caractère d'acier et à une volonté de fer de ne pas exploser en un rire homérique.

samedi 14 février 2026

Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en subsiste juste assez pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients détestables et de facteurs de risque existentiels - n’est pas nouveau. Mais l'inédit est qu'ils sont le fruit d'erreurs innombrables multipliées par des fautes impardonnables produits de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de  psychopathes dévoyés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés. Que tout cela ait déjà existé ne console pas de devoir en être victimes car le temps a changé. Les bombes ne sont plus des gros pétards, elles sont atomiques. Et l’humanité, désormais massifiée, infiniment plus dangereuse ne sait plus ce qu'elle est et fait.

TENTATION

 La tentation ne travaille pas au même niveau que l'envie et le désir, ne pas y succomber est diablement plus difficile. L'adverbe est lâché, il s'est imposé, signant l'origine du premier mot de la phrase. Elle est un envoi luciférien, un message infernale , un ordre qui vient d'un dieu déchu mais au pouvoir intact, à l'activité incessante et qui règne sur la face obscure du monde. Comment des simples mortels comme vous, moi, pourrions-nous résister à un appel venu des enfers et qui joue sur notre faiblesse, nos vulnérabilités, nos espoirs, comment  ne pas capituler, obéir, céder? Diabolique de naissance, elle pousse au  crime, à l'infamie, à l'impensable, à commettre le péché de gourmandise qui ouvre la porte à la satisfaction tous les vices heureux d'être libérés de leurs entraves. On répond à l'appel de la forêt, du large, du danger, de l'inconnu, du mystère. Le désir, l'envie ne sont que de pâles copies, des ersatz, à la destination des âmes tièdes, des peureux, des velléitaires, de ceux qui salivent devant les messages de la publicité, veulent suivre des exemples minables, souffrent d'une jalousie maladive. Ils sont poussés, encouragés, dirigés par un ange gardien asexué, paresseux, fatigué de travailler depuis une éternité et qui ne croit plus à ce qu'il fait. 

LE POURQUOI DE DÉSESPOIR

Compte tenu du deuxième principe de la thermodynamique qui dit que l'entropie finit par dégrader tout système, j'en conclus qu'il est dans l'ordre des choses que l'espoir finisse par succomber et tombe dans le désespoir.

PS: vous me direz que l'espoir débouche parfois sur une concrétisation, une réalisation, un comblement, une apothéose, une épiphanie. Je n'en disconviens pas mais cela ne renverse pas la table et n'est que l'exception qui confirme la règle, une  loi non écrite.
La tendance à faire plus que le nécessaire fait courir le risque de dépasser ses limites dans l'espoir d'approcher la perfection. Certains, ne doutant pas d'eux-mêmes, tentent atteindre son comble. La quête est vaine puisqu'elle n'est pas de ce monde. Faire mieux que le bien est une prétention de la dimension d'une utopie. Voltaire a démontré qu'elle était illusoire et dangereuse. Montesquieu a renchéri en l'accusant, preuves à l'appui, qu'elle engendrait l'oppression. En se contentant du bien, déjà difficile à capter tant il est fuyant, on est dans la modération avec, à son centre, le juste milieu cher à Aristote. Ces parrains illustres vous auront convaincu, je l'espère, que le mieux est le poison du bien et que vous devez vous contenter de gagner des millions plutôt que de convoiter des milliards.
Sans envie, sans besoin, sans ambition, on peut vivre avec presque rien et être heureux mais avec beaucoup d'envies, des grands besoins et une folle ambition, presque tout est insuffisant et n'empêche pas d'être malheureux.

vendredi 13 février 2026

SOUVENIR SOUVENIRS

Alors que j'étais, hier matin, en train de m'échiner à curer un fossé pour que son eau puisse s'évacuer, je me suis demandé, soupçonneux et inquiet, si les souvenirs qui sont en train de s'installer dans ma mémoire, pour l'avenir, avaient la qualité de ceux qui viennent du passé lointain. Je me vois survolant le grand canyon du Colorado,  campant à Moorea sur le sable fin d'une plage déserte, bivouaquant au pied des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), dégustant un filet d'esturgeon au bord de la Caspienne, péchant la morue à Gaspé (Québec), assurant, interne,  une garde de nuit, à l'hôpital. Il y en a tant qui se bousculent, veulent revivre, me faire plaisir, que je n'ai que l'embarras. Ils sont un élixir de jeunesse qui rappelle que la vie a été belle, joyeuse, fructueuse, aventureuse et qu'il suffit de le vouloir pour y replonger, rajeunir et, même, mourir heureux.