Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 13 septembre 2026

L'INCONSCIENCE

Je reproche à mon inconscience sa lâcheté, son égoisme, son hypocrisie et sa garde de tout ce qu'elle sait, qui pourrait m'instruire, me renseigner, m'ouvrir les yeux, le coeur, me rendre meilleur, plus intelligent, plud  joyeux, plus heureux. La garce se tait, butée,  murée dans son silence, contente de me voir souffrir. 
Je sais pourquoi: elle est jalouse de son confinement, de sa reclusion dans un  une oubliette, un cul de basse-fosse, un endroit mal famé. Elle le deteste, le conchie car elle sait que son désir mimétique de ressembler à la conscience, sa soeur ainée, ne sera jamais exaussé. Elle désespère. ses défauts la persécutent autant qu'ils nous persécutent. Elle est la victime de l'illusion de croire que la conscience, une gredine,   est une bénédiction et non un fléau impitoyable.

LUI ET MOI

 Parce que l'homme que je suis n'a rien à voir avec celui que je fus il y a 60 ans, je le considère comme un étranger avec qui je n'ai que des souvenirs confus. Prenez en compte  et ne me reprochez, aujourd'hui, ses turpitudes, ses incartades et ses autres méfaits. Lui s'était lui, moi c'est moi, un stoïcien épicurien, un modèle de sagesse.

DE TOUT UN PEU

Bien voir exige une loupe et un télescope.

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Si le temps que l'on passe à ne rien faire était occupé à travailler, le résultat serait très différent car on serait fatigué.

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Je me demande avec curiosité si, ce qui arrivera  demain, sera à la hauteur de nos espérance et si j'aurais la patience d'attendre.

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Si mes chats et mes chiens sont  toujours joyeux, c'est qu'ils ont des maîtres complaisants qui leur obéissent en tout. 



samedi 12 septembre 2026

Les pisse-vinaigre, ceux qui font toujours la gueule sont entourés d'une aura maléfique qui difuse un mal-être contagieux, imbibe l'air ambiant d'amertume, de colère rentrée, d'une inquiètude feutrée. Ils empoisonnent l'atmophère de leur pessimisme, de leurs prédictions catastrophiques, de prévisions alarmantes. Mais ce qui aggrave la pénibilité de leur commerce, c'est leur air hautain, leur dédain superbe dûs à leur conviction d'une supériorité morale, intellectuelle, spirituelle qui les fait mépriser les optmistes, ceux qui aiment rire, s'amuser, plaisanter et profiter du peu de temps que laisse la vie pour jouir des bonnes choses qu'elle offre à ceux qui en ont l'usage.   

LE CONSEIL PRÉCIEUX

Ne vous donnez pas en exemple. Malgré l'exceptionnalité de votre personnalité, la qualité supérieure de votre intelligence, votre compréhension subtile des arcanes de l'âme humaine, vos connaissances encyclopédiques, la sureté de votre jugement, votre réussite sociale, financière, domestique, conjugale et qui font de vous un sujet à la légitimité incontestable  pour l'exercice qui introduit mon monologue.

Résistez à l'appel de votre âme charitable qui  supplie. Il  y va de beaucoup. Vous engagez un processus redoutable qui a broyé des amitiés de 90 ans, rompu des relations qui avaient eu du mal à s'établir, achevé un amour fusionnel par un divorce orageux. La prudence doit aller jusqu'à l'abstention qui fera de vous la seule victime de votre charité œcuménique. 

Pouquoi cette sanction calamiteuse d'un geste charitable? Simplement parce que vous venez de  porter un coup cruel en suggérant de façon explicite que vous êtes meilleur en vous érigeant en modèle à imiter pour atteindre le degré supérieur où vous croyez vous situer. Vous vous rabaissez au contraire d'un cran dans son estime  car il y a de fortes chances que cette personne vous prend depuis toujours pour un minus habens. Donc pour limiter les dégats, prenez la plutôt en exemple. Votre désir mimétique la comblera.              

MON DIAGNOSTIC À DISTANCE

Ne soyez pas surpris si je vous dis que je connais les traits de votre personnalité au moment où vous me lisez.

Je ne suis pas extralucide et ne possède aucun don de divination. Il ne s’agit que d’une perspicacité fondée sur la réflexion.

Elle me  dit  que  vos opinions sont volontiers  politiquement incorrectes,  que vous êtes  un stoïcien épicurien avec de l’humour et l'ironie facile. Vous aimez le chocolat, la pâtisserie, les bons vins et les bons livres.

PS: mon secret: je sais  cela  parce que  ces gens-là sont les seuls à lire le blog de Dancharr.

vendredi 11 septembre 2026

Nous ressemblons à notre voisin de palier ou de haie non comme deux gouttes d'eau mais comme deux grains de sable car, si nous avons  la même langue, la même histoire historique, le même supermarché, etc., que nous puissions échanger nos sangs si on est du même groupe, on a des différences si incompatibles que nous sommes étrangers l'un à l'autre au point de ne rien partager d'important. La preuve en est que l'on peut se croiser sans se dire bonjour, s'insulter, se faire la guerre devant les tribunaux etc..Donc notre nature n'est pas hydrique mais  silicieuse. On lui doit notre rugosité, nos faces multiples, notre éclat, notre capacité à être ensemble sans nous mélanger, la rudesse de nos contact. Pour supporter les autres, vivre ensemble, il faut un lien, un liant, un ciment apportés de l'extérieur par la religion, la politique, un amour commun pour une musique, un livre, un paysage etc..

PS: n'est-elle pas bonne, cette belle réflexion?!!!

ELON MUSK

Je ne suis pas le premier à le penser mais je vois en Elon Musk la personne la plus extraordinaire qu'ait jamais connu l'industrie. Les grands d'hier comme Ford, Bell, Citroën paraissent des nains face à son génie entrepreneurial, sa vision du progrès, de l'avenir, ses capacités managériales, son sens des affaires, de l'organisation, de la communication, son goût de la provocation, du risque, son courage  etc... Il concentre tous les qualificatifs généralement attribués à un seul chef d'entreprise d'exception. 

Je me demande s'il n'est pas un extra-terrestre envoyé pour réveiller notre vieux monde endormi ou un trans-genre humain après une mutation volontaire.

LES DEUX EFFACEMENTS

On naît avec un potentiel qui contient, en particulier, des qualités et des défauts. Chez la plupart des gens que je ne connais pas personnellement, la rumeur veut que la vie efface lentement les qualités et qu’à la fin, à force de grossir, les défauts soient devenus des vices.

Ceux que je connais ont subi, comme moi, l’effacement inverse : leurs défauts se sont estompés au fil du temps, pour laisser place à leurs seules qualités qui, à la fin, sont devenues des vertus.

jeudi 10 septembre 2026

 LIVRE X

Un euro

Nous sommes arrivés au terme de notre démonstration. La science a proposé une hypothèse. Les mathématiques lui ont donné une forme. L'intelligence artificielle en a exploré les conséquences. La biologie l'a mise à l'épreuve. Il appartient désormais à l'humanité d'écrire la suite.

Nous avons  choisi la seule procédure compatible avec ce principe. Aucun gouvernement ne désignera les premiers bénéficiaires. Aucune fortune ne leur ouvrira cette possibilité. Aucun pouvoir ne leur donnera un privilège.

Tous les êtres humains naissent égaux devant la vie. Ils seront donc égaux devant cette espérance.

C'est pourquoi HUMAN REBOOT ouvre aujourd'hui le premier tirage mondial.

THE ONE EURO GLOBAL HUMAN REBOOT LOTTERY

Un euro. Pas davantage. Le prix n'achète pas une transformation. Il achète seulement une chance. Une chance exactement identique pour chacun. Qu'un homme vive au cœur d'une métropole ou dans le village le plus isolé du monde. Qu'il soit riche ou pauvre. Célèbre ou inconnu.

Chef d'État ou simple ouvrier. Pour la première fois dans l'histoire, la probabilité est plus démocratique que le privilège.

Les dix premiers noms tirés au sort deviendront les premiers participants au programme HUMAN REBOOT. Ils ne seront ni des héros, ni des élus. Ils seront les premiers explorateurs d'un territoire que personne n'avait encore imaginé. Leur parcours sera public. Leurs résultats seront étudiés par les plus grands centres de recherche internationaux.

Leurs succès comme leurs difficultés appartiendront immédiatement au patrimoine scientifique de l'humanité. Car ils ne recevront pas seulement une possibilité. Ils accepteront une responsabilité. Ils avanceront au nom de tous.

Dans quelques instants, le tirage commencera. Peut-être votre nom n'apparaîtra-t-il jamais. Peut-être sera-t-il le premier. À cet instant précis, cela importe moins qu'il n'y paraît. Car la véritable révolution n'est pas que dix êtres humains puissent retrouver une jeunesse biologique. La véritable révolution est que, pour la première fois, l'humanité ose considérer que le vieillissement n'est peut-être pas une condamnation, mais une question encore ouverte.

Pendant des millénaires, nous avons appris à vivre avec le temps. Aujourd'hui, nous apprenons peut-être à dialoguer avec lui. Si notre hypothèse est fausse, la science l'abandonnera. Si elle est juste, elle n'appartiendra ni à une entreprise, ni à un pays, ni à une génération. Elle appartiendra à tous ceux qui auront eu le courage d'imaginer que le vivant n'avait pas encore livré tous ses secrets.
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Pas besoin d'avoir fait psycho, consulté un homme de l'art, vécu 50 ans avec lui pour connaître une personne : sa voiture, sa montre, ses chaussures, son pas, son regard parlent et disent tout.

Une Ferrari, une Rolex, des Berluti, un pas conquérant, le regard qui voit loin vous disent que le monsieur est le contraire de ce qu'il voudrait être.

Parce qu'il a de quoi, il veut qu'on le croit sûr et certain, dominateur, supérieur, de la race des surhommes. Il cherche à cacher son misérable moi, faible, hésitant, peureux, timide.

PS: Svp, soyez gentil, pratiquez devant lui le premier degré et manifestez  respect, admitration, jalousie et un bruyant désir mimétique. Il vous aimera.
Il y a des gens qui font tout de travers: au lieu de gagner du temps, ils le perdent,  de s'élever, ils se rabaissent, de réformer, ils se réforment. À force de tout faire à l'envers, ils finissent par prendre la réalité pour un rêve qui se révèle être un cauchemar.
Quand c'est sans espoir, il faut savoir baisser les bras, abandonner et passer à autre chose en espérant pouvoir, à la fin, lever les bras.

mercredi 9 septembre 2026

LES TROIS ESPÈCES

La terre abrite trois humanités qui habitent des espaces différents et ne se rencontrent jamais:

- les terriens qui habitent à sa surface dans des maisons, des immeubles, des gratte-ciel.

- les souterriens qui se réfugient sous la terre et se répartissenrt en cavernicoles dans les cavernes, espaces naturelles situés à l'intérieur de roches dures et dont l'origine reste controversée; les troglodytiens qui logent dans une habitation creusée manuellement dans une roche tendre qui se laisse facilement travailler; les mineurs qui passent leurs jounées de travail à creuser des souterains d'où ils extraient des matières minérales.

- les surterriens qui vivent dans les airs , à la façon des oiseaux. Leurs ailes sont celles des avions. C'est pourquoi on les appelle des aviateurs.

LA CURIOSITÉ

La curiosité est, comme le pensent ceux qui n'en ont pas - et avec raison - qu'elle est un vilain défaut qui fait mettre le nez dans les affaires des autres, placer des caméras là où elle n'ont pas leur place, aller se promener dans des endroits où les étrangers sont assassinés, la terre tremble, les barrages se cassent, les avions s'écrasent,  les virus attaquent. Même piqué au vif par elle, il faut savoir lui résister, ne pas la satisfaire, la faire rentrer d'où elle est sortie et vérouiller la porte . 

Mais la curiosité est la meilleure des choses comme l'aurait pensé Ésope si elle donne envie d'ouvrir une porte sur l'inconnu et de dialoguer avec lui, d'aller chercher l'information où elle se cache et de s'éclaircir les idées en  trouvant la réponse, la solution. Elle est une arme d'instruction massive pour l'écolier, l'étudiant, le chercheur, l'écrivain, le philosophe, l'honnête homme. Il faut y succomber sans réticence  car sa fécondité est insurpassable.

 LIVRE IX

Le temps de la responsabilité

Toute découverte majeure pose deux questions. La première est scientifique : « Est-elle vraie ? ». La seconde est humaine : « Que sommes-nous prêts à en faire ? ». La première appartient aux chercheurs. La seconde appartient à la civilisation.

Nous avons consacré des années à répondre à la première. La seconde commence aujourd'hui.

Car notre responsabilité n'est pas seulement d'avoir découvert une hypothèse nouvelle.  Elle est de décider comment l'introduire dans le destin commun. L'histoire apprend qu'une innovation n'est jamais dangereuse par elle-même. Ce sont les conditions de son apparition qui déterminent ses conséquences. Le feu a permis de cuire les aliments comme d'incendier les cités. L'énergie nucléaire éclaire des continents et détruit des villes. L'intelligence artificielle soigne déjà des malades tout en bouleversant notre rapport au savoir.

Notre découverte n'échappe pas à cette règle. Si notre hypothèse est confirmée, elle modifiera bien davantage qu'une pratique médicale. Elle changera la manière dont l'humanité se représente le temps. Or aucune civilisation ne peut absorber une telle transformation en un seul jour.

Que deviendrait une société où l'âge biologique ne correspondrait plus à l'âge chronologique ? Comment organiser les retraites, les carrières, les transmissions, les responsabilités, les générations ? Qui serait considéré comme jeune ? Qui serait considéré comme vieux ? Comment préserver l'équilibre entre ceux qui auront bénéficié de cette avancée et ceux qui l'attendent encore ?

Ces questions ne relèvent plus de la biologie. Elles concernent le contrat social lui-même.

C'est pourquoi nous avons refusé deux solutions également inacceptables. La première aurait consisté à réserver cette technologie à quelques privilégiés. La fortune aurait décidé. La seconde aurait consisté à la diffuser immédiatement à toute l'humanité. La précipitation aurait décidé. Aucune de ces voies n'est compatible avec notre responsabilité. Entre le privilège et le chaos, il existe un troisième chemin, celui de l'apprentissage. 

Toute révolution commence par quelques pionniers. Non parce qu'ils valent davantage que les autres. Mais parce que l'humanité apprend toujours à petite échelle avant de transformer son destin. Les premiers navigateurs ont ouvert les océans; les premiers aviateurs, le ciel; les premiers astronautes  l'espace. Les premiers bénéficiaires de notre protocole n'ouvriront pas un territoire mais un âge nouveau de la biologie. Ils ne seront pas des privilégiés. Ils seront les premiers témoins d'une responsabilité collective. Nous ne leur demanderons pas seulement d'accepter un protocole scientifique mais d'accepter un devoir envers tous les autres.

Car leur transformation ne leur appartiendra plus. Elle deviendra un bien commun. Le monde entier observera leur évolution,leurs succès, leurs limites, leurs doutes, leurs découvertes.

L'humanité progressera à travers eux. Et lorsque nous aurons appris tout ce qu'il est nécessaire d'apprendre, que la science aura confirmé, corrigé ou réfuté nos hypothèses, que les sociétés auront eu le temps d'adapter leurs institutions, alors  cette avancée pourra devenir un patrimoine universel.

mardi 8 septembre 2026

 Stop, on arrête de dire, de faire, de penser n'importe quoi en suivant les conseils de ceux qui disent savoir, des savants auto-proclamés, des sages de pacotille, des diseurs de mauvaises aventures. Imitez le soleil, éclipsez-vous  et, s'il n'en reste qu'un, ne soyez pas  celui-là, comme  l'a dit Victor dans ses Chatiments .

Ne cherchez pas à convaincre quelqu'un qu'il a tort. Sa conviction est aussi forte que la vôtre. Il vous trouve, in petto, dans l'erreur et, en plus, bien présomptueux en prétendant détenir la vérité, vouloir l'imposer à coups d'arguties, de mensonges, d'inventions sur le ton supérieur de celui qui sait. Vous êtes en train de vous faire un ennemi de plus, vous qui n'avez pas d'amis.

LE RIRE BIDON

 « Docteur, est-ce grave ? Je ne comprends pas la plaisanterie. »

« Grave, non, mais je comprends votre anxiété. Elle est légitime, car cette carence cognitive affecte sévèrement la qualité de vos relations sociales, vous isole, vous marginalise en vous empêchant de partager l’hilarité générale. Elle fait de vous un mouton noir qui rompt l’harmonie de la réunion, crée un embarras et un état de confusion chez l’auteur de la plaisanterie, qui se demande, inquiet, si sa plaisanterie est aussi drôle qu’il le croit.

Je ne vais rien changer à votre personnalité et vous continuerez à ne pas comprendre les plaisanteries, courtes ou longues. Mais quelle importance ? Cela n’affecte pas votre façon de digérer ni de dormir. Je vous demande seulement de faire semblant et d’imiter les autres convives si vous êtes autour d’une table. Joignez-vous à la gaieté de l’escadron, aurait dit Courteline. Copiez leurs mimiques, leurs simagrées, essuyez-vous les yeux si les rires ont du mal à s’arrêter.

Dans le cas où vous êtes le seul à devoir supporter la plaisanterie et ne voulez pas vexer, attendez la fin de la péroraison. Observez le locuteur : dans 99 % des cas, il sera le premier à rire de son bon mot, même si c’est la millième fois qu’il le sort, car on est tous son meilleur auditoire. Il vous suffit, là encore, de capter ce signal pour enclencher un sourire de connivence et d’admiration qui récompensera son moment clownesque.

Rappelez-vous aussi que vous n’êtes pas un cas isolé. C’est fréquent, et ma technique l’a rendu indétectable. Il est probable que, sur cinq personnes qui s’esclaffent bruyamment, plus de la moitié soient, comme vous, indifférentes à la plaisanterie et jouent la comédie.

Avec un peu d’habitude, qui fait office d’entraînement, vous serez capable de jouer le rôle-titre de la célèbre pièce de cet auteur dont le nom m’échappe : Le Rire idiot.

Une vocation tardive naît parfois ainsi.

« Ah ah ah ! » Répétez après moi, s’il vous plaît. La leçon est incluse dans le prix de la consultation…

Ah ah ah ! S’il vous plaît, faites un effort ! »

 LIVRE VIII

Le retentissement

Le silence dura quelques secondes. Puis le monde se remit à parler. En quelques heures, les laboratoires les plus prestigieux demandèrent l'accès aux données. Les académies des sciences convoquèrent des séances extraordinaires. Les gouvernements créèrent des cellules de crise. Les places financières suspendirent les cotations de plusieurs groupes pharmaceutiques. Les réseaux numériques cessèrent de commenter l'événement. Ils commencèrent à s'interroger.

Pour la première fois depuis des générations, une découverte scientifique ne promettait pas seulement un progrès. Elle remettait en cause une certitude. Le vieillissement était-il réellement une loi de la nature ? Ou seulement l'expression d'une cohérence biologique qui se dégrade avec le temps ?

À Cambridge, un biologiste cellulaire déclara :                                                      — « Si cette théorie est exacte, nous avons confondu pendant deux siècles les conséquences et les causes. Nous avons étudié les mécanismes du vieillissement sans jamais nous demander si le vieillissement était lui-même le mécanisme... ou simplement son symptôme. »

À Zurich, une physicienne répondit : — « La découverte n'est peut-être pas biologique. Elle est peut-être informationnelle. Si le vivant se définit par sa cohérence, alors nous devons réécrire la frontière entre la matière et l'information. »

À Kyoto, un mathématicien resta longtemps silencieux avant de conclure : — « Les équations ne démontrent pas que cette théorie est vraie. Elles montrent seulement qu'elle est devenue impossible à ignorer. »

Les philosophes comprirent immédiatement qu'une autre question apparaissait. Si l'âge biologique cesse d'être un destin... qu'est-ce que vieillir ?

Les théologiens s'interrogèrent à leur tour. Modifier la durée de la vie n'était pas seulement une innovation médicale. C'était une nouvelle manière d'habiter le temps et Dieu dans tout cela?

Les économistes furent plus directs. Ils calculèrent. En quelques jours, ils comprirent que tous les modèles reposaient sur une hypothèse implicite : le vieillissement était irréversible. Si cette hypothèse tombait...l'économie entière devait être repensée.

Les juristes ouvrirent un chantier tout aussi vertigineux. À partir de quel âge devient-on vieux...si l'âge biologique n'est plus celui inscrit sur un acte de naissance ?

Les assureurs suspendirent leurs calculs. Les fonds de pension leurs prévisions. Les démographes leurs certitudes.

Pendant ce temps, un phénomène inattendu se produisait. La population ne parlait presque jamais de physique quantique. Elle ne discutait pas davantage des algorithmes de BIOGENESIS AI. Une seule phrase revenait partout. « Et si c'était vrai ? » Jamais, dans l'histoire moderne, trois mots n'avaient porté une telle charge de fascination et d'inquiétude. Ils ne traduisaient pas une croyance. Ils exprimaient une possibilité. Et cette possibilité suffisait à modifier le regard que chacun portait sur sa propre existence. Des vieillards relevaient la tête. Des adultes cessaient de compter les années. Des adolescents découvraient que le temps n'était peut-être plus un adversaire, mais une variable.

Ce soir-là, les dix milliards d'êtres humains ne partageaient ni la même langue, ni la même culture, ni les mêmes convictions. Ils partageaient une seule question. Et pour la première fois depuis longtemps, cette question était plus grande que toutes les réponses. Car, au-delà de la promesse d'un rajeunissement, une idée plus profonde venait de naître. Peut-être que la vie n'était pas condamnée à s'user. Peut-être cherchait-elle seulement, depuis toujours, le chemin qui la ramènerait vers sa propre cohérence.