Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


samedi 11 juillet 2026

CLAP DE FIN ET DÉBUT D'UN FAIT HISTORIQUE

Le monde entier assiste, éberlué, à une farce  tragico-comique qui s'inscrira en lettres capitales  dans les annales théâtrales, historiques, psychiatriques au  chapitre de l'histrionisme. Dans un seul en scène, un clown déguisé en président s'agite, gesticule, déclame des incongruités, tient des propos contradictoires,  fait de son pays  la risée du monde entier, détruit en un rien de temps ce qui avait mis 250 ans à se consolider. Ce n'est pas un incident technique, une panne de courant, une erreur de distribution, un coup de folie mais un séisme comparable à la chute de l'empire romain d'Occident, à la destruction du mur de Berlin, à l'explosion d'une super nova, un évènement dont on se souviendra dans un million d'années-lumière.

COMBIEN SONT ILS?

 je me demande combien de moines et de curés font leur coming out quand ils ont perdu la foi et sont passés à l'athéisme? Combien franchissent le pas  et quittent le presbytère, le couvent aussi fièrement qu'ils y étaient entrés,  l'esprit tranquille, en paix, contents de n'être pas honteux, de ne pas mentir, de ne pas  trahir son âme? Combien sont-ils???

TENTATION

Pour ne pas succomber à la tentation, le plus simple est de ne pas en avoir et pour cela en avoir fait l'expérience précédemment en y ayant succombé. On peut juger objectivement de la qualité du résultat, du degré de la satisfaction secondaire et des inconvénients  plus ou moins désastreux qui s'ensuivent: crise foie  carabinée après absorstion de mousse au chocolat et de vin cuit comme un bon Maury en  quantité imposante, discours critique et ironique à un supérieur sans humour, d'aller  là où l'on a pas pieds quand on ne sait pas nager, etc.. Ces souvenirs calamiteux sont, si on a survécu, des contre-poisons efficaces.

Conclusion: il faut succomber à certaines tentations si on a une bonne mémoire, que l'on est en  forme, qu'elle n'est pas mortelle ou que l'on peut s'en remettre sans sequelles. Ces tentations vaincues ou surmontées avec succès font acquérir les armes qui dissuadent la tentation de se manifester et de les affroter sans naufrager. Elles apprenent à se tenir à distance, ayant compris qu'elles n'étaient pas de taille avec un esprit aussi décidé, un courage si vaillant et une volonté qui rend l'acier jaloux.
Il aurait été intéressant de connaître l'avis des ukrainiens Nikita Krouchtchev et de Léonid Brejnev qui ont gouverné l'URSS le premier de 1955 à 1964 et le deuxième de 1964 à 1982 sur la guerre menée par la Russie contre leur patrie d'origine.
Si, au cours d'une de ces belles soirées d'été, quand vous êtes réunis, autour d'une coupe de Prosecco, avec quelques amis ou, si vous n'en avez pas, quelques relations qui passaient par là et que la convessation vient à languir, je vous propose, pour la revitaliser, de lancer, comme si vous étiez à la pêche à la truite meunière dans un gave des pyrenées orientales où coule encore le souvenir du torrent impétueux qu'il était dans votre jeunesse, ce genre d'interrogation: "que pensez vous du point commun entre les indices de réfraction, de réflexion, de diffraction, d'absorption et la situation au Moyen-Orient?".

La première de vos satisfactions viendra de la mine consternée des uns (barbares un jour, barbares toujours), ahurie des autres (idiots un jour, idiots toujours). Le silence joyeux qui suivra vous permettra de lancer le débat qui s'annonce serré par "car, voyez-vous, la physique a son mot à dire à la politique". Le silence persistant vous fait comprendre que chacun peaufine sa réponse et entend bien défendre son point d'honneur.  "Oui, après avoir comme vous suivi les débats contradictoires sur les tenants et les aboutissants bien cadrés dans une situation très dépendante d'un substrat géo-politique dont les fondements, pour ne pas dire les fondamentaux, terme trop connecté qui pourrait être interprété comme une prise de position partisane que seuls ceux qui me connaissent combattront et je les remercie de cette amicale complicité dans un contexte difficile à gérer. qui prèterait facilement à des erreurs de jugement". Cette mise au point musclée ayant fait taire les vélléités de contestation quant au fond  du problème, le débat s'engagea dans des  échanges intellectuels d'une haute volée. La poursuite de la discussion peut s'opérer dans un esprit contructif qui permet au  message transmis aux deux parties d'aboutir à une solution satisfaisant tous les belligérants, respectant chacune de leurs revandications et mettant fin à une guerre concurrente pour la durée de la nôtre de 100 ans.   . 

vendredi 10 juillet 2026

HOMÉOPATHIE ET L'IDÉE DIVINE

Cela a dû vous arriver: une idée vous réveille au beau milieu d'un rêve. Impérieuse, elle exige d'être examinée sur le champ. Elle se prétend transcendentale. Pas content mais curieux, vous obtempérez et l'entendez. La voilà cette bonne idée.

Elle dit que l'homéopathie et Dieu ont des points communs et va démontrer la vérité de cette réalité.

D'abord un éclairage sur l'homéopathie. Inventée par Samuel Hahnemann, un médecin allemand, vers 1790, qui ne voulait plus de la médecine d'alors, encore moyenâgeuse et à base de saignées qui faisaient plus de mal que de bien. Il voulut la remplacer par une médecine débarrassée de cette barbarie et inventa l'homéopathie basée sur la loi des similitudes et le principe de la dilution. Il est parti de la conviction  que si la caféine empêche de dormir, pourquoi ne pourrait-elle pas guérir de l'insomnie si l'alcaloïde était traité de la bonne façon : dilution et succussion (secousse). Il en eut la confirmation par l'expérimentation et étendit sa théorie à toutes les maladies, chacune coïncidant avec un produit naturel que l'on diluait. Cette dilution est l'autre clef qui conditionne l'efficacité. Plus elle est grande, plus la force et la puissance du traitement est grand. La première est faite d'une partie pour 99 de solvant (eau). Elle peut aller jusqu'à 200 CH. À ce niveau, la science moderne ne trouve plus de molécule du produit qu'il y avait la première fois. Mais, pas de panique, la mémoire de l'eau a fait son apparition en 1988 avec monsieur Benveniste qui a redonné un coup de jeune à l'homéopathie en disant que le souvenir s'était attaché à l'H2O et que le granule quoique desséché allait les ressusciter en fondandant sous la langue. 

L'invention de dieu a des origines plus lointaines. Les hommes, dès qu'ils furent capables au bout de plusieurs milliers d'années d'évolution d'imaginer eurent des inquiétudes métaphysiques qui les amenèrent à se poser des questions existentielles après avoir résolue celles qui étaient essentielles: les fameuses d'où viens je, qui suis-je, où vais-je??? Certains constatant qu'ils ne pouvaient pas y répondre les décrétèrent insolubles et s'occupèrent des choses à leur portée, d'autres, insatisfaits, contournèrent la difficulté en imaginant l'existence d'une entité dotée d-un pouvoir infini et ayant l'éternité devant et derrière lui. Dieu était né. Le marché existait et Il répondait à la demande, le succès fut planétaire et dure encore. Il prit plusieurs formes selon les périodes, les influences, les circonstances, l'idiosyncrasie des peuples. En Occident, il y eut une unification autour d'un barbu tutélaire apparu dans l'imaginaire au moyen orient sous le nom imprononçable de YHWH. Il en dériva au fil des siècles, des variantes souvent adversaires mais fidèles au même nom; Il n'y a que l'orthographe qui change selon la langue. Pour mémoire et enrichir votre vocabulaire, je cite : les francophones suivant l'exemple édifiant des français ont conservé le plus beau avec Dieu, les autres moins respectueux l'ont abâtardi  avec God en anglais et américain, God en allemand, Got en suédois, Dios en espagnol, Allah en arabe, Shen en chinois et Mungu en swahili ;

Le problème de l'homéopathie dont les adeptes ne tiennent pas compte est qu'elle n'a jamais fait la preuve de son efficacité. Les guérisons qu'elle revendique seraient advenues sans son secours et la douleur provoquée par le coup de marteau sur le doigt aurait disparu sans besoin de 3 granules sous la langue d'arnica 5 CH, le rhume aurait guéri spontanément sans l'aide de nux vomica 7 CH le soir.

Dieu a le même problème. Son existence est une création de l'imagination pour répondre aux inquiétudes et rendre la vie moins amère. En inventant un personnage tout puissant qui récompensera les bons en leur ouvrant le paradis pour l'éternité et punira les méchants d'une façon aussi radicale, le concept devient irrésistible pour les âmes qui se trouvent supérieures à ceux dont elles sont les lointains descendants, les hominidés qui ressemblaient fortement à nos chimpanzés. Ce dieu a beau rester invisible, inconnu, laisser aller les choses pour le pire, ceux qui se disent les représentants trahir celui qui se croyait son fils et qu'ils disent adorer, les croyants continuent de croire qu'il existe, prenant leurs rêves pour la réalité.

Les granules des uns fondent sous la langue comme les hosties des autres sur elle. Elles leur suggèrent que le monde est merveilleux et qu'il y a tout dans rien...

LA RÉPONSE SANS QUESTION

"Parce que vous êtes responsable du crime, vous serez condamné à  etc..." a jugé le jury en envoyant son client à la perpet. Mais les consciencieux s'interrogent car ils disposent d'un esprit critique, d'une capacité de réflexion,  de l'habitude d'étudier les tenants de l'aboutissant et de se demander si nous disposons d'assez de raison, de sagesse, de logique, d'intelligence et de liberté de penser pour prendre les bonnes décisions. Le bilan prouve que non.
L'absence fait souffrir car elle crée un vide qui aspire tandis que la présence remplit l'espace au point de nous priver de liberté et qu'il faut parfois un trop plein pour ne pas se noyer.

jeudi 9 juillet 2026

Les gens qui passent sans voir ce qu'ils regardent n'entendent pas ce qu'ils écoutent et ne s'intéressent pas à la réalité. En plus, ils ne croient pas la vérité. 
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Pour concrétiser le projet, passer du rêve à la réalité, finir ce qui est commencé, arrêter de parler pour agir, il faut au velléitaire du courage, de la volonté, du temps et un esprit de contradiction qui va transformer sa procrastination en avant-première.
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Tenir le cap sans dévier, lutter sans se défiler, garder l'équilibre sur un fil sans vaciller suppose des qualités que celui qui décide sans hésiter  n'a pas.
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Si la France était gouvernée par des hommes et des femmes de la trempe de ceux qui dirigent l'équipe nationale de foot et celle du PSG, elle serait loin devant les américains et les chinois.
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Pour avoir de bonnes pensées, il faut trouver les  mots qui vont avec. Pour chasser les sales idées qui sont aussi mauvaises qui aiment s'infiltrer, il faut s'interdire d'utiliser les noms propres.
Ceux qui vont commencent par partir et ceux qui viennent vont arriver. Dans ce va et vient, ils se croisent sans se rencontrer, trop occupés à leur projet et pressés pour ne pas être pris dans un black-out, de se heurter à une porte fermée, à un pont levé, trouver les abonnés absents. Il n'y a que les sans domicile fixe ni adresse qui circulent libres, sans objectif. Attachés à rien, ils vont où le vent les emporte, livrés à son  plaisir, un mal plaisant quand il est bon.

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Deux problèmes insolubles: comment partager des idées avec ceux qui n'en n'ont pas? Comment peuvent dialoguer deux esprits saturés de certitudes et qui n'ont plus d'espace de réflexion pour accueillir une pensée divergente?

REBELOTTE

Le 6 mai 2014, parce que la France, à son habitude, n'allait pas fort, j'avais imaginé et posté un conte drôlatique. Un lecteur l'a déniché et, en le relisant, je me suis aperçu qu'il parlait encore de la situation actuelle et que mon  traitement radical devrait être appliqué rapidement pour que ma rêverie nous sorte du cauchemar.

Le 28 janvier dernier, j’annonçai qu’un groupe de scientifiques, dégoûtés de la médiocrité politicienne de l’énarchie qui a kidnappé le pouvoir en France depuis des décennies, avait accepté ma proposition de régénérer Henri IV qui, aidé de Sully avait, à un moment où la France se débattait dans les guerres civile, religieuse, sociale et était acculée à la ruine, à la faillite, redressé le pays et rétabli l’ordre et la concorde.

Le 24 mars, j’annonçais que la croissance accélérée d’Henri IV et de Sully suivait son cours. Tout se passait dans les meilleures conditions.

J’ai appris la terrible nouvelle ce matin. Le miracle n’aura pas lieu. Henri IV a été encore assassiné. Ils ne voulaient pas qu’un homme providentiel sauve la France une nouvelle fois. Ils ne voulaient pas être chassés de leurs palais, de leurs ministères. Ils ne voulaient pas abandonner leurs privilèges, leurs prébendes, leurs passe-droits. Ils ne voulaient pas que les finances soient assainies, que la dette soit remboursée. Ils ne voulaient pas que la paix sociale et la justice soient restaurées. Ils ne voulaient pas que le pays soit respecté.

Voici comment Ils ont perpétré leur crime. La délivrance d’Henri IV et de Sully devait symboliquement avoir lieu le 8 mai, anniversaire de la Victoire. Le 6 mai, c’est-à-dire ce matin, à 5 heures, un commando de 2 hommes et de 2 femmes a pénétré, après avoir neutralisé les 3 gardiens, dans le laboratoire de génétique appliquée où les corps d’Henri VI et de Sully achevaient leur maturation. Ils ont maîtrisé, par la force, l’équipe médicale qui surveillait les paramètres biologiques et physiologiques des deux héros du passé. Ils ont coupé le courant qui alimentait la machinerie et, dans la minute, ils cessèrent de vivre, tués dans leur cocon placentaire artificiel. L’horrible quatuor quitta aussitôt les lieux et disparut dans la nuit.

Le forfait n’est pas signé, mais tout le monde connaît les auteurs du double crime.

« Honte à l’énarchie. Elle veut conserver le pouvoir qu’elle asservit depuis plus de 60 ans. Elle l’a conquis par le copinage, le mensonge, la ruse. Elle veut continuer son travail délétère dans tous les rouages de l’État, à tous les étages du gouvernement.

Qu’ils ne triomphent pas. Notre vengeance sera terrible : ils ne voulaient pas d’Henri IV le sage, le débonnaire, l’arbitre, nous allons en réveiller d’autres, des terribles et, demain, ils auront Louis XIV à la tête de l’État, Richelieu sera son premier ministre. Il mettra Bonaparte aux armées, Talleyrand au Quai d’Orsay, Sully réinventera les finances, Clemenceau, le Tigre, reviendra à l’intérieur et sera à nouveau le premier flic de France. Cette équipe nettoiera les écuries d’Augias de l’énarchie dévoyée . »

Voici le communiqué qui vient de tomber des téléscripteurs.

mercredi 8 juillet 2026

Soyez indulgent pour les gens ayant un mauvais caractère. Ils sont les premiers à en souffrir et, être obligé de le supporter 24 heures sur 24, fait peur. Il s'accompagne d'un mauvais fonctionnement du foie qui s'extériorise par une hypochondrie chronique d'origine clairement bilieuse. Un dysfonctionnement colique  ajoute une  irritabilité nerveuse qui rend leur commerce redoutable. L'aigreur de leur propos, l'acidité de leurs commentaires ne sont malheureusement que la traduction orale d'hyperchlorydrie gastrique, source de brûlures, d'ulcères et de douleurs qui sont bien obligés de s'évacuer. 

Cette riche symptomatologie d'origine somatique a un retentissement psychologique sur le cerveau qui doit gérer cette accumulation de sensations. Il répond à sa façon habituelle structurelle par la formation de sentiments divers qui influent directement le caractère selon une logique cartésienne: des mauvaises sensations induisent de mauvais sentiments. Le caractère de ces gens-là sera sous ces influences délétères et ils seront irritables, énervés, instables, endoloris, plaintifs, à la recherche du traitement miracle qui leur donnera un foie modèle, un côlon amical, un estomac charmant. Cette vaine quête d'un impossible état est  épuisante et, toujours déçue, apporte une raison de plus à une insatisfaction permanente.

Comment ne pas plaindre cette pauvre engeance d'un sort si cruel? Prions pour eux et pour qu'ils connaissent le plaisir d'avoir une santé morale, psychique, psychologique à la hauteur de leur espérance...

PS: ce résumé du processus qui relie l'organique à la psyché est un classique de la médecine psychosomatique. Une autre école de pensée fait l'inverse et estime que c'est la psyché qui conditionne la santé bonne ou mauvaise du foie, de l'estomac, du côlon. Ce renversement des perspectives est intéressant puisqu'il ouvre des voies thérapeutiques qui mériteraient d'être explorés. Elles se heurtent à des oppositions internes difficiles à maîtriser.

LE CERVEAU

Le cerveau sait lire, voir, entendre, calculer, déduire, analyser, synthétiser, imaginer, croire, prier, consoler, cela parce qu'il pense et réfléchit. Sa faiblesse est que, parce qu'il se trouve omniscient, il se croit omnipotent et il devient dangeureux.
Ne plus être tributaire du regard des autres libère d'une dépendence et  procure un vrai bonheur que ne connaîtra pas celui qui rêve d'Académie. Mais écouter leur jugement, apprécier la critique montre la capacité à prerndre du  recul, de la hauteur et rend fier d'appartenir à la race de ceux qui n'ont pas besoin des autres pour avoir une opinion.

mardi 7 juillet 2026

UNE HORREUR AMBULANTE

Avec l'arrivée des longues, belles et douces journées estivales, la nature nous émerveille de son harmonie sauvage, de la splendeur  des feuilles, des fleurs, de la finesse des toiles d'araignée et du reste qui est à l'unisson. Une exception dans ce tableau qui serait, sans lui, idyllique, une monstruosité campée sur deux pieds profite de la clémence du temps pour agresser les spectateurs en dévoilant l'horreur de son corps. Il se déshabille à moitié dans la rue, complètement sur le sable  et exhibe une  peau  blafarde, couperosée, vergeturée, verruqueuse, luisante, des jambes variqueuses. Cauchemar vivant, il est  la honte de la faune domestique. Vivement l'hiver  qu'il se rhabille.

QUI L'EUT CRU?

Le flux d'énergie qui me fait bondir de ma couche le matin, vers les dix, onze heures et le reflux qui me pousse à me coucher vers la une ou deux après minuit me rappelle le mouvement des marées qui fait monter la mer en hauteur et six heures plus tard la réduit à lécher le bas de la plage. La similitude va plus loin puisque c'est à marée haute que les vagues sont les plus puissantes et rugissantes, partantes à la conquête de la dune, rien ne paraît pouvoir leur résister et les phares tremblent d'effroi. Nous, au petit matin blême, on est prêt à partir à la conquête du monde (moi, je me contente du potager mais je sais que les limaces et les doryphores n'en mènent pas large). Le soir, changement de décor, c'est le calme plat, la mer est d'huile et moi, je suis à ramasser avec  une épuisette.

On en conclut que la lune est la responsable non seulement des horaires et du coéfficient des marées mais des hauts et bas de notre moral, des variations de la tension artérielle et des fluctuations des  indices boursiers.

LES DIVISIONS DU TEMPS

Nous sommes toujours dans l'ère quatrernaire et au début de la période qui s'appelera l'anthropocène. Elle marquera l'empreinte humaine sur la terre avec pollution, destruction de la nature, disparition accélérée des espèces  et prolifération des algues vertes, de l'homo erectus et des virus. L'épisode actuel est extraordinaire pour celui qui la vit au quotidien et ordinaire pour un obsevateur posté sur le dernier barreau de la grande échelle des pompiers de Paris. Plus précisément, on est au début d'un  stade qui va durer le temps que s'installe une intelligence supérieure dont l'origine quoique humaine dépasse son créateur. Il nous fait vivre, en direct, le mythe de Frankenstein où la créature dépasse son créateur.  Il accélère le cours  choses qui bougent plus vite. Certaines disparaissent. Beaucoup ne savent pas qu'elles vivent leurs derniers instants, qu'elles sont en agonie, que les comptables, les médecins, les avocats, les banquiers, les politiciens, les militaires, les notaires vont disparaître. Les plus malins, les plus habiles, ceux qui ont de l'imagination, voient ce que les autres ne voient pas, prospéreront. 

Un peu de patience et, après demain, comme d'habitude, tout va ralentir, se calmer, dans un équilibre instable mais habituel, dans l'attente de la prochaine révolution industrielle, spirituelle, intellectuelle, polititique, philosophique qui engendrera les mêmes inquiétudes, espoirs que les précédentes qui furent la fission, la fusion, la prise électique, l'usine à gaz, la machine à vapeur, l'imprimerie, la poudre, la roue, le feu. 

En dehors de ces poussées de fièvre dans le grand corps malade de l'humanité et dont on se protège difficilement avec du stoiscisme mâtiné d'épicurisme et du souvenir de Protagoras, la vie s'écoule ponctuée de crises d'urticaire, d'asthme, de foie, de goutte, de l'adolescence, de la quarantaine, de la soixantaie, existentielles. Jamais le calme ne dure, les instants de victoire préparent la prochaines guerres et la revanche du vaincu. Les moments de grâce et de paix qui saluent la  victoire de l'un et la défaite de l'autre ne sont que des instants de répit, le temps de séchage de l'encre du traité de paix qui annonce la lontaine et certaine déclaration de guerre du vaincu qui ne vivra que pour la deuxième mi-temps. 

La présence du futur n'est encore que le titre d'une collection de livres d'anticipation. Personne n'y attache de l'importance. Elle prépare cependant les esprits qui lisent les signes à l'évènement qui arrivera tôt ou tard et nous confrontera à l'existence des habitants d'une autre planète venu nous rendre une visite amicale ou coloniale. Le scénario sera-t-il celui d'un film-catastophe du genre "Les derniers jours de Pompéi" ou une aimable comédie  nous rappelant "Devine qui vient diner ce soir?"

Les surprises prévisibles sont inscrites dans le calendrier et l'étonnement est artificiel. C'est la façon humaine et hypocrite de prétendre les découvrir et s'excuser de ne pas les avoir éventées. Les vraies sont celles que l'imagination peine à concevoir, du genre de celle qui vient de tomber sur notre tête. Elle prouve cependant que l'impossible est possible. L'avertissement mérite de ne pas être oublié. À bon entendeur, salut...!

FATALITAS

C'est son absence de solution de rechange qui donne à la fatalité ce caractère inexorable si particulier qui aggrave la détestation que l'on aime lui manifester pour lui montrer qu'il lui suffirait d'améliorer son état d'esprit, de prendre les choses avec du recul, de relativiser la gravité des faits et d'envisager la possibilité d'un renversement du paradigme dans un sens plus positif, dans un esprit constructif, tourné vers un avenir radieux où rien ne serait décidé à notre insu, nous retiendrait prisonniers, où nous serions libres de profiter de la chance, cadeau du hasard.

lundi 6 juillet 2026

UN NÉOLOGISME TRÈS ATTENDU

Le mal de ventre n'a pas la noble réputation du mal de tête. Il suscite même une moue de dégoût vite réprimée devant le malheureux qui se tord dans la douleur. On suspecte derrière la vulgarité des gargouillis, les bruits malsonnants et malodorants des intentions peu catholiques. Sa position inférieure sous-ombilicale explique cet ostracisme au relent nauséabond. À l'occasion d'un épisode récent, mon cerveau intestinal a pris conscience du problème de son voisin mitoyen et a proposé un néologisme : ventralgie, non connoté, non jargonnant, il localise et décrit simplement. Il ne fait pas de doute que le mot aura le succès qu'il mérite, qu'il permettra accessoirement au mal de ventre, en  n'étant plus un pestiféré d'être mieux traité.