On est tous les victimes innocentes de nos personnalités. Elles nous conduisent par le bout du nez et nous obéissons, contraints, forcés, à leurs ordres souvent déplorables. Le choix est limité et la psychiatrie renforcée par la psychologie en a fait la nomenclature avec une précision chirurgicale. Elle les classe en 4 catégories. Pour mémoire, à l'usage de ceux qui l'ont perdu ou ne l'ont jamais su, je les citerai: personnalités paranoïaques, histrioniques, obsessionnelles, narcissiques. Elles sont compatibles avec une vie sociétale mais perturbent la sociale.
Elles ne sont pas distribuées par le hasard mais nous sont imposées par la conjonction coordonnée de l'hérédité, de l'éducation, de la culture, de la petite et de la grande histoire du pays où nous vivons. Ces influences disparates en apparence imposent à notre psyché un carcan de sentiments qui associent les défauts, les vices, les qualités et les vertus propres au genre et l'espèce auxquels nous appartenons, l'humaine. Son absolutisme est impossible à contrarier, son arrogance dépasse nos forces de persuasion: nous ne pouvons pas changer de caractère, base indestructible de la personnalité. Cette vérité est résumée par l'antique adage Ouzbek qui affirme "Con un jour, con toujours", et par le constat implacable qui dit qu'elle nous colle à la peau. On a :
- la personnalité paranoïaque forte, volontiers dominatrice avec un sentiment de puissance contrariée par l'impression d'être persécutée par un monde malveillant jaloux. La surestimation est constante, cachée parfois sous une fausse bonhomie facile à détecter. Elle favorise l'ambition qui l'orientera vers la politique, avec et, c'est ce qui la rend redoutable obstination, intolérance et mépris des autres. La méfiance est présente, envahissante.
- la personnalité histrionique a une théâtralité qui met en scène un spectacle permanent plein d'à-côtés tragiques qui lui fait vivre une comédie dramatique qui n'amuse personne. Elle a besoin d'attention, d'admiration. Elle dramatise les situations, crée facilement des liens superficiels, se laisse influencer, manipuler tout en voulant le pouvoir qu'elle essaie de conquérir par la séduction. Son bonheur dépend du regard des autres et elle tombe dans le malheur quand elle n'est plus visible.
- la personnalité obsessionnelle ne se rend pas la vie facile car elle veut contrôler pour rendre son monde cohérent, ordonné, prévisible et ne plus craindre l'avenir. La lutte est inégale car les autres ne sont pas tous comme elle et son obsession de la maitrise la rend rigide, dominatrice et finalement peu sympathique à ceux qui n'aiment être commandés.
- une quatrième complète le quatuor, la personnalité narcissique. Elle est centrée sur elle-même car elle se voit admirable, supérieure et se met sur un piédestal. Cet orgueil lui donne une assurance, un sentiment de domination, lui fait croire mériter l'admiration. Si elle n'est pas reconnu comme méritant ce traitement d'exception, elle se sent victime d'une injustice et souffre intensément. La vie de Narcisse est difficile.
Cette classification schématique n'est qu'un reflet de la réalité. Les personnalités apparaissent surtout dans leurs excès, lorsque l’une d’elles est envahissante et rigidifie le comportement. L’homme ordinaire est, lui, plus souvent un mélange de ces tendances. Il possède un peu de méfiance pour ne pas être naïf, un certain besoin d’ordre pour vivre en société, un désir d’être reconnu qui nourrit ses relations et une part de fierté qui soutient son identité. Ce dosage lui permet de s'adapter plus ou moins souplement aux circonstances. Ainsi, la normalité psychique correspond à un compromis qui équilibre. La pathologie commence lorsque l’une des armes psychologiques empêche la flexibilité. L’homme moyen commun navigue entre prudence, contrôle, séduction et affirmation de soi avec la capacité fragile à passer de l’un à l’autre selon la situation.
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PS: on ne doit pas les confondre avec les psychoses qui, autrefois, dans leur plénitude, étaient enfermées dans des asiles de fous. Aujourd'hui, elles se promènent en liberté, empêchées cependant de s'extérioriser grâce à l'action bienfaisante d'une camisole chimique qui a remplacé celle de force.