Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


vendredi 6 février 2026

Un bateau préfère s'échouer que couler. Le naufrage est irrémédiable, l'échouage permet de redémarrer à la marée suivante si la coque n'est pas percée. Dans la vie terrestre, c'est pareil, le provisoire vaut mieux que le définitif, l'accessoire que l'important, le tout cache  le détail révélateur et l'on a intérêt à arrêter avant d'être épuisé, de jeter l'éponge avant d'être  KO, de payer ses dettes avant d'être mis en prison. Certains vont jusqu'au bout, contre la logique, le bon sens et la raison. Hier, ils construisirent la ligne Maginot, les abattoirs de La Villette,  Super phénix. Aujourd'hui, on a ITER une méga usine à gaz qui devait domestiquer la fusion de l'hydrogène et qui sera abandonnée faute de fonctionner. 

Cette différence dans le traitement des faits se retrouvent aussi dans  celui des idées. Certains sont capables de changer, de rebrousser chemin et cherchent une autre voie qui n'aboutit pas dans une impasse; D'autres ne peuvent pas. Ils persévèrent dans l'erreur, continuent malgré les signaux d'alarmes, les avertissement, le déclanchement des sirènes. Ils poursuivent une politique qui ne marche pas, investissent dans des filières condamnées, prolongent une guerre qu'ils ont perdue. Ils courent à l'échec avec un enthousiasme qui n'est partagé que par les aveugles sourds et les ennemis  qu'ils ne voient pas.

LES DEUX GENS

Les gens raisonnables ne se posent pas des questions compliquées, ne cherchent pas à résoudre des problèmes insolubles. Ils parlent de ce qu'ils connaissent, font ce qu'ils savent faire, attention où ils mettent les pieds et à qui ils serrent les mains. Ils vivent en général longtemps, agréablement, en profitant de ce qui est bon, beau et bien, sans l'angoisse des lendemains.

Les gens déraisonnables font le contraire. Ils se perdent dans les détails et les complications que leurs initiatives intempestives ont  créées, se noient dans les difficultés provoquées par des décisions imbéciles. Ils pérorent sur des sujets qui dépassent leur compréhension, entreprennent des travaux au-dessus de leur force,  visitent des pays dangereux, se lient à des escrocs, croient le mieux disant, la publicité, les sermons, les discours. Ils meurent habituellement d'un accident de circulation en voiture, en avion, dans leur lit, après une vie d'inquiétude, de courses, d'imprévus, toujours pressés, jamais contents. 

LES MONDES

Les mondes s'empilent comme des poupées russes. Il y a le monde sidéral infini qui englobe tous les autres. C'est une vue théorique que même l'imagination ne sait concevoir. Le monde intergalactiques est connu des astronomes qui s'y promènent par le bout de leurs lunettes. Le monde extraterrestre est devenu habitable depuis qu'on s'y promène dans des vaisseaux spatiaux qui sans être spacieux sont suffisamment logeables pour que la promiscuité soit supportable. Le monde terrestre nous contient. Enfin, il y a notre monde intérieur, le seul que nous connaissions, que nous transportons, qui nous importe, devrait nous suffire, qui nous fait le plus souffrir.

jeudi 5 février 2026

DE TOUT UN PEU

Les gens qui ont besoin d'être piqués pour se gratter devraient remercier le moustique au lieu de l'écraser.
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Le cœur se nourrit de sensations et de sentiments. L'esprit a besoin de réponses et de solutions. On comprend que le produit de l'union ne soit pas viable.
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Le crédule croit que l'intuition est aussi intelligente que la déduction. 

ZÉRO POINTÉ

Zéro est le héros de l'alphabet numérique. Il concentre tout : il est positif et négatif, au centre  des deux infinis, au milieu du possible et de l'impossible, C'est le chiffre quantique, partout à la fois, lettre et nombre, tout et rien. Modeste, indifférent, il ne se venge pas d'être méprisé. Il sait qu'il lui suffit de s'additionner pour dépasser les gloires établies, ridiculiser les riches, faire sauter la banque. Avec un, zéro est le maître du monde mathématique malgré sa nullité. Paradoxe vivant, inexistant, ne signifiant rien, il est indispensable et sa présence nous rappelle que l'on peut faire beaucoup avec rien.

UN VICTOIRE FAÇON PYRRHUS

La pente naturelle de certaines personnes est l'horizontale: ils disent oui à tout et non à rien. Chez d'autres, elle est verticale et ils refusent tout et n'acceptent rien. Leur chemin perpendiculaire se heurte au point de jonction. La guerre est immédiate, la victoire facile mais la paix est fragile, car ce que l'un a gagné et l'autre perdu s'annule réciproquement et instantanément.

mercredi 4 février 2026

STUPÉFIANT

Nous vivons une époque stupéfiante où le faux est plus vrai que nature, l'intelligence comprend tout sans réfléchir, la musique n'a pas besoin de compositeurs, les tableaux de peintres, les chansons de chanteurs. Les chiffres parlent, écrivent des livres, font des films. La confusion est totale. Elle va devenir furieuse quand on devra choisir entre une intelligence augmentée grâce à une interface implantée ou rester comme on est et le domestique d'un génie échappé d'une boîte de Pandore. 

NOTRE AVENIR

L'incompréhension mutuelle qui a conduit l'homme dans la criminalité des guerres et devait se terminer par une extermination générale va bientôt disparaître et sera remplacée par une compréhension générale du fait de l'intrusion d'une domination algorithmique auto-générative qui va transformer l'humanité en un société monolithique, soudée de façon ordonnée qui l'empêchera de se diviser, de se combattre, de s'entretuer  comme on a vu précédemment qu'elle en avait l'habitude. La haine ancestrale qui sévissait depuis les temps préhistoriques une fois remplacée par un amour fusionnel obligatoire sera l'épiphanie d'un monde encore meilleur que celui rêvé par Pangloss. Transformée en magasin de farces et attrapes, la société y passera le temps dans la paix, la tranquillité et un bonheur calibré pour garder l'envie  de rester heureux aussi longtemps que nécessaire.

PAROLE ET ÉCRIT

Parler pour ne rien dire  ne prête pas à conséquence, l'imposture disparaît en même temps que le bruit de la parole. Écrire pour le simple plaisir de graver des tablettes d'argile ou de noircir du papier n'a pas cette innocence. La feuille, la page, la tablette ne tombent pas en poussière quand l'encre ou l'argile est sec. L'écrit dure longtemps, quasi éternellement (le papyrus Prisse a 4.000 ans). Il met en danger son auteur qui sera critiqué, jugé, condamné mais sa magnifique supériorité est sa pérennité et on se souvient encore de ce que pensait Platon alors qu'on a oublié ce que vient de dire Macron.
Quand je compare le plaisir que je prends à dormir et à rêver et la fatigue mêlée d'ennui du temps que je passe à travailler, je conclus que la nuit nous fait du bien et que le jour nous veut du mal.

mardi 3 février 2026

NOUVEAU, DE TOUT UN PEU EST DISPONIBLE

Le Feel Good Book,  De Tout Un Peu  est  arrivé sur Kindle. Quatorzième de la série, vous y trouverez, comme à l'accoutumé, ce que vous cherchez: des conseils pertinents, de bonnes histoires courtes, des idées fortes, un art de vivre inspiré du meilleur d'Épicure avec des recettes succulentes, une manière de penser et d'agir avec sagesse et raison. L'auteur positif, optimiste célèbre la beauté de la nature, la générosité de la terre, la splendeur de la mer, la profondeur du ciel, le miracle de la vie. Il combat la morosité, guérit la dépression, a confiance dans les promesses de l'avenir. Quand il n'en restera qu'un, il ne sera pas celui-là car parti ailleurs. Dépêchez-vous, il n'est jamais trop tôt.

AUTO-SATISFACTION

Je suis étonné d'arriver en état de marcher après tant d'années passées à subir les assauts du mauvais temps. Être capable de tenir debout après une demie journée allongé dans le lit est un autre exploit dont je ne me vanterai pas. Cela témoigne de qualités supérieures à la quantité de défauts qui conspirent à me déstabiliser, à m'enliser pour m'empêcher d'avancer et me forcer à l'immobilité. Comment ne pas être fier d'avoir gagné le droit de me reposer un jour, peut-être?

AMÉRIQUE, QUI ES-TU?

Ce texte est un pamphlet. Il ne vise ni des individus ni un peuple, mais un système politique, économique et culturel devenu hégémonique. Je ne cherche pas à convaincre mais à éclairer le refus d'une adhésion à un discours construit par des intérêts qui ne sont pas les miens.
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La nation américaine restera dans l'histoire de l'humanité comme  l'une des plus redoutables. Elle aura  réussi à transformer ses vices en vertus au point de les ériger en principes fondateurs.

La cupidité est le moteur de la matrice américaine. Elle rend, en son nom, un culte à sa monnaie et a mis le dollar sous la protection de Dieu. Il est l'étalon et la mesure de tout. En avoir, le montrer, s'en glorifier est un devoir, une preuve de valeur, rend respectable et  admirable le plus grand des salauds. 

L'hypocrisie en est la méthode. Elle lui fait se revêtir des habits nécessaires  pour tromper les autres qui sont tous des adversaires à exploiter, à spolier, à dépouiller. Le système se drape dans la bannière de la philanthropie, auréole ses dents blanches de sourires, multiplie les démonstrations d'une amitié qui dure le temps de son service. Les américains savent se faire passer pour  le contraire de ce qu'ils sont.

Son instrument le plus abouti est la fabrique de rêves hollywoodienne. Les rôles sont inversés: méchants, ils se font passer pour gentils. Ils arrivent les mains pleines de cadeaux après avoir détruit tous ce qui aurait permis de s'en passer. La France, l'Europe a bénéficié de leur générosité avec le plan Marshall, après la guerre. Il a servi à reconstruire les villes, les usines et les infrastructures que  leurs bombardements massifs, aveugles avaient détruits avec ceux qui y vivaient, sans aucune utilité, les nazis ayant déjà perdu la guerre, par l'Est. En un an, les pertes civiles furent d'une ampleur sans commune mesure avec celles subies durant les années d'occupation.

L'orgueil lui fait dépasser la mesure. Il oblige à  devenir plus gros, plus grand, plus riche. Cette démesure condamne le système. Il ne peut rien contre  l'intelligence stratégique, la patience historique,  la solidarité, l'unité du vieux peuple chinois qui a compris qu'on pouvait asservir en rendant service.

La jalousie est le péché caché de l'hégémonie. Elle devrait être incompatible  avec l'orgueil  qui fait se croire supérieur mais elle est tapie, vigilante et malheur à la concurrence qui voudrait émerger, au courageux qui veut croire à son indépendance, à l'imprudent qui conteste une décision. Alors sort le gros bâton: démonstrations navales, représailles économiques, sanctions, exclusions.

Il faudrait parler de la gloutonnerie et  de l'intempérance - fruits  dévoyés d'une gourmandise incontrôlée pour le sucré, le gras, le salé -, de la luxure qui cohabite avec la pudibonderie qui elle-même dérive de l'hypocrisie. Mais je fatigue et il faut traiter un chapitre encore plus pénible.

Ce nouvel empire du mal a éliminé les autres (l'hitlérien  puis le stalinien) et a pris la place. Il s'y maintient par la force du dollar et des armes. La gestation avait donné des indications avec un ôte-toi de là que je m'y mette qui dépassait de loin la coutume coloniale traditionnelle qui laissait en place la population indigène et ne la passait pas au tranchant de la baïonnette, ne la déportait pas, ne l'éliminait pas. Le cow-boy avait une autre philosophie  plus brutale avec la loi du plus fort comme principe de base.

Si on veut être gentil, on dit qu'elle avait mis cette politique en veilleuse depuis longtemps et, en action, depuis toujours si on veut être objectif. Elle parade aujourd'hui dans toute son horreur. Son besoin de dominer, de décider, d'imposer sa loi, ses entreprises, de défendre ses intérêts, conquérir des marchés, des ressources, d'accroître ses richesses la fait envahir des pays, les paralyser en imposant l'embargo pour soumettre les récalcitrants par la faim, les empêcher de se soigner, de voyager, de commercer en les excluant du commerce mondial, en  niant leur existence comme ils ont fait avec les indiens. En maître-ès art, elle terrorise ceux qu'elle qualifie de terroristes, les met au ban de l'humanité, leur interdit de vivre.  

La société américaine est une arène et malheur aux faibles. Notre problème est qu'elle a fait de ses valeurs une arme d'intrusion massive, un bon produit d'exportation avec la complicité de serviteurs zélés, d'esclaves soumis, de  courtisans obséquieux et de tous ceux qui se sentent une âme d'Américain. 

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a des gens qui se sentent étrangers à leur propre corps. Soit ils l'ignorent soit ils en ont peur et refusent de le palper, de le toucher, de le sentir, de prendre sa température. Ils l'habitent mais font comme s'ils n'en étaient pas les propriétaires, mais des locataires temporaires sans obligation de l'entretenir et le maintenir en bon état. Ils se comportent avec lui comme avec leur voiture qu'ils conduisent au garage dès qu'ils entendent un bruit, ont du mal à la démarrer ou qu'il est temps de vérifier les niveaux et le gonflage des pneus. Ils délèguent la surveillance, n'ouvrent pas le capot. C'est le travail du mécano, pas le leur. Ces mêmes gens fréquentent assidument les salles d'attente des médecins, encombrent les urgences. Incapables de se prendre en charge, de moins manger pour ne pas devenir obèses puis diabétiques, hypertendus, de pas fumer,  ils s'étonnent de faire à la cinquantaine, à la soixantaine un infarctus, un AVC, une insuffisance respiratoire, une cirrhose graisseuse, un cancer du poumon, du larynx, d'avoir mal aux genoux, aux hanches, au dos, de tomber et de ne pouvoir se relever.

Ce refus de voir son corps, de le traiter avec respect, amitié, reconnaissance pour les services rendus, d'être à son écoute, de le surveiller avec amour  témoigne d'une ingratitude inexplicable. Est-ce parce qu'ils trouvent vulgaire et indigne du pur esprit dont ils se sentent dépositaires ce tas d'os et de chair qui passe son temps à les faire souffrir et leur gâche trop souvent son temps de penser? Est-ce la paresse de faire des efforts, la peur de prévoir un avenir terrifiant, l'incapacité de réfléchir à son devenir par bêtise ou la volonté de profiter de l'instant  sans se soucier des lendemains? 

Chez ces gens-là, l'esprit n'a pas la  reconnaissance du ventre et ne traite pas le corps à la proportion des service rendus. Ils en sont punis au centuple car il enregistre toutes les avanies, se rappelle des saloperies qu'on lui fait avaler, des excès qui l'ont épuisé, des accidents qu'il a enduré. Un jour, exaspéré, il n'en peut plus, il craque, se venge et, kamikaze, se fait hara-kiri, tue son tortionnaire.

lundi 2 février 2026

NON

L'arrêt est un non mou, facultatif, provisoire. Le bus peut l'ignorer. 

Le stop est un non obligatoire. Passé outre, c'est s'exposer à une contravention, une pénalité. À la fatalité si, non respecté,  la voiture  percute  un 50 tonnes lancé à 100 à l'heure.

L'interdiction est un non catégorique. Il est un ordre moral et empêche de vendre de l'alcool à un mineur, de se pencher à la fenêtre du wagon, de cracher, de voler, de tricher, de mentir. Elle est pour le rebelle, l'adolescent, l'anarchistes, l'opposant de principe, un puissant stimulant et l'étincelle qui allume la mèche. Il fait oublier la sanction. 

Ne jamais s'arrêter et stopper, braver les interdits est un sport pour certains. Dire oui à tout  est le contraire du non, une délivrance pour les épris de liberté. Je ne vois que les feux où les non et les oui cohabitent, le vert ouvrant la voix au chapitre, le rouge fermant la voie.
La personnalité la plus extraordinaire que j'ai jamais rencontrée habitait deux corps différents. Jumeaux vrais monozygotes, sosies parfaits, au grain de beauté près, ils avaient en commun l'esprit: ils pensaient la même chose au même moment. Ils n'étaient indépendants qu'au niveau des sensations. Leur concordance spirituelle, intellectuelle, sentimentale était si complète que chacun avait l'impression de n'être que l'écho de l'autre. Il leur fallut se séparer pour trouver une intimité. L'un partit s'installer aux antipodes et, quand il dormait, ne pensant à rien, l'autre vivait tranquillement sans être écouté.

COURANT, QUAND TU NOUS TIENS

Si vous voulez un courant électrique, il faut un pôle plus et un pôle moins,

- un courant d'air, deux portes opposées ouvertes,

- un courant d'eau, une pente qui va de haut en bas,

- un courant d'idée, de grandes considérations qui viennent étancher une soif de connaissance.

dimanche 1 février 2026

UNE NOUVELLE GUERRE DE CENT ANS

La politique jusqu'ici suivie et qui ciblait les difficultés à éliminer ayant fait la preuve après des décennies de mise en pratique de leur inefficacité, le gouvernement a décidé de suivre les conclusions de la commission d'enquête qui planchait sur le sujet depuis plusieurs années. Les experts recommandent un changement drastique aux dimensions draconiennes avec un renversement du paradigme puisqu'ils préconisent de les supprimer en imposant une politique de facilitation avec la levée de tous les obstacles, interdits et règlementations issus des administrations nationale, régionale, départementale, municipale et de la principale, la bruxelloise. Les ministres réfléchissent, le président médite, la suite attend avec patience.

PS: la décision finale appartient, en réalité, à la fonction publique et à l'armée des fonctionnaires qui a accueilli avec consternation les conclusions de la commission pourtant composée d'agents de l'état profond. La suppression envisagée des difficultés aurait pour conséquence immédiate la disparition de leur métier. C'est une catastrophe inimaginable, un Waterloo programmé qui a soulevé une armée de boucliers, une mobilisation générale et la réunion en conseil de guerre des syndicats aussi bien majoritaires que minoritaires. L'appareil d'état composé à 99% d'anciens élèves de l'École Nationale d'Administration  devra donc livrer une bataille perdue avant de commencer. La suite nous le dira.

ÉCHEC ET TEMPS

Pour expliquer un échec, l'excuse la plus fréquente est le manque de temps. Le mensonge est éhonté, aurait-on dit naguère. Le temps est, en effet, avec l'azote de l'air et l'eau des mers, une matière disponible, gratuite, inépuisable, toujours à l'heure. Le déficit est ailleurs, dans la volonté, le courage, la patience, la force, l'intelligence. Il est aggravé par un excès de  paresse, la bêtise, l'impatience, la faiblesse, la peur. Le temps passe, indifférent. Il entend ces accusations depuis l'éternité et l'habitude l'a rendu impavide, impassible. 

LA PART DES ANGES

La part que les anges s'attribuent en humant les vapeurs alcoolisées qui filtrent des futs remplis de cognac empilés dans les chais des terres charentaises n'est pas un cadeau désintéressé des producteurs, c'est le tribut payé pour assurer la qualité. Les anges utilisent la méthode classique du milieu qui rackette les casinos, les boîtes de nuit, les bars à hôtesses montantes en contrepartie d'une assurance-tranquillité. Cela donnait une onction divine à un alcool qui, au départ, n'avait aucun don particulier. Mais avec le temps, les anges charentais sont devenus connaisseurs, puis addicts. Usant de leur pouvoir miraculeux, ils ont amélioré le produit, l'ont transformé en nectar. Courtisans, il se murmure qu'ils ont rendu saint Pierre  dépendant. En échange, il leur donne la permission de minuit et le droit de cuver le cognac au paradis.