On est tous victime consentente ou pas d'une usurpation d'identité avec un dédoublement de la personnalité qui nous fait être un autre, différent. Les gens honnêtes ne sont pas dupes. Ils savent qu'ils ne sont pas irréprochables: menteurs souvent, voleurs à l'occasion, hypocrites, jaloux, avares, égoïstes, parfois. Ils n'en tirent aucune fieté, constatent et sont bien forcés d'accepter de ne pas être l'être parfait qu'ils sont la plupart du temps.
Certains n'ont pas cette lucidité. Complètement inconscients, ils endossent une identité et finissent par croire qu'elle est la vrai. On a vu ainsi des comédiens briller dans un rôle, adoptant la personnalité du personnage et ne plus pouvoir, le rideau tombé ou le film achevé, en sortir.
La politique est aussi le terrain favori de l'usurpation d'identité. Conscients et malhonnêtes, ils l'empruntent pour faire croire qu'ils sont de la taille de de Gaulle, de Clémenceau, de César et, qu'au pouvoir, tout sera résolu, réglé et ira bien. Nos républiques sont, depuis les bancs de l'Assemblée nationale, à Matignon, à l'Élysée, remplies de ces usurpateurs, des falsificateurs, des menteurs qui, n'étant pas ce qu'ils prétendent, sont aussi incapables que chacun de résoudre la quadrature du cercle.
Mais c'est la religion qui remporte le pompon, l'Oscar, le César, le Nobel, la médaille de platine, d'or, de diamant puisque l'on a vu la plus belle usurpation d'identité de toute l'histoire de l'humanité : un fils de charpentier et d'une mère au foyer s'est pris, très tôt, pour le fils de Dieu, envoyé sur terre pour sauver les hommes que son père, longtemps avant, auraient créés pour en recevoir l'hommage. Un bug ou un instant d'inattention l'avait convaincu que ses créatures avaient dévié du programme et ne lui rendait pas le tribut prévu. Convaincu de cette mission, décidé à la mener à terme, il en paya le prix, nous raconte la légende qui refait l'histoire à sa façon. Fort de l'exemple, le pape se dit le successeur de Pierre qui avait fourni la première, l'usurpation d'identité étant une habitude dans toutes les confessions, du Nord au Sud et d'Est en Ouest et la base de leur fond de commerce.