Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


lundi 4 mai 2026

LES TROIS RÈGNES

Le royaume terrestre a longtemps été le siège de trois règnes. Ils se partageaient équitablement le pouvoir.

Le règne minéral est le socle sur lequel piétinent ou s'enracinent les autres. Inerte, passif, résigné, silencieux, il accepte, subit, souffre ou se pare  de forêts, de champs de fleurs, de prés d'herbes folles. Parfois aride, sec, dépouillé, il se déguise en déserts de sable, en montagnes de roches, en cordillères de rocs. 

Les règnes animal et végétale sont, eux, vivants. bougent, se reproduisent, grandissent, meurent.

Ils vivaient en paix, se rendant service. Complémentaires, sans jalousie, respect mutuel. Ils souffraient ensemble, quand, venus d'au-delà des frontières du ciel, des catastrophes cosmiques s'abattaient, semant le désordre, le chaos, la désolation en éventrant les plaines, disloquant les montagnes, faisant cracher les volcans. Ces temps alternatifs où l'incertitude ne devait rien à la volonté d'un des trois et que tous subissaient dans l'égalité, la fraternité furent remplacés, un jour maudit, par l'arrivée d'une nouvelle espèce. On ne sait pas si ce fut un extra-terrien chassé de sa planète d'origine par ses méfaits ou une création de l'évolution ayant échappé au contrôle qualité. Mais, depuis qu'il s'est répandu en quantité sans devenir un homme de qualité, l'ordre, l'harmonie, la paix ont cessé de régner.

L'intrus s'agite en pleine confusion mentale puisqu'il croit n'appartenir à aucun des trois ordres. Il n'en est pourtant qu'une résultante puisqu'on trouve en lui la plupart des éléments de la classification de Mendeleïev, qu'il partage des gènes avec les autres animaux, que ses poils et ongles poussent à la façon des mauvaises herbes et qu'il lui faut sans arrêt,  couper.

Il en est surtout le prédateur compulsif et chasse les autres animaux pour le plaisir de les tuer ou les manger, attaque les arbres pour en faire du bois de coffrage, de placage, des meubles, des allumettes avec lesquelles il mettra le feu aux forêts pour faire de la place à du maïs, à des haricots qu'il mettra en boites. 

L'empire minéral est aussi maltraité et il creuse, perfore, exploite pour tirer de ses entrailles tous les trésors que, gardien, il protégeait depuis des milliards d'années. 

Aujourd'hui, les règnes ont abdiqué, le royaume est aux abois, l'hallali approche. Il aura suffi d'un fou furieux lâché dans la nature pour que, quelques milliers d'années plus tard, s'étant reproduit en milliards de clones, il y ait, en 2026, 130 guerres en cours faisant de la terre un champ de ruines.

COEXISTENCE

On n'a pas les mêmes goûts, les mêmes souvenirs, les mêmes sentiments, les mêmes sensations, les mêmes connaissances. Chacun a son mode d'interprétation, voit les choses sous un angle qui lui est particulier. On devrait logiquement considérer l'autre comme un inconnu, un étranger qui, par hasard, parle notre langue et vit au même endroit. Cela ne se passe pas ainsi, la coexistence est la règle. À force de se fréquenter, on finit par avoir des souvenirs qui ont quelques traits communs, par partager des expériences, de connaître la façon de fonctionner et de penser de ses interlocuteurs habituels, de s'adapter à leur étrangeté, de vivre ensemble dans une paix armée.

dimanche 3 mai 2026

PAUVRES D'EUX

Aujourd'hui comme hier, l'intelligence humaine provoque des problèmes qu'elle ne sait pas résoudre: guerre, pollution, insécurité, obésité, excès de richesse et de pauvreté. Demain, l'intelligence artificielle, mille fois, un million de fois  plus puissante en provoquera à son échelle. 

POSSIBLE ET IMPOSSIBLE

Ce qui nous paraît impossible résulte de la faiblesse de notre imagination, de la pauvreté de notre vocabulaire, du manque d'idées, de pensées, de réflexions. Tous conspirent et se conjuguent pour nous empêcher d'avancer, de progresser, d'inventer, de découvrir. Pour nous rassurer, nous excuser, nous pardonner, on parle d'impossibilité.

Pour s'occuper, passer le remps, survivre, on se contente du possible. Il est à l'échelle de notre faiblesse, de nos capacités, de notre médiocrité, de la paresse. Les quelques vertus qui surnagent suffisent à assurer le minimum vital.

Les quelques uns qui ont de l'imagination repoussent les limites du possible, s'infiltrent dans les territoires de l'impossible. Ils imaginent des mondes nouveaux, font voyager dans le passé, le futur, découvrent, inventent. Ils s'appellent Galilée, Newton, Darwin, Épicure, Asimov, Spinrad, Bradbury, Jules Verne, Dick, Rosny , Pasteur, Fleming, Einstein. 

Le reste, la majorité se contente de répéter, jour après jour, les actes, les occupations, ressassant les mêmes idées, les mêmes pensées, se faisant les mêmes réflexions. Leur ligne directrice est droite, encadrée par l'habitude, la routine, la coutume. Ils ont des raisons solides pour continuer et la seule audace qu'ils se permettent est de changer ce qui ne va pas bien. Certains alors regrettent le bon vieux sale temps.
Le premier mai est un jour férié où il est interdit de travailler. Il célèbre les luttes pour réduire le temps de travail. Les discours ne proclament pas ses valeurs: richesse, beauté,  générosité,  bonté, nécessité mais sa pénibilité. En toute logique, le  premier de mai devrait être, au contraire, un jour durant lequel on travaillerait d'arrache-pied, sans une minute de repos, de façon acharnée  pour l'honorer, lui rendre l'hommage qui lui est dû car, qu'est un travailleur sans travail?

Le deux novembre, jour du souvenir des disparus devrait être, lui, celui du repos et se passer dans le silence,  l'immobilité, l'inaction, allongé, à méditer, à rêver, à dormir, à se détendre, alangui, décontracté, à faire l'expérience du vide pour s'entraîner à affronter le néant. 

samedi 2 mai 2026

C'est humain et on comprend que les affamés, les sans-dents, les démunis, quand ils voient un milliardaire, un nanti, un ploutocrate, un aristocrate se régaler, s'empiffrer, dépenser sans compter rêvent de 1789, de la nuit du 4 août, de la guillotine.

C'est inhumain  que ceux qui ont plus que tout ne voient pas, n'entendent pas et ne comprennent pas ceux qui ont moins que rien. Non par bienveillance, par charité, par générosité mais par prudence car ces pauvres malheureux sont  nombreux, forts et qu'ils finiront comme d'habitude par, un jour, briser l'armure et leur couper la tête.

HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN

Les mots que l'on peut associer au passé sont nombreux et on  citera hier, souvenirs, histoire , inquisition, croisades, épidémies, peste, oublis, Adam et Ève, la bible, les évangiles, Confucius, la grande muraille de Chine, la royauté, les châteaux, Platon, Aristote, Épicure, Diogène, César, Nagasaki, Charlot, Vinci, Attila, Shéhérazade, Kennedy, La Callas, Trump,  l'accouchement de l'IA.

Aujourd'hui est moins riche car, coincé entre hier et demain, sa durée est limitée. On citera, pour ceux qui ne suivent pas l'actualité, des guerres, la pollution qui grandit, le marché noir sur le pétrole, la grande crise en préparation, l'incurie et l'imbécilité des élites, l'auto-censure des médias officieux et officiels, Trump, l'invasion de l'IA.

Demain sera plein de phrases avec des mots qui parleront du chômage généralisé, du revenu universel, de l'analphabétisme général, de la disparition du climat tempéré, de la famille, de l'éducation, de l'intrusion des robots et des robotes dans la cuisine et le lit, de la dictature de l'IA.

CORRECTEUR

Le correcteur a un métier grand, beau, noble. Il faut appartenir à  l'élite pour venir au secours de ceux qui commettent des fautes d'orthographe et de grammaire, ne savent pas ponctuer. Il donne au manuscrit une valeur littéraire et le rend apte à la lecture. Sans lui, combien de chefs-d'œuvre seraient restés dans les tiroirs?

Trouver l'erreur, la faille, détecter le mensonge, voir la faute appartient au même monde, celui des éclaireurs, des chercheurs de vérité, des lanceurs d'alerte, des enquêteurs. Ils  débusquent les traîtres, les escrocs, les menteurs, les falsificateurs, les corrompus, les corrupteurs.

Dans une société de faussaires où tout est artificiel, le métier a un avenir encore plus prodigieux que celui qu'il avait du temps où le monde n'était que réel.

vendredi 1 mai 2026

Pour transformer une situation qui est mauvaise en bonne - comme faire la paix - il y a un fossé qu'il faudrait combler avec des décisions courageuses, intelligentes, des  actions positives, constructives. C'est vrai pour tout: passer d'un état en faillite à l'équilibre, de l'insécurité à la sécurité, de la tristesse à la joie, de la grosseur à la minceur. L'histoire raconte que c'est possible et qu'il suffit de volonté, de courage, de lucidité et d'un désir mimétique pour arrêter une guerre, rétablir les finances, calmer les rues et les esprits, maigrir. 
La pesanteur  et l'inertie sont des forces que l'homme met à son service pour éviter d'avancer, de monter, de progresser. Il les associe à la paresse, au conformisme, au conservatisme, à une idéologie, à une superstition pour ne rien faire, rester immobile, inhibé par l'inertie ou tomber dans le vide, attiré par la pesanteur. 
Ce qui rend fous furieux les gens honnêtes, c'est que la malhonnêteté est un chemin qui conduit à la fortune, au pouvoir, à la respectabilité. 

LA SOLUTION

Pour tuer les problèmes dans l'œuf, engagez un renard, donnez lui la clef du poulailler et il égorgera les poules.
Les sourds préfèrent les solutions aux réponses et les aveugles l'inverse.

jeudi 30 avril 2026

MÉNAGE OU NON MÉNAGE

Il faut du temps, de l'expérience, de la lucidité, un esprit critique pour perdre ses illusions et approcher la crudité de la réalité. L'exercice est pénible et la paresse, le confort, l'aveuglement volontaire empêchent souvent de s'y livrer pour ne pas déranger une paix apparente. L'amitié est le terrain qui se prête le mieux à ce genre d'interrogation. Avoir des amis est un marqueur social. Il atteste que celui qui en a est quelqu'un de bonne compagnie, généreux, avec une conversation agréable,  des qualités utiles: maisonnée accueillante, bonne table, belle cave, relations hautes placées. Le problème est de distinguer, comme dans tout, le vrai du faux. La technique est la même que celle utilisée par les horlogers avec les Rolex, une montre très imitée: l'observation critique . Focalisée sur les petits détails, elle révèle ici ce que cache l'apparence, et là, la comédie, l'hypocrisie, le mensonge. Averti, vous ferez attention maintenant aux signes d'intérêt, aux manifestations de curiosité, aux demandes d'éclaircissement, aux suggestions, aux propositions, aux remerciements et aux absences.

PS: le problème est que le faux peut être très beau et continuer de mériter l'admiration.  Ce qui est vrai en peinture est vrai ailleurs. Trancher devient difficile et c'est vous qui voyez.

L'HOMME LE MOINS ORDINAIRE QUE J'AI RENCONTRÉ

Inculte, quasi analphabète, passablement idiot, il était, malgré ses handicaps, milliardaire car il avait le don de prévoir les mouvements à la hausse ou à la baisse de la bourse, avec un coup d'avance.
Il n'y a pas que la distance entre nous et le soleil qui varie constamment, celle qui sépare  les gens subit les mêmes fluctuations. Nous sommes proches dans les moments de connivence et à des années-lumière si les sentiments diffèrent.

mercredi 29 avril 2026

À MÉDITER

Les pourfendeurs de l'IA fondent une des raisons de leur détestation sur son incapacité d'égaler la bienveillance humaine, celle qu'elle affiche de façon systématique, étant, par définition, un artifice algorithmique sans valeur affective. L'humaine bénéficie, elle, d'un préjugé favorable et son dispensateur est un bienfaiteur admiré, fêté, canonisé.

C'est parce qu'elle ne vient pas d'un cœur battant mais d'une machine que l'une est méconnue et l'autre reconnu. Cela revient à dire que le sentiment doit sa valeur, sa réalité non par ce qu'il suggère d'empathie mais par la nature du média qui le transporte à notre connaissance. En allant un peu plus en amont, ne faudrait-il pas accorder à la bienveillance de ChatGPT, par exemple, la même valeur sentimentale que celle qu'un humain.? Un tel anthropomorphisme matériel n'a rien d'outrageant et l'on n'accuse pas Blaise Pascal d'être un affreux matérialiste parce qu'il a dit que l'homme n'était qu'un roseau pensant. Les pensées de ChatGPT sur n'importe lequel des sujets ont une qualité dont beaucoup - et moi en premier - aimeraient égaler. 

Est-ce un crime de dire que ChatGPT a une intelligence qui pense et si la pensée est le propre de l'homme n'y aurait-il pas une parenté dérangeante entre la sienne et la nôtre?
Nul en maths, je ne me pose pas de problèmes, ne cherche pas de solutions. Je pense que c'est la raison qui me fait avoir une vie quiète, me confie le cynique, ravi de son incurie mathématique.

IL EST COMPLÈTEMENT INCONSCIENT

L'inconscient est enfoui trop profondément dans notre esprit pour nous être connu. On sait qu'il existe, dit Freud, par des échos qui émergent quand on est endormi ou qu'on n'y a prend pas garde: rêves, lapsus. Partie immergé de l'esprit, elle est inaccessible et serait pleine d'informations classifiées secret-défense d'entrer et de sortir avec des secrets inavouables, des pensées interdites. Ce que disent vivre les gens qui reviennent d'une expérience de mort imminente raconte peut-être l'histoire d'un monde censuré parce que différent et qui attend que notre conscience ait disparu pour prendre sa place et apparaître au bout du tunnel.

mardi 28 avril 2026

TIR À L'ARC

Le tir à l'arc est un sport qui mériterait une considération à la mesure de ses qualités. Il devrait même faire partie du cursus et être enseigné dès la maternelle comme cela est fait en Corée, pays qui lui voue un véritable culte. Il développe tout ce que certains appellent encore des vertus et qui manquent à beaucoup. On comprend qu'il les rebute car il exige de la discipline, de la constance, de la volonté, de la concentration. La force n'est pas nécessaire car il s'adapte au niveau de chacun. Il suffit de choisir la puissance compatible avec celle dont on dispose. Même une faible femme ou un enfant qui tient à peine sur ses jambes peuvent le pratiquer. Mais ce qui le porte au sommet, ce sont non seulement ses vertus, mais les qualités que l'on ne retrouve que dispersées dans les autres sports. Il combine la réflexion, la concentration, fait tenir une position élégante puisque hiératique: corps droit, bras d'ars et bras de corde perpendiculaire, un mouvement combiné et opposé des deux, où se succèdent la mise en tension, l'ancrage au au  visage, la libération de la flèche, l'impact dans le blason. 

Le  tir à l'arc est un combat et le tireur doit maitriser son instrument comme a fait le pianiste avec son piano. Il lui a fallu du temps pour le dominer, le maîtriser et pouvoir en jouer. Comme l'artiste, il faut mobiliser toutes ses vertus pour venir à bout d'un instrument qui a un fort caractère et opposera sa résistance, son élasticité, sa détente. Il ne devient docile que si on a éprouvé ses qualités et montré qu'on en était digne. 

Sport de solitaire, le tireur se bat aussi contre lui-même et chaque flèche est un verdict qui juge de la qualité du tireur. Il sait aussitôt s'il a été bon ou mauvais. Il n' a pas besoin d'un chrono, d'un arbitre, d'un jury. 

Enfin, l'arc avec ses flèches  fait entrer dans l'histoire car c'est une arme qui a fait  gagner des batailles depuis l'antiquité. On refait les gestes des archers anglais à Crécy, à Azincourt, de mogols à Kalka, de Robin des Bois dans la forêt de Sherwood. 

Il est aussi miraculeux puisque c'est le seul sport intérieur qui se pratique à l'extérieur.