Le Blog à Dancharr
Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.
samedi 18 avril 2026
DICO, QUAND TU NOUS TIENS
Je dois à ma bonne connaissance du sujet et du verbe, ma capacité à choisir le complément d'objet pour finir ma phrase. Quand j'ai un doute pour trouver l'association de mots correspondant à l'intention de ma pensée, je consulte un dictionnaire. J'en dispose d'une collection, chacun spécialisé dans la discipline que j'aborde et mon public. Ainsi quand je m'adresse à mon voisin, à un plombier, à une vague relation et que nous allons échanger des propos anodins, je compulse le micro Larousse et trouve mon bonheur parmi ses 25000 mots. Si j'ai affaire à une personne sachant lire et écrire, ayant fréquenté une université ou un autodidacte sans diplôme mais ayant lu le dernier Goncourt, les 60000 mots du Petit Robert me dépannent facilement quand j'hésite diantrement sur une orthographe exacte. L'occasion ne s'est jamais présentée, mais au cas où le dialogue s'engagerait avec un agrégé en lettres majuscules et pour ne pas rester coi, je garde sous le coude un grand Larousse de 120000 signifiants. Un rayon, quoique renforcé en son milieu, de ma bibliothèque fléchit sous le poids de mes dictionnaires philosophique, mathématique, juridique consacrés aux termes médicaux, à l'argot des prisons, des casernes, de la haute administration, du numérique, de l'informatique etc... Ma passion m'a fait écrire, dans ma première vieillesse, un "Dico sans queue ni tête" qui a eu beaucoup de succès dans les hôpitaux psychiatrique de haute sécurité. Je termine, instrumenté par cette manie, un Dictionnaire amoureux des dictionnaires dont je ne suis pas mécontent car il aborde le problème jamais résolu car jamais traité de l'importance exagérée des voyelles au détriment des consonnes sous le prétexte abusif que l'une donne à l'autre sa capacité à s'exprimer. Vous en aurez la primeur dès que vous aurez compris qu'il s'adresse à ceux qui aiment ce que les autres n'aiment pas.
AVEC et CONTRE
AVEC est une préposition piégeuse. Elle annonce un plus, un complément, un supplément qui ajoute, complète, participe à l'action, à l'idée, au propos. Il est parfois confondu avec CONTRE. C'est l'outrage impardonnable, lui le positif avec cet autre si négatif. L'exemple le plus déplorable et malheureusement si fréquent - une tierce de silence pleine de réprobation, merci - est celui-ci: "il s'est battu avec son adversaire". Comme moi, vous sursautez d'horreur, comment une telle confusion est-elle possible? CONTRE s'impose. Lui seul montre qu'il s'agit d'une confrontation, d'une opposition, d'un choc, d'une guerre singulière, d'un corps-à-corps, d'une lutte pour le prix ou la mort. Vous êtes indigné, je le suis aussi.
vendredi 17 avril 2026
MENSONGES ET VÉRITÉS
À court terme, le mensonge a un pouvoir de persuasion impressionnant et il fait prendre facilement une vessie pour une lanterne aux aveuglés par le désir de croire le menteur. Les américains en ont fait une arme diplomatique de destructions massives qui leur permet de déclarer des guerres à des ennemis imaginaires. Ils suivent les exemples fâcheux de tous les grands prédateurs de l'histoire qui commettent leurs crimes, assoient leurs conquêtes et leurs défaites finales sur un gros mensonge. Mais il est très démocratique et des fausses valeurs gagnent le tour de France, font fortune dans la finances, gagnent les élections, entrent au Panthéon. Ils lui doivent leur prospérité.
La postérité est moins généreuse et elle envoie le menteur dans les poubelles, la honte, le déshonneur, l'oubli car le complot est éventé, l'idole renversée, l'escroc démasqué. Le faux héros tombe de son piédestal, de son trône, de son fauteuil. Le public médusé s'étonne alors d'avoir cru au mensonge qui était énorme, évident, criant d'absurdités d'autant qu'il était proféré par un mauvais simulateur qui ne cachait pas sa folie, sa perversité, sa monstruosité. La vérité a un sort plus glorieux et elle finit, parfois, par éclater dans le long temps. Son triomphe entre dans l'histoire mais le mal n'est pas réparé: Dreyfus a été déshonoré, l'innocent condamné, la guerre déclarée. Ils ont été élus présidents.
Remettre à demain ce que l'on doit faire aujourd'hui est un signe de faiblesse, d'irresponsabilité et même le cynique est d'accord mais ni Aristote, Platon, Confucius, Lao-Tseu n'ont dit, comme lui, "il vaut mieux remettre à demain ce qui pouvait être fait aujourd'hui". Ce conseil , ajoute-t-il, devrait être enseigné dès le jardin d'enfants. "Pourquoi?", direz-vous, estomaqué par cette affirmation digne d'un uppercut dans l'hypocondre droit. "Parce que", complète-t-il "si vous n'avez pas joint le geste à la parole, enclenché le processus, sauté le pas, signé le contrat, débuté les travaux etc. alors que vous le pouviez, c'est parce que vous avez compris que le feu n'était pas dans la maison, qu'il fallait réfléchir encore durant la nuit qui porte conseil, laisse décanter le problème avant de le résoudre et se rappeler du vieux dicton repris d'un proverbe persan qui dit "Rien ne presse, il n'y a que des gens pressés".
Demain, l'esprit reposé verra plus clair et il apercevra les écueils dissimulés, les erreurs de calcul, les conséquences désastreuses lointaines. On pouvait mais il fallait mieux non seulement attendre mais refuser, interrompre, annuler car on s'engageait dans l'inutile, l'imbécile, le dangereux.
Procrastiner ce qui est du domaine du possible n'a que des avantages puisqu'il économise du temps, des efforts, de l'argent. Seuls les esprits capables de ne pas succomber à l'urgence, de faire preuve de patience, de voir les arrière-plans, de mettre en perspective ont ce pouvoir de garder la tête froide et de remettre aux calendes grecques ce qui n'a pas lieu d'être et nous d'avoir.
jeudi 16 avril 2026
LE CYNIQUE EST FRUSTRÉ
Je n'aime pas ce qui arrive de mal à ceux que je n'aime pas car je ne suis pas méchant et j'aime qu'il leur arrive du bien car je suis gentil. Il n'y a que dans ces deux occurrences que ma haine ne trouve pas à s'employer. Elle me manque.
LE CONSEIL DE DEMAIN
Arrêtez de vouloir convaincre autrui qu'il n'a rien compris. Ce pauvre homme, cette femme lamentable vivent mal votre prétention. Ils en souffrent. Ils ont, in petto, des pensées assassines à votre encontre, les mêmes que vous auriez pour un quidam qui se prendrait pour dieu le père, un détenteur de la vérité, un augure, un connaisseur des choses cachées, des secrets ignorées. Vous le trouveriez prétentieux. Il vous haïra encore plus que vous le méprisez. Pourtant, il ne s’agit pas de renoncer à dire le vrai, de laisser l’erreur prospérer. Il faut contredire sans écraser. proposer un éclairage, comprendre ensemble. Ce sport est difficile, le jeu ingrat, le résultat aléatoire mais il est amusant, instructif et l'on apprend beaucoup sur le partenaire de la joute. De plus, dans tous les cas, on est gagnant et lui perdant: soit il est OK avec nous (K.O. technique), soit il reste sur sa mauvaise position et en subira les conséquences.
mercredi 15 avril 2026
UNE GRANDE ÂME, LE CYNIQUE, UN EXEMPLE À MÉDITER
Pour donner à ma consommation intensive du chocolat une dimension éthique, je m'oblige à n'acheter dans mon supermarché de proximité que des tablettes certifiées ne contenir que du beurre de cacao extrait de fèves provenant des cabasses non génétiquement modifiées de cacaoyers cultivés selon des méthodes héritées des ancêtres incas d'indigènes cueilleurs habitant des forêts primaires des contreforts andins vendant directement leur récolte à des torréfacteurs qualifiés par un label authentifié par une autorité habilitée. Ce circuit court-circuite le système agro-alimentaire capitaliste qui exploite au profit d'actionnaires avides, de fonds de pension anonymes et des requins de la finance affamés une pauvre population laborieuse exploitée depuis 1492 par les descendants impitoyables de Christophe Colon au profil de sociétés suisses dont nous tairons les noms pour ne pas ajouter un supplément d'opprobre à la honte de ceux qui en consomment les tablettes pour leur seul plaisir égoïste.
Chacun a son truc et on est habités par la musique, la peinture, les mathématiques, la physique, la chimie, l'histoire, la géographie, la cuisine, les mots, les lettres, le théâtre, les petits oiseaux, les escargots; etc.. Les plus heureux, si vous voulez mon avis, sont les simples d'esprit: libérés de tout, ils sont libres.
mardi 14 avril 2026
Monsieur, je vous demande d'observer une seconde de silence pour honorer la mémoire des soixante minutes que vous venez de perdre dans un bavardage où vous avez débité des futilités que la personne qui vous écoutait n'entendait pas, trop occupée à échanger des onomatopées avec un semblable qui n'avait rien à dire.
APERTINENCE
L'apertinence n'existe pas en français. Elle est le contraire de pertinence. Je comble cette lacune incompréhensible et enrichis le dictionnaire d'un nouveau mot. J'espère que vous lui ferez un accueil digne de son mérite. Il signifie que la décision a été prise au mauvais moment, que la déclaration était inopportune, l'attitude scandaleuse, la parole de trop. Elle n'est pas une impertinence qui, dans tous les cas, se justifie car elle traduit une liberté d'esprit qui se manifeste par une originalité qui révulse les prisonniers de la routine, de l'habitude, du conformisme.
lundi 13 avril 2026
Il y a toujours une solution au problème et quand on a
- peur, on se réfugie dans un bunker, une panic-room, une tranchée, derrière une barricade, un escadron de gendarmes;
- froid, on met une houppelande, un passe-montagne, on glisse sous la couette, on part sous les tropiques;
- faim, on mange; soif, on boit;
- des doutes, on ouvre une encyclopédie ou on demande à ChatGPT.
Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en reste juste assez dans la mémoire pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients explosifs et de facteurs de risque détestables - n’est pas inédit.
Ce qui se déroule sous nos yeux, erreurs multipliées par des fautes impardonnables, est le produit récurrent de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de psychopathes avérés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés.
Tout cela a déjà existé. Tout cela a déjà été applaudi. Ce qui est nouveau et pas rassurant, c’est que les temps ont changé avec des hommes en plus grande quantité et armés de bombes plus puissantes.
UNE RÉFLEXION COMME PAS DEUX
Le monde étant ce qu'il est, je me demande ce qu'il serait s'il était différent?
dimanche 12 avril 2026
Il y a ceux qui veulent et ceux qui peuvent. Leurs opposés sont plus intéressants.
Certains ne veulent pas croire ce que vous dites, voir le film que vous recommandez, lire le livre que vous conseillez, considérer votre position, votre proposition. Une seule explication: tout en vous est, pour eux, exécrable. C'est donc par principe et indépendamment de tout critère objectif, qu'ils opposent un refus. La politesse peut le déguiser, le temps de la conversation, avec un acquiescement pouvant aller jusqu'au remerciement enthousiaste.
D'autres ne peuvent pas croire (pour la suite, voir plus haut). Leur refus est moins offensant mais plus trivial. Le motif est un empêchement structurel (il ne lit pas, n'aime pas le cinéma, la peinture, la musique), ne comprend pas ce que vous dites par défaut de vocabulaire, de culture, d'éducation, de patience) ou des incapacités spirituelles, physiologiques, physiques.
Ils sont faciles à diagnostiquer par l'interprétation de leur seule mimique. Elle trahit de façon éloquente leurs intentions (pour en savoir plus, voir le livre de Rita Karanauskas "Cazamentiras", Intermedio editores S.A.S.) Sitôt débusqués, arrêtez de perdre votre temps à parler avec eux d'autres choses que de la pluie et du beau temps.
DONNONS UN SENS À NOS SENS
Nos sens sont des instruments performants mais les sensations qu'ils transmettent ne nous parlent que si on les transforme en sentiments. Pour en profiter, il faut voir ce que l'on regarde, entende ce que l'on écoute, goûter ce que l'on sent. L'acte réflexe devient réfléchi seulement si on y prend garde, si on interprète le message pour en comprendre la substantifique moelle disait Rabelais. Si on ne fait cet effort, ils ne remplissent qu'une partie de leur travail, celle qui sert notre cortex animal.
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