Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mercredi 24 juin 2026

VIVONS D'UTOPIE ET D'EAU FRAÎCHE

Ménageons l'avenir, prenons nos précautions, on ne sait jamais, pourquoi se priver d'une assurance sur la mort? Faisons du Pascal, la caution est prestigieuse et parions avec lui. Écoutons les vendeurs de rêves qui promettent un bonheur éternel, une félicité infinie, dans un endroit paradisiaque, entre gens de bonne compagnie, au milieu des figures les plus emblématiques du monde chrétien, tous les saints du calendrier, les anges, les archanges, tous ceux qui sont morts après s'être confessés et avoir été pardonnés de toutes les horreurs commises, après l'expression d'une ferme contrition et 3 Ave et 4 Pater. 

Le prix à payer est donné. Il suffit de faire acte d'allégeance, d'avoir été baptisé, de faire ses Pâques, d'honorer la sainte trinité, 3 divinités séparées mais ne faisant qu'une par une opération de fusion-acquisition très bien montée puisqu'elle résiste au temps même orageux. Les obligations se réduisent à dix commandements, les mêmes que reprend à peu près le code civil de Napoléon. Elles sont simples à mémoriser pour une population n'ayant pas, pour la majorité, le niveau du certificat d'études primaires. Je vous les rappelle pour mémoire ou pour le cas où vous souhaiteriez suivre mon exemple.  J'ai  retenu la version ancienne mieux scandée que l'actuelle qui paraît être le fait d'un rappeur.

- Un seul Dieu tu adoreras...

- Dieu en vain ne jureras...

- Les dimanches tu garderas...

- Ton père et mère hononeras...

- Homicide point ne sera....

- Impudique point ne seras...

- Le bien d'autrui tu ne prendras...

- Faux témoignage ne diras...

- L'œuvre de chair ne désireras...

- Bien d'autrui ne convoiteras...

Un honnête homme - et je présume qu'une honnête femme aussi - réunit toutes ces conditions sans avoir besoin de prier, de façon naturelle. On n'a rien à changer à sa façon de vivre: le commun respecte les parents, ne tue personne, fait rien le dimanche, n'est pas voleur, dit la vérité, n'est pas exhibitionniste et ne fréquente pas les hétaïres. Limiter sa croyance à une seule divinité ne pose pas de problème à qui n'aime pas s'embrouiller la tête. Quelques entorses au réglement sont faciles à corriger et, de toute façon, pardonnées au dernier moment. Croire aux miracles, ceux qui se disent les représentants qualifiés et certifiés n'est pas une astreinte sévère. On est habitués à entendre et à voir tant d'extravagances que rien n'étonne.

Donc, pour résumer, devenir un bon croyant dans n'importe laquelle des religions qui promettent le paradis ou son équivalent est une très bonne option et je recommande d'y adhérer avec foi et enthousiasme. Le risque est nul, le rapport qualité-prix indépassable. Les changements dans la vie sont insignifiants. Vous bénéficiez de l'esprit de corps de la communauté à laquelle vous allez dorénavant appartenir. Elle est puissante, active, peut être redoutable car elle a ses fanatiques prêts à tout.

PS: les inconvénients sont mineurs et on les oublie facilement. Il suffit de ne pas fréquenter les athées de profession.

LE FOND ET LA FORME

Le pouvoir de la beauté n'est pas seulement de donner à son spectateur un plaisir esthétique de l'ordre du sensuel mais de faire croire que le sujet porteur  a  une belle âme. C'est pourquoi on est profondement déçu quand la beauté fatale se révèle être une gourgandine, que l'acteur a la beauté miraculeuse est une créature diabolique, que le chéri des dames n'aime que les messieurs. C'est avoir un esprit superficiel que de juger  sur l'apparence, rapidement, de ne considérer que la façade. Il faut aller au fond de la mine pour trouver l'or et soulever le couvercle pour découvrir la vérité.

C'est parce que les élus, les vainqueurs, les reçus sont bien placés sur la ligne de départ que les autres sont mal placés sur la ligne d'arrivée.
Pour que tout aille bien et que rien n'aille mal, il faudrait que, pour une fois, les oppositions s'accordent sur la moyenne.

ET QUE VOGUE LA GALÈRE

Je suis en attente d'une réponse de la Compagnie transatlantique des croIsières de luxe en bateaux à voile à ma proposition de leur livrer un bateau, ancre en main, totalement nouveau bien que reprenant un concept ancien qui avait régné pendant des siècles et que seule l'évolution du code pénal avait fait disparaître de nos flots en 1748, sous Louis XV.

Humaniste, j'ai remplacé le galérien, un forçat rivé à son banc de nage et cramponné à l'aviron par un robot humanoïde de belle allure et d'une facture de haute qualité fourni par la société chinoise UBETCH Robotics, bien connue pour la fiabilité de ses produits utilisés partout où le travail est pénible et répétitif. 

Ma galère reprend les plans de celle que Cléopâtre, l'impératrice de la légende, emprunta en - 45 pour rejoindre à Rome, son Jules adoré. Je garde  le luxe mais apporte l'efficacité de la modenité en réduisant les galériens des 3 quarts  puisqu'ils passent de 400 à 100 et en les remplaçant par  des robots qui fonctionnent à l'électricité embarqueé. Leur puissance de ramage est 10 fois plus importante que celle des pauvres galériens mal nourris, non blanchis, malades de tuberculose, de dysenterie et très dépressifs du fait de leur espérance de vie et, pour les survivants, de leurs perspectives d'avenir. 

Les passagers déambulant sur le pont, pourront voir les rameurs à travers un  verre sécurit se livrant à leur travail selon une cadence  qui paraît leur être imposée par un maître- tambour selon un rythme binaire qui rappelle celui que l'on entend interminablement dans une rave party. Quelques voiles seront déployées  à l'artimon pour faire de l'ombre et rappeler que bientôt va arriver le temps des voiles à la Royale.

Faire une croisière en galère apparaîtra come le comble du raffinement. On fera non seulement un voyage dans le passé en illustre compagnie mais les heureux Ulysses adresseront un signal fort aux défensurs de la nature, aux protecteurs des eaux marines. Liberée du sens du courant, de la direction du vent, soumise à la seule volonté du gouvernail, propulsée par la force de bras infatigables, fiers et heureux d'obéir au cahier des charges, la galère voguera vers sa borne de recharge, en toute tranquilité, sans autre bruit que celui des rames caressant l'eau pour mieux la repousser et aller de l'avant.

PS: je prépare une version plus grande qui pourrait se substituer à notre prochain porte-avion car, marchant à la rame et à la godille, il supprime les helices qui tounent  à la vapeur fournie par une chaudière atomique dont on connaît le danger depuis les accidents de Tchernobyl et de Fukushima.

mardi 23 juin 2026

UN PINGOUIN CHEZ LES MANCHOTS

Avec la canicule et une température qui fait voisiner mon sang avec l'ébullition, je peine à garder mon calme et, à un moment où même un punch rempli de glaçons ressemble en trente secondes aux grogs de mes anciens hivers, je me demande si je ne devrais pas émigrer en terre Adélie où, dit-on, le long hiver est devenu un printemps éternel très agréable pour qui n'aime pas l'enfer. Les manchots du coin accepteront-ils l'arrivée d'un péquin aux allures de pingouin, plein de savoir-mourir mais complètement déplumé ???

MES CHANSONS

Les chansons qui déchirent le cœur et l'âme sont celles où la sensation communie avec le sentiment et forme un tout. Dans mon panthéon, je mets quelques Brassens (La mauvaise réputation, la chanson pour l'auvergnat), des Félix Leclerc (Le P'tit bonheur), Sixteen tons, Old man river, Mon amie, la rose par Françoise Hardy mais aussi par la sublime Natacha Atlas, Les feuilles mortes par Montand, Avec le temps, de Léo Férré, Non, je ne regrette rien par Piaf, Comme un p'tit coquelicot par Mouloudji, le Déserteur de Vian, Le vent nous portera de Noir Désir et quelques unes d'Abba et d'Amanda Lear que j'ai honte de citer et que j'adore.

Je les aime parce qu'elles mobilisent des sensations et des sentiments profonds, nobles, rares, qu'elles les fusionnent en une harmonie où la musique épouse si bien les paroles que l'une ne pourrait exister sans les autres. La magie opère aussi parce que ces chanteurs ont la voix qui correspond à l'idéal de la chanson.

UN PETIT CURIEUX

Je me demande avec curiosité où se trouve la réserve qui m'alimente en idées durant le jour et me permette de nourrir ce blog à minuit, de façon conséquente et régulière. Quand le filon va-t-il être épuisé ? Quels seront les signes prémonitoires? Les réponses peuvent attendre, étant très occupé par ailleurs.

MODÈLE ET CONTRE-MODÈLE

Les modèles sont des trésors et, comme tels, rares. Il faut les rechercher, les trouver, suivre leurs conseils, profiter de leur exemple et devenir comme eux sage, raisonnable, sans illusion et heureux dans la mesure du possible.

Les contre-modèles courrent les rues. Ils ont une grande utilité et servent de contre-exemple. On connaît l'intérêt d'avoir dans ses relations des gens qui font toujours des mauvais choix, de leur demander leur avis avant une prise de décision et de faire le contraire. Les contre-modèles ont la même fonction. Ce sont des repoussoirs qui évitent d'être comme eux  gros, gras,  passif, négatif, triste, angoissé, déprimant.

JE ROMPS L'OMERTA

On devrait prévenir les jeunes, dès le jardin d'enfant, que grandir va diminuer leur espérance de vie. Manger de la soupe n'est donc pas le meilleur des conseils que papa et maman devraient donner à leur progéniture s'ils avaient, pour une fois, conscience de ce qu'ils disent.

L'HISTOIRE AVEC TRUMP

Donald Trump est en train de se construire une stature d'homme d'État qui fera date dans les annales de l'histoire. Il ajoute aussi un paragraphe au répertoire des pathologies mentales qui affectent le troisième âge et il enrichit la nomenclature déjà fournie avec les démences séniles, Alzheimer, gâtisme, involution cérébrale, retour tardif à l'enfance etc.. par un nouveau trouble qui associe une logorrhée incoercible, une variation dans l'esprit de décision, une volonté de prendre ses désirs pour la réalité, une capacité à se contredire dans la même phrase. Le terme médical a déjà été déposé et répond au nom dérivé du latin de thrumpophylie. Il y met une volonté, une constance, une impatience qui témoignent de sa prise conscience que le temps lui est mesuré et qu'il doit se dépêcher avant d'en être empéché par un accident de circulation dans une coronaire, la carotide ou une balle pas perdue. Parmi ses nombreux faits d'arme, l'histoire retiendra le déclenchement d'une guerre sans raisons avouables pour le seul plaisir de faire la paix - dès qu'il a senti que son invincible armada était en train de s'enliser dans le sable des plages du détroit et qu'il allait la perdre avant même de l'avoir réellement commencée - pour paraître être le sauveur du monde, celui qui dit halte au feu, un bienfaiteur de l'humanité qui rétablit le cours normal des choses avec la poursuite d'une politique du pire, l'accumulation de décisions qui  créent le chaos, la misère, la chienlit, la poussée  des extrèmes, la monté des eaux. Machiavel à côté est un enfant, Talleyrand un amateur car lui, le seigneur de la guerre va à Canossa, en triomphateur, transforme sa défaite en victoire, s'affaiblit en renforçant le pouvoir de ses ennemis, se trahit autant que ses ex-amis. Son slogan MAGA  marquera le point de départ du déclin de l'empire américain du Nord et l'équivalent pacifique du basculement sud-nord atlantique.

LE CONSEIL D'UN GRAND PÊCHEUR

Les poissons se leurrent plus facilemnt qu'ils ne trompent et, pour attrapper une truite, préférez une belle fausse mouche à un mensonge bien ficelé au bout de la gaule.
Utilisez votre rire sardonique grinçant quand vous voulez faire peur à une hyène affamée qui essaie de vous paralyser  par son ricanement effrayant.  Elle ne sait pas, la malheureuse, qu'elle a, en face d'elle, le grand prédateur que le monde entier abhorre et qui cache sous son air angélique, son discours de bon apôtre, son allure de bernard l'ermite, l'âme damné d'un suppôt de Satan, une hydre assoiffée de sang échappée de l'enfer, un fou furieux qui simule l'innocent du village, encore une pauvre victime d'une hérédité malsaine, d'une éducation baclée, d'une terrible nature qui lui a enlevé son humanité. Priez pour lui si vous avez un goutte de bonté dans votre sang artéritique.

lundi 22 juin 2026

Le monde est moins compliqué qu'il ne le paraît et il suffirait de supprimer la politique, la religion, les mathématiques, la physique théorique, la chimie organique et ne garder que les arts et les lettres avec la musique, la peinture, la sculpture et la littérature avec des auteurs et des lecteurs. La vie cesserait d'être une tragédie dramatique et ne serait qu'une comédie farceuse qui donnerait envie d'y rester le temps où on la trouve amusante. On la quitterait, le cœur  content d'avoir perdu son temps si agréablement.

LE TRAITEMENT DU CYNIQUE POUR GUÉRIR D'UNE HABITUDE

Les gens qui se tuent à répéter mille fois la même chose sont les multi- récidivistes d'un suicide raté. Ils souffrent soit de la surdité de leur interlocuteur soit d'une écholalie qui d'aigüe est passée à la chronicité. Pour  les guérir de cette habitude épuisante, je conseille, pour la première occurrence, une consultation ophtalmologique  puis une visite à l'opticien. Une meilleure vision du malheureux qui l'oblige à réitérer son propos interminablement devrait lui permettre de prendre la dimension du problème et de cesser l'entretien. Toutefois, si la répétition rentre dans le cadre d'une pathologie neurologique comme le suggérait le terme médical utilisé pour le qualifier, une consultion sera également nécessaire mais dans le service de neurologie du CHU le plus proche, les causes sont variables et les traitements diffèrent.

Quelle qu'en soit l'étiologie, une fois guéris, les gens cesseront leur interminable logorrhée répétitive, gagneront un temps précieux et, surtout,  pourront se tuer une bonne fois pour toutes et gagner un repos bien mérité.

Les formules toutes faites sont légion, font florès et sont la base du langage de beaucoup. On a:

- bien le bonjour chez vous, 

- pas de souci, 

- c'est pas demain la veille,

- tout le plaisir est pour moi,

- quoi de neuf? Que du vieux...

- c'est pas tout, mais faut y aller,

- vous voyez ce que je veux dire?

parmi toutes les autres. Ces expressions sont émises selon un mode réflexe, permettent de penser à des choses qui ont du sens telles que la situation géo-politique en Ouzbékistan, la dernière déclaration d'un sous-secrétaire à l'environnement sur la fonte des glaces au sommet de l'Annapurna, l'opinion du pape sur les rapports entre  la dénatalité, la chute des vocations et la désertification des grands et petits séminaires et sa soluton drastique pour remédier aux problèmes.

Leur succès traduit la contamination du langage coutumier par l'habitude prise par la contagion du prêt-à-porter des années 1950 et la révolution  sexuelle qui accompagna entre 60 et 70  concommitament  l'arrivée du prêt-à-manger et l'invasion, dans les assiettes, des repas préparés qu'il suffit de réchauffer au micro-ondes. Elle fit du sexe un objet de consommation et le banalisa jusqu'à en faire perdre son attrait, le relégant au rang du hamburger. Aujourd'hui, une étape est franchie avec le prêt à parler dont nous venons de rendre compte. Il préfigure le prêt à penser qui est déjà dans les tuyaux avec l'IA générative qui réfléchira à notre place pour nous éviter le risque de nous tromper. Mais bien préparés, nous sommes prêts à tout, n'est-t-il pas?

LE ZOO ET LA JUNGLE URBAINE

L'autre jour, je me promenais au zoo de Beauval, dans le Loir et Cher, le paradis terrestre sur 50 hectares. Presque toute la faune du globe y est réunie et vit dans la paix du Seigneur, en liberté surveillée, protégée de son prédateur naturel,  l'homme par des barrières de haute sécurité. 

La beauté, la sérénité, la paix sont les liens communs qui unissent les êtres réunis par le hasard et la volonté inflexible des maîtres de ce haut lieu. Chacun joue sa partition sans jalousie, en toute indépendance. Aucun n'envahit le territoire de l'autre. Chaque enclos est protégé par une frontière sans douanier, un simple panneau suffit marqué de "il est interdit pour la sécurité de tous de franchir ce seuil". Les gorilles méditent, les tigres baillent pour montrer leurs crocs, les éléphants barrissent pour éloigner les mouches, les chimpanzés font semblant d'imiter ceux qui les regardent, les oiseaux toubillonnent, les otaries se donnent en spectacle etc..

Face à ce monde exemplaire qui n'aspire qu'à vivre tranquille, se presse, canalisé par  deux réseaux de barbelés émondés, un troupeau qui ferait honte au reste du monde s'il n'était bienveillant de nature. Composé de bipèdes au sexe indéterminé, entourés d'une goroué d'eux en miniature piallante et vociférante comme aucune autre espèce ne le permettrait à sa progéniture, il avance cahin-caha, empétrée dans une mauvaise graisse donnant aux hippopotames de l'endroit l'impression d'être des ballerins de l'Opéra. 

Pour avoir un aperçu du paradis perdu et, en même temps une vue des habitants de l'enfer qu'il est devenu, allez dans le zoo le plus proche de votre domicile, à Beauval si vous vivez dans le Loir et Cher, à Doué la Fontaine si vous êtes dans le Maine et Loire et à la Flèche si vous êtes sartois. Le dépaysement est tel qu'on a  envie de s'y installer et d'y vivre à mille lieues des grandes villes sauvages pleines de fauves en liberté qui seraient la honte de la jungle.

dimanche 21 juin 2026

Il y a deux types d'incompréhension.

L'une affecte celui qui ne comprend pas la langue de son interlocuteur car il ne parle pas chinois, javanais, anglais, etc.., le littéraire qui ne pige rien à la mathématique quantique, le sourd qui n'entend pas qu'on l'appelle etc..I l suffit de travail, de temps, de patience et d'envie pour comprendre le chinois, le javanais, l'anglais, le quantique et qu'il se retourne pour voir qu'il est demandé. Rien de rédhibitoire, c'est une incompréhension provisoire, curable.

L'autre est irréductible, sans appel, définitive, elle fait partie du capital génétique. Elle ne résulte pas d'une impatience, d'une inintelligence, d'un emploi du temps trop occupé mais d'une incapacité fonctionnelle qui rend inaccssible la fantaisie, la légèreté, l'imaginaire, l'ironie. La personnalité est étrangère à l'humour, au second degrè. Elle navigue dans le concret, l'utile, le nécessaire. Son imagination lui fait prévoir les catastrophes, les précautions à prendre, les besoins à combler. La beauté qui se cache dans le laid, le bien du mal, le bon du mauvais ne l'intéressent pas mais elle verra la mouche dans le plat, la verrue, la fente.

Chacun est condamné à être ce qu'il est, mais ceux qui ont une souplesse de caractère, sont comme ceux qui ont l'échine souple, plus adaptables. Ils relativisent, évoluent  et ne sont pas certains que 2 plus 2 font toujours 4. Ils doutent de tout et d'eux en premier. Ils sont en roue libre, les autres l'ont carrée et pour avancer, il faut que leur route soit en pente et glissante.
La facilité se voit dans la fluidité du discours, la beauté du mouvement, l'élégante tournure de la phrase, le ballet autour de la table lors de son dressage pour un repas de gala, la légèreté du sauteur en hauteur. Elle donne une impression de perfection harmonieuse qui contraste heureusement avec l'accouchement laborieux d'une difficulté.

LE CLAIRVOYANT ET L'AVEUGLE

Je connais un aveugle dont l'esprit est si perçant qu'il va au fond des choses dès le premier examen, saisit l'allusion au vol, devine le sens caché des phrases et un malheureux qui, avec onze dixièmes d'acuité visuelle, ne remarque pas la subtilité de l'aphorisme, la beauté du théorème, la qualité de la prestation. Son infirmité est telle qu'il ne se voit pas comme il est et clame à tout venant qu'il est le plus heureux des hommes.