Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 18 octobre 2026

NOS CINQ SENS

Nous sommes, d'origine, équipés de recepteurs sensoriels qui nous font profiter de tous les plaisirs qu' offre, à profusion, la nature qui ne nous veut que du bien quand elle n'est pas en colère.

La vue nous permet de profiter du premier regard, celui qui saute aux yeux. Comment ne pas s'extasier au point de se pâmer devant un coucher du soleil derrière un rideau de haute futaie surmonté d'un dais de nuages mammatus, devant une toile d'araignée, le matin, perlée de goutelletes, la Belluci d'hier et d'aujourd'hui?

L'ouïe n'est pas en reste et quel malheur subit celui qui n'entend pas l'orage gronder, le sifflement du merle, le murmure de la source, le bruit du ressac, le ronronnement du chat couché sur les genoux.

L'odorat complète le trio divin avec le parfum de la ros , de la menthe poivrée, du foin coupé, l'âcre puissance du fumier dans l'écurie, du poil du chien mouillé, du varech pourrissant sur la plage, du cacao en train de se transformer en chocolat, du café se transmutant chez le torréfacteur.

Le goût du sucré, du salé, de l'umami, de l'acide, de l'amer font du gourmand le plus heureux des hommes et de l'appétit la fonction qu'il élève à la hauteur d'une religion. Ce n'est pas le banal bon goût de l'esthète éclairé qui se targue de discernement dans l'estimation des choses mais le plaisir  des dieux et de Curnonsky, de feu Petitrenaud, du gourmet Dodin-Bouffant, de tous les amateurs de bonne chair cuisinée, de légumes rutilants, de gâteaux succulents, de fromages beaux et bons,  de vins gouleyants.

Le toucher est à part parce que primaire, primitif, manuel. On l'apprécie par le bout des doigts, sans en avoir l'air. Son côté hypocrite en fait le charme. Il réveille une sensation  endormie, inavouable  et procure des satisfactions qui ont du mal à se verbaliser. Vous comprenez pourquoi, faute de mots, je n'en dis pas plus.

Nos cinq sens sont un cadeau que la nature nous fait pour profiter de ses bontés. Ne pas les occuper, en abuser, c'est refuser le cadeau, mépriser le bienfaiteur, injurier le Créateur.

LE DUEL DES DEUX SOUVENIRS

J'aime ramener  mes bons souvenirs à la surface de ma mémoire quand j'ai besoin de remonter mon moral. Ils me rappellent que la vie a parfois été belle, que j'ai été jeune, ai eu du mérite, des succès, des premières places, de bons moments. La méthode est efficace pour évacuer  les idées noires.

Malheureusement, l'instant de grâce ne dure pas longtemps car les mauvais souvenirs attendaient, tapis, l'instant propice pour surgir, intempestifs, arrogants, fidèles à leur inné et balayer par une omniprésence les petits plaisirs, les grands bonheurs sous une avalanche d'abandons, de honte, d'erreurs, de fautes, de faiblesses, de bêtises. 

Ils s'en vont quand ils ont épuisé leurs maléfices, contents, satisfaits d'avoir montré qu'ils n'avaient rien perdu de leur pouvoir malveillant et restaient aussi malfaisants que dans leur jeunesse.

samedi 17 octobre 2026

Je ne comprends pas le succès intemporel du théatre, que des hommes et des femmes normaux acceptent de s'exhiber sur une scène, devant des spectateurs qui ont payé pour assister à un spectacle où tout est faux: 

- les personnages n'existent pas . Ils ont été inventés par l'auteur.

- ils sont joués par des comédiens qui empreintent une personnalité avec un faux nom, des idées et un comportement, même la façon de s'exprimer qui ne leur appartiennent pas. La volonté de tricher n'est pas masquée!

- le décor lui-même est un trompe-l'œil. Il n'est qu'une façade en carton-pâte qui ne tient que par des béquilles cachées derrière. 

- les conversations sont en fait des dialogues appris par cœur qui sont répétés, chaque soir, pendant des semaines, des mois parfois des années - La cage aux folles avec Poiret et Serrault au Palais Royal avec 1754 représentations -. 

Comment qualifier la mentalité des spectateurs venus parfois de loin payer pour assister un piéce censée nous faire croire à un mensonge joué par des menteurs. Cocus et contents de l'être penserait et n'hésiterait pas à l'écrire un esprit trivial.

J'en déduis que le théatre pousse le vice jusqu'à se prétendre vertueux. Il serait, prétendent ceux qui vivent à ses crochets, une représentation imagée de la vie, sous la forme tantôt  d'une comédie divertissante, tantôt sous celle d'une tragédie dramatique avec le but humanitaire de faire rire les malheureux et pleurer les autres. Moi qui ne suis ni l'un ni comme les autres, je crois que le théatre est à la véritable réalité ce que le coca-cola est  au  Champagne.  

ÇA, C'EST BEN VRAI

Plus on attend de partir, plus on est en retard.
Ceux qui manquent de rien ne peuvent plus fermer leurs placards, leurs tiroirs, leurs coffres-forts. Ils débordent. Mettre les mains dans des poches qui sont pleines leur est interdit. Plaignons ces pôvres qui, à force d'avoir tout, sont prisonniers de leurs riens.

vendredi 16 octobre 2026

L'idée de Dieu satisfait d'abord le besoin infantile d'un père tout puissant protecteur aimant responsable. En vieillissant, après avoir quitté les écoles primaire et secondaire, certains lui restent fidèles et en font un maître dont ils deviennent les serviteurs zélés. Les plus intéressés se font courtisans et lui construisent des basiliques, des cathédrales. Ils pensent qu'il leur sera reconnaissant de tant de splendeur et de richesse étalés en son nom, lui qui a tout. Le calcul est idiot et à la mesure de tout ce qu'ils font. 

En récompense d'une servitude volontaire, ils espèrent tous une récompense éternelle.  Leur foi est un pari et n'est qu'une assurance contre la mort, avec une prime payée toute la vie et une indemnité dont personne n'a jamais  vérifié le versement.
Le mal que je me donne pour bien faire est rarement récompensé par le résultat au point où je  me demande si le mal doit son succès au bien qu'il fait à son bienfaiteur.
Ce qui détruit toute confiance dans l'intelligence humaine, c'est que l'aveuglement, le fanatisme, le refus de l'évidence laissent la place aux  croyances, aux  idéologies, aux illusions. Leur force est  si incroyable qu'elles font prendre des décisions aberrantes, choisir des options défavorables qui apportent la guerre, la famine, la ruine, la révolte, la révolution dans une spirale de violences qui fait de la réalité un mirage et un mensonge de la vérité.

jeudi 15 octobre 2026

LES VALEURS

Les valeurs varient selon les pays. On a, du haut vers le bas de l'échelle, ceux qui privilégient

- le chef, l'obéissance, l'ordre, la discipline, le pays, le sacrifice, le travail, la famille, l'éducation, le sport, la distraction, le repos.

- le capital, la richesse, l'argent, l'apparence, la force, la grosseur, l'orgueil, la voiture, le m'as-tu-vu, le patriotisme, le racisme, la religiosité, la santé, la famille.

-  le patriotisme, le nationalisme, le chauvinisme, le pouvoir, la puissance,  l'armée, la police, l'injustice, le fanatisme, l'idéologie, l'obscurantisme.

- et le pays de nos rêves, un pays imaginaire qui n'existe que dans les contes de fées où règnent la liberté, l'égalité, la fraternité, le culte du beau, du beau, du bien, de la vérité, de la justice, de la nature.

EXTRA-ORDINAIRE

L'extraordinaire doit sa célébrité époustouflante à la soustraction de son moins qui amputait son ordinaire et le rendait inférieur. Débarrassé de sa partie pesante, il peut, libéré, s'élancer, atteindre les cimes et y briller au point d'étonner, d'émerveiller ou de faire peur. De sa hauteur, il contemple le ras du sol où le confinait sa banalité consternante et jouit de son statut exceptionnel qui lui vaut la réputation qu'on lui connaît.

UN MYSTÈRE ENFIN RÉSOLU

Les miracles de Lourdes sont le résultat d'une opération réussie du saint Esprit aidé de la Vierge Marie qui instrumente. 

mercredi 14 octobre 2026

Ce qui rend si distrayants les amusements, ce ne sont pas leurs qualités mais l'absence de défauts.

LES DEUX SANTÉS

On a deux santés. La médecine ne s'intéresse qu'à la physique, l'organique qui est composée par les entrailles, les viscères, les liquides qui  circulent et les baignent, celle que l'on voit bouger, qui sent mauvais, rancit, rouille, s'enkylose. Des milliards sont dépensés chaque jour pour essayer de rafistoler ce grand corps qui tombe facilement malade. 

Le médecin ne se préocupe de la santé mentale du consultant que pour lui demander, au mieux, si le moral est bon, s'il dort bien et n'a pas une ou deux idées suicidaires. Jamais il ne s'enquerra de l'état de sa santé intellectuelle, spirituelle et sur quel sujet son sens critique s'est exercé récemment, sur quel objet sa curiosité s'est manifestée. Il ne lui demandera pas le nom du livre en cours de lecture, le dernier film vu, son opinion sur la série en vogue, la situation géo-politique, l'avenir de la société à l'ère de l'IA etc.. Est-il capable de réciter la Cigale et la Fourmi, de résoudre une équation du deuxième degré aussi bien qu'il se tient sur un pied, Azincourt était avant ou après Crécy? Se sent-il stoïcien ou épicurien?

Ce genre de questions  renseigne sur une santé dont l'importance mérite mieux qu'une indifférence qui n'a comme excuse que l'ignorance et l'indifférence.

PETITE ANNONCE

40 ans, célibataire, présentant bien, hétéro-sexuel, libre de suite, cherche emploi stable dans famille bourgeoise à l'ancienne, avec bonnes situation et réputation. Formation classique, a lu Tite-Live, école hotelière suisse, bon à tout faire: permis auto et poids lourds (pas d'accident),  ménage , repassage, jardine, cuisine (spécialiste de la béchamel et de la  béarnaise), fait pain au levain, taquine la pâtisserie avec succès.

PS: les conditions seront à discuter avec son secrétaire.

mardi 13 octobre 2026

La vie éternelle est une punition si cruelle que l'on comprend que le ciel ait, dans sa bonté infinie, créée des péchés mortels pour nous en dispenser.
Rien n'est plus désagréable qu'un conseil dont on n'a pas besoin.

ALLEZ JUSQU'À LA FIN

Le poil du chat et du chien a un sens qui ne supporte pas la contradiction puisqu'il va en direction de la queue en partant de la tête. Il n'admet que celle-ci, sinon il se rebiffe, l'animal devient ébouriffé  et sort les griffes, montre les dents. Le sang  n'est pas loin de jaillir si vous vous obstinez à les peler à rebrousse-poil en allant  contre leur  nature. Ils la respectent et ce respect fait d'eux les êtres les plus raisonnables, paisibles, vertueux du monde grâce à leurs poils.

Nous n'avons que quelques touffes de poils que l'on cache honteux. Nous n'avons pas besoin de brosses, d'étrilles pour les lisser, les faire briller de la tête aux pieds. Ce manque explique le mauvais caractère de l'espèce humaine, sa vulgarité, ses névroses psychogènes, son sado-masochisme chronique. La perte de son pelage a été actée, par les historiens à l'an  -2 millions avant Jésus-Christ. C'est à cette époque que les strates géologiques du quaternaire enregistent les traces de premières batailles de 5, 10, 20  et 100 ans. Ces signes prouvent le rapport intime entre l'imberbitude et la méchanceté.


Tirons en les conclusions : si nous voulons une société paisible, harmonieuse, aimant la tranquilité et ne cultivant pas la violence, il lui faut des leaders charismatiques prêchant et appliquant les règles du monde animal velu. Nous en avons quelques exemplaires qui se cachent derrière des costumes ou des robes très collet monté. Ce sont des malheureux atteints d'hisurtisme. Ils sont atteints - disent les médecins - d'une maladie du système pilo-endocrinien. C'est pour les ostraciser, les empêcher de montrer leurs vertus. Descendant des derniers homo erectus, ils gardent toutes les qualités des grands singes dont ils sont issus en ligne directe et, comme nos chats et chiens, vivaient en paix dans une terre qui était encore le paradis. 

Pour retrouver ces temps béni de nos aïeux bienveillants, portons-les à la tête des États. Et, à la seule condition de les brosser dans le sens du poil, ils feront la politique du beau, du bon, du bien, la seule qui vaille.

lundi 12 octobre 2026

ÇA, C'EST BEN VRAI

 Si on met au numérateur le nombre de gens qui gagnent à être connus et au dénominateur celui de ceux qui gagnent à ne pas l'être, on est étonné de constater, effaré, l'importance de la disproportion et la valeur minuscule du quotient.

LE CERCLE VICIEUX

On est privé de la faculté qui permettrait de prendre conscience qu'on en est privé.
Si on n'avait pas des arguments pour nourrir les objections que l'on oppose aux propositions qui ne sont que des arguties, il n'y aurait pas une discussion mais une conversation consensuelle avec des congratulations réciproques, confite dans une amitié à base de sympathie complice. 

La vie sociale, familiale serait un long fleuve tranquille, la politique un lac paisible, sans vie aquatique et la vie d'un ennui si mortel qu'il ne resterait personne pour se plaindre.