Nous sommes, d'origine, équipés de recepteurs sensoriels qui nous fait profiter de tous les plaisirs qu' offre, à profusion, la nature qui ne nous veut que du bien quand elle n'est pas en colère.
La vue nous permet de profiter du premier regard, celui qui saute aux yeux. Comment ne pas s'extasier au point de se pâmer devant un coucher du soleil derrière un rideau de haute futaie surmonté d'un dais de nuages mammatus, devant une toile d'araignée , le matin, perlée de goutelletes, la Belluci d'hier et d'aujourd'hui?
L'ouïe n'est pas en reste et quel malheur subit celui qui n'entend pas l'orage gronder, le sifflement du merle, le murmure de la source, le bruit du ressac, le ronronnement du chat couché sur les genoux.
L'odorat complète le trio divin avec le parfum de la rose , de la menthe poivrée, du foin coupé, l'acre puissance du fumier dans l'écurie, du poil du chien mouillé, du varech pourrissant sur la plage, du cacao en train de se transformer en chocolat, du café se transmutant chez le torréfacteur.
Le goût du sucré, du salé, de l'umami, de l'acide, de l'amer font du gourmand le plus heureux des hommes et de l'appétit la fonction qu'il élève à la hauteur d'une religion. Ce n'est pas le banal bon goût de l'esthète éclairé qui se targue de discernement dans l'estimation des choses mais le plaisir des dieux et de Curnonsky, de feu Petitrenaud, du gourmet Dodin-Bouffant, de tous les amateur de bonne chair cuisinée, de légumes rutilants, de gâteaux succulents, de fromages beaux et bons, de vins gouleyants.
Le toucher est à part parce que primaire, primitif, manuel. On l'apprécie par le bout des doigts, sans en avoir l'air. Son côté hypocrite en fait le charme. Il réveille une sensation endormie, inavouable et procure des satisfactions qui ont du mal à ss verbaliser. Vous comprenez pourquoi, faute de mots, je n'en dis pas plus.
Nos cinq sens sont un cadeau que la nature nous fait pour profiter de ses bontés. Ne pas les occuper, en abuser, c'est refuser le cadeau, mépriser le bienfaiteur, injurier le Créateur.