Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 14 avril 2026

L'impatience satisfaite est, en théorie et en pratique, plus positive, plus économique, plus productive que la patience enfin récompensée.
Monsieur, je vous demande d'observer une seconde de silence pour honorer la mémoire des soixante minutes que vous venez de perdre dans un bavardage où vous avez débité des futilités que la personne qui vous écoutait n'entendait pas, trop occupée à échanger des onomatopées avec un semblable qui n'avait rien à dire.

APERTINENCE

L'apertinence n'existe pas en français. Elle est le contraire de pertinence. Je comble cette lacune incompréhensible et enrichis le dictionnaire d'un nouveau mot. J'espère que vous lui ferez un accueil digne de son mérite. Il signifie que la décision a  été prise au mauvais moment, que la déclaration était inopportune, l'attitude scandaleuse, la parole de trop. Elle n'est pas une impertinence qui, dans tous les cas, se justifie car elle traduit une liberté d'esprit qui se manifeste par une originalité qui révulse les prisonniers de la routine, de l'habitude, du conformisme. 

lundi 13 avril 2026

 Il y a toujours une solution au problème et quand on a

- peur, on se réfugie dans un bunker, une panic-room, une tranchée, derrière une barricade, un escadron de gendarmes;

- froid, on met une houppelande, un passe-montagne, on glisse sous la couette, on part sous les tropiques;

- faim, on mange; soif, on boit;

- des doutes, on ouvre une encyclopédie ou on demande à ChatGPT.
Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en reste juste assez dans la mémoire pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients explosifs  et de facteurs de risque détestables - n’est pas inédit.

Ce qui se déroule sous nos yeux, erreurs multipliées par des fautes impardonnables, est le produit récurrent de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de psychopathes avérés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés.

Tout cela a déjà existé. Tout cela a déjà été applaudi. Ce qui est nouveau et pas rassurant, c’est que les temps ont changé avec des hommes en plus grande quantité et armés de bombes plus puissantes.

UNE RÉFLEXION COMME PAS DEUX

Le monde étant ce qu'il est, je me demande ce qu'il serait s'il était différent?

dimanche 12 avril 2026

Il y a ceux qui veulent et ceux qui peuvent. Leurs opposés sont plus intéressants.

Certains ne veulent pas croire ce que vous dites, voir le film que vous recommandez, lire le livre que vous conseillez, considérer votre position, votre proposition. Une seule explication: tout en vous est, pour eux, exécrable. C'est donc par principe et indépendamment de tout critère objectif, qu'ils opposent un refus. La politesse peut le déguiser, le temps de la conversation, avec un acquiescement pouvant aller jusqu'au remerciement enthousiaste.

D'autres ne peuvent pas croire (pour la suite, voir plus haut). Leur refus est moins offensant mais plus trivial. Le motif est un empêchement  structurel (il ne lit pas, n'aime pas le cinéma, la peinture, la musique), ne comprend pas ce que vous dites par défaut de vocabulaire, de culture, d'éducation, de patience) ou des incapacités spirituelles, physiologiques, physiques. Ils sont faciles à diagnostiquer par l'interprétation de leur seule mimique. Elle trahit de façon éloquente leurs intentions (pour en savoir plus, voir le livre de Rita Karanauskas "Cazamentiras", Intermedio editores S.A.S.) Sitôt débusqués, arrêtez de perdre votre temps à parler avec eux d'autres choses que de la pluie et du beau temps.

DONNONS UN SENS À NOS SENS

Nos sens sont des instruments performants mais les sensations qu'ils transmettent ne nous parlent que si on les transforme en sentiments. Pour en profiter, il faut voir  ce que l'on regarde, entende ce que l'on écoute, goûter ce que l'on sent. L'acte réflexe devient réfléchi seulement si on y prend garde, si on interprète le message pour en comprendre la substantifique moelle disait Rabelais. Si on ne fait cet effort, ils ne remplissent qu'une partie de leur travail, celle qui sert notre cortex animal. 

LE GRAND JEU

On peut s'en tenir à l'apparence, ne pas chercher ce qu'elle cache et continuer de croire que ce que l'on voit, entend n'est pas un mensonge. On peut aussi ne pas s'y attarder, aller au delà, derrière les simulacres, le décor en trompe-l'œil, la façade en carton pâte, en fausses pierres de taille et aller au cœur de la réalité pour comprendre le fin mot de l'histoire. Mais cette découverte exige une curiosité pour l'inconnu, le mystère, les énigmes. Heureusement pour la tranquillité de notre corps, la quiétude de notre esprit, la paix de l'âme, nous en sommes dépourvus, à la  satisfaction de notre inconscience qui dicte sa loi à la conscience qui voudrait savoir ce qu'il y a de vrai dans les images que l'on regarde, dans les paroles que l'on écoute et dans les idées qu'on nous transmet. Que notre programmateur inconnu soit remercié de sa bonté, de sa générosité, de sa pitié, en limitant nos capacités, il nous a protégé de la connaissance ultime, celle qui révèlerait que nous sommes le  pion  d'un fou  qui s'amuse de nous faire  souffrir et de nous voir mourir.

RÉFLEXION

Quand on réfléchit, on s'aperçoit que le blanc était blanchâtre, que le noir avait des tâches de couleur et que la vérité proclamée est un mensonge. Vous comprenez pourquoi ils ne nous apprennent pas à réfléchir.

samedi 11 avril 2026

RECYCLAGE

Ce qu'il y a de formidable avec les souvenirs dont la mémoire est pleine, c'est qu'à partir d'un certain âge, disons 80, on peut, avec de l'imagination, de la mauvaise foi, leur enlever ce qu'ils ont de mauvais, leur ajouter ce qui leur manquait et les rendre agréables. Le temps leur ôte ce qui, au moment des faits, les ont  rendus  pour longtemps détestables. Ils ont alors acquis un flou malléable qui permet de les manipuler, d'en garder le minimum et de transformer le cauchemar en un conte de fées où, de coupable, on est victime, du méchant, idiot et imbécile qu'on était, on est transfiguré en prince charmant, en sauveur de la patrie, en inventeur, en champion, etc ..

Les souvenirs nous racontent notre vie passée et elle ne fait pas rêver. Un biographe même bienveillant aurait du mal à en tirer une saga digne d'attirer l'attention d'un éditeur à compte d'auteur. La plus médiocre a pourtant un potentiel qui ne demande qu'à être exploité. La moindre des situations, n'importe quelle rencontre peuvent se transformer en y ajoutant du sel, du poivre, du sucre et beaucoup de piments en une épopée à faire pâlir le comte de Monte-Cristo et rendre jaloux le seigneur des anneaux. La mention "inspirée de faits réels" lui donnera une authenticité dont vous pourriez vous prévaloir si vous ne travailliez pas pour votre usage personnel. 

Ce sport innocent fait oublier une vie de chien, transmute le mal en bien, fait sortir le héros qu'on aurait pu être si on en avait eu les moyens. Tout devient possible le temps que l'on veut. Il ne dure jamais longtemps car très vite , on s'aperçoit que subir les vertus et n'avoir que des qualités fatigue, fait des jaloux, l'extraordinaire quand il se banalise n' a plus de charme. Il faut donc ne pas abuser de sa mémoire et ne pas surmener l'imagination.

PS: revisiter les cauchemars sans les édulcorer peut même devenir jouissif si on mesure le changement opéré par le temps qui a fait d'un jeune con un vieux sage qui mène une vie de rêve à son gré et  pour son bon plaisir. 

ÇA,C'EST BEN VRAI

Tout a une fin:  les vacances, le jour, la nuit, la boîte d'allumettes, le gâteau, la conversation, la santé, le livre, le film, la bouteille et c'est parfois triste. Un seul responsable: le début...

LE TEMPS ET L'INSTANT

Le temps long a une puissance de travail qui lui permet d'accomplir des choses prodigieuses comme les pyramides (20 ans pour celle de Khéops) la muraille de Chine (2000 ans), l'Encyclopédie de Diderot (25 ans), l'Iliade et l'Odyssée (des décennies). L'instant est, lui, un éclair dont le pouvoir est souvent  celui d'un coup de poing dans le vide et parfois, comme on l'a vu, le point de départ d'une œuvre  magistrale.

vendredi 10 avril 2026

AUTARCIE

Pour mon repas de midi, je pioche dans mon congélateur et mon réfrigérateur. Pour remplir mon blog quotidien, je demande à mon imagination de me fournir de la matière fraîche. La routine est si bien installée que je n'ai pas besoin d'aller au restaurant et de demander à d'autres de quoi penser.

ATTENTION À LA FAÇON DE DIRE OU DE MÉDIRE

Selon le contexte, on fait plus ou moins attention à ce que l'on dit:

On fait  très attention quand on est assis autour d'une table où l'on discute d'une cessation des hostilités et d'un traité de paix, lors du conseil d'administration, d'une réunion de parents d'élèves, face au président d'un tribunal correctionnel, au  grand oral de Polytechnique, lors d'un sermon ou d'un discours devant le parlement. 

On fait attention lors d'une conversation avec le directeur, le client, le gendarme. On essaie de ne pas bafouiller, de parler poliment et de répondre à  la question ou de la poser de façon claire.

On fait moins attention lorsque l'on discute autour d'une table avec des amis, à l'occasion d'une réunion de famille, d'un banquet réunissant les rescapés d'une expédition au sommet de l'Annapurna, que la conversation est à bâtons rompus et porte sur des sujets anodins, consensuels et de peu d'intérêt.

On ne prête aucune attention à ce que l'on dit quand personne n'écoute, qu'il y  a  trop de bruit, que tout le monde est ivre-mort. On dit aussi n'importe quoi sous le coup de la colère, lors d'une scène de ménage, d'une altercation pour une place de parking. 

Parallèlement, il faut faire très attention à ce que l'on ne dit pas car les conséquences peuvent être redoutables pour peu que votre interlocuteur soit un susceptible rancunier et que vous avez oublié de le féliciter, de le remercier, d'exprimer votre admiration, vos excuses.

Donc, l'attention portée à la parole doit être aussi grande que celle que la tradition réserve à la chose écrite car si l'une s'envole alors que l'autre est gravée dans le marbre, il ne faut pas oublier que si l'oreille a le même pouvoir opérationnel que l'œil, le son  résonne  longtemps.
Depuis le temps que je suis vivant, je me suis tellement habitué physiquement et moralement à moi, que je n'aimerais pas habiter un autre corps même s'il me ressemble.

jeudi 9 avril 2026

ÉTAT DES LIEUX

Le bail venu à échéance, le propriétaire a demandé un état des lieux avant de récupérer son bien immobilier. Jugez de son épouvante quand il a constaté ce qu'était devenu un des joyaux de sa couronne planétaire.

L'air est irrespirable,  plein de vapeurs toxiques émises par des usines à gaz, les cheminées d'usine, les pots d'échappement. 

L'eau est imbuvable : elle est acide quand elle tombe en pluie, du ciel. Les nuages sont devenus des bennes à ordures volantes. Les eaux minérales coulent de sources polluées depuis les entrailles des montagnes. Ses réserves stockées dans les mers, les océans, servent de réservoirs aux eaux noires et de dépotoirs aux plastiques. La faune, la flore  ne s'habituent pas à ce changement d'habitat et, prisonnières, meurent.

Le sol de la terre ne donne plus envie d'y marcher car il a été dévasté: les forêts primaires ont fait place à des champs de maïs, de canne à sucre, d'arachide, de soja traités avec des pesticides, des fongicides, des herbicides qui éradiquent tout ce qui ne se vend au supermarché. Le sous-sol n'a pas été mieux traité et tous ses trésors en ont été sortis pour finir en fumée, en acier, en lingots d'or, en colliers de diamants.

Les dégâts  ont été causés par le sans-gêne d'une surpopulation mal élevée au point de ne pas savoir qu'il faut rendre les lieux dans l'état où on les a trouvés en imitant le  respect, la dignité, le souci de transmettre sans abîmer des autres locataires.

Le cynique, un bipolaire qui s'ignore,  sort d'une longue phase dépressive et déboule hilare en déclarant qu'il a trouvé le secret du bonheur relatif: je refuse d'être malheureux.

Pardonnez aux gens qui ne vous aiment pas. Le sentiment qu'ils vous portent n'est que la conséquence d'un déficit sensoriel et intellectuel dont ils ne sont pas responsables mais victimes. Ils souffrent d'un aveuglement qui les fait ne pas voir vos immenses qualités, d'une surdité phénoménale qui leur interdit d'entendre la profondeur de votre conversation. La subtilité de vos arguments, la justesse de vos positions dépassent leurs capacités cognitives. Ils interprètent de travers ce qui a la direction d'une droite et transforment le désir mimétique de vous ressembler, espoir déçu car exploit impossible en une haine petite, mesquine, à leurs dimensions.

PS: gardez votre pardon pour vous, vous aggraveriez leurs misères physiologique et spirituelle en démontant leurs fausses raisons de vous haïr. C'est leur seule richesse.

mercredi 8 avril 2026

Nos différences et nos divergences nous éloignent et ce sont nos convergences et nos interférences qui nous rapprochent.