Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


lundi 18 mai 2026

 C'est le besoin, le devoir, la curiosité qui obligent à faire ce à quoi on remplit nos nuits et nos journées: manger, boire, dormir, travailler, se reposer, s'amuser.  On n'a pas le choix. Tout nous est imposé. Finalement, c'est tout ce que l'on ne fait pas qui mériterait de l'être car ce virtuel est pur, innocent et à la beauté absolue des choses irréelles.


CORPS ET ESPRIT

 Améliorer ses performances physiques donne de grandes satisfactions émotionnelles et intellectuelles. Elle font  de nous un Pygmalion voué à un élève studieux, discipliné, respectueux, talentueux et nous en sortons avec une estime grandie. Ce sentiment gratifiant se provoque facilement avec un entrainement régulier, obstiné, prolongé. Une pratique assidue suffit pour l'obtenir et, chaque jour, passer du temps à soulever des poids au développé-couché, à faire des gammes au piano, à tirer des flèches avec un arc, à monter à cheval, à courir, transforme le corp, permet de jouer la lettre à Élise, de devenir un centaure, de courir un marathon, de ne plus se reconnaitre.

Mais si notre corps réagit aussi bien aux efforts que nous lui demandons, l'esprit est moins complaisante. Il n'est pas notre complice quand nous lui demandons d'améliorer ses performances. Je me suis usé les yeux sur des ouvrages de mathématiques et les élucubrations d'un Poincaré me sont toujours aussi mystérieuses. Mes tentatives pour améliorer ma mémoire se heurtent toujours à son absence. J'ai remarqué aussi que mes gribouillis n'arrivent jamais à faire le portrait d'un modèle, que j'ai beau me promettre de manger moins de sucre, de chocolat, gâteaux, de boire du champagne , je retombe dans ce vice chéri  malgré la peur du diabète, de la cirrhose, du cancer, du cholestérol.

Pourquoi est-il si facile au corps de bien se comporter, d'obéir aux injonctions du cerveau et  devenir un bodybuilder, un pianiste, un champion, un cavalier, un marathonien et  lui est-il si difficile  d'imposer au cerveau une discipline qui le rende apte à apprendre, à comprendre, à retenir, à se commander, à ne plus nous faire honte???

OMBRE

 L'ombre est fidèle, furtive, plate, silencieuse, insaisissable. fluctuante. Plate , elle épouse la forme du sol et  craint la lumière, s'en cache derrière ou devant notre  silhouette. Timide, elle ne retrouve son courage que la nuit, quand l'obscurité atteint le noir total. Elle quitte alors nos pieds, se libère, se redresse et court chez ses sœurs, dans les cimetières, batifoler dans le ciel. 

dimanche 17 mai 2026

LE TEMPS

Le temps ne se contente pas de passer, il cache le destin, la chance, le hasard. Capricieux, il contamine tout ce qu'il touche. Ceci explique que le passé ait été chaotique, que le présent nous désespère et que le futur se présente mal.
Il faut, au pêcheur,  la patience du brochet à l'affût du goujon pour le pêcher et, pour le finir avec une sauce au beurre blanc, ne pas avoir peur des arêtes.

DE TOUT UN PEU

La valeur des gens se révèle plus à l'usure qu'à l'usage.
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Ce n'est pas à quelqu'un qui met la maison en danger qu'il faut demander de sauver les meubles.
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Il faudrait demander aux gens antipathiques s'ils ont du mal à éprouver de la sympathie.

samedi 16 mai 2026

SIC TRANSIT GLORIA MUNDI

Les gens privilégiés qui perdent leurs privilèges deviennent subitement ordinaires. Cela doit faire tout drôle au maréchal de se retrouver simple soldat, au président-directeur-général d'être rétrogradé au service du courrier, au ministre de l'intérieur de se reconvertir en gardien de prison à Fleury-Mérogis. 
Prendre la vie à bras le corps n'est pas facile, il faut de la détermination, du courage, de la volonté, c'est fatigant, souvent frustrant car le résultat n'est pas toujours à la mesure de l'effort. Ma technique est moins exigeante. Elle donne un autre genre de satisfactions dont se satisfont les âmes simples sans l'ambition d'étonner la galerie. Je vous la décris: avec votre main droite, vous empoignez votre coude gauche, avec la gauche, vous faites la même chose avec le coude droit. Les bras deviennent croisés sur la poitrine. Vous les appuyez sur la cage thoracique. Cette étreinte vous met en communion avec votre moi charnel. Cette sensation doit fusionner avec un sentiment d'appartenance, 30 secondes suffisent. Pour vibrer au rythme de ce duo, mettez  la pulpe de chaque pouce sur l'artère humérale qui est dans le pli du coude. Leurs pulsations 0 la cadence des battement du cœur nous font plonger dans le fleuve sanguin dont le courant nous tient en vie.

UN AVIS QUE JE PARTAGE

Si notre conscience qui analyse ce qui nous arrive était plus perspicace, les pensées qui résultent des réflexions suscitées par nos idées donneraient à notre vie spirituelle une qualité qu'elle n'a pas. Elle nous sortirait du cercle vicieux où nos ruminations nous retiennent prisonniers et l'on pourrait répondre aux questions auxquelles les philosophes n'apportent pas de réponses: qui suis-je, où vais-je ?

vendredi 15 mai 2026

"J'ai un voisinage toxique que je devrais dénoncer à la maréchaussée car  "leur si"  mettra le monde à feu et à sang dès qu'ils le supprimeront. Que dois-je faire, docteur?", me demande cet autre voisin angoissé.
"Si je n'avais pas les deux mains occupées à me retenir pour ne pas sauter le pas, elles seraient employées à appuyer sur la gâchette, à dégoupiller la grenade, à presser le bouton rouge et à envoyer au diable les zozos, à éliminer la pagaille et à en finir avec la chienlit", me confie, sous le sceau du secret, mon voisin, un atrabilaire irresponsable qui sait heureusement se contenir.
"Si j'avais le temps, l'argent, les forces, je ferais ce que ceux qui ont le temps devant eux, de l'argent plein les poches et la force de la nature devraient faire s'ils étaient capables de voir, d'entendre et de comprendre", radote un autre voisin complètement sénile qui ne sait plus ce qu'il dit.
"Si je ne partageais pas votre sens de la mesure, votre amour de la paix, votre goût pour l'ataraxie, nous serions en train de faire la révolution et d'aggraver les choses." me susurre le même avec une mine de conspirateur tout en fourbissant ses armes.

jeudi 14 mai 2026

On voit de plus en plus de gens qui transforment leur visage à coups d'injections diverses avec un résultat parfois effroyable. Ils font doublement pitié car, ils deviennent une caricature d'eux-mêmes et confessent publiquement la médiocrité de leur vie intérieure, le niveau de leurs préoccupations, la qualité de leur sens du beau, du bon, du bien, eux qui se retrouvent laids, font un mauvais choix qui fait du mal à leur face. L'aveu est criant, rend triste car le grotesque ne fait pas rire.

Changer d'opinion, reconnaître une erreur, modifier un comportement est comme demander à un droitier de devenir gaucher. 

On se permet beaucoup en mangeant et buvant trop, en disant et faisant bêtises sur idioties mais si, en plus, on faisait ce qu'on s'interdit, je pense qu'on dépasserait les bornes.

mercredi 13 mai 2026

ET BÉ !!!!!

Une preuve de plus que l'homme et la femme, son alter ego terrifiant, appartiennent à la pire des espèces animales, de celles qui devraient être mises au banc de la nature comme le bacille de Koch, le virus du Sida et le  staphylocoque doré, tous des exemples ratés de l'évolution, est que, fuyant la douleur, ne supportant pas la souffrance, se gavant d'aspirine, de doliprane, d'opioïdes,  prenant de la morphine à la moindre colique néphrétique, ils font le mal comme ils respirent et n'épargnent rien ni personne: ils abattent les arbres, mettent le feu aux forêts, polluent l'eau, l'air, tuent les animaux par millions, milliards, font la guerre en permanence pour un bout de terre, une menace supposée, un coup d'éventail, pour l'argent, la domination, le plaisir, l'ennui, par bêtise.
Peu regardant, je prends le temps comme il vient, bon ou mauvais. Même mort, je fais avec. Ce n'est qu'une fois qu'il est passé et que je me regarde dans une glace que je me dis que je devrais être plus attentif et prendre garde.

UN CONSTAT ET DEUX QUESTIONS

Quoi de plus agréable que de vivre en paix avec soi-même, d'être content de ce que l'on fait, de se satisfaire d'être comme on est, de ne se battre contre personne, de constater et de s'en contenter, d'atteindre l'eudémonie ou, au moins, l'ataraxie. Comment font-ils, dans quel état sont-ils ces gens qui déclarent des guerres, font mourir par milliers, blessent les corps, les âmes, l'esprit en éructant la haine, en prêchant des faux espoirs, en passant leur temps à mentir, à tricher, à tromper?

mardi 12 mai 2026

LA SYMÉTRIE DE L'ASYMÉTRIE

L'Inde, le pays le plus peuplé du monde et les USA, le plus riche diffèrent en tout et ont un point commun : leur communauté est  divisée en castes.

En Inde, le phénomène daterait de trois millénaires. Les raisons en sont politiques, économiques, culturelles et la religion, comme toujours, s'est mise à son service. De haut en bas on a les prêtres, les guerriers, les marchands et les agriculteurs, les serviteurs et les artisans. Hors classe, il y a les intouchables qui s'occupent du nettoyage, des déchets, des cadavres, du cuir. Conçu pour imposer le pouvoir des conquérants, éviter les mélanges, stabiliser la société, le système a perduré et encore aujourd'hui, malgré la modernité, imprègne l'âme indienne et les comportements. Dès la naissance, on est d'une caste et l'avenir est tracé: métier, mariage, place, relations. Un fils de brahmane n'épousera pas une fille d'intouchable, il ne la voit pas, ne veut pas croiser son ombre. Deux conséquences: les centaines de millions d'indiens vivant dans la pauvreté absolue ne contestent pas la richesse des millions de riches et aucune révolution du genre de celle de 1789 ne se prépare. La violence  est dirigée vers ceux qui n'ont pas la même religion, en enfreignent les codes, maltraitent une vache.  

Aux États-Unis, je laisserai à d'autres plus qualifiés le soin d'en faire l'historique car seule m'importe la réalité actuelle avec ce constat: la société est aussi hiérarchisée avec une caste de très riches et une classe de précaires qui n'ont pas assez pour vivre normalement ou survivent misérablement. Cette stratification ne provient pas d'une entité étrangère, ne résulte pas d'une volonté religieuse, n'obéit pas à une décision politique, mais  résulte d'une sociologie de  l'Homo americanus. Elle lui dit qu'il est le souverain de lui-même et qu'aucun pouvoir ne peut disposer de sa vie, de son corps, de son travail, de ses biens, sans son consentement. En conséquence, tout dépend de soi, l'échec comme le succès, la réussite est glorifiée, l'argent  l'objet d'un culte. La solidarité n'est pas une obligation. La pauvreté devient une sanction. Ce socle culturel très partagé, porté à son extrême par les libertariens n'a pas créé une nation homogène car si les hommes naissent égaux, la réalité se charge de les partager en fonction de leurs qualités et défauts, race, hérédité. Elles subordonnent la réussite économique et c'est elle qui se charge de diviser la société en deux: l'une  englobe ceux qui ont beaucoup d'argent et l'autre regroupe ceux qui en ont assez, peu et pas du tout. Le clan des gens riches a, lui-même, des sous-divisions qui dépendent du nombre de milliards ou de millions de dollars. Mais, globalement, ils se distinguent par une stabilité familiale, l'accès aux grandes universités, aux réseaux dominants, à la sécurité médicale, chirurgicale, sociétale. L'endogamie n'est pas rare. La deuxième caste en est exclue structurellement même si, théoriquement, rien ne lui est interdit. Les chiffres montrent cependant que l'ascenseur de la  mobilité sociale est en panne. 

Comme en Inde, la rue montre la réalité avec des cohortes vivant dans la rue, dans des voitures, dans des tentes, parce qu'ils n'ont pas d'emploi, qu'ils ont été expulsés de leur maison achetée à crédit et dont ils ne peuvent plus payer les mensualités, qu'ils sont drogués, malades et ne peuvent ou ont renoncé à se soigner. Là aussi, ils sont côtoyés par des indifférents qui pensent qu'ils ont ce qu'ils méritent, les uns parce qu'ils ont eu la malchance de tomber dans une mauvaise caste et que, s'ils font des efforts, ils renaîtront dans une meilleure, les autres parce qu'ils ont ce qu'ils méritent par paresse, bêtise, mauvais choix, manque de courage, de volonté, d'imagination, de chance. Mais l'avenir leur appartient, la roue tournera  et s'ils en ont l'occasion, ils  sauteront sur elle et  deviendront riches. Les pauvres n'accusent pas non plus les riches d'être responsables de leur pauvreté. Ils ne veulent pas changer le système. Il leur convient. Ils s'en réclament. Là encore, pas de révolution à l'horizon. 

Au final, on a l'Inde verticale, religieuse, hermétique et l'Amérique horizontale, ouverte en théorie, fondée sur la liberté individuelle. Toutes deux ont produit une société de castes stabilisée par l'espérance d'une réincarnation ou d'une opportunité. Leurs pauvres vivent dans une promesse qui éteint la révolte et rend acceptable l'inégalité.