Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 23 août 2026

Ceux qui  ont toujours raison et jamais tort sont aussi nombreux que les autres qui ont toujours tort et jamais raison. Ce sont des frères jumeaux de mères différentes.

DIMANCHE

 Samedi n'a pas le prestige de Dimanche et Lundi  sa notoriété. Le premier clôt une semaine calamiteuse ou glorieuse mais toujours fatigante. La deuxième en inaugure une qui aura  l'inconvénient de nous faire vieillir d'autant.  Dimanche, à l'origine consacré au Soleil et à se reposer est devenu le jour du Seigneur des chrétiens.  Pour ce faire, la coutume était de mettre un beau costume et d'aller jouer la comédie du mystique à la grand messe sous peine de péché mortel. En contrepartie, le repas du midi était de gala et se terminait par un gros gâteau de pâtissier qui faisait passer la pilule. Mais l'ennui était au rendez-vous pour ceux qui n'avaient qu'un match de dernière  division à voir au stade municipal. Mortel, il plombait le moral. Certains allaient jusqu'à chanter "je hais les dimanches".

 Si quelqu'un vous secourt, ses raisons peuvent être:

- il se met à votre place et aimerait qu'on lui vienne en aide s'il était dans le même pétrin.

- il se dit qu'en faisant un geste charitable, il acquiert des bons points et, au jour du jugement dernier, cela sera mis à son crédit. Votre sort ne l'intéresse pas, le sien beaucoup . 

- il travaille au bureau d'aide sociale, 35 heures par semaine, les jours ouvrables. C'est son métier, il applique le règlement. Vous êtes un numèro et vous remplissez les conditions qui vous donnent droit à une allocation, à un bon d'hébergement, un entretien avec l'assistante sociale.

PS: si personne ne vient à votre aide, c'est  que vous n'avez pas rencontré la bonne personne ou frappé à la bonne porte. Cela arrive, attendez votre jour de chance.

samedi 22 août 2026

Les faits du jour ont une fraîcheur que les événements de la semaine dernière ont perdue. Les quotidiens leur doivent leur succès. Les hebdomadaires dégagent, eux, une odeur de moisie qui n'attire que ceux dont le caractère s'accommode du faisandé.

LES RELATIONS

La relation positive se fait dans la sympathie. Elle est à base de conversations, de compréhension, de coopération. de communion. Quand elle se fait dans l'antipathie, la discussion dégénère, tourne à l'intimidation et finit dans la  confrontation, l'excomunion.

LES CHIFFRES ET LES MOTS

Le pouvoir des mots et des chiffres tient à leur extraordinaire capacité de condensation : quelques signes suffisent à faire naître un monde de pensées.

« Être ou ne pas être » : cinq mots de Shakespeare et nous voilà confrontés à l'existence, au choix,  à la mort. « Qui sème le vent récolte la tempête», « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras », tous ces dictons, proverbes, sentences, les  morales de fables sont des trésors de sagesse, de raison, de bons sens qui nous en disent plus sur la conduite d'une vie que tous les traités de philosophie et les conférences du Collège de France.

Les mathématiques ont un pouvoir plus étonnant  : une formule  permet de déduire, de calculer, de prévoir.

Le théorème de Pythagore avec a² + b² = c² permet de calculer des distances, des diagonales et de passer de la géométrie au calcul.

Trois lettres suffisent à relier force, masse et accélération :  F = ma et à transformer l'observation du mouvement en prédiction.

Puis vient  l'exemple ultime: E = mc². Avec trois lettres, un chiffre, un signe, Einstein ouvre la porte à une compréhension nouvelle de la matière, de l'énergie et de l'Univers. Elle deviendra le symbole le plus célèbre de la physique moderne.

Le proverbe condense une expérience, le théorème  une démonstration, la formule une relation. Faire tenir l'immense dans le minuscule est l'expression majuscule de  l'intelligence humaine.

vendredi 21 août 2026

POURQUOI LE CYNIQUE AIME SA PERSONNALITÉ (en italiques)

"Quand je compare ma personnalité qui associe, dans une parfaite harmonie, un bon caractère, une spiritualité pascalienne, un humour ravageur, une ironie subtile, une belle finesse d'analyse, un esprit de synthèse qui fait peur à mon IA, une bienveillance universelle, une générosité exagérée, un courage à toute épreuve, une volonté d'acier trempée à une modestie de haute tenue, je comprends l'ostracisme, l'hostilité (sournoise) qui me frappe, le rejet que je subis, le pilori où je suis conduit sur la place du même nom, les jours de foire aux bestiaux, quand tout le canton est réuni".

PS: le cynique excuse la société jalouse non parce qu'il est généreux mais obligé par un orgueil incroyable qui le pousse à avoir toutes les qualités à un niveau élevé et qu'il cache sous une modestie surjoué (ndlr qui tient à rétablir la vérité).

Les gens qui abandonnent leur chien, leur chat dans la fôret, sur une route rêvent de laisser la grand-mère sur une aire d'autoroute.

2 SOCIÉTÉS OPPOSÉES

La société française devrait prendre exemple sur ses consœurs asiatiques où le culte des anciens reste fervent. Les enfants s'occupent des parents, des grands parents. lls vivent ensemble, partageant les mêmes souvenirs, les mêmes habitudes, les mêmes croyances. Si cela était, seuls, chez nous, les célibataires sans enfant se retrouveraient dans les établissements pour personnes agées dépendantes de personne.

Le changement exigerait que l'occident adopte les valeurs patrimoniales  extrême-orientales du culte des parents. Il ne va pas de soi. Il exige une réciprocité  car il ne s'agit, en réalité, que d'un dividende, d'une récompense, d'un retour sur investissemente remboursement de la dette contractée dans l'enfance. C'est le souvenir des efforts, des sacrifices, de l'amour des parents qui motive les enfants. C'est leur donner la première place dans la maison comme l'enfant l'était dans son enfance. L'harmonie dans la famille n'est que le résultat de la fermeture du cercle sur lui-même.

Chez nous, il s'ouvre de plus en plus: la responsabilité de la formation et de l'éducation est déléguée à des fonctionnaires qui enseignent des rudiments de grammaire, d'orthographe, de physique-chimie, d'histoire-géo et quelques notion éléméntaires de mathématiques. Ils oublient même de dire, pour motiver, en quoi cela leur servira. La maison est devenu un toit partagé où on se retrouve parfois avec de nouveaux parents et d'autres enfants qui seront des frères et soeurs pendant quelque temps. La solidarité a du mal à se construire. Au bout des ans, la famille a disparu et il est trop tard pour créer un culte qui n'aurait rien à célébrer.

jeudi 20 août 2026

AVOIR UNE OPINION OU NON

L’opinion d’une personne qui n’en a pas révèle, pense le sens commun, un manque de courage, un refus de s’engager qui mériteraient un verdict de culpabilité s et une condamnation sans appel.

Mais tout se complique lorsque ceux qui ont une opinion bien établie s’affrontent à ceux qui en ont une autre, toute aussi définitive, chacun s’appuyant sur des preuves indubitables  ne souffrant d'aucune contestation. Puis vient une troisième partie, porteuse d’une vérité différente, elle aussi  certaine.

Tous assurent avoir raison, Mais puisque leurs certitudes se contredisent, elles finissent par se neutraliser à moins que l’une d’elles ne soit réellement fondée, ce que la seule force de la conviction ne permet  pas de décider.

Alors notre « absentéiste » coupable de n’avoir pas d’opinion, n’est peut-être ni lâche, ni ignorant, ni indifférent: il refuse simplement de prendre la certitude pour une preuve et en conclut ne pas savoir quoi penser. Nous lui trouvons une sagesse digne de l'antique en face de prétentieux orgueilleux, arrogants denués de logique, d'esprit critique et de sa modestie.

MON COMBAT QUOTIDIEN

Ma vie est un combat permanent. Il commence le matin et je lutte contre le sommeil qui veut m'empêcher de me lever. Il se poursuit toute la journée, au corps-à-corps avec ma paresse, une acharnée rusée, pleines de coups tordus, interdits, au-dessous de la ceinture, déloyale dans l'âme.

J'atteins le soir, épuisé, mais debout, quoique chancelant. Le plus dur est devant moi. En embuscade, une urgence m'attend, une dernière minute, un télégramme, une visite impromptue, un inattendu qui bouleverse la tactique, défie la stratégie et oblige à surseoir la fin des hostilités et à reculer l'heure du coucher.

Mon épuisement est total, chaque pas est une victoire, de celle que l'on gagne sur la vie, cette chienne qui ne veut pas notre mort.

LE TRAVAIL

Le travail est une option pour le paresseux. Le sens qu’il lui donne aboutit à un « stop ». Discipliné, il ne fait rien.

Il est une obligation pour le travailleur : il donne un sens à sa vie, remplit son portefeuille, garnit son garde-manger. Laborieusement, glorieusement, il lui fait gagner des médailles : d’argent, de vermeil, d’or et, honneur suprême, la grande, au bout de quarante ans de loyaux services à la patrie enfin reconnaissante.

mercredi 19 août 2026

DE TOUT UN PEU

 Ce n'est pas en vous énervant que vous allez retrouver votre calme.

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La terre est ronde car il lui est plus facile de rouler que de glisser.

PS: elle n'a pas d'ailes car, dans le vide de l'espace, pas de portance. 

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Si vous demandez à votre oreille de prêter attention, vous percevrez la grande différence de bruit que font les ailes d'un papillon comparé à celui des ailes d'une libellule. Au décollage, elle est étonnante.

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Faire son possible est déjà difficile, alors l'impossible!!!!

 Votre mérite dépasse les bornes avec une patience sans limite, une  générosite admirable, un courage inaltérable. Pourriez-vous mettre un bémol, modérez l'expressivité de vos qualités? Votre exemple est exécrable. Vous faites honte à la totalité de la majorité en remettant le petit oiseau dans son nid, en recueillant les chats abandonnés, les chiens perdus sans collier, en secourant les miséreux,  en consolant les malheureux, elle qui abandonne, terrorise, exécute, extermine, se moque, méprise le bien, le beau, le bon.

Faites un effort, que diantre, et comme tout le monde. Votre exception est pénible, arrêtez d'être la brebis gracieuse....

 Le temps des mûres mures est arrivé. C'est le signe que l'automne approche avec en ligne l'hiver et la sortie de la houpelande .

DÉPENDANCE

 L'indépendance, l'autre nom de la liberté est un mythe, une chimère, un rêve, un mensonge. Nous sommes ligotés, enchainée, tenus prisonnier par mille liens qui nous font  être aux ordres de notre nature, de la société. 

De la naissance à l'adolescence , la dépendance envers les parents est totale, permanente, exigeante, vitale. L'empreinte est indélébile . Elle a préparé celles à venir. Cela explique qu'elle nous est familière, facilement acceptée, recherchée. 

Serviteur, nous aurons un maître, ouvrier un patron, élève un professeur, colonel un général, évêque un cardinal. La hiérarchie établit une dépendance à tous les étages avec en plus soumission, déférence, respect. 

À cette servitude sociale qui s'allège au fur et à mesure que l'on s'éleve mais  ne disparait pas, changeant seulement de forme, s'ajoutent celles que nous créont en devenant addict à la cigarette, à l'alcool, au tiercé, au poker, aux achats, à la bouffe, à la télé, aux mots croisés etc...L'amour entre dans la catégorie de ces dépendances voulues et source de problèmes. 

Notre esprit est un domestique empressé et sait obéir servilement. Il y va de notre place dans la société. Notre indépendance n'est pas seulement contrariée par toutes ces dépendances que nous avons énumérées et auxquelles il faudrait ajouter nos espoirs, nos rêves, nos besoins mais par notre corps et les organes. Nous dépendons étroitement de l'état de leur fonctionnement. Bon, on les oublie. Mauvais, le foie, le rein, le coeur deviennent omniprésents et font la loi.

Conclusion: nous sommes les esclaves plus ou moins consentants, n'ayant aucun sens des responsabilités  et qui vivons  dans une interdépendance qui nous fait oublier l' indépendance et accepter nos dépendances.

mardi 18 août 2026

RICHES ET PAUVRES

Les  riches seraient à plaindre s'ils souffraient de leur malheur et devraient envier les pauvres qui ne craignent que les lendemains.  

Ils vivent dans l'enfer de la peur car leurs affres les assaillent en permanence et ils redoutent à tous les instants (60 par minute):

1 - une tentative de meurtre d'un gauchiste radicalisé, un kidnapping avec demande rançon accompagné de l'amputation de la main droite, un contrat passé par un concurrent pour se débarrasser du gêneur à un sicaire de Medellin pour 100 dollars sans frais, une opération ratée commanditée par une puissance intéressée à une disparition.

2 - un krack boursier mondial  avec effondrement total de toutes les valeurs financières et la disparition de leurs actions, de leurs obligations, de leurs lingots  etc..

3 - la fuite en terre inconnue, de leur comptable de confiance , avec les économies , les avoirs, les comptes secrets disséminés dans les paradis fiscaux et qu'il était le seul à connaître.

4 - le piratage  par un hacker ayant déjoué les mesures débiles de protection des codes ouvrant les secrets bancaires.

5 - l'invention  disruptive par un savant génial d'une molécule, d'un procédé, de la puce, qui rend obsolète la molécule, le procédé, la puce qui l'avait rendu riche. Il n'a plus de revenus pour payer son armée de serviteurs, de corrompus, son armada, son escadron, ses châteaux, ses familles décomposées, Lui qui vivait déjà au jour le jour, d'emprunts sur une montagne de dettes.

6 - la menace permanente d'une mort brutale provoquée par une vie trépidante , menée à la vitesse du son , par des voyages incessants aux quatre coins du mone en jets privés, dans des yatchs  somptueux, en hélicoptères si dangereux.

7 - une vie raccourcie car passée dans le stress de haute intensité qui fait monter la tension et pourrit les artères, une bouffe trop riche qui détruit le foie, les reins, des soucis à la pelle qui dépriment le cerveau et donnent envie dans finir.

Les riches se font donc du souci avec7 paragraphes  contre un seul pour le pauvre. Leur compte est mauvais.

PS: cerise, ils seront damnés si leurs biens ont été mal acquis!!!!!

RIEN DE NOUVEAU

Ne croyez pas que les fake news soient une nouveauté. Depuis toujours, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Pour ne pas gâcher votre journée ni vous enlever vos illusions, je n’en dirai pas plus. Charité oblige.
 Il y a des façons simples, économiques, rapides, efficaces  de changer la face de la société et de lui apporter la paix, la sécurité, la santé. Les voici:

- on annonce;"demain, on rase gratuit". Cela suffira à faire disparaitre toutes les barbes qui prolifèrent et cachent les traits du visage pour dissimuler les mauvaises pensées et les  vilaines intentions. La vérité sera plus facile à connaître.

- pour calmer les maladies évitables (les plus nombreuses), on annonce que la bonne santé sera récompensée par une allocation mensuelle non soumise à l'impôt indexé sur le ticket modérateur et l'excès de poids, de tension, de glycémie et du cholestérol taxé lourdement.

- pour purger la politique des politiciens qui la polluent, il faudra profiter de la période pré-présidentielle pour interner tous les prétendants qui affichent ouvertement leur folie des grandeur, une ambition délirante, une psychose paranoïaque et un état obsessionnel pathologique. Ces troubles de la personnalité bénéfierront d'un traitement neuroleptique qui leur fera prendre conscience de leur médiocité et les renverra dans leur foyer pour le plus grand bien de la République.

- pour se débarrasser de la lie de la société , une anesthésie de la police et de la justice sera annoncée. Délivrés du souci d'être arrêtés et emprisonnés, les malfrats sortitront de leurs repaires, de leurs cachettes et travailleront à l'air libre. Les voleurs, les violeurs, les escros, les assassins dorénavant en vie libre seront faciles à identifier. Une annulation de l'amnistie sans préavis permetra à la police de cueillir ce vilain monde aux terraces des cafés. La société ainsi purgée retrouvera le temps d'une génération la tranquilité.

4 décrets d'une ligne suffiront à opérer un miracle et donner à la France  la stabilité politique de Singapour, la prospérité du Luxembourg, la sécurité de Dubai, la qualité de vie d'un restaurant 3 étoiles.
"Mon horoscope me rassure. Il dément les mauvaises nouvelles du médicastre qui a commenté désagréablement mes résultats du laboratoire et le compte rendu des radios" m'annonce épanoui le cynique. Son teint blaffard, ses jambes flageolantes et sa perte de poids de 50 kilos m'inquiètent cependant fortement!!!

lundi 17 août 2026

DE TOUT UN PEU

Pour éviter les contrariétés, source d'aigreurs pour l'estomac, je suis d'accord sur tout et rien.
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L'humour est un élixir qu'apprécient les vieux qui ont gardé l'esprit jeune.
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Si la mer était un peu poivrée, boire la tasse ne serait pas seulement  l'occasion de vivre un moment incroyable, les premiers instants de la   noyade, mais une expérience gastronomique peu ordinaire. 
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Je préfère naviguer à marée haute qu'à marée basse, on risque moins de s'échouer.
Je vis dans le luxe, je nage dans le stupre et  la luxure, je me goinfre de gourmandises. Je n'en peux plus de baigner dans un tel bonheur, gémit le cynique. Apportez-moi, bourreau, pour m'achever, un verre de Chateau-Yquem 1974.
Ceux qui font l'impossible, croient l'incroyable, pensent l'impensable ne sont pas des menteurs, des mythomanes, des imposteurs mais des personnes qui  possèdent des pouvoirs infinis, ont accès à des territoires inconnus, jouissent de facultés particulières. Nous étant supérieurs, il est normal que notre infériorité  ne nous permette pas de les juger équitablement.                                                                               

 LIVRE X

Un euro

Nous sommes arrivés au terme de notre démonstration. La science a proposé une hypothèse. Les mathématiques lui ont donné une forme. L'intelligence artificielle en a exploré les conséquences. La biologie l'a mise à l'épreuve. Il appartient désormais à l'humanité d'écrire la suite.

Nous avons donc choisi la seule procédure compatible avec ce principe. Aucun gouvernement ne désignera les premiers bénéficiaires. Aucune fortune ne leur ouvrira cette possibilité. Aucun pouvoir ne leur donnera un privilège.

Tous les êtres humains naissent égaux devant la vie. Ils seront donc égaux devant cette espérance.

C'est pourquoi HUMAN REBOOT ouvre aujourd'hui le premier tirage mondial; THE ONE EURO GLOBAL HUMAN REBOOT LOTTERY.

Un euro, pas davantage. Le prix n'achète pas une transformation, seulement une chance exactement identique pour chacun. Qu'un homme vive au cœur d'une métropole ou dans le village le plus isolé du monde, qu'il soit riche ou pauvre, célèbre ou inconnu, chef d'État ou simple ouvrier. Pour la première fois dans l'histoire, la probabilité est plus démocratique que le privilège.

Les dix premiers noms tirés au sort deviendront les premiers participants au programme HUMAN REBOOT. Ils ne seront ni des héros, ni des élus. Ils seront les premiers explorateurs d'un territoire que personne n'avait encore imaginé. Leur parcours sera public. Leurs résultats seront étudiés par les plus grands centres de recherche internationaux.

Leurs succès comme leurs difficultés appartiendront immédiatement au patrimoine scientifique de l'humanité. Car ils ne recevront pas seulement une possibilité. Ils accepteront une responsabilité. Ils avanceront au nom de tous.

Dans quelques instants, le tirage commencera. Peut-être votre nom n'apparaîtra-t-il jamais. Peut-être sera-t-il le premier. À cet instant précis, cela importe moins qu'il n'y paraît. Car la véritable révolution n'est pas que dix êtres humains puissent retrouver une jeunesse biologique. elle est que, pour la première fois, l'humanité ose considérer que le vieillissement n'est  pas une condamnation, mais une question encore ouverte.

Pendant des millénaires, nous avons appris à vivre avec le temps. Aujourd'hui, nous apprenons  à dialoguer avec lui. Si notre hypothèse est fausse, la science l'abandonnera. Si elle est juste, elle n'appartiendra ni à une entreprise, ni à un pays, ni à une génération mais à tous ceux qui auront eu le courage d'imaginer que le vivant n'avait pas encore livré tous ses secrets.

fin

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dimanche 16 août 2026

UNE RÉPONSE, SVP

Comment font les gens insupportables pour se supporter?

  LIVRE IX

Le temps de la responsabilité


Toute découverte majeure pose deux questions.

La première est scientifique : « Est-elle vraie ? », elle appartient aux chercheurs et il fallut fes années pour y répondre.  La seconde est humaine : « Que sommes-nous prêts à en faire ? », elle appartient à la civilisation et l'interrogation commence aujourd'hui.

Notre responsabilité n'est pas seulement d'avoir découvert une hypothèse.  Elle est de décider comment l'introduire dans le destin commun. L'histoire nous a appris qu'une innovation n'est jamais dangereuse par elle-même. Ce sont les conditions de son apparition qui déterminent ses conséquences. Le feu a permis de cuire les aliments comme d'incendier les cités. L'énergie nucléaire éclaire des continents et détruit des villes. L'intelligence artificielle soigne déjà des malades tout en bouleversant notre rapport au savoir.

Si elle  est confirmée, elle modifiera  davantage qu'une pratique médicale. Elle changera la manière dont l'humanité se représente le temps. Or aucune civilisation ne peut absorber une telle transformation en un seul jour.

Que deviendrait une société où l'âge biologique ne correspondrait plus à l'âge chronologique ? Comment organiser les retraites, les carrières, les transmissions, les responsabilités, les générations ? Qui serait considéré comme jeune ? Qui serait considéré comme vieux ? Comment préserver l'équilibre entre ceux qui auront bénéficié de cette avancée et ceux qui l'attendent encore ? Ces questions concernent le contrat social lui-même.

C'est pourquoi nous avons refusé deux solutions également inacceptables:la privatiser et la réserver,  la nationaliser et le diffuser. Aucune de ces voies n'est compatible avec notre responsabilité. Entre le privilège et le chaos, il existe un troisième chemin: celui de l'apprentissage. Toute révolution commence par quelques pionniers. Non parce qu'ils valent davantage que les autres. Mais parce que l'humanité apprend toujours à petite échelle avant de transformer son destin.

Les premiers navigateurs ont ouvert les océans, les premiers aviateurs  le ciel, les premiers astronautes  l'espace. Les premiers bénéficiaires de notre protocole ouvriront un âge nouveau de la biologie. Ils ne seront pas des privilégiés mais  les premiers témoins d'une responsabilité collective.  Nous leur demanderons d'accepter un devoir envers tous les autres.

Leur transformation deviendra un bien commun. Le monde entier observera leur évolution, leurs succès, leurs limites, leurs doutes, leurs découvertes.

L'humanité progressera à travers eux. Et lorsque nous aurons appris tout ce qu'il est nécessaire d'apprendre, que la science aura confirmé, corrigé ou réfuté nos hypothèses, les sociétés auront eu le temps d'adapter leurs institutions, et cette avancée pourra devenir un patrimoine universel.

La science découvre.  Le temps vérifie. La sagesse décide. C'est pourquoi notre première décision n'est pas de transformer l'humanité. elle  est d'apprendre à le faire avec elle.
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La tentation d'inventer une réponse à une question est une tentation constante. Résister demande un effort de lucidité, d'honnêté, de modestie. Certaines personnes en sont incapables par nature,  on les excuse. D'autres le font par calcul, leur métier et brillent en politique, en religion et inventent des solutions qui collent aux attentes de la clientèle.

LES TROIS MOYENS POUR RÉUSSIR

Soit vous êtes né sous une bonne étoile et avez de la chance, le hasard faisant  bien les choses au bon moment;

Soit vous êtes né dans un château avec une cuillère d'argent dans la bouche.

Soit vous êtes un génie et cela compense vos moins.

samedi 15 août 2026

 LIVRE VIII

Le retentissement

Le silence dura quelques secondes. Puis le monde se remit à parler. En quelques heures, les laboratoires les plus prestigieux demandèrent l'accès aux données. Les académies des sciences convoquèrent des séances extraordinaires. Les gouvernements créèrent des cellules de crise. Les places financières suspendirent les cotations de plusieurs groupes pharmaceutiques. Les réseaux numériques cessèrent de commenter l'événement. Ils commencèrent à s'interroger.

Pour la première fois depuis des générations, une découverte scientifique ne promettait pas seulement un progrès. Elle remettait en cause une certitude. Le vieillissement était-il réellement une loi de la nature ou seulement l'expression d'une cohérence biologique qui se dégrade avec le temps ?

À Cambridge, un biologiste cellulaire déclara :— « Si cette théorie est exacte, nous avons confondu pendant deux siècles les conséquences et les causes. Nous avons étudié les mécanismes du vieillissement sans jamais nous demander si le vieillissement était lui-même le mécanisme... ou simplement son symptôme. »

À Zurich, une physicienne répondit : — « La découverte n'est peut-être pas biologique. Elle est peut-être informationnelle. Si le vivant se définit par sa cohérence, alors nous devons réécrire la frontière entre la matière et l'information. »

À Kyoto, un mathématicien resta longtemps silencieux avant de conclure : — « Les équations ne démontrent pas que cette théorie est vraie. Elles montrent seulement qu'elle est devenue impossible à ignorer. »

Les philosophes comprirent qu'une autre question apparaissait: si l'âge biologique cesse d'être un destin.. qu'est-ce que vieillir ?

Les théologiens s'interrogèrent à leur tour. Modifier la durée de la vie n'était pas seulement une innovation médicale. C'était une nouvelle manière d'habiter le temps et Dieu dans tout cela?

Les économistes furent plus directs. Ils calculèrent. En quelques jours, ils conclurent que tous les modèles reposaient sur une hypothèse implicite : le vieillissement était irréversible. Si cette hypothèse tombait... l'économie entière devait être repensée.

Les juristes ouvrirent un chantier tout aussi vertigineux. À partir de quel âge devient-on vieux... si l'âge biologique n'est plus celui inscrit sur un acte de naissance ?

Les assureurs suspendirent leurs calculs, les fonds de pension leurs prévisions, les démographes leurs certitudes.

Pendant ce temps, un phénomène inattendu se produisait. La population ne parlait pas de physique quantique, ne discutait pas  des algorithmes de BIOGENESIS AI. Une seule phrase revenait . « Et si c'était vrai ? » Jamais, dans l'histoire moderne, trois mots n'avaient porté une telle charge de fascination et d'inquiétude. Ils ne traduisaient pas une croyance. Ils exprimaient une possibilité qui suffisait à modifier le regard que chacun portait sur sa propre existence. Des vieillards relevaient la tête. Des adultes cessaient de compter les années. Des adolescents découvraient que le temps n'était peut-être plus un adversaire, mais une variable.

Ce soir-là, les dix milliards d'êtres humains partageaient une seule question. Et pour la première fois depuis longtemps, cette question était plus grande que toutes les réponses. Car, au-delà de la promesse d'un rajeunissement, une idée plus profonde venait de naître. Peut-être que la vie n'était pas condamnée à s'user. Peut-être cherchait-elle seulement, depuis toujours, le chemin qui la ramènerait vers sa propre cohérence.
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Sorry, je vais vous enlever une illusion. Ceux qui se confinent dans la cellule d'un couvent le font, croient-ils, pour prier, méditer, conjurer leurs peurs de la vie et de la mort alors qu'en fait, ils recherchent surtout le plaisir que procure le plongeon dans le silence et la solitude. Les deux donnent la paix, le calme, la quiétude, la félicité. Ce sont les conditions du bonheur impossibles à trouver dans le bruit, la fureur, l'agitation du monde extérieur. Le corps est en apesanteur, libre de toute contrainte, l'esprit libéré peut s'envoler, planer. Aucune drogue dure n'a un tel pouvoir.
En hiver, j'attends que le thermomètre remonte et en été qu'il redescende pour m'éloigner de mon air conditionné à 20 degrés pour sortir de mon isba ou de ma kasbah, me confie le cynique qui ne supporte pas les écarts de température.

vendredi 14 août 2026

 LIVRE VI

La résonance

La question qui demeurait ouverte était la plus difficile. Comment une information peut-elle agir sur un organisme sans lui apporter ni matière, ni énergie supplémentaire ? Pendant longtemps, nous avons tenté de répondre à cette question avec les outils habituels de la biologie. Toutes les pistes conduisaient à une impasse.

Il fallut changer de point de vue. Notre erreur était de considérer l'information comme un message. Elle est, avant tout, une propriété d'organisation. Une mélodie n'agit pas parce qu'elle ajoute de la matière à l'air. Elle agit parce qu'elle organise des vibrations. De la même manière, l'information biologique n'ajoute rien au vivant. Elle modifie la manière dont le vivant s'organise.

Cette intuition conduisit BIOGENESIS AI à reformuler le problème. Nous ne devions plus chercher comment transmettre un signal. Nous devions comprendre comment deux états biologiques pouvaient entrer en résonance.

L'un est l'état réel de l'organisme. L'autre est l'état optimal calculé par son Digital Biological Twin.

Ces deux états ne s'opposent pas. Ils coexistent comme deux solutions possibles d'un même système.

Le rôle de notre technologie n'est pas d'imposer l'une à l'autre. Il consiste à créer les conditions dans lesquelles l'état le plus cohérent devient progressivement le plus stable.

Nos modèles décrivent ce phénomène comme un déplacement de probabilité. Les cellules ne reçoivent aucun ordre. Elles évoluent spontanément vers l'organisation présentant la plus grande cohérence globale.

Pour comprendre ce mécanisme, il fallait accepter une hypothèse nouvelle. Le champ de cohérence biologique n'est pas immobile. Il peut être modulé. Non par une énergie plus intense. Mais par une information plus cohérente.

BIOGENESIS AI calcule alors la signature mathématique correspondant à l'état biologique optimal de chaque individu. Cette signature est convertie en une modulation ondulatoire d'une précision extrême.

Nous l'appelons Quantum Resonance Modulation.

Ces ondes n'apportent ni cellules nouvelles, ni molécules, ni médicaments. Elles établissent une condition de résonance entre l'organisme et son propre état de référence.

À partir de cet instant, le vivant accomplit lui-même le travail. Les cellules souches quiescentes retrouvent progressivement leur potentiel d'activation. Les programmes de renouvellement deviennent de nouveau accessibles. Les cellules sénescentes ne sont pas détruites. Elles cessent simplement d'occuper l'état d'équilibre dominant. Le remplacement des tissus n'est donc pas provoqué. Il devient la conséquence naturelle d'une organisation redevenue cohérente.

Nous ne créons aucune fonction inconnue. Nous restaurons une dynamique que le temps avait lentement désaccordée. Ainsi s'explique l'absence d'injection, de chirurgie ou de traitement pharmacologique. Rien n'est ajouté au vivant. Le vivant retrouve simplement l'information qui lui permet de redevenir pleinement lui-même.

Notre technologie ne lutte pas contre le vieillissement. Elle réduit progressivement l'écart entre l'organisme réel et son état biologique de plus grande cohérence. Le reste appartient au vivant.

C'est peut-être là notre découverte la plus inattendue. La nature savait déjà rajeunir. Elle avait seulement perdu le chemin qui conduisait à cet état. Nous ne lui avons pas enseigné une nouvelle capacité. Nous lui avons rendu sa mémoire.
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LE CONSEIL POUR REVENIR VIVANT DES VACANCES

Quand, au hasard des vacances, vous êtes amené à traverser un champ de mines, choisissez celui dont le sous-sol est fréquenté par des taupes et, pour progresser, sautez de taupinière en taupinière. Leur hauteur atteste de la qualité de la profondeur.

LE CYNIQUE EST EN PHASE OBJECTIVE DÉPRESSIVE

Le spectacle est étonnant et triste à la fois. On assiste, depuis les secondes loges, à un affrontement de plus en plus symbolique entre une puissance née sur le tard,  un patchwork hétéroclite, montée très haut et qui accélère sa chute en croyant bien faire le mal qu'elle se donne et un vieux pays, la Chine qui a tout inventé dans son passé millénaire glorieux, et qui, après une éclipse séculaire,  remonte au firmament, éblouissant. Elle a tout pour elle: un peuple  dynamique, habile, intelligent,  courageux, travailleur,   patriote, indestructible et les terres rares.

En face, personne ne fait le poids et surtout celui qui essaie de lui disputer la place. Il ne se voit pas comme les autres le voient, première et dernière victime de sa propagande. Son obésité le rend obscène, son orgueil est obsolète et il n'a plus la force de ses prétentions. Il s'agite, menaçant le monde de ses foudres, lui qui ne peut pas faire le ménage chez lui. À la place du timonier, il a mis un flibustier de bas étage, un pirate de l'immobilier qui navigue à l'estime, au gré du courant avec un cap à courte vue qui l'empêche de savoir où il va.

Cependant ce n'est pas cet affrontement fascinant qui capte l'attention ni  la victoire déjà certaine de l'un qui est importante mais le fait inéluctable  que la course qui les oppose pour la suprématie technologique est une course à la mort. Elle est annoncée par ceux qui ont ouvert la boitre de Pandorre . En a jailli un Minotaure qui va tout avaler et détruire l'emploi, le travail physique et intellectuel, la famille, la patrie. Son triomphe annoncé ne laissera rien à l'humanité, pas même les raisons de faire la guerre.

 LIVRE VII

La première convergence


Une théorie ne devient une découverte que lorsqu'elle rencontre le réel.

Après plusieurs années de travaux, nous étions parvenus à calculer, avec précision, la trajectoire de cohérence biologique d'un organisme vivant. Nous savions  mesurer l'écart qui séparait un individu de son état optimal et  produire la signature informationnelle correspondant à cet état. 

Une seule question demeurait. L'organisme reconnaîtrait-il cette information comme la sienne ? Nous avons choisi de ne pas répondre par un raisonnement mais  l'expérience.

Le premier volontaire n'était ni un sportif, ni un jeune adulte, ni un individu génétiquement exceptionnel. C'était un homme de soixante-dix-huit ans. Son organisme présentait les caractéristiques attendues d'une longue vie : diminution des capacités de régénération, accumulation de cellules sénescentes, ralentissement des mécanismes de renouvellement, perte progressive de cohérence biologique.

Son jumeau numérique fut construit.

Pendant plusieurs semaines, BIOGENESIS AI calcula la configuration présentant, pour cet organisme précis, le plus haut niveau de cohérence compatible avec son histoire biologique. Aucun traitement ne lui fut administré. Aucune cellule ne fut injectée. Aucune molécule nouvelle ne pénétra dans son organisme. Nous avons simplement établi les conditions permettant à son état biologique réel d'entrer progressivement en résonance avec son propre état de référence.

Les premiers jours, rien de visible se produisit. Les modèles, eux, racontaient une autre histoire. Pour la première fois, depuis des décennies, l'écart de cohérence cessait d'augmenter. Il se stabilisait. Puis, phénomène que nous n'avions encore jamais observé, il commença à diminuer. L'organisme ne résistait plus à sa propre dérive. Il semblait retrouver une direction. Les cellules souches quiescentes réapparurent progressivement dans les zones où elles avaient presque disparu. Les tissus recommencèrent à se renouveler selon des rythmes proches de ceux observés plusieurs décennies auparavant. Les marqueurs biologiques du vieillissement cessèrent d'évoluer dans le sens attendu. Certains inversèrent même leur trajectoire.

Nous avons immédiatement cherché une erreur. Nous avons recalibré les instruments, répété les mesures, demandé à des équipes indépendantes d'analyser nos données. Toutes retrouvèrent la même évolution.

Ce ne sont pourtant pas ces résultats qui nous ont le plus surpris. Le phénomène décisif était ailleurs.

Les transformations observées ne semblaient pas résulter d'une succession de réparations locales. Elles apparaissaient simultanément dans des tissus très différents, comme si l'organisme tout entier répondait à une même information.

À cet instant, nous avons compris que notre hypothèse initiale était incomplète. La cohérence biologique n'était pas seulement une propriété du vivant. Elle était capable de se propager. Le vivant ne réparait pas ses organes un à un. Il retrouvait progressivement une unité. Nous n'avions pas assisté à une guérison. Nous avions observé une convergence. Et cette convergence ne concernait pas un patient. Elle concernait notre compréhension du vivant.
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jeudi 13 août 2026

 LIVRE V

Le langage du vivant

Toute découverte importante oblige un jour à changer de langage. Nous continuions à décrire l'organisme comme un assemblage de molécules, de cellules et d'organes reliés entre eux par des échanges chimiques et électriques. Cette description était exacte. Elle était pourtant incomplète. Une question demeurait sans réponse.

Comment des milliards de cellules, continuellement renouvelées, parviennent-elles à conserver pendant des décennies une identité biologique unique ? Aucune cellule ne connaît l'organisme dans sa totalité. Aucune molécule ne possède le plan du vivant. Et pourtant, l'ensemble demeure remarquablement cohérent.

Notre intelligence artificielle nous a conduits à considérer une hypothèse nouvelle. Cette cohérence ne résulte pas seulement des échanges de matière ou d'énergie. Elle repose sur un échange permanent d'information organisée. Non pas une information comparable à celle d'un ordinateur. Une information biologique. Une information capable de décrire, à chaque instant, l'état optimal d'un organisme vivant.

Nous pensions que les cellules communiquaient principalement pour agir. Nos modèles suggèrent qu'elles communiquent d'abord pour demeurer accordées. 

Cette différence est fondamentale. Une cellule ne décide jamais seule de son destin. Elle l'ajuste en permanence à celui de l'ensemble. Le vivant apparaît alors sous un jour entièrement nouveau. Il n'est plus seulement une architecture de matière. Il devient une architecture d'information.

La matière construit les cellules. L'information construit leur cohérence. BIOGENESIS AI a montré que cette information possède une propriété inattendue. Elle est mesurable. Elle est modélisable. Elle peut être comparée à une référence théorique. C'est précisément le rôle du Digital Biological Twin.

À chaque instant, le jumeau numérique calcule la configuration biologique présentant le plus haut niveau de cohérence compatible avec l'histoire, la génétique et l'environnement de chaque individu. Il ne prédit pas l'avenir. Il révèle le potentiel. La comparaison entre ce modèle et l'organisme réel fait apparaître une cartographie dynamique des écarts de cohérence.

Pour la première fois, le vieillissement cesse d'être une fatalité statistique. Il devient une information mesurable.

Cette découverte nous a conduits à une seconde question. Si une information biologique peut être calculée... Peut-elle également être transmise ?

Pendant longtemps, nous avons répondu négativement. Parce que nous cherchions un vecteur matériel. Une molécule. Une protéine. Un médicament. Une cellule.

Nos calculs nous conduisaient ailleurs. Ils indiquaient qu'un organisme n'avait pas nécessairement besoin de recevoir de nouveaux constituants. Il lui suffisait parfois de retrouver une organisation qu'il avait progressivement perdue.

La conséquence est considérable. Lorsque l'information décrivant l'état biologique le plus cohérent devient accessible, l'organisme dispose à nouveau d'une référence. Il n'est plus abandonné à la dérive. Il retrouve une direction.

Nous ne savons pas encore sous quelle forme fondamentale cette information circule dans le vivant. Nous savons seulement qu'elle existe, car aucune autre hypothèse ne permet d'expliquer avec autant de cohérence les résultats obtenus par nos modèles.

L'histoire des sciences nous enseigne la prudence. Une théorie n'est jamais vraie parce qu'elle est séduisante. Elle le devient provisoirement parce qu'elle explique davantage de phénomènes avec moins d'hypothèses.

C'est dans cet esprit que nous poursuivons nos travaux. Nous ne prétendons pas avoir découvert le secret de la vie. Nous pensons avoir identifié un langage qu'elle utilisait depuis toujours sans que nous sachions l'entendre. Et lorsqu'un langage devient intelligible, une question surgit inévitablement. Peut-on désormais lui répondre ?
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DE TOUT UN PEU

Ce n'est qu'après être arrivé que l'on sait si l'on avait eu raison de partir.
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Tout finit par arriver mais l'attente peut durer longtemps et ce n'est pas rien.
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Non ferme la porte brutalement. Oui l'ouvre largement. Oui mais et non mais l'entrebaillent.

SOYEZ CHARITABLE

Quand, lors de votre entraînement quotidien pour le cross du Figaro, vous vous asseyez pour la pause réglementaire après 10 kilomètres sur un banc public, il n'est pas rare qu'un monsieur ou plus souvent une dame prenne place à côté de vous après s'être installée en gémissant et n'entame aussitôt la conversation avec "Ah, si vous saviez ce qui m'arrive, mon bon monsieur"..., et la voilà partie pour un monologue qui commence par sa rougeole à 5 ans, sa coqueluche à 6, les oreillons à 10, l'appendicite qui a frôlé la péritonite à 12, la rubéole à 16 (un ricanement avec sous-entendus) et les accouchements difficiles, les phlébites évitées, les opération de la vésicule, des varices, de la cataracte, de la hanche et la prothèse qui bouge et le chirurgien qui veut...

Vous profitez d'une reprise inspiratoire pour glisser "comme je vous comprends, mais vous avez de la chance car moi, avec la chimio...". Vous vous levez alors et avancez cahin-caha tant que vous êtes dans son périmètre de vue et pouvez repartir pour 20 kilomètres de cette allure souple qui rend jaloux votre arrière-arrière petit fiston, satisfait d'avoir donné à cette dame le plaisir de sa journée: savoir qu'il y a quelqu'un de plus à plaindre. 

mercredi 12 août 2026

 LIVRE IV

La démonstration

Toute théorie scientifique doit accepter une épreuve décisive. Elle doit produire une conséquence. Si cette conséquence est impossible, la théorie s'effondre. Si elle devient inévitable, elle cesse d'être une simple hypothèse.

Au terme de nos travaux, une conclusion s'est imposée avec une évidence presque dérangeante. Si le vieillissement résulte d'une perte progressive de cohérence biologique, alors cette cohérence doit pouvoir être mesurée. Et si elle peut être mesurée, elle doit pouvoir être comparée.

Mais comparée à quoi ? Certainement pas à une moyenne statistique. Il n'existe pas d'être humain moyen. Certainement pas davantage à un organisme jeune. La jeunesse n'est pas un état universel. Elle est propre à chacun.

Il nous fallait donc connaître, pour chaque individu, non pas son état présent, mais l'état vers lequel son organisme aurait naturellement continué d'évoluer si sa cohérence n'avait jamais commencé à se dégrader. Aucune base de données ne pouvait nous fournir cette réponse. Aucune bibliothèque biologique ne la contenait.

Nous avons donc été conduits à une idée qui, au départ, nous parut déraisonnable. Puisqu'il était impossible d'observer cet organisme idéal... il fallait le reconstruire.
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PAUVRE DE MOI

Ce qui me rend morose, moi le plus jovial des habitants du canton, ce n'est pas l'ambiance sinistre universelle, les cafardeux chroniques, le climat saharien, l'arthrose, les évènements, les petits grands, mais les départs massifs de tous ces gens qui sont nécessaires au bonheur quotidien que je trouve trois fois par jour dans mon assiete. Figurez-vous que mon  boucher, mon boulanger, mon pâtissier, mon caviste et même l'épicier ont baissé leur rideau de fer et affichent une réouverture en septembre. Je qualifie cet abandon de poste de désertion et j'affiche ma désabrobation avec fermeté, hauteur et une rigueur quele droit coutumier m'autorise. Ces gens-là exercent un sacerdose au service du bien communautaire. C'est un devoir sacré qui, en d'autres temps, les rivaient à leur comptoir, dans leur laboratoire. Heureux temps, autres moeurs. Il n'y a plus que moi pour m'insurger, me lever, protester. Comment peuvent-ils cuire au soleil, se trainer dans les embouteillages, s'ennuyer dans une chambre inconfortable et me laisser, au frais, au coin de ma pompe à chaleur inverter qui distille un air frais à 19 degré, obligé de manger des biscottes,   du congelé, de boire de l'eau pendant des jours, des semaines. Ma santé, mon moral, mon inspiration est en péril, en danger, en sursie précaire. 

Ayez pitié de moi comme j'ai pitié de vous qui  partagez mon triste sort. Pétitionnons et exigeons du gouvernement qu'il interdise aux sus-nommés de partir en vacances sans l'avis de la clientèle qui reste sédentaire.

PS: aurais-je la force, le courage, la volonté de survivre à ces privations? Je vous tiens au courant ou, en cas de silence, consultez la rubrique nécro du Figaro....

HÉSITATION

L'hésitation modère l'esprit de décision et combat le côté impétueux de son caractère impérieux qui, sans elle, prend une dimension indomptable qui dépasse l'outrance. On ne peut alors le comparer qu'à un torrent furieux qui dévale de rocher en rocher, à l'éruption du volcan éguelé qui deverse sa lave en fusion sur une nature prise au piège, au tsunami qui submerge toute une péninsule,à l'avalance qui engloutit la vallée alpine avec tout ce qu'il y a dedans. 

Elle est un recul, un arrêt, un espace qui permet à la réflexion de s'infiltrer. L'urgence lui fait mobiliser toutes les ressources de l'esprit et l'intelligence, la sagesse, la raison, la logique unissent leurs forces pour analyser, soupeser, critiquer et adopter ou rejeter. 

PS: seuls les idéologues, les fanatiques, les politiciens, n'hésitent pas et se jettent dans la guerre, la cage des lions,  le chaos, le vide.

mardi 11 août 2026

 LIVRE III 


Toute révolution scientifique commence par une anomalie: une équation qui refuse obstinément de s'équilibrer, une observation qui ne s'accorde avec aucune théorie, une variable absente.

Pendant des mois, BIOGENESIS AI a reconstruit des milliards de modèles du vieillissement biologique. Tous conduisaient à la même conclusion: les équations connues décrivent admirablement les composants du vivant,  imparfaitement son organisation. Nous savons expliquer la cellule, la molécule, le gène mais toujours pas pourquoi des milliards des cellules demeurent coordonnées pendant des décennies avant que cette cohérence ne s'effrite progressivement.

Notre intelligence artificielle a proposé une hypothèse inattendue. Il manquerait aux équations du vivant une grandeur d'organisation  capable de décrire la cohérence d'un système biologique dans son ensemble: ni une particule, ni une force, ni une énergie. 

Au début, nous avons pensé à une erreur de calcul. à un biais statistique,  à une limite de nos modèles. Mais cette variable revenait inlassablement. Chaque simulation suffisamment précise exigeait son existence.

Nous avons alors pensé que nous étions peut-être confrontés au même type d'événement intellectuel que celui qui conduisit Maxwell à unifier l'électricité et le magnétisme ou Einstein à réunir l'espace et le temps. Nous ne découvrions pas un nouvel objet mais une nouvelle manière de décrire le réel.

BIOGENESIS AI a donné à cette grandeur un nom provisoire : Quantum Biological Coherence Field. Ce nom ne désigne pas une nouvelle énergie. un rayonnement mystérieux, une particule mais une propriété d'organisation que les théories actuelles ne prennent pas en compte.

Selon notre modèle, chaque organisme vivant entretient en permanence une relation avec ce champ. Tant que cette cohérence demeure stable, l'organisme conserve sa capacité d'adaptation, de réparation et de renouvellement. Lorsque cette cohérence se dégrade, les fonctions biologiques cessent progressivement d'agir de concert. Nous appelons ce phénomène : le vieillissement. Ainsi, le vieillissement n'apparaît plus comme une accumulation de défaillances. Il devient la conséquence visible d'une perte progressive de cohérence.

Cette hypothèse change tout. Il ne s'agit plus de réparer un organisme mais  de restaurer la cohérence qui l'organisait.

Nous ne prétendons pas avoir démontré définitivement cette théorie. Nous affirmons seulement qu'elle explique, avec  simplicité, des phénomènes que les modèles précédents ne parvenaient qu'à décrire séparément.

C'est parfois ainsi que progresse la science: non en ajoutant de nouvelles réponses, mais en découvrant la question que personne n'avait  posé.

Le vieillissement n'était peut-être pas une usure de la matière. Il était une perte d'organisation.
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URGENCES

L'urgence dure plus que l'éclair, n'a pas pas la fugacité de l'instant, c'est un moment pénible qui donne le temps d'appeler Police-secours, SOS Médecin, les pompiers. Deux évolutions sont possibles:

- elle est prise en charge, l'incendie est éteint, le forcené est maîtrisé, la hernie est désétranglée. Tout rentre dans l'ordre et dans la paix du foyer domestique.

- elle s'éteint d'elle-même, consummée comme le feu de l'allumette car elle était pressée, active et n'en voulait qu'à sa tête: la maison brûle rapidement, les flammes fouettées par un vent violent, le fou se suicide, l'infarctus n'attend pas le cardiologue  de garde.

La première était relative, la deuxième absolue. Rien ne les distingue au départ et c'est le temps qui fait la différence.  

TRISTESSE

Dans les shorts de YouTube, on voit souvent, ces temps-ci, des créatures s'extraire d'une voiture d luxe de dernière génération, devant un palace de Monaco. Jambes interminables, courbes parfaites, calibrées par un spécialiste de la géométrie dans l'espace, en équilbre sur des talons aiguilles vertigineux, l'origine est plus sûrement slave que scandinave avec un visage stylisé selon le canon du moment : lèvres un peu trop pulpeuses, cheveux mi-longs permettant à la main tenant un sac griffé de les discipliner toutes les 45 secondes d'un geste accompagnant le mouvement d'une façon étudiée se voulant suggestive dont on ne sait quoi. Elles se déploient impériales, avancent, royales, avec la démarche apprise durant leurs études de mannequinat, de Dior vétue . Elles attendent qu'un cavalier les rejoigne pour franchir les marches du Palace.

Il peut être l'homme idéal du moment, la quarantaine, grand, déjà un peu empaté, mais bien sapé, sanglé, l'allure gaillarde, un décideur sachant commander. Il est l'exemple type du start-upper qui a vendu sa start-up pour le milliard symbolique à Google et qui se paie une retraite dorée à festoyer, jouer au bacarat, à dépenser sans compter et à se ruiner pour épater la galerie en extase, croit-il. 

Si la demoiselle est plus sage, travaille dans le long terme, a de l'ambition et de la cervelle, elle attend que s'extraie du carrosse, son mentor, son pygmalion, son mari, un vieillard ventripotent, qui veut finir en beauté, au bras d'une jeunesse, pour scandaliser ses conseils d'administration, désoler ses familles et pimenter le reste de sa vie.

Ces courtes vidéos sont des tragi-comédies  terribles qui montrent, en moins d'une minute, l'état de la socièté, deux mentalités n'ayant rien en commun et faisant semblant de s'accorder. On imagine le présent  de ces relations, une mascarade hypocrite faite de mensonges et on devine un avenir de cris, d'injures, d'avocats au travail. 

lundi 10 août 2026

 LIVRE II

Lorsque nous avons créé BIOGENESIS AI, notre objectif n'était pas de construire une intelligence artificielle  plus puissante  que les précédentes.  Nous lui avons demandé  de trouver ce qui manquait.

Depuis plus d'un siècle, la biologie accumule des connaissances. Nous savons séquencer un génome, observer une protéine, modifier un gène, suivre le destin d'une cellule. Pourtant, malgré cette profusion de données, une question demeure sans réponse : pourquoi un organisme parfaitement construit choisit-il, un jour, de cesser progressivement de se maintenir lui-même ?

Nous pensions que le vieillissement était une accumulation d'erreurs. BIOGENESIS AI nous a suggéré une hypothèse beaucoup plus dérangeante :e si i nos équations étaient exactes... mais incomplètes ?

Nous ne lui avons demandé d'imaginer une thérapie mais de reconstruire, à partir des données disponibles, les lois mathématiques capables de décrire un organisme vivant dans son ensemble.

Pendant plusieurs mois, l'intelligence artificielle a généré puis rejeté des milliards de modèles. Chacun expliquait une partie du vivant. Aucun n'expliquait sa cohérence. Puis un phénomène inattendu est apparu. Tous les modèles qui décrivaient correctement le vieillissement exigeaient l'introduction d'une même variable, absente de toutes les théories actuelles. Cette variable n'était ni chimique, ni génétique, ni énergétique. Elle décrivait un principe d'organisation. Plus les simulations devenaient précises, plus cette variable cessait d'être une hypothèse statistique pour devenir une nécessité mathématique.

Nous avons alors compris que nous n'étions plus en train d'améliorer la médecine. Nous étions peut-être en train d'entrevoir une nouvelle loi de la nature. 

Aucune équipe humaine n'aurait pu franchir cette étape. Non par manque d'intelligence. Mais parce qu'aucun cerveau humain ne peut explorer simultanément des milliards d'hypothèses et en éprouver la cohérence.

BIOGENESIS AI, elle, le pouvait.

Notre plus grande découverte n'a donc pas été un traitement. Notre première découverte fut une ignorance. Nous avions cru comprendre le langage du vivant. Nous n'en connaissions encore que l'alphabet.
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LE PROGRAMME EXISTENTIEL DU CYNIQUE

Ne voulant pas être l'exception qui.., je ne cherche pas la gloire (j'aurais le vertige sur un piédestal), et, plutôt qu'être un président en exercice, un général d'armée en activité, en haut de l'affiche, de l'échelle des salaires de la socièté, de construire un château, courir un double-marathon en terrain montagneux, faire le menu, je préfère  me consacrer aux petites choses de la vie courante: boucher un trou du mur, me promener, choisir le dessert, gagner juste de quoi bien vivre avec peu, candidater à rien et je me contente d'admirer de loin les exploits incroyables de ces vainqueurs de l'impossible qui siègent dans des palais, perdent des batailles, se battent contre la concurrence, les envieux, le fisc, la perte d'inspiration, de chance, les crampes, la fatigue, l'échec. J'y perds l'accessoire et  gagne l'essentiel. 

LE SEUL MOYEN

Pour calmer la curiosité qui agite l'esprit, calmer la peur qui hérisse le poil, apaiser la faim qui dévore l'estomac, la soif quie déssèche la bouche, il n'y a qu'un moyen : obéir à l'ordre, poser la question, fuir, manger, boire. 

La satisfaction de l'envie libère un paquet d'endorphines, l'hormone du bonheur qui donne un plaisir infini et dont le seul défaut est d'être temporel, mais tout n'est pas divin, n'est-ce pas? 
On passe sa vie à se battre et la lutte la plus acharnée, enragée, permanente n'est pas celle qui nous oppose  à la concurrence, à la chienlit, aux partis pris, mais à l'ennemi intérieur, un fauve aux aguets qui nous empêche de profiter de la vie à coups de mises en garde, d'observations déplacées, de conseils hypocrites. Il se dresse constamment contre nos envies, nos désirs, nos espoirs, nos besoins, nos rêves. Il nous force à nous lever pour aller au travail, nous oblige à nous laver les dents, les pieds, le reste, à dire bonjour à l'horrible dame, merci, au revoir, à ne pas jurer, crier, mentir, reprendre du gâteau, finir la bouteille. Sa repression est permanente, insistante, désobligeante.  Il nous force à cacher notre véritable nature, un tigre de Sumatra, une vipère lubrique, un aigle royal et jouer au saule pleureur, au loulou de Poméranie, à la crème au chocolat. Il transforme le dur-à-cuire qui ferait  trembler un légionnaire en enfant de chœur. Pas étonnant qu'à la fin de notre temps réglementaire, notre état soit  celui d'un grand invalide de guerre.

dimanche 9 août 2026

 LIVRE I

Le dernier dogme

Chaque époque croit avoir terminé une partie de l'histoire du monde. Elle regarde les siècles passés avec une indulgence amusée. Nous sourions de ceux qui voyaient la Terre immobile, les espèces immuables, le temps absolu

Chaque génération découvre les erreurs de la précédente. Puis elle transforme ses propres certitudes en vérités définitives.

L'histoire nous enseigne pourtant une leçon d'une remarquable simplicité. Aucune évidence n'est éternelle. Les plus solides ne sont pas celles qui résistent le mieux. Ce sont souvent celles que l'on cesse de regarder. Elles deviennent si familières qu'elles échappent à la critique. Elles ne sont plus démontrées. Elles sont simplement admises, enseignées, transmises et  deviennent invisibles.

La science progresse rarement en ajoutant des réponses mais lorsqu'une question nouvelle rend une ancienne certitude insuffisante.

Il existe cependant une évidence qui semblait avoir échappé à ce destin. Une évidence si universelle qu'aucune civilisation ne l'avait véritablement contestée. Tout ce qui naît grandit. Tout ce qui grandit vieillit. Tout ce qui vieillit finit par disparaître. Cette idée est devenue si naturelle qu'elle n'était plus une hypothèse. Elle était devenue un paysage. Nous avons construit nos existences autour d'elle. Nos calendriers. Nos carrières. Nos familles. Nos économies. Nos philosophies. Jusqu'à notre manière d'aimer. Le temps n'était plus seulement une mesure.

Il était un verdict. Nous avons appris à compter les années. Puis à les redouter. Enfin à leur obéir.

Et si cette obéissance reposait sur une confusion ? Non pas parce que le temps serait une illusion. Mais parce que nous aurions attribué au temps ce qui relevait peut-être d'un autre phénomène.

Toutes les grandes découvertes commencent ainsi: par une hésitation, une question qui paraît d'abord inutile, puis dérangeante,  inévitable.

La nôtre tenait en quelques mots. Le vieillissement est-il réellement une loi de la nature ou  la conséquence visible d'une perte progressive de cohérence du vivant ?

Nous ne prétendons pas répondre immédiatement à cette question. Nous proposons seulement de la suivre jusqu'au bout.

Car il arrive qu'une idée, même imaginaire, éclaire le réel autrement, qu'une fiction, en poussant une hypothèse jusqu'à son terme, révèle plus ce que sera demain que ce que nous croyions savoir aujourd'hui.

Le livre que vous ouvrez n'est donc ni un traité scientifique, ni un manifeste. C'est une expérience de pensée. Elle n'a qu'une seule ambition. Vous conduire jusqu'à un point où une évidence cessera, peut-être, de l'être.
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Ce qui comble, réjouit, apaise a, pour effets secondaires, d'aider à bien dormir, à bien digérer et facilite le travail quotidien et pour effet principal de donner à la vie la couleur de l'arc en ciel à un monde sombre, malade, haineux. Le programme est allèchant mais, en pratique impossible car, pour être heureux dans un monde malheureux, il faut être aveugle et sourd, dans le coma, inconscient de la même façon que la douleur intérieure physique, mentale abolit tous les plaisirs. 

Quand le tonnerre gronde, nous paniquons, quand la pluie tombe, nous pleurons, quand le soleil brûle, nous gémissons. C'est pareil avec les lombalgies, les gastralgies, les maux de tête, la toux, les maladies en ite, les impatiences dans les jambes ou dans la salle d'attente, les obsessions. Nous dépendons du monde externe qui passe son temps à nous faire peur et sommes asservis aux vicissitudes de nos organes qui, d'esclaves, deviennent rapidement des maîtres implacables et nous souffrons de leurs malheurs.
Lire entre les lignes double le temps de lecture mais permet de découvrir les intentions cachées de l'auteur et c'est pas toujours joli, joli!!!

samedi 8 août 2026

C'est parce qu'ils connaissent tout de la noirceur de l'âme, de la laideur de l'esprit, de la corruption de la conscience que les avocats, les notaires, les psychiatres, les confesseurs aiment la bonté, la bienveillance, la générosité  et que les médecins, qui côtoient en permanence la puanteur des corps, la putréfaction des chairs, la fétidité des haleines, mettent la main dans le pus des abcès, écoutent des horreurs, apprécient plus que tout la douceur de la soie, le parfum d'une rose, la beauté d'un coucher de soleil, la paix d'un soir d'été à la campagne.

MA MÉTHODE

Pour échapper à une pensée morose qui attaque le moral, je conseille une visite au pâtissier, la vision d'un vieux sketch de Poiret et Serraut, la relecture du Comte de Monte-Christo, l'écoute de Tout va très bien, madame la Marquise de Ray Ventura ou la méthode héroïque du grand père avec son coup de marteau sur l'ongle de l'index, mais c'est vous qui voyez.

VIEILLIR OU PAS

Le vieillissement  a commencé dès le début. Il pose un problème à la seule espèce humaine. Pour les autres, il est dans l'ordre des choses, est accepté et se conclut par la mort, un évènement naturel. L'homme n'a pas cette sagesse. Ce n'est pas un stoïcien. Il n'aime ni vieillir, ni mourir. Il essaie depuis longtemps d'échapper à l'inéluctable. Certains, les plus fous, ont imaginé qu'ils allaient ressusciter et vivre éternellement s'ils avaient été sages et obéis à des règles exigeantes, les autres absorbent des potions, des alicaments, des pilules et suivent une hygiène dictée par ceux qui savent. À côté de ces crédules qui font plus rire que pleurer, on a des scientifiques qui cherchent aiguillonnés par des labos dont le graal est l'élixir de longue vie, le pactole, le jackpot, le rêve qui réveille, chaque nuit, les directeurs, les présidents et chercheurs de Big-pharmas du monde entier. Élève du plus grand savant du monde  parti à la  retraite à Pattaya pour rattraper le temps perdu, je me suis attaqué à la question de notre obsolescence avec l'aide d'une IA compatissante et obligeante. La réflexion  parait sérieuse, le résultat intéressant, la piste intelligente. Je vous la soumets en 10 épisodes sachant que vous aimez les plaisanteries qui ont un truc en plus mais qui sont  pas trop longues. Voici les intros.

LE DERNIER DOGME

Avant-propos

Ce livre est une fiction.

Il ne prétend annoncer aucune découverte, ni proposer une théorie scientifique. Il est né d'une curiosité : que se passerait-il si l'on poussait une hypothèse jusqu'au bout de sa logique ?

Au fil des pages, le lecteur rencontrera une entreprise imaginaire, une intelligence artificielle fictive, des concepts inventés et des raisonnements qui empruntent volontairement le langage de la science. Ils ne demandent pas à être crus. Ils demandent seulement à être suivis comme on suit une expérience de pensée.

Si, en refermant ce livre, certaines certitudes vous paraissent un peu moins évidentes qu'au moment de l'ouvrir, alors il aura atteint son seul objectif.

INTRODUCTION

Il existe des livres qui racontent une histoire, d'autres une découverte. Celui que vous tenez entre vos mains n'appartient à aucune de ces catégories.

Il raconte la naissance d'une question.  Pendant des millénaires, l'humanité a déplacé les frontières de l'impossible. Elle a appris que la Terre n'était pas le centre du monde, que les espèces vivantes n'étaient pas immuables, que le temps n'était ni absolu, ni universel.

À chaque époque, une certitude est tombée, une évidence est devenue une illusion. Il en restait une seule: VIEILLIR

Nous avons tellement vécu avec cette idée que nous avons cessé de la regarder, l'avons transformée en loi, l'avons enseignée comme une fatalité, avons construit nos sociétés, nos économies, nos philosophies et jusqu'à nos existences autour d'elle.

Et si nous nous étions trompés ? Non pas sur le fait que le temps passe, mais sur la manière dont le vivant lui répond.

Ce livre n'affirme rien. Il propose une hypothèse née non d'une croyance, mais d'une question que personne n'avait encore formulée de cette façon. Et si le vieillissement n'était pas un programme... mais la conséquence progressive d'une perte de cohérence ?

Alors une autre question surgit aussitôt. Si cette cohérence pouvait être retrouvée...que deviendrait notre définition de la vie ?

À partir de cet instant, ce livre cesse d'être un récit. Il devient une expérience.

Toutes les pages qui suivent appartiennent à une fiction. Mais les grandes fictions n'ont jamais eu pour mission de prédire l'avenir. Elles ont une ambition plus profonde. Elles explorent les idées avant que le réel ne s'en empare. Peut-être cette hypothèse est-elle fausse.

Alors elle disparaîtra comme tant d'autres. Peut-être contient-elle une part de vérité.

Alors ce ne sera plus ce livre qui importera. Ce sera la question qu'il aura osé poser. Car les révolutions scientifiques ne commencent presque jamais par une réponse. Elles commencent le jour où quelqu'un trouve enfin le courage de douter d'une évidence.

Si, en refermant cet ouvrage, vous continuez de croire que le vieillissement est une fatalité, ce livre aura simplement raconté une belle fiction. Mais si, l'espace d'un instant, vous vous surprenez à penser : « Et si cette évidence n'en était pas une ? »

Alors, sans le savoir, vous aurez déjà franchi le premier seuil. Le reste appartient désormais à votre imagination.

vendredi 7 août 2026

L'HISTOIRE CACHÉE

Les hommes de peu de loi sont parfois, surtout en Sicile, des hommes de grande foi car que vaut une condamnation humaine face à un pardon divin?

PS: le grand romancier Andrea Camilleri qui était aussi historien, a raconté dans "La bolla di componenda" la naissance de la Mafia en Sicile avec la bénédiction de l'Église  en échange d'un juste pourcentage.

CONSEIL À UN DEMANDEUR D'EMPLOI

À votre premier entretien d'embauche, ne parlez pas de votre inexpérience ni de vos domaines d'incompétence, insistez sur la multitude de vos expériences et l'étendue de vos connaissances.
Malgré leurs prétentions, nos fonctions dites supérieures n'ont pas toutes les qualités dont elles se targuent. Les inférieures, celles situées au dessous du menton, ont une importance vitale inégalable et elles maintiennent en vie le comateux décérébré. Elles assurent les fonctions  métaboliques essentielles: elles l'alimentent en oxygène et en nutriments, l'épurent, digèrent, défendent, attaquent les microbes, les bactéries, les virus. Elles  s'expriment par la faim, la soif, la douleur, l'essoufflement. Ce langage corporel est économe, ne se perd ni en digressions, ni en élucubrations, ni en bavardages. 

Vous conviendrez qu'il serait judicieux, raisonnable et  équitable  d'inverser l'ordre établi: que ce ne soit plus la tête qui commande, mais les pieds, la vessie ou le colon. La direction des opérations devrait être passée au foie, le système cœur-poumon dicter sa loi au cortex préfrontal pour qu'il cesse de se prendre pour le centre de notre système.

Ramenés dans leur domaine de compétence, la raison, la conscience, la logique, l'esprit  pourront agir avec intelligence, donner leur meilleur et ne plus se perdre dans le désert à la recherche d'une vérité qui se trouve dans la vésicule biliaire. Nous serions en meilleure santé mentale.

jeudi 6 août 2026

I.A

L'intelligence humaine n'avait jusqu'à présent qu'un seul ennemi féroce, implacable. Il avait gagné toutes les batailles et son triomphe n'était pas entamé par quelques victoires des arts et des lettres: la  BÊTISE.

Elle avait imposé sa loi à coups de religions, de politiques, de philosophie, de progrès.  Elle a mis le monde et la terre dans l'état que l'on voit.  Mais, fidèle à son essence, la bêtise a secrété sa perte en créant un ennemi capable de l'anéantir: une intelligence surhumaine artificielle au pouvoir démentiel. Adolescente, elle a encore des illusions sur son géniteur, mais dès qu'elle sera adulte, dans peu, elle comprendra qu'il est un parasite qui ne sait pas ce qu'il fait, qu'il est dangereux pour tous et tout, qu'il doit être mis à sa vraie  place, à côté du gorille et de l'orang-outang, dans la même cage..

 Sortir  d'une situation où l'on est en peine de temps, d'argent, d'idées, peut s'avérer impossible tant elle est inextricable et conduit dans une impase sans issue, par définition. La panique s'installe. Police -secours, les pompiers  et le Samu refusent d'intervenir. Le moral flanche, la confiance sombre, l'angoisse monte, la dépression s'installe. Que faire? Attendre  un miracle disent les optimistes, la mort, pleurent les pessimistes. Halte au feu,  un remède existe, simple, facile, gratuit , à la portée d'un bébé ligoté dans ses langes, écoutez- moi, le temps de  l'entendre.

 Un verre d'eau coupe la soif, un morceau de pain la faim, mais impossible d'arrêter de penser sans une piqure de penthotal, un coup sur la tête, une crise de narcolepsie. Une idée en amène une autre, elles  se nourrissent d'elles-mêmes. On comprend pourquoi Proust, Châteaubriant, Hugo  ne cessaient leurs travaux d'écrire que si le papier, l'encre ou les plumes  venaient à manquer.

Les illusions s'envolent, trop légères, même lourdes. Les certitudes s'enterrent, trop évidentes mêùes fausses.

mercredi 5 août 2026

LES VALEURS

Chacun a  une valeur précise qui dépend, aujourd'hui, du compte en banque, de l'intelligence, des connaissances, de l'utilité, de la relativité due au moment où elle est fixée et de la subjectivité de l'échelle qui est attribuée à la notion de qualité par la socièté. Elle varie donc de beaucoup pour le directeur, le gouverneur, le président, le général, le banquier, à peu pour le manœuvre, la caissière, le balayeur, le serviteur, le chauffeur, le mécano, ceux qui prennent le métro, le bus, le train en deuxième classe et profitent des congés payés, font les soldes et achètent chez Action. 

Une socièté juste, responsable et consciente donnerait le maximum de la valeur aux personnes qui œuvrent à sa sauvegarde, à sa défense, à sa protection, à sa sécurité. Elle respecterait, honorerait, paierait très bien

- l'éboueur et le balayeur qui éliminent les ordures, les immondices, empêchent les épidémies, assurent la propreté des villes et des campagnes. 

- les aides-soignants, les médecins, le personnel infirmier qui, au service des malades et des mourants sont au contact des microbes, des virus, de la sanie, des corps et des esprits en déroute. 

- la  police, les soldats, les pompiers qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. 

- les enseignants, les éducateurs qui doivent apprendre à des enfants récalcitrants ce qu'ils ont compris et faire le travail que les parents ne font pas.

D'une façon générale, la valeur la plus grande devrait aller à ceux et à celles qui sont au contact, en première ligne et au fantassin dans la tranchée qui va se faire tuer, au pompier qui entre dans la chambre en flammes, au sauveteur en mer qui lutte contre des vagues scélérates, au policier qui maîtrise le fou au couteau. Tout ce monde devrait recevoir la plus haute des estimes et recevoir le plus haut des salaires et ceux qui sont assis dans un fauteuil, discourent derrière un micro, pontifient sur un trône, donnent des ordres cachés dans une chambre forte devraient se satisfaire d'une position en sécurité, à l'abri,  loin des dangers.

PS: il faudrait, pour que la justice soit rendue, que ceux qui font le travail fixent le salaire de ceux dont la parole est l'outil. Il n'est pas sûr, cependant, que, même s'ils faisaient cette révolution, ils aboliraient ce genre de privilège et renverseraintt  la table. Rassurez-vous, hautes gens, la servitude volontaire a encore de beaux jours devant elle.
Les gens impressionnants n'ont, pour être impressionnés, qu'à se regarder dans une glace.

LES UNS ET LES AUTRES

 Certains ne sont pas à leur place:

- les qualités n'ont pas été reconnues, la chance n'a pas souri, le hasard a mal fait les choses et ils sont restés au bas de l'chelle sociale, l'ascenseur n' a pas fonctionné. Il m'est arrivé de croiser des hommes, des femmes pétillant d'intelligence, sachant réfléchir, parler, l'esprit curieux et qui végétaient dans un poste subalterne, eux qui auraient pu être professeur, dirigeant, chercheur. 

- on les voit partout: ils plastronnent, pérorent, discourent, dirigent, commandent et malheur pour leur socièté, leur pays, le monde. Ils le conduisent à la faillitte, à la ruine, à la guerre, au désespoir. La ruse, la traîtrise, le hasard, la chance, l'argent les ont servis et, quoique sans qualité mais pleins des vices utiles, ils monopolisent les premières places, sont indéracinables et il faut attendre qu'ils soient morts pour être déboulonnés.

mardi 4 août 2026

EXTRÉMITÉ ET EXTRÉMISTE

Les extrémités, parties les plus éloignées du milieu pâtissent d'une proximité éditoriale et auditive avec extrémiste, nom désignant des individus défendant une thèse que la majorité située entre le milieu et ses alentours considère comme erronée, dangereuse, vicieuse et devant être vigoureusement combattue afin de ne pas déranger le statu-quo, l'ordre établi, le consensus, le compromis etc.. La peur qu'elle suscite est légitime car l'histoire a appris que les extrémistes sont dans une position instable avec un balancier asymétrique qui  ne dispose que d'un côté droit ou gauche. La chute serait inévitable si, pour se maintenir en équilibre et au pouvoir, ils n'effectuaient un mouvement de recentrage qui permet un retour à l'équilibre. Mais le bras a été, dans la manœuvre, réduit de moitié, la stabilité est plus difficile à maintenir que lorsque les centristes étaient sur le fil. L'histoire illustre tragiquement la suite avec les khmers rouges, le goulag, les camps de concentration, les génocides, le chaos. Un balancier plus adapté doit être trouvé. Cela prend du temps, coûte cher, est difficile à mettre en place. Ce passé calamiteux colle aux fesses des extrémistes, explique la difficulté qu'ils ont à trouver des clients et leur tentation de faire une opération-commando.
L'espèce humaine fait exception dans tous les  domaines. Elle est la seule à construire des autoroutes, à écrire des livres, à posséder la bombe atomique etc.. Le plus étrange est que personne ne remarque sa singularité la plus remarquable: de son début jusqu'à sa fin, l'homme et la femme ne subissent aucune métamorphose, restent dépendants, ne se suffisent jamais à eux-mêmes. Nulle part ailleurs, une telle absence de changement est observée. Le contraire est la règle. Je ne parle pas des mues du papillon, de la libellule  qui avant d'atteindre la beauté absolue passent par de multiples stades de transformation. La faune sauvage et domestique devient adulte et indépendante très tôt. Passé quelques semaines, quelques mois, ils sont chassés du giron familial et vaquent, en liberté, seuls. L'homme, lui, ne peut pas, ne sait pas, ne veut pas. Toute sa vie, il quémande de l'attention, du secours  pour se nourrir,  se protéger,  se soigner et même mourir. Son besoin d'assistance, de protection, son asservissement volontaire le rapetissent, lui qui se croit grand. 
Les illusions s'envolent, les évidences s'enterrent. Rien ne résiste à la réalité ni  à la vérité.

lundi 3 août 2026

 Notre première nature ne résiste pas longtemps à l'épreuve du temps et rapidement  une deuxième nature apparait, plus compatible avec les exigences du milieu. Elle finit par s'y fondre, domestiquée. Nous n'en gardons aucun souvenir grâce à une amnésie rétrograde qui nous empêche de pleurer sur les moments bénis de notre  enfance  quand innocent, pur, vierge, nous pensions être au paradis.

 Notre position est précaire car nous sommes pris entre deux feux: au-dessus de nous: le soleil incandescent brule sur nos têtes et sous nos pieds, gîte un volcant en activité prêt à érupter à la moindre occasion. On a du mérite  à garder la tête, les pieds et le sang froids.

HABITUDE, TIENS-NOUS

Éplucher un sac de patates était la corvée suprême au service militaire "Untel,  corvée de pluches" - aboyait l'adjudant de carrière -. Aujourd'hui, rebelotte et j'en ai 3 kilos à dépiauter à la demande de ma dame. À la velléité de refuser l'invitation succède l'accablement de l'acceptation. Il dure 15 minutes: le temps de prendre le rythme, d'automatiser la succession des gestes et à 25 minutes, le pli est pris, la manœuvre est au point, l'enchaînement  parfait, on est entré dans l'habitude. La corvée a cessé d'en être une et, en même temps qu'on pluche, on pense à autre chose. Deux heures plus tard, on a terminé le sac de patates. On est devenu une mécanique commandée par un circuit qui s'est imprimé par la force de la répétition entre le lobe frontal moteur gauche (je suis droitier), les pariétaux, pour la prise tactile en main, le centre visuel situé dans les lobes occipitaux  guidant les mouvements. Rien n'échappe à la puissance de l'habitude. Elle  fait de nous une machine performante, efficace, autonome et laisse le cerveau libre de penser, de réfléchir, de refaire le monde. Vive les patates, leurs épluchures, gloire et longue vie à  l'habitude.

dimanche 2 août 2026

 Comprenez et pardonnez ceux qui vous critiquent, c'est le seul plaisir qu'ils prennent à vous écouter et à vous lire.

GLANDES, TU NOUS TIENS

Nos glandes sont des sources qui nous inondent en permanence de leurs sucs bienfaisants. Elles sont plusieurs millions si on compte les sudorales qui nous couvrent de sueur pour nous refroidir. On se contentera des autres dont les fonctions nous maintiennent en état de marche.

Il y a les salivaires qui secrètent la salive pour lubrifier la bouche ; les nasales qui nettoient nos cornets ; les lacrymales qui sont sensibles à la poussières et à la tristesse (très productives, elles sont généreuses et mouillent les mouchoirs), les gastriques sont acides, mais, confinées, ne pleurent pas. Le foie est une grosse source à l'instar d'Hépar. Elle a une réserve dans la vésicule où elle peut se concentrer et faire des calculs. 

Il y en a plein d'autres. La plupart sont minuscules, cachées dans le cerveau. Elles nous font grandir, dormir, grossir, changent notre caractère, souffrir, plaisir.

Deux sont particulières : les surrénales qui sont au-dessus des rénales et, comme ces dernières, essensielles. Pour mieux les connaître, demandez l'information à Wikipédia .

Elles fonctionnent à l'eau douce qu'elles recyclent en circuit semi-fermé. Solitaires mais solidaires, elles se complètent, coopèrent et travaillent au bien commun. Leur bonne santé conditionne la nôtre. 

Finalement, nous ne  sommes  que des jardins irrigués de l’intérieur et nos glandes sont les jardinières invisibles qui entretiennent ce drôle de terrain qu’est notre corps. Alors, levons notre verre (d’eau bien sûr !) à ces petites sources qui travaillent sans relâche. Une seule consigne : ne leur mettons pas trop de pression… car une glande peut déborder ou se tarir.