Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


jeudi 2 juillet 2026

Les gens du sud qui ont le sang chaud n'aiment pas l'humour glacial qu'aiment les gens du nord qui ont le sang froid.

UNE NOUVELLE INTERROGATION

Ne devrait-on pas oublier le passé pour ne plus être prisonnier de son exemple et reproduire in aeternam ses erreurs?  Nous vivons, en effet, depuis toujours, dans les guerres qui n'ont jamais cessé depuis celle du feu, il y a 80.000 ans, dans le Paléolithique. Une amnésie sélective historique nous éviterait cet éternel retour. Notre présent ainsi débarrassé de ce détestable héritage n'aurait aucun désir mimétique et, son porte-feuille de mauvaises actions vide, nous pourrions vivre paisiblement, en butte seulement à nos problèmes digestifs et domestiques.

La précaution a deux ennemis: le manque et l'excès. Pour qu'elle ne soit pas sa propre victime elle n'a d'autre choix que de choisir entre trop et pas assez. J'ai cherché l'adverbe qui correspondait à la moyenne mais ne l'ai pas encore trouvé: "suffisamment "est vague, "pas assez" flou. On me propose "adéquatement". J'adopte en attendant mieux mais c'est vous qui déciderez.

FOI ET FOIE

On naît avec un bon foie et l'on a intérêt à le garder en bonne santé en évitant l'excès d'alcool pour lui épargner la cirrhose, le trop de gras pour prévenir la stéatose, les virus en se vaccinant contre les hépatites. Si, malgré toutesces précautions, il rend l'âme, son remplacement standard est possible dés lors qu'une occasion est disponible. 

L'analogie phonétique qui lie la foi au foie pourrait inciter un esprit malicieux à établir une correspondance spirituelle entre les deux entités qui se partagent le même espace corporel. Nous ne tomberons pas dans ce piège grossier habitué que nous sommes à ne pas mélanger les torchons et les serviettes, comme me l'a appris un ami philosophe à qui j'apprenais à distinguer le vrai du faux.

Alors que le foie nous est donné et participe à notre état organique, la foi est acquise par imprégnation, imitation, éducation, toutes ces acquisitions l'étant de gré ou de force si vous avez été éduqué dans un collège tenu par les jésuites, les frères quatre bras, les maristes, tous n'étant pas des enfants de choeur, si vous voyez ce que je veux dire.

Au terme de ces années de mise en demeure, la foi peut être installée fermement et vous aurez, pour la vie, une foi de charbonnier, indéracinable. Mais, si vous avez hérité d'un esprit rebelle, porté sur la critique et pas sur les idées reçues d'un tiers, votre foi va subir une mise à l'épreuve et peut passer de vie à trépas. 

À cet instant de notre propos, la glande endocrine et exocrine dont nous parlions dans l'introduction s'invite dans la conversation car il y a une convergence, certes tirée par les capillaire; mais non dénuée de pertinence, une qualité que nous revendiquons avec discrétion mais fermeté.

Nous avons évoqué les ennemis du foie et la nécéssité de les éliminer pour ne pas succomber à leurs guerres intestines, la foi doit, elle, aussi livrer des combats pour garder sa santé en odeur de sainteté.

Le croyant en possession d'une bonne foi est un bienheureux, la version premium de l'heureux courant. Il est rempli de certitudes concernant son appartenance à une communauté où tout est extraordinaire: origines, pères fondateurs, histoire, passage des siècles, évolution, transformations, adaptations, péripéties, résilience. Il sait d'où il vient, qui il est, où il ira.

Son seul devoir est un devoir d'obéissance aux commandements, aux préceptes, aux canons, à la discipline interne et de respect envers les dirigeants en les appelant par leurs grades: monsieur l'abbé, monsieur le curé, monseigneur, Très Saint Père.

 Le sacrifice est modéré. La situation est régulièrement apurée par un blanchiment du casier judicière avec effacement des crimes et délits après confession, contrition et pénitences subséquentes modérées autorisant la récidive. La récompense in fine par une étrnité au paradis achève de convaincre ou convertit les plus opposés.

 Pour garder cette foi en bonne santé, deux  impératifs. Le premier exige de la tenir éloignée de son ennemi principal: le doute avec l'insinuation dans l'esprit que la mariée serait trop belle mais leurs directeurs de conscience sont habitués à neutraliser ce genre de poison lent. Le deuxième vient de l'extérieur, diligenté par le diable lui-même. Suppôts de Satan, des soi-disants amis brandissent leur athéisme comme une preuve de sagesse et de raison. Ils chercheront à faire tomber les heureux croyants dans leur matérialisme dégoûtant, leur scepticisme dégradant, leur misère spirituelle effroyable. Ils essayeront de vous faire lire Voltaire, Diderot, l'horrible curé Mesliert, Richard Dawkins, Christopher Hitchen  et un tas d'autres,  tous de mauvaise foi.

Le foie est un organe de grande qualité qui ne veut que notre bien et a une seule exigence: ne rien lui faire de mal. Il survit à beaucoup mais pas à tout et un fois mort, nous emporte avec lui. 

La foi en Dieu a le même potentiel et les mêmes exigences. Elle n'est, au fond, qu'un succédané qui remplace, chez l'homme, la foi qu'il aurait pu avoir en lui-même si la nature l'avait fait meilleur et digne d'admiration. En déportant sa foi sur une entité dotée de tout ce qu'il n'a pas et ne veut pas avoir, il se libère d'une responsabilité et se donne ainsi les moyens de prospérer dans le vice, et d'échapper à la punition par une pirouette ultime ou progressive.

Pourtant, malgré toutes leurs différences, ces deux presque homonymes finissent par se réconcilier sur leur lit de mort dans la douleur. Le foie s'éteint dans le coma hépatique qui n'a rien d'une sinécure et la foi expire dans le regret d'avoir conssacré tant de temps à honorer un vide rempli de néant. L'un laisse un cadavre, l'autre une cicatrice que le retour à la réalité finit par effacer.

mercredi 1 juillet 2026

DE TOUT UN PEU

L'ennui est un mauvais aide à la mort: il fait perdre du temps, de l'argent, de la patience.
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Prendre de la hauteur plutôt que du recul est plus sûre, à moins d'avoir des yeux dans le dos.
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En arrivant en retard chez le médecin, vous diminuez le temps d'attente.

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Si le plaisir de partir n'était pas accompagné de la peur de l'inconnu, des aléas du voyage et du risque de déconfiture, il serait sans partage.
Tous les visages sont des œuvres d'art uniques qui, en plus d'être vivantes, ont le privilège d'évoluer au fil du temps, de prendre de plus en plus de caractère. Son maximum de beauté est atteint vers la soixantaine quand, sculptés par le temps, burinés par les épreuves, ils expriment leur quintescence. Plus tard, la matière première se dégrade, les retouches accélèrent le désastre et le résultat finit par ne plus ressembler au modèle. C'est ce que l'on appelle le naufrage de la vieillesse. La peau n'a pas la résistance d'une toile. Elle perd sa texture, sa couleur et finit par ressembler aux croûtes que l'on retouve au fond de la panetière. 
Quand vous vous surprenez à ne penser à rien, plutôt que de laisser votre esprit battre la campagne au risque de se perdre en route, je vous conseille de l'orienter en direction d'une réflexion constructive apte à des développements intéressants. Vos synapses ainsi sollicitées seront obligées de se reconnecter, de reprendre le travail et ne prendront pas des habitudes qui font tomber dans un trou d'où l'on ne revient pas. 

Certains vous conseilleront de penser à ce que vous allez faire durant la journée afin de ne rien oublier. C'est louable, jouable mais un peu court, jeune homme, et, à sa place, j'aurais proposé un programme plus ambitieux, à la mesure d'une vie qui a besoin de sortir de l'ordinaire. Plutôt que de lister les tâches quotidiennes coutumières: se lever, se doucher, s'habiller, petit déjeuner, se laver les dents ou le dentier, promener le chat, rentrer les poubelles, etc.. je vous suggère d'élargir le champ de votre future activité potentielle à tout ce que vous ne ferez jamais. Vous embrassez l'infini et votre esprit quitte votre ennui quotidien pour les espaces du rêve. Vous pourriez ainsi envisager pour la suite de votre journée:

- de commencer l'écriture d'un roman, une suite à Guerre et paix par exemple si vous gardez un souvenir du film,

- peindre un tableau en suivant votre impression, devenant ainsi un néo-impressionniste, 

- d'étudier le solfège, vous mettre au piano, remporter le concours Marguerite Long, donner un  récital façon Rubinstein, à la Philarmonique,

- vous mettre à investir en Bourse avec succès, battre Buffet et finir la semaine en étant l'homme le plus riche du monde, 

- imaginer ce que vous feriez si vous étiez élu président de la République ou maire du village,

- transformer un mauvais souvenir en bon et voyez les changements qui s'en suivent.

Naviguer dans une vie devenue une fiction le temps que l'on veut  permet à l'esprit de s'ébattre en liberté, délivré du poids des contraintes, de décoller etr de voguer à son gré, en gardant le contrôle de la situation  pour éviter les déceptions qui nous feraient retomber dans notre vie quotidienne, celle où l'on a les pieds sur terre.
Où sont passés tous ces gens admirables de sagesse et de raison qui de leur temps n'ont pas su et pu empêcher l'arrivée au pouvoir de fous sanguinaires et les guerres, les crises, les carnages, les génocides: ils sont dans les cimetières avec leurs idées et leur impuissance. 

Que font tous nos intellectuels, ces penseurs, ces gens admirables de sagesse et de raison qui occupent les médias de leurs présence et dont les voix retentissent dans le silence qui ponctue le bruit que font les guerres, les génocides, les tueries qu'organisent les fous qui ont le pouvoir pour les empêcher de continuer?