Le rapport à l'autre va de la haine, à l'antipathie, à l'indifférence, à l'intérêt, à la sympathie, à l'affection, à l'amitié, à l'amour, à la passion. Les sentiments les plus puissants sont aux deux extrémités et on peut les placer sur une parabole inversée, l'indifférence marquant le niveau 0 de l'ordonnée. La haine et l'amour ont un rapport étrange et dangereux et il est facile de passer du premier au deuxième et le passage se fait sans esprit de retour.
La haine et l'amour naissent de sentiments opposés avec d'un côté la blessure venue d'une trahison, d'une humiliation, d'une frustration, de l'envie jalouse, de l'autre l'amour né de la sensation de sécurité, de confiance que donne la conviction de se sentir apprécié, désiré. L'esprit est envahi soit par des sentiments qui suscitent de la colère, soit l'âme est remplie de plaisir, de reconnaissance, du bonheur d'être considéré comme une personne digne d'admiration. L'amour fait accéder à un état de presque sidération qui durera autant que les raisons de hair ne seront pas apparues, effaçant d'un coup de balai les raisons qui l'avaient fait naître.
La violence de ces sentiments n'est pas équivalent. L'amour met de temps à s'installer. Il lui faut des preuves. Il est plus facile à simuler. Il peut être intéressé (combien d'amours feintes pour ne pas coiffer sainte Catherine?). La haine, elle, est explosive, ne se cache pas. Elle aime se montrer et les femmes excellent dans l'exercice. Elles mobilisent les juges et les médias plus que les hommes. Cet éclat est proportionnel à la hauteur de l'estime de l'autre: plus il était ou elle était montée haut plus dure sera la chute.
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