Connais-toi toi-même, Socrate nous l'ordonne. Se mesurer, se juger, se jauger, en un verbe, s'évaluer est difficile. Quelles sont les questions à se poser, la tactique, la technique?
Le quotient intellectuel règle le problème de l'intelligence. On sait qu'elle est l'inverse de la distance qui sépare le résultat de 100. Au dessous, on est de plus en plus idiot, au-dessus, de plus en plus intelligent.
Connaître son niveau en mathématiques, histoire, géographie, anglais, physique chimie etc... est facile. Il suffit de répondre aux questions dans ces matières qui sont posées depuis les premières classes jusqu'à l'agrégation. On sait très vite si on est un cancre, bon en maths, fort en anglais, nul en chimie ou l'égal d'un Nobel de médecine.
Mais il ne s'intéressait pas à nos ignorances dans ce genre de matières. Elles ne signent pas la qualité humaine. On peut maîtriser les nombres irrationnels et être un ignoble individu. La grande question est de savoir où l'on se situe sur l'échelle de l'humanité: en bas, au niveau du salaud intégral ou en haut, de plein pied avec l'homme honnête. Pour lever cette inconnue, avoir un critère objectif et le cœur net sur sa valeur intrinsèque, ne plus se faire des illusions et, orgueilleux, se croire supérieur ou, modeste, inférieur, j'ai mis au point des quotients qui étalonnent et renseignent sur l'état de nos lieux vis-à-vis de ces critères. Les uns sont positifs, les autres négatifs à l'instar des vices et des vertus dont la qualité exprimée en pourcentage varie selon la personnalité. Nous aurons donc à quantifier.
- l'esprit de curiosité, la tolérance, la prudence, la générosité, la bienveillance, la modestie, le courage, la gourmandise, l'amour du bien, du bon, du beau, de la justice de la vérité, de la nature.
- par déduction et en opposition, il sera facile de graduer l'opposé et de connaître les degrés d'indifférence, d'intolérance, d'imprudence, d'égoïsme, de méchanceté, d'orgueil, de lâcheté, de frugalité, l'amour du mal, du mauvais, du laid, de l'injustice, du mensonge.
En pratique, la méthode utilisée pour quantifier la douleur de 1 à 10 sera utilisée et on se demande le chiffre qu'on a retenu (les défauts afférents reçoivent la valeur restante).
Suis-je curieux, tolérant, prudent, généreux, bienveillant, modeste, courageux, gourmand, amoureux du bien, etc.. ? On se note et, pas de surprise, à moins d'être l'exception, le score fait de nous un saint en instance de béatification. Mais on sait très bien qu'on a menti, que l'on a plein de défauts qui écornent nos qualités. On vient de se prouver qu'on est un menteur. Cette réflexion réflexe impose une deuxième étape à l'auto-évaluation, celle de la critique. Au fond de soi, on connaît la vérité, on sait que l'on a triché. Il suffit de se demander des preuves: combien de fois ai-je été courageux, bienveillant, tolérant, aimable, modeste, généreux dans les 6 derniers mois? On mesure ainsi l'écart entre soi et l'image que l'on se donne. La mauvaise foi fait son entrée dans le tableau et la reconnaître anéantit l'illusion que l'on s'était forgé pour réussir à se supporter.
Cet exercice d'auto-analyse est méritoire et accessible seulement aux âmes fortes à la Giono. Il faut en comprendre l'utilité, en accepter les conclusions et éventuellement mettre en œuvre les corrections. Elle apprend à douter, à mieux exploiter la pensée et, en plus d'obéir à Socrate, de se sentir un disciple de Descartes.
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