Les forces qui poussent au travail sont puissantes, persuasives, bien organisées. Elles font miroiter des gains d'argent, les remerciements des commerçants, l'admiration du banquier, la jalousie des amis. Elles sont instrumentées par ceux qui vivent du travail. Ils se cachent dans des bureaux, se rassemblent dans des conseils d'administration et dirigent le gouvernement.
Les forces contraires qui incitent aux rêves, au farniente, à rester chez soi, à batifoler sont combattues férocement avec des calomnies, la création d'une mauvaise réputation par l'utilisation d'un vocabulaire dégradant: feignant, fainéant, flemmard, cossard, cancre. S'il n'y avait que des paresseux et pas de travailleurs, tous ces riches messieurs et dames seraient pauvres et réduits à la mendicité. Ils ont donc déifié le travail et diabolisé le non-travail.
La supériorité de ce dernier, si on se donne la peine (légère) de l'examiner objectivement, est évidente tant elle a des qualités inconnues du travail: bilan carbone neutre (la faible quantité de CO2 émise par la respiration pulmonaire au repos est captée par uns simple plante d'appartement), suppression des accidents et maladies liés à la profession, disparition de la pollution provoquée par la production, respect de la nature par la disparition de l'agriculture faute d'agriculteurs occupés à ne rien faire de mal.
Le temps ainsi libéré sera consacré à des activités n'affectant ni les muscles ni les articulations d'une façon délétère. Il sera passé à lire, écrire, rêver, dormir, faire ou écouter de la musique, peindre, se prélasser, converser, philosopher, résoudre des problèmes mathématiques, jouer aux dames, échecs, go, cartes, petits chevaux, morpion etc...
En désobéissant à l'état profond qui condamne au travail pour le bien personnel d'une oligarchie aidée d'une nomenklatura et en obéissant à l'ordre interne qui veut notre bonheur, on accède à l'ataraxie, à l'eudémonia, un état de paix suspendue. Ainsi soit-il...
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