Soyons, jusqu'à la fin de ce paraphe, patients, tolérants, compatissants avec nous-mêmes, acceptons d'être imparfaits, de commettre des erreurs, des péchés, pardonnons-nous sans pénitence, supportons nos négligences, nos insuffisances, nos lâchetés, nos mensonges. Nous sommes comme cela pour nous conformer à notre idiosyncrasie, par obéissance à notre caractère, fidèles à notre personnalité. Nos quelques vertus et tous nos vices sont de leur responsabilité. Ce sont eux les coupables. Nuançons cependant, leur médiocrité ne vient, en réalité pas d'eux, le responsable est ailleurs, extérieur, lointain, inaccessible, un salaud intégrale. De son Olympe, il a, pour ne pas salir ses orteils divins, délégué le soin - il est aussi sadique - de nous pourrir la vie à de pauvres parents qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient en sous-traitant l'éducation à des ignorants indifférents eux-mêmes handicapés par un formatage de la même médiocrité. Le potentiel était - avant-même la conception - limité par la volonté de ne pas créer de la concurrence au créateur de toutes les choses. Pour nous priver de toutes les libertés, il nous enchaînés à une entité organique sophistiquée pleine de besoins, d'envies. Ce monstre doté d'une volonté de profiter du créneau de vie qu'on lui offrait nous retient prisonniers. Son fond de bestialité caché sous des prétentions philosophiques, idéologiques inspirées par une imagination tapageuse, une hypocrisie profonde est à la base de ses décisions. Nous en sommes les premières victimes et notre proximité démultiplie l'outrage. Personnellement, je suis mortifié chaque fois que, par sa faute, je me conduis comme un imbécile, tiens des propos désobligeants, me livre à des activités que je devrais éviter pour ma santé, mon équilibre moral et le bien de la société (exemple: quand je brûle un feu jaune, ne respecte pas un 30 à l'heure ou me permets une réflexion grivoise).
Ces quelques lignes m'ont convaincu que le mal n'était pas irrémédiable, que cet enchaînement diabolique de causes et d'effets pouvait et donc devait être interrompu. L'origine du mal étant identifié, il fallait maintenant opérer et s'en débarrasser. La première et décisive étape est une prise conscience du problème. Elle permettra d'identifier les éléments à supprimer. Une critique de l'éducation menée sans ménagement débride l'intelligence volontairement entravée par des commandements absurdes, des connaissances inutiles, des censures coupables ayant passées sous silence des pensées indiscutables, des remises en question indispensables. Ces déficits entravent de façon qui peut être définitive la capacité de juger, de critiquer , de ne pas suivre le troupeau, objectif premier du conditionnement éducatif délégués à des fonctionnaires, serviteurs volontaires d'un ordre supérieur qui leur assure le vivre, le couvert, la sécurité. La déconsidération générale ne les empêche pas de jouir de cette position privilégiée qui les rend peu mécontents.
L'attaque doit porter sur les habitudes imposées par le système en place et qui conditionne la façon de vivre. Tout est organisé pour faire de nous des clients taillables et corvéables comme les gueux sous l'ancien régime. Le nouveau, celui issu de 89 a repris tous les éléments de domination qu'elle a placés, au fil du temps, dans les mains des maîtres que le monde s'est donné par lâcheté, paresse, fatigue, bêtise. Changer le mode de consommation en cessant de dire oui aux ordres que donnent les publicités commanditées par les producteurs et consommons des choses gratuites, abondantes, disponibles. Il suffit de réapprendre à observer, à semer, à récolter, à cueillir, à maigrir, à apprendre à avoir faim, boire de l'eau .
Coupons le cordon ombilical, cessons de réciter un texte écrit par ceux qui nous mènent, par le bout du nez, aux urnes, aux supermarchés, chez Darty, aux jeux olympiques, sur les champs de bataille pour se débarrasser des plus jeunes, les abattoirs étant déjà occupés.
Ainsi faudrait-il faire, amen....
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