Plus le secret est minuscule, à la limite du ridicule, plus il est difficile à garder. Il faut une volonté inflexible, une force d'âme considérable, un sens de la parole donnée inébranlable pour garder le silence et ne rien dire de ce que l'on avait juré, promis de taire sur la tête de la grand mère et ne pas succomber à la tentation succulente, à la démangeaison délicieuse de ne pas révéler son cocuage au cocu, la date de sa condamnation à mort au sérial killer, les conclusions de l'instruction au journaliste, le gagnant de l'élection avant le dépouillement des urnes, etc...
Plus il est considérable, avec une dimension mondiale, plus il devient facilement inviolable. Le posséder signifie que l'on fait partie du petit cercle des initiés habilités à connaître ce qui est interdit au commun. Le sort de la patries, la survie d'un puissant, la réputation d'un parti en dépendent. Rompre le pacte tacite à la base du secret est une condamnation à mort dans les 24 heures. La peur est donc le facteur qui fait que ces secrets ne font pas la Une du Figaro, l'ouverture du journal télévisé. Ils sont enterrés avec ceux qui ont menacé d'en parler.
PS: je ne m'étends pas plus sur le sujet, car quoique connaissant le dessous de toutes les cartes, je m'interdis de trahir les secrets, souhaitant devenir, dans quelques décennies, le plus vieux des français afin d'entrer, par la voie de la nécrologie, dans l'histoire de France.
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