Ne paniquez pas si vous n'avez pas été choisi(e) en premier(e), ce n'est pas parce que votre qualité n'est pas certifiée, que vos défauts sont trop visibles (du genre grosse verrue au bout du nez) que vous êtes un second choix, celui qu'on peine à écouler, qui a une remise de 90 %. Non, je vous rassure, ce fut mon lot pendant longtemps, celui qui dépanne quand un invité se défile au dernier moment après avoir enfin trouvé une excuse plausible, celui qu'on consulte le jour-même parce que l'attente chez les autres est de 6 mois, celui qu'on épouse parce qu'Alain Delon est déjà en main. La raison est toute entre votre faveur et la preuve indiscutable d'une infériorité qui n'est pas la vôtre mais celle de celui, de celle, de ceux, de celles qui ont eu à choisir. Ils ont, malheur à eux, fait le mauvais choix. Parce qu'il était évident, indiscutable, miraculeux, ils se sont crus, sont tombés dans le panneau de l'apparence, de la renommée, de la beauté, de la richesse fiduciaire. Remerciez-les, ils vous ont libéré, empêché d'être piégé comme ce pauvre premier choix, celui que vos mérites, vos qualités et vos vertus auraient dû vous placer. Ils brillent tellement qu'ils ont aveuglé le jury au point de ne pas voir que la forme et non votre fond.
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