Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


jeudi 11 avril 2013

PETITES ANNONCES

-      Général deux étoiles, armée étrangère, cadre de réserve, ferait figuration, tenue d’apparat n° 1, tarif syndical : noces, enterrements, banquets, inauguration. Disponible week-ends et jours fériés. 
 
-      Vacances de rêve dans île de rêve. N’oubliez pas vaccinations à jour pour lèpre, choléra, fièvre jaune, malaria, dengue, hépatites A, B, C, D, Dysenterie, Tuberculose, Variole, Varicelle, Rougeole et Chicungunya.

MISE AU POINT SUR LA MISE AU POINT


 
Un lecteur pointilleux me fait remarquer que je revendique une renommée dans la mise au point qu’il me somme d’expliquer. Il connaît celle qu’avait Alain Prost dans la mise au point de ses Formules 1, mais il n’avait jamais entendu parler de la mienne. Je lui répondis ainsi :

« Cher monsieur,

Je pardonne votre ignorance. Ma renommée est confinée dans le milieu très fermé des metteurs de mise au point rectificative et terminale du dernier ressort. Ne s’adressent à nous que des politiques, des financiers, des PDG du CAC 40 aux prises avec une situation inextricable et qui doivent éclairer le public sur l’affaire en désordre d’une façon claire, levant les doutes, les incertitudes et redonnant confiance sur la sagesse de leurs décisions. L’entreprise est toujours difficile, souvent impossible. C’est dans ces cas extrêmes que j’interviens. Je dirais, sans me vanter que, dans notre spécialité, il y a autant de différences entre votre serviteur et le dernier de la catégorie qu’il y en a, dans les métiers de la viande, entre le chirurgien de la moelle épinière et l’équarrisseur.
 
Pour encore mieux vous éclairer, vous vous reporterez à une mise au point que j’avais faite sur le sujet il y a quelques années dans un média international. Il a été repris dans le blog : http://dicosansqueuenitete.blog.fr/2013/04/10/m-comme-mise-au-point-15739842/ où vous le retrouverez si vous voulez en savoir plus.
 

Votre dévoué et honoré, etc. »

LES MÉTIERS DANGEREUX (8)

LES BEAUX MÉTIERS UTILES ET DANGEREUX (suite)


Le banquier


Prêteur, volontiers usurier, un peu voleur, il gagnait de l’argent en regardant les autres travailler pour le rembourser avec, en plus, son dividende qui payait la patience et la bonté qu’il avait eues en prêtant à l’emprunteur. Plus le besoin était pressant, plus la différence pouvait être grande et le bénéfice élevé.
 
À un moment de l’histoire, l’argent s’est mis à circuler avec l’augmentation des consommateurs et de la consommation consécutive à celle du travail et des populations dans des proportions si considérables que, pour s’en occuper, le distribuer à ceux qui en avaient besoin - ou seulement l’envie d’en avoir - il fallait une organisation spéciale. Elle se plaça au milieu des autres corporations. Ainsi naquit la banque, au service des banquiers. Ce fut leur grande et belle époque. Familiers des trônes, puis des Républiques, ils assuraient les fins de mois, finançaient les expéditions lointaines, spéculaient sur les emprunts d’État, émettaient des bons du trésor, investissaient dans les rentes perpétuelles.
 
Ils s’établirent en dynastie. Fêtés, anoblis, ils créèrent une aristocratie. Elle est toujours là, sait toujours compter, fréquente la haute société du pouvoir. Mais, avec le temps, comme la noblesse d’épée – qui, au temps de la féodalité mourait à Crécy, à Rocroi au nom du roi, elle était devenue une noblesse de robe, travestie en courtisane, avec une épée d’apparat au côté et s’abîmait dans le luxe, la luxure, la frivolité et l’argent du roi - le banquier dégénéra.
 
Habitué à faire des bonnes affaires, par temps calme ou, la chance aidant, par temps même abîmé, il était encore un aventurier. Aujourd’hui l’appétit est toujours dévorant mais le banquier a changé ses habitudes. Il veut bien spéculer mais sans risquer une banqueroute. Il a perdu son goût du risque et pris des assurances. Il les acheta en devenant si important que les gouvernants demandèrent aux banques de devenir leurs fournisseurs, leurs interlocuteurs dans la gestion de la finance. Cautionnés au plus haut degré, les banquiers s’en donnèrent à cœur joie et, l’imagination en délire, se mirent à jouer avec les chiffres, les nombres, les pourcentages. Ils n’y trouvèrent que des avantages à multiplier les opérations sur tout ce qui pouvait être vendu et acheté. Ce fut le temps béni des fonds pourris, des valeurs indicielles, des warrants, etc…
 
Les pyramides fleurirent. Tout était achetable : l’or, l’argent, mais aussi la poudre de riz, les lentilles, la viande en farine, sur pied, congelée, les récoltes à venir. La frénésie est devenue telle que les dettes sont des valeurs et d’autant plus rentables qu’elles sont insolvables. La BCE évitera la faillite en accélérant la rotative à billets virtuels.
 
Le banquier a changé de métier, de produit, d’éthique, de client, de manière. Il gère des fonds secrets, blanchit l’argent sale, prête aux riches, aux États en faillite, aux sociétés anonymes. Il opère depuis des paradis fiscaux, à partir de banques off-shore, pour des comptes secrets. Il achète les journaux, les radios, les télévisions et, avec les politiciens véreux, les votes, les élections, la politique, le gouvernement. Le banquier a fait un hold-up sur la société. C’est pourquoi on l’appelle un bankster. C’est ce que vous voulez comme métier ? Vous devinant, ça m’étonnerait. 

mercredi 10 avril 2013

LE CONSEIL DU JOUR

Pour que la vie soit un heureux voyage, il faut : un bon départ, un parcours sans déboires, une arrivée en fanfare. Et pour tout ça rien ne vaut un ABS : Amour, Bonheur, Santé.

ENTRE-DEUX

LA PENSÉE DU JOUR

 
Méfiez-vous, si vous faites attention à tout vous n’aurez le temps de rien faire.

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ENTRE-DEUX

 
Le repos du guerrier est un moment bien mérité. Après de durs moment passés à crapahuter en milieu hostile, à tirer sur tout ce qui bouge, à manger des kilomètres de poussière, à vivre la peur au ventre de se faire allumer par un sniper embusqué enragé, à bouffer des rations de singe, à répandre la terreur, il faut savoir décompresser, se reposer, déjeuner, dîner, souper, dormir dans des draps et réfléchir. Faut-il mieux vivre comme un pépère ou recommencer à survivre, à 100 à l’heure, l’excitation aux tripes, la frousse aux fesses, à bien profiter de la minute avant la mort ?
 
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AMERICA, YOUR ATTENTION, PLEASE

À force de fissurer votre croûte terrestre pour en extraire le gaz de schiste, arrivera le jour où une grande fracture va ouvrir, à la lave du magma, le chemin qu’elle cherche depuis si longtemps à se frayer pour avoir moins chaud. Elle recouvrira votre beau pays d’une couche de verre en fusion qui, en refroidissant, donnera une vitrification belle à voir mais dure à vivre.

Ce n’est pas la peine d’avoir tant de Nobels au mètre carré pour ne pas s’inquiéter du danger.
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LES MÉTIERS DANGEREUX (7)

LES BEAUX MÉTIERS UTILES ET DANGEREUX


Les métiers dont nous avons succinctement décrit les grandeurs et les misères ne sont pas les seuls sur le marché. Vous avez entendu parler d’autres professions, toutes alléchantes car prometteuses de félicités. Nous les avons gardées pour la fin. On ne peut s‘empêcher de les aborder qu’avec réticence, appréhension. Ils ont eu leur heure de gloire. La roue a tourné. Ils ont changé et mal vieilli. Ces métiers qui, à l’origine étaient prestigieux, utiles, non dénués de risques ont mal résisté aux tentations, aux fréquentations. Ils touchent à la politique, à l’argent, à la religion.

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Le métier politique


Le métier politique est le plus connu, le plus en vue. Il se veut une mission et son grand prêtre bat les estrades, les rues, les marchés. Infatigable, il va de congrès en meeting. Défiant le passé, optimiste pour le présent, confiant dans son avenir, l’homme politique connaît toutes les erreurs à ne plus commettre pour faire le bonheur du peuple. L’homme politique, quand il parle de lui, devient lyrique. Il se comprend si bien qu’il sait de quoi il est capable. Se dévouer pour la communauté, quel beau métier ! la faire avancer vers un meilleur, quel métier nécessaire ! Mais il est dangereux car le bonheur de la plupart ne peut se faire sans déplaire à une minorité puissante, violente.
Voilà ce que l’homme politique nous vend quand il veut se faire élire. Malheureusement la réalité rattrape le rêve et, à l’usage, il éclate. Il n’y est, pour rien. La faute est au parti. Pour y faire carrière, il faut être un professionnel de la politique. C’est un métier avec des règles à respecter, un modus vivendi à connaître. On y entre par une filière, l’ENA, le droit. Une fois introduit dans le milieu, on s’adapte aux obligations, on fait ses preuves. On établit un plan de carrière après s’être choisi un parrain. On s’intéresse aux avantages en nature, on étoffe ses relations. On se ménage des positions de repli. On choisit les idées d’avenir, un parti porteur. On apprend à parler, à bien présenter, on devient indispensable, un interlocuteur apprécié. On sait faire rire et réfléchir. On a de la gravité à propos, on parle de la situation avec émotion quand il le faut.
Le métier d’homme politique est un métier de composition. Une assurance rassurante au service d’une détermination affichée sans ambigüité prouve un courage qui n’attend que l’occasion d’étonner. Les autres qualités sont celles d’un sociétaire du Français : mémoire absolue pour répondre à tout ; diction à faire résonner les phrases, leur donner la grandeur qui peut leur manquer dans le feu de l’improvisation. Dans les coulisses, un bataillon de plumitifs lui pond, à la demande du besoin, l’anecdote, la citation, le slogan. La plus belle plume – généralement un CDD de Normale Sup’ – lui fournira de grands et vigoureux discours dignes d’un Cicéron pour enflammer la foule. C’est à ces instants-là qu’un cap est franchi et qu’il se voit l’homme d’État qu’il croit être. Hélas, comme le comédien, sitôt quittée la scène, retrouve ses habits de ville notre homme, descendu du podium, reprend ses petits calculs. Son bien privé supplante le bien public. Il a les mots pour dire mais pas le pouvoir de faire. Il redevient le politicien qu’il n’a jamais cessé d’être. Au final le métier de politicien est pour les menteurs, les voleurs, les tricheurs.
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mardi 9 avril 2013

PENSÉES DE TITINE DU JOUR

  • Chaque jour, je me dis que la fin du monde est pour demain. Cela donne à l’heure présente une belle intensité.
  • Il y a de l’orage dans l’air, annonce qu’un évènement prévisible et bruyant va bientôt se produire.
  • La disparition prochaine du tigre de Sibérie et la pullulation croissante des chats de gouttière montrent que les idées révolutionnaires de 1789 continuent de progresser : les grands n’ont plus leur place face aux petits.
 
 

UNE MAXIME DE LA ROCHEFOUCAULD POUR LA ROUTE


Si nous résistons à nos passions, c’est plus par leur faiblesse que par notre force.

CORRESPONDANCE


 

  

 dit « le Chat en Belgique »

Bruxelles, le 3 avril 2013

 Très distinguée Titine,

Moderne Narcisse, je suis poussé par ma nature entreprenante à rechercher l’extraordinaire comme je le suis moi-même. J’ai lu avec ravissement l’élégie que votre secrétaire-serviteur, un certain dancharr, a fait de vous sous le titre prometteur « La chatte la plus… ».

Je croyais, dans ma feinte candeur, que la phrase m’était réservée, au masculin. Si vous êtes telle que décrite, je me rends, je me prosterne, j’admire, je vous adore. Vous m’égalez, me surpassez peut-être. Est-ce possible ?

En plongée profonde dans votre œuvre, j’ai lu aussi vos pensées. Elles sont miennes, je me reconnais, nous sommes des esprits frère, sœur.

Allons plus loin, incestueux, confondons nos gènes, unissons nos génies.

Soyez ma Simone, je serai votre Jean-Paul.

Titine, je demande votre patte. Soyez mienne, je serai vôtre,



 
         

CONSTAT À L’AMIABLE

L’indifférence, l’indifférence, l’ennui, le mépris, l’envie, l’indifférence sont les sentiments mélangés qui règnent dans le for intérieur et règlent dans la société les relations humaines. Ils sont cachés derrière les accolades, les embrassades.
Passé le temps de l’introduction et des exclamations (« quel plaisir », « quelle bonne idée », « vous voilà enfin, on désespérait »…) c’est celui de la représentation. Il faut justifier le déplacement, faire oublier le dérangement et occuper les durs moments.
Le rituel est immuable, avec sa litanie habituelle : l’état des lieux, le bilan de santé, la visite des enfants, le bulletin météo d’hier et de demain, le printemps qui arrive, le plantage des choux, ce qui se passe en attendant ce qui ne saurait tarder. Que des banalités, des stupidités et il faut s’empêcher de bailler. Le protocole doit être respecté : pas de vague, même une ride, pas une idée qui fâche, une pensée originale, une question indiscrète, un propos scandaleux. Rien que du consensus, de la banalité. C’est la faute à qui, à quoi, tout ça ?
D’abord, et surtout, à l’indifférence qui rend possible un manque total de curiosité pour l’autre, ce qu’il est, ce qu’il fait, ce qu’il pense, à quoi il rêve, ses projets, ses regrets. L’apparence suffit et tout ce qu’il y a derrière ne présente aucun intérêt pour votre vis-à-vis. Il ne veut rien savoir, connaître qui risquerait de changer une habitude, sa routine. Il n’a aucune envie d’être confronté à une idée nouvelle qui le ferait s’inquiéter, réfléchir. Attention danger. Quel confort que les plates-bandes, les nouvelles du jour, les jérémiades habituelles.
Rien ne vaut l’ennui des racontars, des vieilles histoires, des souvenirs rabâchés enrichis des ratés de la mémoire. On fait semblant de les écouter avec le même entrain que celui qui raconte.
La jalousie aura du mal à se glisser dans ce genre de conversation, dites-vous. Elle y arrive pourtant, car on ne peut rester insensible à l’ambiance et à l’envie de l’animer. On parle alors de films, d’un livre, d’un voyage. Les autres, réveillés, rétorquent, parlent de voyages lointains, de pèlerinages, se font une vie de déplacements incessants. Pour ne pas paraître encroûté on replace un passé d’aventures au long cours dans les mers du Sud. L’instant est bien trouvé pour se faire nostalgique d’un temps où les pays étaient comme ils étaient avant de tous se ressembler. Les souvenirs sont trop beaux pour être gâchés par le triste état où ils se sont mis en vieillissant. Il est temps de s’arrêter car l’hostilité affleure. Son réveil pourrait être gênant car il est trop tôt pour partir. La tension devient palpable entre l’inconscience des uns qui se croient jeunes et la conscience des autres trop blasés pour comprendre qu’on ait envie de se fatiguer. Chacun se trouve en face d’un parfait imbécile. Le mépris est réciproque.
Mais ce sont des sentiments trop éreintants et l’indifférence vient heureusement tempérer les différends et empêcher que le débat s’oriente sur cette pente glissante. La conversation peut reprendre sa routine balisée. On se dit au revoir avec un diapason plus moderato qu’à l’arrivée. La curiosité est satisfaite, l’excitation est retombée. La satisfaction de retrouver sa tranquillité permet de faire bonne figure et de souhaiter un bon voyage en se promettant la même recréation pour une autre fois, si on est toujours vivants...
On se quitte, tout le monde content avec, cependant, le regret d’avoir perdu son temps.
Sur la route de retour, on refait le film, on imagine d’autres dialogues, du suspens, des remises en cause, des interrogations serrées, des mises en accusation, des réquisitoires, une mise à mort, des pleurs, des cris, des larmes, des rires, de la vie.

lundi 8 avril 2013

PRIÈRE DANS LA NUIT


Je ne demande rien, faute d’avoir les moyens de comprendre :
-      ce qu’il y avait avant le commencement des évènements.
-      comment a débuté l’éternité et où va l’infini après être arrivé.
La réponse devrait être facile pour qui ou quoi a permis la libellule, la dent du requin et cette petite pensée en forme de question. Je demande simplement à user de mon droit de suite envers qui ou quoi abusent, depuis l’avant de toujours, de leur droit de retraite. Ils peuvent le faire dans l’incognito de l’anonymat de leur mystère. Ils n’ont qu’à m’envoyer une petite pensée en forme de réponse aux questions sus-posées ou, s’ils sont pressés, de nous dire simplement d’où venait le rien qui a permis au tout de faire le reste dès qu’il a commencé. On en saura alors un peu plus et on pourra les traiter comme ils le méritent, les responsabilités étant mieux établies.

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UNE BELLE HISTOIRE

Un bon riche voyant un pauvre pauvre lui donna le surplus d’argent qui lui servait à rien. Quel bonheur de faire plaisir !
Encouragé, il en voulut plus et lui donna la moitié de sa fortune. Quel plaisir de donner tant de bonheur à qui n’en avait jamais eu !
Il n’était plus riche, l’autre n’était plus pauvre.
Rendu fou de joie d’avoir eu tant de bonheur, il lui donna le reste de son argent. On eut donc un nouveau riche à côté d’un nouveau pauvre.
Devenu un malheureux pauvre ! il restait confiant, se disant qu’il n’y avait pas de raison que l’autre ne suive son exemple et  ne veuille se faire plaisir, le voyant si pauvre, si malheureux.

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LES MÉTIERS DANGEREUX (6)

LE GARDE-CHASSE
Fantassin territorial, son champ de manœuvre sont les bois, les près, les forêts, les marais, les étangs. Partout où il y a de la plume, du poil (l’écaille est sous la surveillance du garde-pêche, N.D.L.R.) le garde-chasse est aux aguets. Son ennemi est le braconnier en toutes saisons et, entre l’ouverture et la fermeture de la chasse, le chasseur trop gourmand qui tire à tort et travers, ne respecte pas les quotas des bracelets et ferait table rase de toute la vie animale dans son territoire si la peur du garde-chasse ne le retenait.
Le garde-chasse a donc la mission héroïque de protéger les créatures innocentes des eaux et des forêts, des prairies et des taillis, des sentes et des sentiers de la furie assassine des tueurs à permis. Ils ne rêvent que de massacres, de carnage et ne supportent pas de voir une plume ou un poil dépasser d’un brin d’herbe. Ces trucideurs de grand chemin voient dans le garde-chasse l’empêcheur de tuer à foison. Le nombre de gardes-chasse disparus au coin d’un bois est tenu secret. Les chasseurs, parti politique puissant et surarmé, imposent le silence. Les recruteurs parlent de métier bucolique. Jeunes garçons et demoiselles, vous voilà avertis, gardez-vous d’entrer dans la garderie de la chasse.

UNE MISE AU POINT SÉRIEUSEMENT NÉCESSAIRE

Metteur au point reconnu, je réponds à l’indignation générale par une mise au point qui devrait calmer ceux qui le voudront bien. Si vous vous prenez au sérieux ou si vous n’êtes pas sérieux, elle ne vous concerne pas.
Dans le premier cas, vous êtes trop content de vous prendre pour ce que vous n’êtes pas pour avoir des raisons de changer et je ne veux pas forcer un talent que vous n’aurez jamais. Il faut vous résigner, quel qu’en soit le prix que votre entourage doit payer.
Le mot parle de lui-même. Les deux syllabes ne prêtent pas au rire. Il est du genre pète-sec et je démentirai l’expression en le voyant plutôt chez un pandore borné, inexpressif et convaincu de son prestige que chez les papes. Leurs prétentions, leurs erreurs, ne permettent pas de les prendre en exemple. Le sérieux est en fait un adjectif plus trivial qu’il ne le croît.
Il se croit supérieur à ceux qui n’y prétendent pas. Et, si on regarde dans la gente animale, seuls l’homme et la femme se revendiquent comme tels. N’y voir de la suffisance, de l’orgueil serait faire preuve de myopie, tant les preuves du manque de sérieux de l’humanité sont aveuglantes. Son incapacité à les voir traduit sa déraison qui, par moments, comme actuellement, atteint les extrêmes de la folie furieuse.
Une humanité engagée dans une course au suicide collectif par un appétit désordonné qui la pousse au pillage, à la destruction, à la pullulation, à l’extermination, à la consommation, à croire aux mirages, aux miracles ne peut être considérée comme réfléchie, intelligente, sage, ordonnée, consciente ou, en mot, sérieuse. Elle se prend au sérieux avec l’intensité qu’elle met à ne pas l’être.
Si vous n’êtes pas sérieux, le problème est le même mais en sens inverse. Rien n’y fera, aucun moyen ne vous convaincra, votre manque de sérieux vous condamne comme son excès à n’en faire qu’à votre tête et, comme elle manque de jugeote, votre capacité d’erreur est du même degré que la prétention à n’en pas faire des précédents.
Ma réflexion, basée sur l’expérience et l’expérimentation, n’intéressera que ceux et celles qui ont du recul, prennent de la distance, ou la garde, connaissent leurs limites, n’ont pas d’illusions, font la part des choses et qui, en même temps ont la sagesse de ne pas faire n’importe quoi, de suivre la mode, la tendance, le mainstream, leurs pulsions, la foule, le plus facile, la pub, et surtout ne croient pas ceux qui se prennent au sérieux.
Les gens soi-disant sérieux rejoindront, pour une fois, les pas sérieux pour se moquer de ma démonstration et ne s’y arrêteront pas. Les uns et les autres font la majorité bruyante qui gouverne, et donne à la  minorité silencieuse les soucis qu’elle a raison de se faire.

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dimanche 7 avril 2013


LA QUESTION DU JOUR

Combien de spécialistes du sommeil connaissent ce passage de « Ainsi parlait Zarathoustra ? » :

…/… « Et le sage parla ainsi :

Ayez en honneur le sommeil et respectez-le ! C’est la chose première. Et évitez tous ceux qui dorment mal et qui sont éveillés la nuit !

Le voleur lui-même a honte en présence du sommeil. Son pas se glisse toujours silencieux dans la nuit. Mais le veilleur de nuit est impudent et impudemment il porte sa corne.

Ce n’est pas une petite chose que de savoir dormir : il faut savoir veiller tout le jour pour pouvoir bien dormir.

Dix fois dans la journée il faut que tu te surmontes toi-même : c’est la preuve d’une bonne fatigue et c’est le pavot de l’âme.

Dix fois il faut te réconcilier avec toi-même ; car s’il est amer de se surmonter, celui qui n’est pas réconcilié dort mal.

Il te faut trouver dix vérités durant le jour ; autrement tu chercheras des vérités durant la nuit et ton âme restera affamée.

Dix fois dans la journée il te faut rire et être joyeux : autrement tu seras dérangé la nuit par ton estomac, ce père de l’affliction.

Peu de gens savent cela, mais il faut avoir toutes les vertus pour bien dormir. Porterai-je un faux témoignage ? Commettrai-je un adultère ?

Convoiterai-je la servante de mon prochain ? Tout cela s’accorderait mal avec un bon sommeil.

Et si l’on possède même toutes les vertus, il faut s’entendre à une chose : envoyer dormir à temps les vertus elles-mêmes.

Il ne faut pas qu’elles se disputent entre elles, les gentilles petites femmes ! et encore à cause de toi, malheureux !

Paix avec Dieu et le prochain, ainsi le veut le bon sommeil. Et paix encore avec le diable du voisin. Autrement il te hantera de nuit.

Honneur et obéissance à l’autorité, et même à l’autorité boiteuse ! Ainsi le veut le bon sommeil. Est-ce ma faute, si le pouvoir aime à marcher sur des jambes boiteuses ?

Celui qui mène paître ses brebis sur la verte prairie sera toujours pour moi le meilleur berger : ainsi le veut le bon sommeil.

Je ne veux ni beaucoup d’honneurs, ni de grands trésors : cela fait trop de bile. Mais on dort mal sans un bon renom et un petit trésor.

J’aime mieux recevoir une petite société qu’une société méchante : pourtant il faut qu’elle arrive et qu’elle parte au bon moment : ainsi le veut le bon sommeil.

Je prends grand plaisir aussi aux pauvres d’esprit : ils accélèrent le sommeil. Ils sont bienheureux, surtout quand on leur donne toujours raison.

Ainsi s’écoule le jour pour les vertueux. Quand vient la nuit je me garde bien d’appeler le sommeil ! Il ne veut pas être appelé, lui qui est le maître des vertus !

Mais je pense à ce que j’ai fait et pensé dans la journée. En ruminant mes pensées je m’interroge avec la patience d’une vache, et je me demande : quelles furent donc tes dix victoires sur toi-même ?

Et quels furent les dix réconciliations, et les dix vérités, et les dix éclats de rire dont ton cœur s’est régalé ?

En considérant cela, bercé de quarante pensées, soudain le sommeil s’empare de moi, le sommeil que je n’ai point appelé, le maître des vertus.

Le sommeil me frappe sur les yeux, et mes yeux s’alourdissent. Le sommeil me touche la bouche, et ma bouche reste ouverte.

En vérité, il se glisse chez moi d’un pied léger, le voleur que je préfère, il me vole mes pensées : j’en reste là debout, tout bête comme ce pupitre.

Mais je ne suis pas debout longtemps que déjà je m’étends. —

…/…

Bienheureux les assoupis : car ils s’endormiront bientôt. —

Ainsi parlait Zarathoustra. »

(F. Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra - Des chaires de la vertu »)

UNE PENSÉE EN PASSANT, DIGNE DE SÉNÈQUE


Ce n’est pas parce que l’éternité dure longtemps qu’il faut perdre son temps dans le peu que dure la vie.

LES MÉTIERS DANGEREUX (5)


Les métiers dangereux sont, hélas, trop nombreux pour qu’on puisse en parler sans en oublier. Fidèle à une éthique personnelle, mais que je vous engage à partager si vous en avez la force, je suis obligé de vous parler d’autres métiers dangereux dont vous devez vous tenir éloigné pour des raisons de sécurité évidentes. Ils mettront votre vie - ou celle des autres - en péril. Ils vous apporteront des satisfactions qui ne compenseront pas les risques encourus et les dommages qui pourront être subis. Je vous invite donc à éviter :

-      Le mannequinat. Le milieu est frelaté, les jeunes filles sont soumises à un régime de famine et à des tentations pernicieuses qui les font vivre avec la faim et la peur au ventre.

-      Les pêcheurs de perles (attention aux requins blancs mangeurs d’homme et amateurs d’huitres)

-      Les plongeurs en eau profonde. La pression devient vite énorme et il est difficile de remonter sans faire des bulles dans le sang. Le risque de mort est supérieur à l’espoir de survivre.

-      Le voltigeur. C’est le trapéziste qui défie le vide et la pesanteur pour faire semblant de voler au-dessus de la piste. L’empalmage est à la merci d’un manque d’adhérence et la chute peut se terminer mal, filet ou pas filet.

-      L’homme-canon. Toujours dans les métiers de cirque, l’homme-canon subit au départ une secousse qui peut aplatir ses vertèbres. Devenir nain à force de tassements n’est pas une perspective alléchante. La réception est également une raison de s’abstenir. Il y a trop d’hommes-canon en orbite autour de la terre (pour faire complet, je dois signaler la présence d’une femme-canon authentique dans le circuit. Nous l’avons admirée au Cirque d’hiver).

CONSEIL AU MINISTRE DE LA RECHERCHE

(ou comment avoir des Nobel…)

La recherche, dans tous les domaines, devrait être interdite aux gens qui se prennent au sérieux. Elle devrait être réservée aux originaux qui rêvent, critiquent, s’amusent, doutent, échafaudent, spéculent, aiment la fiction, la fantaisie, l’imagination. Ils ont toutes les qualités qu’il faut et que les sérieux n’ont pas.
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 TYPOLOGIE DES SÉRIEUX


Il y a :
 
- Le sérieux qui se prend au sérieux.                 Il n’est pas drôle.
 
- Le pas sérieux.                                               Il fait rire.
 
- Le sérieux qui ne se prend pas au sérieux.      C’est le sérieux idéal.
 
Et puis, le pas sérieux qui se prend au sérieux. Ils sont redoutablement dangereux et gouvernent depuis presque toujours. Ils sont à la manœuvre aujourd’hui comme hier et les rois du cafouillage.
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PETITES ANNONCES

 
  1. Unijambiste gauche vend chaussure droite 44. Conviendrait unijambiste droit.
  2. Vends, prix intéressant, méthode progressive pour changer en douceur : l’air, le décor, les idées, de métier, de partenaire, de pays, le monde.