Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


vendredi 3 janvier 2014

LA SURPRISE DU JOUR DU CHEF

Pour vous faire regretter tout l’argent que vous avez gaspillé pour gueuletonner le soir du réveillon avec des huîtres pas très fraîches, d’escalopes de foie gras d’oie roumaine gavée aux boues d’épandage, d’un chapon ukrainien coriace fourré de marrons véreux et, en apothéose, une bûche picardesque made in China et rescapée d’un naufrage sous les tropiques, je vais vous raconter ma façon de festoyer à domicile et pour pas cher.
Quand je veux me faire plaisir et m’offrir une grande bouffe, je choisis le livre de cuisine d’un chef multi-étoilé et me prépare un beau menu plein de plats infaisables, avec des ingrédients inconnus, fricotés dans des préparations impossibles et aux prix imbattables.
Je me sers à domicile, bien calé dans mon fauteuil et je lis les recettes à haute vois, avec l’intonation, détachant bien les mots, les mâchonnant, en extrais le jus, la quintessence, les nuances. J’en saisis les mannes et me ressers à volonté, autorisant le gourmet que je suis à être gourmand ce jour-là. Étant plutôt dessert que fromage, je finis sur une belle pâtisserie ou deux.
Je sacrifie  mon eau du robinet et m’offre un Château Yquem 47 en apéritif et un Pétrus 90 bien chambré. Je les assèche sans remords ni gueule de bois, ma méthode permettant l’ad libidum sans limite.
Gavé, repus tout en étant léger et ayant l’esprit clair, je m’autorise, en digestif, un petit en-cas : quelques grains de caviar sur un blini arrosé d’un trait de vodka glacé suivi d’une sole fermière au beurre de Guérande, déglacée au champagne millésimé et je termine par quelques macarons fourrés de langues de chat et de crêpes dentelle.
Pour garder le souvenir des bordeaux premier cru, je baptise le supplément à mon repas étoilé d’une volvic de l’année.
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jeudi 2 janvier 2014

LE POURQUOI DES VŒUX

Le vœu de fin d’année est un rituel qui a la valeur symbolique des incantations, du signe de croix, de la génuflexion adressée à l’entité inconnue, mais assez puissante pour avoir décidé le mouvement des planètes après leur mise en orbite, l’existence du colibri et de la feuille de chou. Il s’adresse aussi à celui ou celle à qui, en d’autres circonstances, on donne une poignée de main, une accolade, une embrassade ou, s’il l’on est intéressé, dont on attend des étrennes, un vote, une promotion, un héritage.
Le vœu est donc une action qu’on espère bonne, avec option, une invitation et surtout une précaution.
Merveilleux de routine, d’indigence, de paresse, avec l’exception d’usage, la vôtre, il a l’originalité du vœu du facteur, la sincérité des vœux du percepteur et l’efficacité d’un gouverneur de la Banque de France.

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ILS SONT FORTS CES CHINOIS


Ils se tiennent en équilibre sur le bout de l’ongle d’un doigt.
Ils mangent en brochette les langues de vipère.
Ils fabriquent des milliardaires aussi vite qu’on fait des chômeurs.
Ils travaillent dur, bien, beaucoup, pour pas cher.

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mercredi 1 janvier 2014

La calamiteuse 2013 remplie de guerres, de crimes, de mauvais (exemples, temps, films) se termine par une catastrophe naturelle : celle des vœux présidentiels.
En plus d'être sourd, muet et aveugle, il se révèle amnésique et mal élevé : il a oublié sa promesse et ne s’en est pas excusé.
Les 4 saisons de 2014 démarrent mal avec comme maestro une mauvaise parodie de Gerra et un orchestre d’accessoiristes déguisés en ministres.

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POT POURRI DE 2013 POUR LES RETARDATAIRES

PRIÈRE POUR NOTRE DAME DES LANDES


Je vous salue Notre Dame des Landes,
Landes pleines de grâce et de beautés,
Fier pays de liberté,
Les seigneurs sont contre vous,
Ils vous ont choisie d’entre toutes les terres
Pour être souillée, violée, martyrisée.
Amis étudiants, retraités, salariés et paysans,
Résistons et protégeons Notre Dame des Landes,
Luttons, sauvons sa terre, ses hôtes, son air,
Pour elle, pour nous, pour demain.
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Moi qui ai peur de tout, je me trouve plus courageux que vous qui n’avez peur de rien.
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Est-ce qu’on met une éternité pour aller au bout de l’infini ?
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À sa naissance, ses parents furent contents.
À son mariage, son mari fut content.
À son divorce, son avocat fut content.
À sa mort, son notaire fut content.
À son arrivée au paradis, ses parents, son mari, son avocat, son notaire sont pressés de la voir, tous contents mais pas elle qui leur dit : « Votre plaisir n’a jamais été partagé : j’ai pleuré en naissant, au mariage, au divorce et, si j’avais eu des larmes, à l’enterrement j’aurais pleuré. J’espérais en avoir fini et j’ai envie de pleurer, car tout va recommencer ! ».
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Cela s’est passé si vite que je ne m’en suis pas aperçu et que je n’ai rien senti. Si vous ne m’en aviez pas parlé, je ne l’aurais jamais su.
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Me connaissant, si j’étais vous, je serais inquiet de ne pas savoir ce que je ferais à votre place
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Avec les mots à double sens, le doute est permis.
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Vous avez raison, je me suis trompé. Mais vous avez de la chance. Si j’étais américain, vous seriez mort.
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L’organisateur du safari les avait pourtant prévenus : « ne donnez pas de biftecks aux lions, cela les met en appétit ! ».
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COMMENT DEVENIR PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE

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Nanti de ces trois qualités qui font la gloire et la grandeur d’une littérature iconoclaste sans lecteur car illisible, sans intérêt car ouvrant des portes ouvertes, biocompatible avec tous les poncifs du moment, l’homme de lettres qui les réunit a toutes les chances d’entrer dans le panthéon des enterrés vivants dans la légende de la littérature disparue.
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Je boirais bien à votre santé si j’étais sûr que cela ne nuirait pas à la mienne.
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Les hommes de lettres n’ont pas qu’elles. Ils ont aussi de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire. Le métier est plus complexe qu’il ne le paraît au prime d’abord.
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Il faut se méfier de la sagesse populaire qui dit que le silence est d’or et la parole d’argent. Pourtant, chez les 100 premiers milliardaires je ne vois aucun sourd-muet.
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Il était l’attraction d’un petit cirque de campagne. Son numéro était tout simple. Il arrivait sur la piste, en marchant à l’envers, sur la tête. Il progressait par petits bonds. À la fin, quand il se relevait, il paraissait un peu sonné, il faut l’avouer. Mais il avait la force de saluer et puis il s’en allait, en dansant, les jambes sans rancune.
Il revenait plus tard, pour un deuxième numéro, encore plus extraordinaire. Il faisait un grimpage de corde. Mais ce qui le rendait peu banal, c’est qu’il ne s’aidait que des pieds à la montée comme à la descente. Bien forcé, manchot qu’il était des deux côtés.
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Je ne mange pas le jaune parce que je crois à la métempsychose et, comme il est très difficile, dans un poulailler, d’être sûrs que l’œuf n’a pas été fécondé, il se peut qu’il contienne en germe la réincarnation d’un parent, d’une connaissance, d’un ami ou même d’un inconnu que je ne me permets pas de gober car je ne suis pas un cannibale, moi, monsieur, madame. Le jaune, je l’inhume.
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Il aimait rappeler – avec beaucoup d’orgueil – qu’en dehors de ses domaines d’incompétence, il en avait de prédilection.
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Un peu plus tôt qu’hier, Dieu créa l’homme à son image. Aujourd’hui et il sera prêt demain, l’homme fabrique un robot à son image. Moins pressé, on peut espérer que le résultat sera meilleur.
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Il a toujours été si triste que même sur son lit de mort il paraissait vivant.
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La peur du lendemain laisse un répit de 24 heures. C’est assez pour l’éviter.
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Il doit y avoir une bonne raison pour que les pieds touchent la terre et que la tête soit si loin du ciel.
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« L’homme ne descend pas du singe, c’est le singe qui descend de l’homme » (à suivre le 7 mars).
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Il aimait tant la mer que je l’aurais bien vu finir en corps mort.
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Quand l’Inde mystérieuse rencontre l’Ouest sauvage, on a les amours impossibles de la corde raide et du lasso.
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PETITES ANNONCES

  • Donne poisson-chat. Saute très haut, plonge très bas.
  • Banquier à la dérive besoin capitaux flottants pour renflouer banque naufragée.
  • Petite faim accepte demi-portion.
  • Assurez vos animaux de compagnie contre le risque d’abandon.
  • Faucon pèlerin en route pour Compostelle cherche pigeon, tourterelle et autres bécassines pour compagnon de vol.
  • Dame cul-de-jatte cherche manchot pour concours de danse.
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Il faut pas charrier, la fin des haricots laisse plein de possibilités pour accompagner le gigot.
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On se simplifie beaucoup la vie en ne croyant à rien. Ça évite de douter de tout.
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Tant que le droit de mourir ne sera pas égal au droit de naître, il sera plus difficile de mourir en fin de vie que de mourir avant de naître. À croire que les partisans de l’avortement ne veulent pas mourir dignement.
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Mesdames, messieurs,
Je serai bref et je commencerai mon discours par la fin. Merci.
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mardi 31 décembre 2013

Il était tellement bavard qu’il commençait à parler sans savoir ce qu’il allait dire.
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Ce que je pense de vous équilibre l’idée que vous avez de moi.
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LE CONSEIL DU JOUR

Pour une fois, suivez mon conseil. Dépêchez-vous de découvrir Lawrence Sanders, un auteur de polars disparu mais avec des héros politiquement incorrects, une humeur canine, un humour cynique.. Il fait des auteurs à la mode comme Connellly, Mankell, Vargas, Léon et autre Chattam, des besogneux, des tireurs à la ligne, des remplisseurs de vide. Son Privé de Wall Street (Albin Michel) est particulièrement efficace, hilarant, dégoûtant. Tout y est décapant et épatant. Il a fait aussi dans la politique-fiction et son « Sorcier de la Maison Blanche » (Presses de la Cité), un avatar de Raspoutine, est une satire formidable, crédible, plausible et tenue avec justesse, finesse, méchanceté. Sa qualité ne tient pas seulement à l’imagination, au style mais à la solidité de la recherche, de l’analyse qui soutient son travail romanesque.
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L’ENVOLÉE DU JOUR

L’air se promène dans le vent
Au-dessus de la terre qui remplit le sol
Où pousse le bois qui brûle dans la cheminée
Avant d’être éteint par l’eau qui coule
Au fond du puits.
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lundi 30 décembre 2013

MAIS OU DONC ET OR NI CAR


La famille, les amis, les anciens de ses écoles nombreuses, le comité de veille de la Commission Attali, le Syndicat Fantôme des Agents d’Influence Occulte, lancent un avis de recherche de cet homme :
-      Mâle (AOC)
-      La quarantaine sémillante
-      Polyglotte, polygraphe, polycartes, protée, globe-trotter ;
-      Avec de l’expérience, des références, une carte de visite, un carnet d’adresses.
Il a disparu des écrans, depuis un temps long et certain. Ils craignent :
-      Un break-down,
-      Un burn-out,
-      Une overdose ;
-      Une aboulie, une apraxie, une aphasie, une agueusie ;
-      La crampe, la panne.
Les hypothèses émises par les limiers lancés à sa poursuite n’ont pas été confirmées :
-      Il n’a pas été mis au placard.
-      Il n’est pas prisonnier d’une camisole de force.
-      Il n’est pas au secret à Guantanamo.
-      Il n’a pas fait une mauvaise rencontre lors de sa traversée du désert.
-      Il n’a pas été dévoré par un requin blanc ni par une horde de piranhas car il ne nage pas en eaux troubles.
-      Il n’est pas tombé dans le puits d’une mine car c’est aussi un démineur.
Récompense à qui donnera un renseignement (ou deux). On demande au Hollow Man un signe de vie, un post, une recette, une critique, un rapport, une réflexion. Qu’importe le contenu pourvu qu’on ait l’adresse.

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dimanche 29 décembre 2013

LES EXCUSES DU JOUR

C’est la faute au mauvais temps, à la tempête, au vent frisquet, à la pluie et je décline toute responsabilité pour :
1/ L’attaque fielleuse des vœux pieux et autres prières profanes ;
2/ Un éloge écœurant du diabète sucré, un intermède peu ragoûtant sur la décrépitude terminale et autres joyeusetés déplacées. Moi-même je n’ai pas réussi à me relire, sinon tout aurait été supprimé.
J’espère, pour votre santé mentale et morale que vous vous serez abstenu de ces lignes délétères. Si vous avez succombé à la tentation, prions pour qu’elles n’aient pas entamé l’euphorie que l’excès de champagne et autres drogues dures que vous avez surconsommé avait instillé dans votre esprit malade et qui vous avait convaincu que le bonheur - et surtout la santé promises pour votre futur immédiat - étaient assurés, du moins sur le papier des innombrables cartes virtuelles ou réelles reçues.

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LES CONSEILS DU JOUR

1/Si vous vous en étiez aperçu, vous me l’auriez dit, mais ce blog est un service commandé par la nécessité. Il mériterait d’être classé n°1 face à la concurrence avant Cap Gemini, la SNCF, Sodexho. Avec moi, vous savez ce que vous devez manger pour être éternel, vous pouvez faire le tri dans vos amis, choisir un voyage étonnant et orienter le cancre de la famille vers le métier adéquat, etc. Je m’adresse aussi à la classe politique et lui donne les idées qu’elle n’a pas. S’il m’avait écouté, Hollande aurait favorisé les métiers nouveaux que je lui propose et tenu son pari stupide.  Aujourd’hui, il est trop tard pour lui, mais pas pour vous. Puisque vous ne pouvez pas vous empêcher d’offrir des cadeaux de fin d’année, vous avez intérêt à y joindre le ticket de caisse afin que celui ou celle à qui vous l’avez offert puisse le rapporter au magasin. Comme toujours en retard d’une génération sur l’actualité, vous êtes sans savoir que plus de la moitié des cadeaux sont retournés sans être déballés. Vous éviterez donc de vous faire haïr pour une raison de plus, celle-ci très justifiée.
2/ Si vous ne savez pas quoi faire faute de force, d’argent, de courage, d’idées, faites comme lui : un discours.

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samedi 28 décembre 2013

LES DIEUX DU CIRQUE ET NOS CLOWNS

Les acrobates chinois nous fascinent. Les voltigeurs mexicains nous font trembler. Les magiciens hollandais nous laissent pantois.
Depuis la mort de Zavatta, la retraite des Achille Tonic, les clowns français, eux, nous font pleureur. De honte.
Ils ne sont pas au Cirque d’Hiver mais à Matignon, à l’Élysée, dans l’hémicycle. Ils plastronnent, éructent, discourent sur les estrades, dans les médias. Ils ne sont applaudis que par des partisans, des amnésiques, des fanatiques.
Depuis longtemps, ils nous stupéfient par leur impuissance, leur inertie, leurs rodomontades, leurs proclamations, leur indécence, leur prétention.
L’antépénultième, un grand mou farceur, jouait l’Auguste à ses débuts, faisait du vent, agitait les bras, pinçait les fesses des vaches, paradait, s’entourait de guignols qui faisaient peur aux enfants. Sur le tard, cramponné à la scène, il paradait moins, faisant du Marceau et à la fin quasi immobile, il tomba dans la statuaire et le rideau sur lui.
L‘avant-dernier ne tint qu’une saison. Sitôt en piste, il partit dans toutes les directions, voulut être un cirque à lui tout seul. D’abord clown blanc, il devint vite blême car, accueilli sous les vivats, il lassa, les hourras s’épuisèrent, faisant place au silence puis aux crachats. Se croyant polyvalent, il fit l’acrobate, le fil-de-fériste, le dompteur mais, le trapèze est périlleux, la corde raide et les fauves affamés. Trop pressé pour reprendre son souffle, se croyant dominant, même face au lion, il fit illusion tant qu’il eut la force de rebondir. Mais, à ce jeu-là, même un clown d’or s’épuise et il s’en alla au son d’un requiem peu triomphant.
Celui qui parade aujourd’hui n’est ni grand ni blême. Il est arrivé en force, soutenu par une claque très remontée. On allait voir ce qu’on allait voir, en avoir pour son bulletin, avec beaucoup de valeur ajoutée. Ni Auguste ni clown blanc, c’est un comique qui improvise, aime le burlesque, fait des promesses.
Hélas et patatras, elles sont intenables ! Lancées en l’air, comme dans une impro, elles retombent en morceaux, en lambeaux. Il jongle, mais avec le vent. Courageux, il lance des échappées belles, prend tous les risques, par procuration. Des spectateurs dégoûtés se bousculent aux sorties, d’autres, dépités mais stoïques, restent. Ils savent que, pas plus que lui, ils ne changeront. Cramponnés à leurs fauteuils, à leurs chaises, à leurs strapontins, ils n’en démordent pas. C’est l’artiste qu’il leur fallait, un intermittent avec, enfin, le premier rôle, un hallebardier, fin connaisseur des coulisses, qui s’éclate, mûrissant, en Rodrigue et peut réciter la tirade qu’il connaît depuis l’école du cirque. Il finira son numéro. Il fait des gags qui font pleurer, lance des saillies qui retombent sur lui, frappe le tambour, sonne la trompette pour battre le rappel. Prisonnier de son terre-à-terre, aveugle à ce qu’il voit, sourd à ce qu’il entend, il n’a pas vu les chinois en apesanteur, les mexicains voler dans les airs, les hollandais nous faire prendre leur gouda pour du fromage. Incapable, il entraîne dans son fiasco tous ceux qui lui avaient donné carte blanche et leur espoir.

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vendredi 27 décembre 2013

MISE AU POINT

Une précision à propos du portrait du jour d’hier : l’impénitent pêchait. Un lecteur me demande s’il n’allait pas plutôt recommencer à voler, à tuer, etc. plutôt que d’aller taquiner le goujon comme l’accent circonflexe semblait l’indiquer. Je confirme qu’il s’agit bien d’une fine gaule. N’étant pas son confesseur attitré, je ne me serais pas permis de l’accuser publiquement de turpitudes contre les commandements de l’Église, n’en sachant rien.

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QUESTION À UNE AMIE

Chère amie, la dernière fois que nous nous sommes vus, vous m’aviez assuré que vous ne manqueriez pas de m’envoyer des remarques, des critique, des observations sur ma production. Je suis inquiet de votre silence. Il n’y  a pas eu d’avis de disparition, d’annonce de rapt, de kidnapping, de suicide collectif dans le canton. Je m’interroge et me demande si :
-      vous n’en croyez pas vos yeux
-      les bras vous en tombent ;
-      vous êtes muette de stupeur ;
-      vous avez pris les jambes à votre cou ;
-      vous avez mieux à faire ;
-      vous n’y comprenez rien ;
-      on ne vous le fait pas dire ;
-      trop c’est trop ;
-      il vous en faut davantage.
Si c’est ça, je ne suis pas sûr de pouvoir. Merci quand même de rien.

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LA PLAINTE DU JOUR

Vous vous plaignez de ne pas dormir. Vous n’avez pas compris que votre sommeil est léger parce que votre éveil est lourd. Dominant, il veut que vous en profitiez pour être conscient d’être vivant et gagner ainsi du temps sur celui qui est perdu quand on dort ou qu’on est mort.

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jeudi 26 décembre 2013

LE PANÉGYRIQUE LE PLUS COURT JAMAIS ENTENDU

Ami, au moment où tu pars en fumée, je salue celui qui a su consumer sa vie jusqu’à la dernière seconde.
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LE PORTRAIT DU JOUR

Impénitent, il repêchait dès l’absoute.
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LA QUESTION DU JOUR

Un lecteur anonyme vous demande : « Pourquoi la Française des Jeux n’a jamais été condamnée pour vol en bande organisée ? ».
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mercredi 25 décembre 2013

OUI ET NON

À priori le choix est simple. Il est binaire, comme le feu au croissement, si on oublie l'orange (du marchand). C'est une ouverture-fermeture éclair. On peut, pressé, se contenter de la version officielle et discourir avec componction sur le thème comme il suit:
Oui ouvre une porte, satisfait une attente, une demande. Il comble un manque, un besoin. La vie se poursuit, facilitée. L'un est heureux d'avoir donné. Il se ressent généreux, bon, bienveillant, estimable. Sa propre estime grandit.
Non est son opposé. Il ferme une porte, clôt la discussion, crée une rancune, un passif. C'est l'attente déçue, l'espoir envolé, le rêve évanoui. Il sépare, divise, blesse. Vous vous épargnerez ce paragraphe en mettant le précédant au négatif. Trop tard.
Beaucoup de mots brefs, monosyllabiques en disent long. O et N portent cette particularité au plus haut niveau et peuvent éviter un discours, une explication, une logorrhée. Cela n'empêche pas qu'une conversation lourde de sens et riche de conséquences peut se limiter à ce qui est presque une onomatopée.
Si vous avez résisté à l'envie d'en finir avec la bûche de Noël ou d'en mettre une en chêne dans le poêle c'est que vous êtes prêt(e) à entendre la suite.
Si le blanc et le noir ont gardé leur couleur, il faut admettre que nos frères ennemis ont, eux, perdu de leur fraîcheur. La pollution n'esquinte pas seulement l'air, l'eau mais aussi les mots. Ils sont devenus très dépendants des circonstances et leur fiabilité de celle de l'émetteur(trice).
Par exemple, les idéologues, les idolâtres, les sectaires, les fanatiques disent Oui à leur folie et Non à la raison des autres. Ils espionnent, épient, surveillent, emprisonnent, torturent, tuent. D'autres moins radicaux mais à fort potentiel de nocivité se contentent de dire Non au bon sens et Oui aux décisions imbéciles. Ils font pousser les éoliennes, construisent des centrales atomiques, des autoroutes, es aéroports, font fuir les riches, découragent les entrepreneurs.
Ces Oui et les Non honteux existent depuis qu’il y a des lâches, des renégats, des traîtres, des collabos, des cons, c’est-à-dire, depuis toujours. Ils acceptent la reddition, la trahison, la compromission car ils y trouvent leur compte.
Le Non glorieux est aussi remarquable qu'exceptionnel. C'est celui qui refuse ce que la multitude accepte, adore par bêtise, paresse, formatage et qui, pourtant, est insupportable, intolérable, inadmissible. C'est un acte de foi, de courage. Il marque une opposition sans faille, une indignation. Il fait risquer l'opprobre, la mise au pilori, la prison, la mort. Il se décide au moment de le dire et nul ne sait s'il en est capable. Être un représentant Baudin n'est pas donné à tous (Il est mort en 1851 sur une barricade en s'opposant au coup d'État du Prince Napoléon, en disant: "Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs par jour").
Le Oui a plus d'avenir que le Non car il a toujours été le choix de ceux qui font avancer la science, la civilisation avec leurs inventions, leurs découvertes. Ils ne sont pas, comme les systématiques du Non, des opposants par principe à toutes les nouveautés, les évolutions, les révolutions. Les premiers, quand ils sont majoritaires, entraînent leur pays vers le progrès; les autres, comme chez nous, le font entrer en reculant dans le siècle.
On vient de voir que le Oui et le Non portent au lyrisme et entrent facilement dans la petite et la grande histoire. Ils ont une autre fonction cachée, un emploi permanent, discret, inaudible, jamais mis à leur crédit. Il est temps d'en parler.
Dans notre tête, le Oui et le Non jouent le rôle de 0 et 1, du + et du - dans l'ordinateur. Ce sont eux qu'ici et là règlent la circulation des données de l'information et permettent la communication. Tout ce que nous faisons est tributaire d'un arbitrage constant entre Oui et Non. On ne parle, lit, écrit, marche, travaille, pense que si une décision a été prise et maintenue. Tout changement d'activité obéit à une inversion et à son remplacement par un oui différent. Notre système nerveux héberge un centre régulateur qui envoie des ordres dont les effets paraissent instantanés. Tous ces oui-non microscopiques, débités en continu obéissent à un code éthique, politique inscrit à l'endroit où cohabitent l'âme, l'esprit, la raison, l'intelligence. Ils sont bien dans la boîte crânienne car ils disparaissent quand le cerveau est détruit, dégénère. Ses infimes oui et non deviennent explicites et s'expriment à voix haute quand le moment est venu de donner son accord ou d’exprimer son désaccord.
Le Oui et le Non sont donc sécrétés comme l'arbre donne un fruit, par le travail souterrain, secret, de milliards d'informations dont la balance dépend d'une entité mystérieuse, remplie des valeurs acquises au fil des années et qui tient sous sa dépendance la qualité de notre décision.

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lundi 23 décembre 2013

La Bêtise versus l’Intelligence a suscité les réactions auxquelles je m’attendais. Pour explorer plus profondément le premier terme de la proposition, je propose un approfondissement de la méditation sur ce thème éternellement d’actualité de la connerie dans le Dico sans queue ni tête à « C  comme Con » http://dicosansqueuenitete.blog.fr/2013/12/23/c-comme-con-17453325/
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Grâce à une indiscrétion, je sais que votre passé, hier soir, à 22h32, a été conjugué à l’imparfait. La réflexion philosophique, morale et théologique sur le Oui et son avatar, le Non, ne pourra être diffusée aujourd’hui comme prévu.

INTROSPECTION DE FIN D’ANNÉE

Si je regarde mon reflet, je vois une ombre qui me ressemble et me distingue des autres. Si je me concentre sur ce que je comprends de ce que j’entends dans ma tête, je reconnais des pensées obscures, qui s’ordonnent parfois en des idées plus ou moins claires. Elles donnent des avis et des ordres qui mobilisent et activent ce qui s’appelle la vie. Pour l’embellir, l’enrichir, la faire agir, il lui faut des impressions, des sensations, des sentiments. Elle en dispose car elle est prisonnière d’un corps adapté à sa fonction et qui a les instruments qui lui en donnent les moyens.
Avec le temps, l’enveloppe, se fripe, s’épuise. Les muscles se fatiguent après s’être tant contractés. Les articulations s’ankylosent après avoir tant fléchi. Les vertèbres se tassent et ne supportent plus l’échine à la verticale. Les yeux, après avoir tant vu et les tympans après avoir tant vibré, entrent dans le flou et ont besoin de béquilles. Le moteur qui propulse les globules devient poussif. Ils ralentissent aux croisements et les artères bouchonnent. Les neurones se raréfient. Des circuits se ferment. Les mémoires s’effacent. Les souvenirs s’envolent. Ils sont remplacés par des ruminations qui tournent en boucle.
À ce moment, l’ombre ne donne plus de reflet. Il n’y a qu’une absence et dans le crâne, seul le silence retentit. Il est temps de retourner à l’éternité et au néant.

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