Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 12 janvier 2014

DES VŒUX EXEMPLAIRES


Puisque vous êtes un mordu des vœux et que vous ne démordez pas de vos « bonne année, bonne santé », je vous propose une révolution culturelle, même si elle doit provoquer une révolte dans vos petites cellules grises. Cela devrait être :

« Cette année, j’ai décidé de changer de tactique et donc ma stratégie. Je passe à l’offensive. J’abandonne le souhait. Je donne des ordres. Mieux que des ordres qui ne sont pas toujours exécutés ni suivis d’effets, je vous dis ce que 2014 vous apportera.

Je suis allé à la source, voir Madame Irma, une devineresse, celle à qui je dois tout et que je vous prête pour une fois. Ce n’est pas une diseuse de bonnes aventures, une liseuse de la main, une boule de cristal ambulante. Non, ma madame Irma est une voyante. Elle voit l’avenir aussi bien que vous lisez hier dans le journal d’aujourd’hui.

Et qu’a prévu madame Irma pour votre année à venir ? Je vais vous le dire. Ce sera mon cadeau de nouvel An avec 12 jours de retard. Vous allez être gâté puisque en 2014 vous allez :

-      Avoir une conversation très intéressante avec une personne qui va vous apprendre beaucoup ;

-      Prendre enfin le temps de réfléchir au problème qui vous agite depuis toujours. Après cet effort, vous trouverez une solution satisfaisante qui vous permettra de dormir tranquillement et d’être frais et dispos pour la journée ;

-      Éviter un accident qui, s’il s’était produit, aurait raccourci de façon intempestive l’année en cours ;

-      Apprendre par une indiscrétion que la mauvaise opinion que vous avez de vous n’est pas partagée par une proche en qui vous avez confiance. Votre pessimisme sera très amputé par cette bonne surprise et votre confiance en vous-même va être revigorée durablement ;

-      Trouver dans les soldes - et à un prix très intéressant – ce qui vous faisait envie depuis si longtemps ;

-      Réussir les recettes que vous ratiez habituellement car vous allez changer de livre de cuisine et votre cuisinière électrique pour une au gaz ;

-      Prendre l’habitude d’arrêter d’écouter votre horloge intérieure et suivre plutôt les bons conseils de ceux qui savent;

-      Globalement, madame Irma a constaté – et je suis jaloux – que 2014 n’aura pour vous que du beau, du bon, du bonheur. »

P.S. 1. Ce discours peut servir plusieurs fois. Il est assez souple pour s’adapter à qui vous voulez. Vous ajoutez ou retranchez à votre convenance.

P.S. 2.- Madame Irma dégage toute responsabilité dans le devenir de ses prédictions car elle n’a pas les moyens de payer un avocat. Sa fiabilité dépasse cependant celle de la météo nationale.


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NOS GRANDES ÉCOLES MOINS UNE


L’école des mines est une école valeureuse qui forme des démineurs courageux.

L’école des Arts et Métiers est une pépinière d’artistes et d’artisans d’une qualité qui fait plaisir à voir.

L’école polytechnique est polyvalente et rend excellent dans les chiffres et les lettres.

Les innombrables écoles de commerce fabriquent des cohortes de commerciaux et de commerciales qui savent vendre aussi bien les vessies que les lanternes.

Et, malheureusement, nous avons l’école des Sciences Politiques qui ne sert à rien ou à mal puisque la science n’étant pas politique, elle n’est ni de droite, ni de gauche, ni même centriste. Quand elle est inféodée à une idéologie, cela donne Lyssenko et la biologie et la génétique soviétiques dirigées pendant 30 ans par un fou.  

Et tout aussi bien la politique n’est pas une science car celle-ci ne supporte qu’une vérité pure et dure. Elle n’est pas une opinion, une inclinaison, une construction, une religion, une illusion, une prétention, un mirage. Les pauvres élèves en sortent tout déformés et feront de très bons politiciens sachant parler pour ne rien dire, pleins d’idées fausses sur les vrais problèmes, se prenant pour les savants d’une science qui n’existe pas.



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samedi 11 janvier 2014

LE CONTE DES MÉCOMPTES


Une source habituellement bien informée communique, sous toute réserve, le bruit qui agite les milieux concernés. Le gouvernement, dans son effort courageux d’assainissement des dépenses publiques et de justice fiscale a décidé de supprimer les aides à la presse et de remonter leur TVA au niveau commun. En butte à un effondrement de leurs recettes publicitaires et à la fuite des lecteurs, ces décisions vont obliger le Figaro, Libération, le Monde, à une recapitalisation massive. Les propriétaires actuels, échaudés par leurs pertes colossales, ont manifesté depuis longtemps leur volonté de se désengager de ce secteur économiquement devenu non viable. Messieurs Dassault, Rothschild et Pégasse, Neel, Bergé sont prêts à céder la place à des investisseurs courageux et fortunés. Heureusement ils existent et viennent de se manifester. C’est là que la surprise est grande puisqu’il s’agit d’un basculement politique, idéologique, un changement de paradigme. Tous les repreneurs sont des français d’origine arabe et de confession musulmane.

1/ Monsieur Afif M. créateur d’une chaîne de restauration rapide basée sur le kebab, le couscous et la pâtisserie moyen-orientale (dont les 3000 franchises régalent tout le bassin méditerranéen et qui s’attaque maintenant aux rivages de la mer du Nord), a fait une offre de rachat du Monde très alléchante. Pas de licenciement, remboursement de la dette, liberté de la rédaction, monsieur Dreyfus pourra rester président du directoire.

2/ Monsieur Afzal-A. K., président directeur général de la banque franco-arabe du Golfe persique, français de longue souche (son père, engagé volontaire, a fait la guerre d’Indochine après avoir été tankiste dans la 2ème DB). Polytechnicien, énarque, inspecteur des finances, il a crée la banque en 1988, après avoir longtemps travaillé chez Goldman Sachs. Il en a fait l’interlocuteur privilégié des émirats du Golfe et sa banque est devenue, sous son impulsion, la première puissance financière de la place de Paris. Il se dit prêt à sauver Libération après le retrait de Monsieur de Rothschild. Là encore, il assure vouloir relancer le titre, procéder aux investissements nécessaires et redonner confiance aux journalistes dans la direction et l’avenir de leur journal.

3/ Enfin, une troisième personnalité bien connue du monde industriel, beaucoup moins du grand public, complètement ignorée des médias. Monsieur Charif B., petit-fils de harki, son père avait su lui donner les armes morales et intellectuelles pour créer l’empire industriel qui en a fait l’un des hommes les plus riches d’Europe. Il propose aujourd’hui à monsieur Dassault de racheter le Figaro, lui aussi victime de la récession du secteur.  Des assurances ont été données à la rédaction qu’aucune pression ne sera exercée sur elle et que le changement de propriétaire laissera le Figaro fidèle à sa devise.

On attend  la réaction du gouvernement à ce bouleversement possible dans la capitalisation de nos trois médias nationaux. 


Affaire à suivre

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vendredi 10 janvier 2014

MON IDÉE DU JOUR

Je sais comment devenir riche : je mets ceux qui ont du temps à perdre ou qui ne savent pas quoi en faire (les retraités, les chômeurs, les figurants du travail) en relation avec ceux qui courent après, n’en ont pas assez pour tout faire. Ils échangent leur temps. Tout le monde est content et moi je prends mon pourcentage au passage.

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LE CONSEIL DU JOUR

Puisque pour aller au bout de l’infini il faut une éternité, prenez le temps, avant de partir, de régulariser votre situation et d’expédier les affaires urgentes.

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mercredi 8 janvier 2014

RÉSUMÉ DES CHAPITRES PRÉCÉDENTS


Personne ne connaît la date de l’origine des malheurs du monde ni ses causes. Les paléontologues et les archéologues fouillent le sol, les généticiens interrogent le génome à la recherche d’un croisement d’un hominidé avec un lémurien bête et méchant. Seuls les théologiens ont, dans le passé, donné une explication ex-cathedra dont le lyrisme poétique est aujourd’hui reconnu à sa vraie valeur.

J’ai une opinion sur le sujet et comme  la liberté de penser est en sursis précaire je me dépêche de l’exposer et d’ajouter aux chapitres précédents celui d'aujourd’hui, où la constipation des sentiments et son commensal, le mépris, sont à l’œuvre dans le monde du travail.


LES AVATARS DE L’ADOLESCENCE


Ou l’origine des malheurs du monde

CHAPITRE X


LE MONDE DU TRAVAIL



La lutte des classes, les conflits syndicaux sont les champs d'action d'antagonismes dont l'émergence, le développement ont les mêmes origines. L'identification des partenaires au schéma traditionnel est facile. D'un côté, les salariés revendiquent - selon les cas - une amélioration des conditions de travail, une réduction de sa durée, une augmentation des salaires et, parfois formulée, toujours sous-entendue, une juste prise en considération de leur rôle afin de ne pas être relégués au rôle d'une force de production à laquelle on n'explique pas les orientations, les projets, les résultats. Ils souhaitent en général être associés aux décisions qui mettent en jeu l'avenir de l'entreprise puisque leur vie professionnelle en dépend. Ils représentent donc des hommes, des femmes en situation de demande. Leurs positions sociale, culturelle, sociologique les placent face à d'autres hommes et femmes dont le pouvoir issu d'une hiérarchie et concrétise par des salaires, des responsabilités, des diplômes est supérieur. Si nous gommons les âges, les lieux, les discours et leur vocabulaire obligé, les piquets de grève, les séquestrations, les charges de C.R.S., les négociations, nous retrouvons la situation de parents confrontés aux demandes d'argent, de vacances, de sorties ou plus simplement de compréhension de leurs adolescents. Il est parfois difficile de décider qui a tort et qui a raison. L'exigence peut être excessive, irrecevable si l'argent fait défaut dans la famille. L'adolescent est déraisonnable dans ce cas de réclamer plus que ce que l'on peut lui donner. Cependant s'il ne connaît pas l'impécuniosité du père parce que celui-ci n'a pas pris la peine d'expliquer au fils ses difficultés financières et a fortiori si ce dernier voit que de l'argent est gaspillé pour des dépenses somptueuses, superflues, sa révolte est légitime. Ce canevas et ses variantes sont souvent à l'œuvre dans le début d'une grève.

Le patronat n'a pas réussi, même dans sa forme de S.A.R.L., à éliminer de son comportement sa racine patriarcale. Il en a conservé des réflexes, des mentalités, des certitudes qu'il modernise, poussé par la nécessité plus que par l'envie. Même l'exemple d'autres pays où un changement de comportement a débloqué le dialogue social, où le patron a compris que sa dignité et son bilan financier faisaient bon ménage avec une juste considération des syndicats dont il fallait favoriser le développement, n'a pas suffi, chez nous, à l'abandon d'habitudes venues d'un autre âge. Son bilan est le même dans une famille où les parents imbus de leurs prérogatives ne prennent pas en considération les besoins multiples et nouveaux qui assaillent leurs adolescents. La rancune peut s'accumuler et s’exprimera sous une forme ou une autre tout au long de la vie; elle peut jaillir et exploser à la face des parents éberlués, confits dans leur bonne foi, inaugurant un cycle de relations détestables dont personne ne sortira indemne.

Cette tétanisation des partenaires sociaux sur des positions irréductibles n'est pas que la réactivation d'un antagonisme parents/adolescents. Le mépris joue son rôle. Inavoué car obscène, il conditionne aussi, cachée derrière les bonnes raisons financières, la position du patronat. L'appareil d'État est peu disposé, lui, pour les mêmes raisons, sauf quand l'urgence le contraint, à imposer une justice sociale qui l'obligerait au même réajustement pour ses propres agents.

Le refus de relever de quelques pourcents un salaire proche du salaire minimum signifie que la direction estime que l'ouvrier est justement rétribué et qu'il n'y a pas lieu de l'augmenter. Ce salaire représente une fraction de celui du PDG (parfois le millième) et des cadres supérieurs qui décident de la politique salariale. Le traitement est le reflet de la valeur. La décote du salaire du salarié de base ne fait que refléter la prétendue différence de valeur entre les deux hommes.

L'art de vivre des dirigeants (distraction, appétit culturel, habitat, voyages) ne peut se satisfaire d'un salaire voisin du SMIC. Il doit nécessairement être à la mesure de leurs besoins. Mais que feraient, semblent-ils penser, d'une telle somme, des besogneux, habitués à se satisfaire de choses simples, sans goût raffiné et dispendieux?

L'orgueil d'appartenir à une caste supérieure et d'avoir conquis une telle situation est flatté, à la fois par le pouvoir de l'argent et le pouvoir de décision.

La dialectique essaie de masquer cette réalité. Elle ne cache pas le mépris que suppose un tel cynisme vis-à-vis de ceux qui sont considérés comme des sous-hommes.

On revit au 21ème siècle la situation du manant face au seigneur. L’un vivait dans le luxe, l’autre survivait dans la misère. Aujourd’hui ce n’est pas la particule qui fait la différence mais l’éducation, le diplôme, l’orientation. À l’arrivée, l’opposition entre celui qui a le pouvoir et celui qui le subit est aussi forte, aussi radicale et se manifeste avec la même férocité, le même mépris et les mêmes conséquences. La fraction qui a les clefs fixe elle-même le prix de sa domination avec des salaires qui sont ceux qu’avaient les princes, se rétribuent en prébendes, en passe-droits, en parachutes et retraites dorés, en avantages en nature, en stock-options, en droit à l’impunité. Elle le fait car elle méprise ceux qu’elle exploite sans se soucier de l’image qu’elle donne, sans s’inquiéter du prix qu’elle aura, un jour, à payer.


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L’HOMME, CET INCONNU

Homme, animal à sang chaud, appartenant à l’espèce des hominiens. Il y a longtemps, un observateur avait trouvé qu’il se distinguait du raton laveur car, à l’inverse de ce dernier qui n’a jamais pu compter que sur lui-même, il était doué de raison. Récemment, un autre observateur a mis en doute l’affirmation d’Aristote car il a noté un comportement jamais observé chez le raton laveur : il buvait sans soif, dépensait sans compter, mangeait sans faim, parlait sans réfléchir, courait sans but.  
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LE BONHEUR DES UNS, LE MALHEUR DES AUTRES


Quand les plaisirs conjugaux s’épanouissent dans le bonheur familial, les parents sont heureux et font beaucoup d’enfants.
Quand le fiasco conjugal fait éclater la bulle domestique  et provoque la décomposition familiale, les parents sont malheureux et on espère qu’ils n’ont pas d’enfant.


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mardi 7 janvier 2014

CONFÉRENCE DE FIN D’ANNÉE


Dans le cadre de son Université d'Hiver, l'Association des Extrêmes a le plaisir de vous transmettre la séance de clôture.

Le président a présenté l'orateur:

"On ne présente plus Dancharr. Quoique inconnu du grand public, connu d'une poignée d'internautes héroïques, il a révolutionné trop de domaines de connaissance pour que je puisse en faire la liste. Vous ne serez donc pas surpris de ce que vous allez entendre aujourd'hui. Comme moi, vous êtes impatients de connaître sa nouvelle découverte. À sa mine réjouie, son œil gourmand - qui n'empêche pas un air débonnaire - je pressens le pire. À vous cher maître". 

"Merci, cher élève.

Bébés, bébêttes, gâteux, gâteuses, bonsoir ami-is, ami-es. Merci d’être venus de si loin si nombreux malgré l’absence de chaises dans ce lieu insalubre. Je vous espère bien calés dans vos berceaux, bien harnachés dans vos fauteuils roulants. Je demanderai aux accompagnateurs de brancher leurs sonophones au maximum car les ricanements stupides des uns, les hurlements frénétiques des autres risquent de leur faire perdre l’essentiel du propos. Ce serait dommage, j’aimerais que, le calme revenu, vous puissiez leur répéter ce qui va suivre. Il devrait les intéresser car je m’adresse à eux.

Vous vous rappelez mon message au monde du 26 août 2008. J’y déclarais que le sol de la terre avait commencé à se retirer du dessous de nos souliers pour s’enfoncer dans sa profondeur. Le rythme de ce retirement en lui-même était lent mais perceptible dès lors que l’on voulait bien regarder où l’on mettait les pieds. Un observateur indépendant avait apporté un démenti formel à la dénégation unanime qui avait salué cette découverte retentissante et conduit à la déconfiture le professeur Joyeux de si triste mémoire.

Cela appartient désormais à l’Histoire. Elle continue, indépendamment du reste, poursuivant inexorablement son avancée dans la nuit des temps.

Obstiné, opiniâtre même, si le mot n’était pas si laid malgré ses deux i, je poursuivais ma recherche, bien décidé à ne pas rester où j’étais arrivé, en digne héritier de la lignée de ceux qui gisent place du Panthéon.

Pas plus tard qu’hier soir, alors que je me demandais ce que je pourrais bien vous dire, mes calculs aboutirent. L’équation à inconnues multiples et à la virgule flottante que j’avais mise au point avec l’aide technique d’un employé au noir de l’IPIOP accoucha enfin de la révélation ultime qui allait révolutionner le futur immédiat des uns, lointain des autres.

Non seulement la terre s’enfonçait mais elle tournait plus vite. Ce que ma fine connaissance des lois de la gravitation, ma compréhension absolue de celle de la relativité m’avaient fait pressentir était avéré : soumise à la même attraction du soleil mais son volume et son poids réduits sous la pression dévorante de son trou noir intérieur, la terre, notre Terre, la vôtre par conséquent, est en train d’accélérer la vitesse de sa rotation. Le mal - ou le bien, l’avenir le dira - serait négligeable si cela se limitait à son tour sur elle-même mais sa circumnavigation autour du soleil prend aussi de l’avance.

Je sens que le temps presse, l’heure de changer les langes et les couches approche. J’ai bientôt fini – ouvrez les portes pour aérer, s’il vous plaît, car non seulement je peine à m’entendre mais respirer devient difficile.

Donc, non seulement la terre tourne de plus en plus rond mais elle s’effondre de plus en plus vite. Avec les fonds des fonds pourris qui s’évanouissent, de plus en plus de gens constatent qu’avec leur argent envolé, le sol se dérobe à son tour, leur équilibre moral, financier, économique et politique est de plus en plus branlant.

J’avais lancé un cri d’alarme, j’entends des cris de détresse qui montent de partout. Que faire ? Que dire ?

- Ne plus demander l'heure à l'horloge atomique de Greenwich village, mais n'interroger que votre horloge intérieure.

Voyez le bon côté des choses :

- Les jours, l’année vont raccourcir ;Le temps va couler plus vite ;

- L’enfance va durer un instant ; Il y aura moins de temps perdu en classe à s’ennuyer. L’adolescence sera finie avant de commencer. Une crise en moins !

- Entre le début de la vie active et la retraite, il faudra seulement se presser, perdre un peu moins de temps en RTT, en week-ends prolongés et en repos compensateur.

- Enfin, gâteux, gâteuses, votre temps mort sera raccourci et vous profiterez plus vite du repos éternel, vous l’avez bien mérité.

- Conséquence imprévue mais prévisible, les centenaires en 2100 ne se compteront plus en millions mais en milliards.

Voilà, j’ai dit l’essentiel. Rentrez vite dans vos mouroirs, vieux décatis, dans vos nichoirs, jeunes poussins.

Soyez contents, l’année durera moins longtemps ».  



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LA QUESTION DU JOUR


Pourquoi mon chat a une vie de pacha et le vôtre une vie de chien ?
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lundi 6 janvier 2014

LA QUESTION DU JOUR

Un criminel qui confesse son crime reçoit l’absolution et ira au paradis.
Un criminel qui avoue son crime est condamné à l’enfer de la prison.
L’erreur judiciaire, est-elle divine ou humaine ?
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SURPRISE SURPRISE

Je parlais l’autre jour au café du commerce avec mon voisin qui m’a sorti une longue de comptoir : « Il y a finalement pas grande chose qui fasse plaisir dans la vie en dehors de mon blanc-cassis, de la crème au chocolat et de l’omelette norvégienne et, bien sûr, des bonnes surprises. Le problème avec elles, c’est qu’elles sont rares et que je connais surtout les mauvaises. Elles remplissent les journaux, les caveaux, les hôpitaux. Il y a : le tremblement de terre, la tornade, l’incendie, l’inondation, l’accident, et sa variante mineure l’incident, la mort subite, l’explosion, le holdup up, l’électrocution, l’hydrocution, la chute, la crevaison, l’entorse, la fracture, la crise (de goutte, asthme, hoquet, épilepsie, nerfs), le coup (sort, grâce, dur, fourré, Jarnac, grisou, tonnerre, lapin, Trafalgar), le choc, la fuite (eau, gaz, notaire), la grève surprise, le K.O. (pour le perdant), la panne (des sens, d’essence, électricité, gaz, chauffage)… ».
- « Vous n’en auriez pas quelques bonnes pour changer ? »
- « De celles qui éclairent, illuminent ? Ça doit pouvoir se trouver :
-      celle du Chef fait toujours plaisir car on ne s’y attend pas, c’est la cerise sur le gâteau ;
-      la grâce présidentielle ;
-      le billet gagnant ;
-      le tiercé dans l’ordre (ou encore plus fort le quarté ou le quinté) ;
-      la fin de la grève (surprise) ;
-      le K.O. (pour le gagnant) ;
-      la baisse des impôts, du chômage, la démission d’un incapable, on peut toujours rêver.
Je suis assez court sur les bonnes surprises car les heureux surpris qui me les ont racontées ne sont pas nombreux. Je désespère pas d’en être victime un jour et je vous préviendrai dès qu’elle me sera arrivée ! »
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dimanche 5 janvier 2014

DANS LA SÉRIE « ILS SONT FORTS »


À la demande pressante d’un chauvin primitif, d’un patriote hors d’âge et d’un nationaliste primaire, nous clôturerons notre série « Ils sont forts » par les plus forts de tous : les Français.
 
Ils mangent bien car ils ont de bons cuisiniers qui leur font une bonne cuisine.
Ils boivent bon car ils ont de bons vignerons qui leur font des bons vins.
Ils ont des bons fromages car leurs vaches, leurs chèvres et leurs brebis leur font du bon lait.
Ils savourent des bons gâteaux car leurs pâtissiers font de la bonne pâtisserie.
À l’exception de ceux qui ont viré à l’American way of life and death, les Français sont les artistes de l’art de vivre, une école réputée par son bon goût, son savoir faire, ses bons produits. Le monde entier envie le French paradoxe. Il est sa seule exception culturelle qui mérite la grande croix de la légion d’honneur.
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DANS LA SÉRIE IL Y A

Des gens qui pensent qu’il suffit d’avoir :
·         un bon volant pour avoir une bonne conduite ;
·         un bon dico pour avoir un bon vocabulaire ;
·         une bonne raquette pour avoir une bonne frappe ;
·         un beau stylo pour avoir une belle écriture ;
·         une grande taille pour être un grand homme ;
·         une bonne mine pour être en bonne santé ;
·         et se dire fils de Dieu pour mériter le ciel.
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LE CONSEIL DU JOUR

Vous, monsieur qui avez, ce matin, raté votre train, essayez de ne pas recommencer demain. Ça deviendrait une habitude.
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samedi 4 janvier 2014

ILS SONT FORTS LES AMÉRICAINS

Ils sont si riches qu’ils ne comptent pas leurs pauvres.
Ils consomment tant (drogues, pizzas, hot-dogs, donuts, coca-cola, armes, avocats) que, malgré leur richesse, ils vivent à crédit.
Ils vénèrent tellement le dieu dollar qu’ils adorent les riches.
Ils sont si fiers d’être américains qu’ils croient être leur meilleur produit à l’exportation.

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VOTRE PITIÉ S.V.P.


La glace en fondant subit une terrible épreuve. Elle perd, avec sa température, sa consistance, sa couleur, sa splendeur. Elle se fissure, se dégrade et finit, lamentable, en flaque.
Si c’est un cube qu’on arrache à la douce froideur du freezer pour rafraîchir le whisky, elle prend la double peine. Sa pureté se dissout dans le vice.
Son sort est aussi tragique si c’est un iceberg détaché du glacier et tombé dans la mer. Il part à la dérive, tiré par les courants, poussé par le vent. Miné par le Gulf Stream, tel un morceau de chocolat dans le beurre et le micro-ondes, il se dissout dans son eau tiède et disparaît à jamais. Il ne laisse aucun souvenir, lui qui avait mis des siècles à se construire, hiver éternel après hiver éternel.
La glace de tous les glaciers coulera au fond des mers quand les calories auront fini de gagner la guerre qu’elles ont lancée contre les frigories. Alors les mauvais génies, prisonniers sous la carapace de glace qui écrasait les pôles, seront libérés et on verra ce qu’on verra.

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LE PORTRAIT DU JOUR

Spartiate, il vivait de peu.
Sceptique, il croyait à rien, doutait de tout.

Stoïque, il relevait la tête quand les autres courbaient le front.
Cynique, il se disait heureux, content, repus et se moquait des philosophes, des vicieux, des vertueux.
Il condamnait les uns à la faillite, les autres au suicide.

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vendredi 3 janvier 2014

ILS SONT FORTS CES SUISSES

Ils concentrent le lait pour l’entuber.
Ils remplissent de trous d’air leurs fromages.
Ils s’enrichissent avec l’argent des autres.
Ils restent en paix pour profiter de la guerre.
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L’AMI NUMÉRIQUE

C’est le plus récent, l’ami à la mode. Sans façons, il s’invite dans la conversation, donne son avis sur votre opinion, la corrige, vous rebondissez. Le débat, à peine entamé, tourne court. Vous avez beau relancer, faire l’intéressant, jouer à l’intéressé. Il joue ailleurs. Ce n’est pas grave, il est jetable. La concurrence est redoutable, l’ami numérique nouveau est arrivé. C’est madame Bodin qui me l’a présenté quand, l’autre jour, elle en parlait à son fiston. Comme moi, il ne le connaissait pas. Il faisait le marri tout étonné. Grâce à « Face-de-Bouc », expliqua-t-elle, elle a plein d’amis « round the world », même un grand noir dans une maison blanche. Elle en a beaucoup d’autres. Elle ne les a jamais vus, ne leur a jamais parlé, elle ne sait d’eux que ce qu’ils en disent. On entre, on s’inscrit, le réseau vous accueille et on joue à l’ami. Finie la solitude, bienvenu dans une société virtuelle peuplée de créatures de rêve, débarrassé de toutes les tares viscérales qui rendent si détestables les amis véritables. Quel bonheur de s’afficher sans complexe, sans scrupule pour le plaisir de communiquer, vite, loin, dans un échange si intéressant, si intime qui en dit long sur qui on voudrait être. En résumé, avec l’ami numérique dernier cri, on parle dans le vide, d’une façon qui nous ressemble.
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