Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 21 janvier 2014


Ceux qui ont érigé la paresse en droit fondamental ont compris, avant le reste du monde, qu’elle était une défense naturelle contre la fatigue musculaire et cérébrale. Une politique de prévention éthiquement opposable passait logiquement par un encouragement au développement du repos, du farniente, du chômage et la disparition programmée des efforts productifs, principale source des maux déjà dénoncés.

Il leur faut décourager par tous les moyens les efforts désespérés des voyous qui ne se lassent pas de faire des offres d’emploi pour s’engraisser de la fatigue des travailleurs et des travailleuses réduits au travail. Ils ne triompheront pas de ceux qui offrent des vacances pour profiter des congés payés et évacuer une énergie qui n’a heureusement plus à s’employer ailleurs car trop fatigante.

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AU TRIBUN INCONNU


En ce jour qui restera unique dans les annales du temps, nous rendrons hommage au tribun inconnu qui, le premier, occupa une tribune libre.

Il fut celui qui osa, enfin, défier le conservatisme borné, hérité d’habitudes ancestrales et qui paralysait les arts, les lettres, la science.

Considérée par la pensée dominatrice comme irrespectueuse, insignifiante, incorrecte, intempestive, la tribune libre a fourni depuis toujours aux intelligences supérieures, aux esprits éclairés, aux inventeurs, le moyen de libérer l’humanité de la peur, des archaïsmes, de la bêtise.

Saluons donc, en ce jour mémorable, les tribuns libres qui ont instruit, appelé à la révolte, appris à respirer, à vivre.

Il y a des tribunes libres qui retentissent encore et pour toujours :

-      Le sermon sur la montagne ;
-      Le cri d’Antigone ;
-      Le désespoir enragé de don Diègue ;
-      La trahison des clercs ;
-      Les animaux malades de la peste ;
-      Le « J’accuse » ;
-      Français, encore un effort ;
-      Le discours du roi ;
-      L’appel du 18 juin 1940 ;
-      Le discours de Malraux ;
-      Le chant des partisans.

Un autre jour, nous parlerons, pour n’en dire rien de bien, des tribunes prisonnières des politiciens, des idéologues, des sectaires, des tartuffes et d’où ils tiennent des discours, font des sermons, lancent des harangues, des diatribes, pour nous soumettre, nous mentir, nous trahir.


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LE CONSEIL POUR DEMAIN

Compte tenu de l’état des lieux, de la situation du moment et des perspectives d’avenir, il faudrait consolider les fondations, installer une climatisation et renforcer l’isolation.

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lundi 20 janvier 2014

Une fois de plus, vous avez raison, vous auriez tant à dire si vous n’aviez pas tellement à faire et que vous eussiez le temps d’y penser.

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AU BONHEUR DES DAMES

Il marchait lentement ;
il réfléchissait longuement ;
il mangeait tranquillement ;
il parlait calmement ;
il attendait patiemment ;
il regardait placidement ;
il avait un surnom qu’on peut lire dans le titre.
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L’INVENTION DU SIÈCLE À VENIR, DISPONIBLE DÈS AUJOURD’HUI


Un fameux prix Nobel de médecine physique vient de lever le voile sur sa dernière invention : la douche à sec pour les hydrophobes, ceux qui n’aiment pas se mouiller ou qui ne veulent pas s’essuyer.


Concept : il s’agit d’une douche en circuit fermé, recyclable aux étonnantes propriétés : nettoyage en profondeur de la peau avec désincrustation des taches, points noirs et aux saletés visibles et invisibles. Une fonction ponçage concomitante est associée gratuitement.

Description et mise en œuvre : l’ensemble fonctionne sur secteur, batterie ou courant continue 12 V par cellule photovoltaïque.


La douche peut être fixe et remplacera celle existante. L’encombrement est le même. Il existe un modèle mobile dépliable, la partie technique miniaturisée tient dans un attaché-case. Il est destiné aux gens qui voyagent.


Principe : L’eau est remplacée par un courant enveloppant circulaire d’une poussière de pierre ponce issue des retombées d’un volcan islandais encore en activité et éloigné de toutes sources de pollution.


Le jet d’air à la température du corps propulse, à la vitesse adéquate, un courant de poussière calibrée en fonction de la finesse cutanée et de la tendreté de la chair. Il provoque une dermo-abrasion contrôlée pour enlever la première couche des cellules mortes de l’épiderme et avec elle toutes les cochonneries récoltées durant la journée (et la nuit) ainsi que la sueur, les mauvaises odeurs, les poussières de la rue, de la maison, les poils du chat, du chien, des souris, les acariens mangeurs de peau morte, etc.

La poudre abrasive, après son action épurative est éliminée par une ventilation-aspiration. Elle subit un nettoyage accéléré avec tamisage, passage dans un bain d’enzymes protéolytiques qui la débarrasse de tous les éléments organiques récoltés. Ultime traitement : un passage sous une rampe de micro-ondes provoque la stérilisation complète de la pierre ponce en poudre qui est prête pour un nouveau cycle.

Des options complémentaires ont été ajoutées pour satisfaire les cas particuliers.

Les peaux salies par des matières grasses particulièrement rebelles auront intérêt à prendre le modèle spécial peaux oléagineuses. La poudre subit l’enrobage d’un détergent biologique dermo-compatible. Le modèle concerne en particulier les charcutiers, les mécaniciens auto et poids lourds et, bien entendu, les adolescent(e)s acnéiques ou comédoneux.


Ceux qui ont la nostalgie de vacances en Laponie choisiront l’option sauna.


Après la douche sèche classique, une ventilation d’air chaud (sec ou humide) d’une température et d’une durée adéquates sera suivie, si vous le souhaitez, d’une immersion rapide dans un air à 0°C qui vous rappellera votre plongeon dans l’eau glacée du lac.


Avantages : Ils sont multiples et incomparables :


Elle économise l’eau de qualité devenue rare, donc précieuse. Celle que vous utilisez pour vos ablutions habituelles est celle du robinet. Elle est pour 99% de l’H2O mais son reste est constitué de métaux lourds, de pesticides, de sulfates, de nitrates et, dans certaines régions plus agricoles que d’autres, de lombricides, d’herbicides, des fongicides, insecticides, etc.. Tous ces produits allergisants, cancérigènes, stérilisants, remplacent sur votre peau ce que le courant d’eau a enlevé et pénètrent lentement dans votre corps. Bonjour les dégâts. Avec l’invention du père Nobel, tout cela appartient au passé. Vous trouverez cette peau de velours, celle dont vous avez rêvé et que vous n’avez jamais eue.

Dépêchez-vous de passer commande. Il n’y en aura pas pour tout le monde !



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dimanche 19 janvier 2014

MAUVAIS PERDANT

Il avait toujours fait la course en tête par orgueil, esprit de chef, sens de l’honneur, goût des honneurs. Le jour où il arriva deuxième, il refusa de le croire, ne se reconnut pas dans le perdant qu’il voyait dans la glace. Furieux d’être pris pour un autre, il se jeta par la fenêtre, dans le vide, certain, cette dernière fois, de ne pas être rattrapé.

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LE CONSEIL DU JOUR

Vous avez le cœur bien accroché sur la main ; la tête froide sous le bonnet ; l’humeur joyeuse et de l’humour à revendre, le sang chaud et les nerfs solides : vous avez raison d’être content de vous. Surtout, ne changez pas.

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L’HOMME PROVIDENTIEL

Si vous êtes fidèle à vos idées, à votre amour, à vos amis ; si vous êtes honnête, courageux, travailleur ; si vous n’aimez pas les hypocrites, les paresseux, les courtisans, les menteurs, les sectaires, les fanatiques, vous êtes l’homme qu’il nous faut, celui de la situation, celui que l’on attend, dont la France a besoin : devenez Président.

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samedi 18 janvier 2014

LEUR VIE EST BELLE

Ils la passent :
  • à manger des cochonneries ;
  • à boire des saloperies ;
  • à regarder des idioties ;
  • à lire des inepties ;

mais, heureusement pour eux, ça dure pas longtemps car ils s’ennuient à mourir.

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LA PSYCHIATRIE POUR LES NULS


Vous connaissez assez bien la neurologie et savez ce qu’est un réflexe. Pas la peine de s’y éterniser. Par contre, la psychiatrie, c’est terra incognita. Il est temps d’y palier pour éviter d’y tomber. Il y a des mots, des termes incontournables, même dans une conversation de café du commerce. On se bornera dans ce premier chapitre à quelques définitions de base.

Paranoïa.


C’est la défiance systématique des autres et qui peut aller pour les plus extrémistes à la peur de soi.

Schizophrénie.


C’est la cohabitation de deux personnalités divergentes. D’où des problèmes de Copropriété.

Maniaco-dépression.


Là encore– mais seulement en alternance – on a un problème de cohabitation avec la succession d’une vision en noir de la réalité alors que la normalité dirait qu’elle est seulement grisâtre.

Elle provoque une tristesse pouvant atteindre des degrés extrêmes et insoutenables entraînant une fin regrettable mais considérée par certains psychiatres comme naturelle. Mais l’humeur heureusement changeante, bascule ensuite vers l’euphorie, l’agitation et un activisme qui peut être fatigant pour lui et l’entourage.

Le T.O.C.


Ou trouble obsessionnel compulsif. C’est amusant seulement quand on en parle. Quand on en subit un, c’est épuisant de passer son temps à se laver les mains, à compter ses pas, à vérifier si on a fermé le gaz, l’électricité, la porte, le portail,. Si vous avez un T.O.C., ça se soigne et ça peut même guérir.

Hystérie.


Se conjugue surtout au féminin mais depuis que l’incertitude règne sur le partage des sexes, se voit aussi au masculin. C’est une situation qui peut être embarrassante quand elle s’exprime de façon spectaculaire. Sa forme habituelle et discrète, familiale, acceptable et le plus souvent ignorée.

Le psychorigide.


Décrié et à réhabiliter! On le décrit comme la statue du commandeur : brut de décoffrage, confit en certitude, incapable de changer d’idée, n’en démordant pas, etc. Il n’est pas dans l’air du temps le psychorigide. On lui préfère le mollasson, l’indécis, la girouette, le consensuel, l’homme de cour, habile à suivre le vent, à signer le compromis. Le psychorigide, quand il est intelligent et de bonne moralité, peut devenir une grande figure s’il a une certaine idée à défendre, s’y tient, combat pour elle. C’est alors un chef, un leader, un homme ou une femme d’État. Désavoué, il démissionne, fidèle à son idée, la seule, la bonne, indifférent à celles des autres, interchangeables, miscibles, périssables, négligeables.

Il est dangereux quand son idée est mauvaise et son fond pourri. S’il devient empereur ou dictateur, c’est la catastrophe. Malheur à ceux qui ne partagent pas sa bonne idée. Il fait le bonheur des fanatiques, des idéologues, des sectaires qui ont la même et qui trouvent avec lui le moyen de l’imposer à ceux qui en ont une autre.

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Attention, ces notions si intéressantes ne s’appliquent pas à vous. Vous n’êtes rien de tout cela. Vous êtes un modèle d’équilibre psychiatrique. Vous êtes un produit standard avec juste un petit brin de folie qui fait de vous un être d’exception, follement original, spirituel comme tous vos admirateurs (trices) le proclament.

Non, je vous répète que ce n’est pas une attaque personnelle. Vous n’êtes pas concerné.

Ne soyez pas triste mais arrêtez aussi de m’embrasser et de vous moucher. Vous devriez vous changer les idées avec « Comment faire pour arrêter… ».  


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vendredi 17 janvier 2014

LE VOYAGE INSTANTANÉ


C’est facile, comme le café instantané.

Assis dans un fauteuil, sirotant un verre de Nimbu Paani, vous recevez un seau d’eau tiède sur la tête : vous êtes à Calcutta, en pleine mousson, tout mouillé à une terrasse du Pipal Tree Hotel.

Debout devant un ventilateur surpuissant, une pluie à plus un ou deux degrés se déverse sur vous. Fouetté par le vent et aspergé par une eau glacée, vous vous sentez transporté au pôle sud (plus cher, plus chic, plus loin que le Nord) ou, si vous préférez rester en territoire français, en Terre Adélie. Mais le dépaysement est minoré : les pingouins parlent français. Le choc est plus thermique que visuel. En une seconde chrono vous allez avoir l’impression de mourir de froid dans un vent glacial, d’autant que vous êtes en maillot de bain. Nous vous conseillons un retour rapide à Calcutta, un jour de pleine mousson, pour éviter l’hypothermie.

Mon agence de voyages instantanés n’organise pas que des incursions dans l’Inde mystérieuse ou à l’extrémité sud du globe. Elle vous propose – en exclusivité – beaucoup d’autres destinations insolites où vous vivrez des aventures étonnantes. Vous pourrez, pour un prix très étudié, sans bouger de chez vous :

-      Tenter la face Nord de l’Eiger ;
-      Vivre un typhon à la Jamaïque ;
-      Survivre à un tremblement de terre à Nagasaki ;
-      Affronter une tempête de sable dans le désert de Gobi ;
-      Expérimenter un enlisement dans les sables mouvants du Mont St. Michel.

Nous nous chargeons de tout. Une équipe spécialisée débarque chez vous, installe le décor de votre choix et l’ambiance sonore (elle vous met en situation psychologique). Généralement il y a une répétition – à blanc – de la séquence afin que l’émotion puisse s’exprimer avec l’intensité souhaitée (trois niveaux sont possibles : minimum – moyen – maximum. Pour cette option un certificat de bonne santé est requis).

Le voyage est enregistré par une vidéo qui aura beaucoup de succès auprès de vos amis, accompagnée d’une interview réalisée à chaud par un élève de Nelson Monfort. C’est un souvenir que vous réécouterez en famille avec plaisir et un petit plus qui signe l’originalité de notre agence.

N’hésitez pas, le concept est unique. Le voyage est écologique, sans taxe ni empreinte carbone. Il respecte l’environnement. Pas de vaccination, de risque de paludisme, pas de piratage, de visas, de grèves des contrôleurs du ciel, des pilotes d’Air-France, de crash, de turista, etc.

Il est temps de s’inscrire pour ce qui va être le succès de l’année : le voyage sur Mars. Il y a déjà une liste d’attente.


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jeudi 16 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR


Puisque vous n’avez rien à dire, à redire, à dédire, à médire, par pitié : taisez-vous !

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SERVICES À LA PERSONNE


Vous auriez tant à dire mais vous ne le pouvez pas. C’est la faute à une éducation répressive, à un excès de scrupules, à une timidité maladive, à un manque de courage, à une trouille congénitale, à un défaut d’élocution, à une perte des moyens, à une insuffisance de vocabulaire, d’orthographe et, il faut l’avouer, même si cela vous coûte, de grammaire ou, le plus souvent, à une banale constipation des sentiments.

Bref, vous restez coi(te) et vous enragez, vous trépignez intérieurement, faute de pouvoir ou de savoir exprimer tout ce qui vous reste sur le cœur (ou sur l’estomac).

Ce que vous avez en réserve mériterait pourtant d’être étalé au grand jour. Vous devriez vous libérer de vos frustrations en réglant vos comptes, en remettant à leur place ceux qui le méritent, en leur disant leurs 4 vérités. Ils verraient de quel bois vous vous chauffez. Ça vous fait tellement de bien de le penser, imaginez celui que vous auriez en le disant à haute et intelligible voix, en l’écrivant avec la férocité dont vous seriez capable, si vous ne la maîtrisiez pas trop bien.

C’est là que j’interviens et suis votre serviteur. Pour un prix modique, fixé avec tact et mesure, adapté au solde de votre compte bancaire, je me substitue à votre empêchement idiosyncratique ; j’interviens à votre place, je me confronte avec votre problème. Je suis votre double parlant et agissant en lieu et place. Vous restez dans l’ombre, incognito, comptant les coups, assistant à la scène par procuration.

Vous m’aurez auparavant expliqué votre dilemme, votre problème. Vous travaillez depuis si longtemps sur le dossier d’accusation que cela vous est facile. Je suis une oreille attentive, compatissante, empathique. Je sais que vous avez raison, qu’il est temps de vider votre sac pour prendre un nouveau départ, vous venger et tout et tout.

Une fois au parfum, j’écris le texte, je vous le soumets pour peaufiner les détails et pouvoir appuyer plus fortement là où ça fait mal. Je m’adapte à toutes les confrontations. Mon répertoire est suffisamment vaste pour me le permettre.

 J’exécute le plus souvent mon numéro de redresseur de torts face à :


·         un(e) conjoint(e) abusif(ve), égoïste qui abuse de votre temps, de votre argent, de votre corps ;
·         un patron qui vous exploite, vous méprise, vous pelote, vous paie mal ;
·         un(e) ami(e) qui vous énerve, vous ennuie, vous doit de l’argent ;
·         un fils, une fille qui s’incruste, ne travaille pas, vous prend pour son valet, sa bonne, vous vole et que vous aimeriez envoyer au diable ;
·         un voisin bruyant, mal élevé, violent. 


Selon le cas, je prends rendez-vous ou je crée un face-à-face fortuit. Là, les yeux dans les yeux, je lâche le paquet. Je déballe, j’assène, je menace, je dénonce, j’étrille. Généralement la surprise est totale. Il (elle) ne se savait pas si transparent(e), si connu(e) d’un inconnu. Abasourdi(e) il (elle) est trop estomaqué(e) pour réagir. De toute façon je ne laisse pas le temps d’une réplique, j’occupe le terrain que j’abandonne quand j’ai fini ma diatribe. Je me retire alors, grand seigneur, après l’estocade et laisse l’autre K.O. debout. Tout est enregistré et la cassette est remise avec la facture. L’écouter est pour le(la) client(e) une récompense dont il (elle) ne se lassera pas de la rediffusion.

Je peux aussi écrire une lettre circonstanciée pour qui veut régler des comptes à distance. Il s’agit habituellement de manifester une désapprobation complète, de ridiculiser une prise de position qui contredit la vôtre, de se moquer cruellement d’une habitude que vous trouvez insupportable, de critiquer vertement et même éventuellement de proférer des menaces, des insultes (je recommande dans ce cas la forme anonyme, elle est efficace, plus inquiétante et moins dangereuse que l’explicite). Je dispose dans l’exercice de cette écriture d’une belle variété de styles, d’une grande richesse de vocabulaire et d’une orthographe sans faute de grammaire. Le tarif est bien sûr fonction du nombre de caractères ou forfaitaire.

La discrétion est assurée totale. Mon service à la personne remplace avantageusement une psychanalyse. Il a, dans le passé, sauvé bien des ménages, fait obtenir des augmentations, apaisé des dissonances familiales, permis d’éloigner de faux amis et même à deux ou trois reprises de récupérer de l’argent emprunté. Grâce à lui, beaucoup ont retrouvé le sommeil, la tranquillité et arrêté les antidépresseurs. Il devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.



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mercredi 15 janvier 2014

LE CONSEIL DU JOUR

Soyez logique : si vous ne savez pas quoi faire, évitez d’en faire trop.

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LE CONSTAT DU JOUR

Les riches sont unanimes : pour le devenir, il faut s’endetter. Pour le rester, il faut rembourser.
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LE PORTRAIT DU JOUR


  • Pressé d’arriver, il naquit prématuré.
  • Après, ça ne fit qu’empirer.
  • Pour ne pas rater le début il partait avant la fin.
  • Au cent mètres, il coiffait le vainqueur sur la ligne de départ.
  • Le jour de ses noces, en avance, il se lassa d’attendre et divorça avant d’être marié.
  • Il était du genre à répondre aux questions avant qu’elles ne soient posées.
  • Il n’étonna personne quand, voyant venir l’agonie, il se suicida.

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lundi 13 janvier 2014

UNE VÉRITÉ QUI FAIT MAL

L’enfant de salaud est souvent aussi le fils d’une belle salope.

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DANS LA SÉRIE IL Y A


Il y a l’optimiste qui sait qu’il ira au paradis.

Il y a le pessimiste qui craint de se retrouver en enfer.

Et vous qui n’êtes ni l’un ni l’autre, vous espérez quoi ?

Dormir dans le silence total, le repos complet, sans être distrait pas des rêves, effrayé par des cauchemars, sans souffrances, sans souvenirs, tranquille, serein, apaisé. Le bonheur absolu et pour toujours.


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UN HOMME ORDINAIRE Vs SUPERMAN


Je connais le patron d’une petite entreprise de maçonnerie. Il travaille dans le neuf et l’ancien. 5 compagnons. Sa femme tient le secrétariat. Très occupé, le bonhomme passe son temps à courir d’un chantier à l’autre pour surveiller, donner un coup de main, les approvisionner en sable, ciment, briques, parpaings, ferraille. Il discute avec le métreur, l’architecte, les clients. Il se bat avec les mauvais payeurs, l’URSSAF, la banque. Le samedi il fait les devis, reçoit les futurs clients car il faut travailler pour payer les salaires, les impôts, les dettes et manger. Il aimerait bien souffler, se reposer, s’occuper des enfants et de sa femme qui attend avec impatience les intempéries de l’hiver et son chômage technique.

Je connais aussi un président. Bien forcé car il est omniprésent. On ne voit, on n’entend, on ne parle que de lui. Il préside une grosse affaire, un pays de 65,5 millions d’habitants, grand comme la France. Il est en place depuis peu. Il a été nommé par un conseil d’administration élargi pour redresser la situation et éviter la faillite. Il a emporté la place car il a fait de belles promesses. Il allait faire le travail que les anciens présidents, des incapables, n’avaient pas fait. Avec lui l’activité allait reprendre, les exportations repartir, la dette (1 870 milliards d’euros) fondre. Les chômeurs seraient rembauchés. Les pauvres n’auraient plus froid ni faim. L’éducation se remettrait à éduquer, les banlieues redeviendraient fréquentables. Les pompiers n’y seraient pas lynchés, les policiers caillassés.

Il allait s’occuper personnellement de tout et de tous et veiller à ce que les ordres, les lois, les règlements soient exécutés, les amendes et les contraventions payées. Il allait mettre de l’ordre dans le désordre, faire payer les riches, donner de la richesse aux pauvres, du travail aux sans travaux, de la santé aux malades, le sourire aux dépressifs, le sommeil aux insomniaques, l’espoir aux anxieux, et toujours un peu farceur, off the record, il promettait à la journaliste de lui donner le numéro gagnant du Loto.

J’ai calculé qu’en consacrant une seconde par semaine à chacun des problèmes qu’il allait résoudre, il ne lui restait que trois minutes par jour pour effectuer les gestes élémentaires de la vie : dormir, s’habiller, se nettoyer, manger, etc.

C’est peu, même si on est pressé. Comment allait-il survivre à un tel régime ? À le voir, très bien  : rubicond, guilleret, primesautier, un peu empâté. Comment fait-il, par quel miracle tient-il le coup ? Une grâce d’État, sans doute.

Mais on vient d’apprendre le meilleur. Il trouvait encore le temps, les forces, ce président peu ordinaire, une anomalie de la nature humaine, de courir le guilledou, la bagatelle, de conter fleurette, d’avoir des 5 à 7, des amours clandestins, de rajeunir son harem.

Nous avons la chance, le privilège d’avoir comme président un clone de Superman, du Tigre de Bengale. Comment s’étonner qu’on paiera très cher un homme d’une telle valeur ?



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