Depuis notre expulsion brutale, arbitraire et qui témoignait d'une triste mentalité, du jardin d'Eden, le dépannage est une activité au succès jamais démenti. Inconnue à l'âge de pierre, apparue lors du millénaire qui suivit l'invention de la roue et de la brouette, elle explosa avec l'arrivée de la machine à vapeur, de la fée électrique, le dépanneur devenant le médecin des machines dans les usines, des instruments dans les laboratoires et des appareils de l'électro-ménager qui occupent les cuisines. Dorénavant indispensable, irremplaçable, incontournable, il a acquis une respectabilité, qui le classe aujourd'hui au sommet de la société de consommation.
Ce n'est pas un métiers pour amateur mais de seigneur avec des grandes contraintes, des vastes connaissances, une habilité gestuelle, manuelle exceptionnelle. Pour les acquérir, dominer la matière, faire le diagnostic, trancher, remettre à neuf, il faut des années d'études, de pratique pour acquérir l'art de réparer avec succès et sérénité. La médecine et la chirurgie ont suivi avec retard la même voie. Ils en copient la méthode, en utilisent les moyens. les résultats ne sont pas à la hauteur des prétentions et on n'a jamais vu un mort renaitre dans le meilleur des hôpitaux alors que le meccano du garage a remis en route une épave bonne pour la casse.
Ennemi de la panne, raccommodeur, restaurateur, il guérit en profondeur, ne fait pas du cosmétisme. On sait aussitôt si son travail a été bon: on branche le courant, on appuie sur le bouton, on tourne la clé, ça marche ou non. Le verdict n'attend pas. Avec de telles exigences, seuls les bons dépanneurs survivent. Les centres d'apprentissage où l'on apprend cet art devraient inspirer les facultés médicales et chirurgicales.
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