Hier, seuls les perroquets doués, quelques mainates intelligents et de rares corvidés savaient parler le langage des humains au travers d'une imitation qui ne se faisait pas oublier.
Aujourd'hui, une IA couplée à une machine est capable de tenir une conversation en restituant, jusqu'à l'intonation près, aussi bien les brèves de comptoir échangées au bistrot qu'un dialogue opposant un philosophe des Lumières, professeur au Collège de France, à un prince des ténèbres sorti de l'Enfer pour la circonstance.
Dans les deux cas, il suffit de la calibrer avec un cahier des charges adapté au lieu, au contexte et aux personnages : timbre de la voix, hauteur, prosodie – cette musique de la parole – intensité, débit, hésitations. L'illusion déjà saisissante deviendra parfaite lorsque l'IA saura reproduire les imperfections qui trahissent la voix humaine.
Encore un peu de patience et l'on n'aura même plus besoin de parler pour tenir une conversation ou prononcer un discours. On pourra s'entendre penser à voix haute tout en se faisant les ongles, en jouant au golf tandis qu'un clone, cent kilomètres plus loin, accomplira la corvée de discourir devant un auditoire qui n'écoute pas, occupé à lire des messages qui ne disent rien.
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