Améliorer ses performances physiques donne de grandes satisfactions émotionnelles et intellectuelles. Elle font de nous un Pygmalion voué à un élève studieux, discipliné, respectueux, talentueux et nous en sortons avec une estime grandie. Ce sentiment gratifiant se provoque facilement avec un entrainement régulier, obstiné, prolongé. Une pratique assidue suffit pour l'obtenir et, chaque jour, passer du temps à soulever des poids au développé-couché, à faire des gammes au piano, à tirer des flèches avec un arc, à monter à cheval, à courir, transforme le corp, permet de jouer la lettre à Élise, de devenir un centaure, de courir un marathon, de ne plus se reconnaitre.
Mais si notre corps réagit aussi bien aux efforts que nous lui demandons, l'esprit est moins complaisante. Il n'est pas notre complice quand nous lui demandons d'améliorer ses performances. Je me suis usé les yeux sur des ouvrages de mathématiques et les élucubrations d'un Poincaré me sont toujours aussi mystérieuses. Mes tentatives pour améliorer ma mémoire se heurtent toujours à son absence. J'ai remarqué aussi que mes gribouillis n'arrivent jamais à faire le portrait d'un modèle, que j'ai beau me promettre de manger moins de sucre, de chocolat, gâteaux, de boire du champagne , je retombe dans ce vice chéri malgré la peur du diabète, de la cirrhose, du cancer, du cholestérol.
Pourquoi est-il si facile au corps de bien se comporter, d'obéir aux injonctions du cerveau et devenir un bodybuilder, un pianiste, un champion, un cavalier, un marathonien et lui est-il si difficile d'imposer au cerveau une discipline qui le rende apte à apprendre, à comprendre, à retenir, à se commander, à ne plus nous faire honte???
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