Le mal de ventre n'a pas la noble réputation du mal de tête. Il suscite même une moue de dégoût vite réprimée devant le malheureux qui se tord dans la douleur. On suspecte derrière la vulgarité des gargouillis, les bruits malsonnants et malodorants des intentions peu catholiques. Sa position inférieure sous-ombilicale explique cet ostracisme au relent nauséabond. À l'occasion d'un épisode récent, mon cerveau intestinal a pris conscience du problème de son voisin mitoyen et a proposé un néologisme : ventralgie, non connoté, non jargonnant, il localise et décrit simplement. Il ne fait pas de doute que le mot aura le succès qu'il mérite, qu'il permettra accessoirement au mal de ventre, en n'étant plus un pestiféré d'être mieux traité.
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