Balzac et Dante nous ont dit tout ce qu'il fallait savoir de la société des vivants et de celle des morts. L'un nous raconte le monde dans lequel il vit, l'autre celui qui nous attend.
D'abord la Comédie Humaine du premier(1799-1850). En 26 ans de travail et 95 volumes, il a crée 2500 personnages qui animent un voyage dans la société de son temps. Elle nous intéresse car, à part quelques détails triviaux, rien n'a changé. Celle d'aujourd'hui partage les défauts de son ancêtre avec l'hypocrisie, l'avarice, l'orgueil, l'indifférence, la méchanceté, l'ambition et les qualités habituelles qui, elles aussi, n'ont pas changé et que tout le monde connaît au moins de nom. Il porta, dit-il, la société toute entière dans tête et il en décrivit les illusions, les grandeurs, les misères avec un réalisme, une vérité, une humanité, une générosité qui restent sans égale.
Ensuite, peu avant la fin et pour se préparer à la suite, il faut lire la Divine Comédie de Dante (1265-1324). En 14 000 vers, il raconte sa traversée de l' enfer, du purgatoire et du paradis. Ce poème mystico-philosophique est à la fois une vision allégorique qui nous promène d'abord en enfer à la rencontre de ceux qui vont y expier longtemps leur addiction à la luxure, à l'avarice, à la traitrise. C'est aussi un reportage et une satire politique de son époque dont la richesse reste intacte. Puis on remonte vers le purgatoire. Un endroit moins effrayant car ce n'est qu'une zone de transit où l'âme des repentis se purifie dans l'attente du salut. Ils sont des candidats certains pour le paradis que Dante nous décrit avec des détails qui ne sont pas sans évoquer certains récits d'expériences d'état de mort imminente avec cette lumière au bout du tunnel qui est suivi de moments étonnants.
Ces deux œuvres extraordinaires ne sont pas seulement admirables dans leur fond et la forme, elles sont un viatique nécessaire pour un esprit qui ne veut pas rester idiot. L'une nous apprend à voir le monde tel qu'il est, l'autre nous fait imaginer celui où l'on pourrait aller.
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