Alors que j'étais, hier matin, en train de m'échiner à curer un fossé pour que son eau puisse s'évacuer, je me suis demandé, soupçonneux et inquiet, si les souvenirs qui sont en train de s'installer dans ma mémoire, pour l'avenir, avaient la qualité de ceux qui viennent du passé lointain. Je me vois survolant le grand canyon du Colorado, campant à Moorea sur le sable fin d'une plage déserte, bivouaquant au pied des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), dégustant un filet d'esturgeon au bord de la Caspienne, péchant la morue à Gaspé (Québec), assurant, interne, une garde de nuit, à l'hôpital. Il y en a tant qui se bousculent, veulent revivre, me faire plaisir, que je n'ai que l'embarras. Ils sont un élixir de jeunesse qui rappelle que la vie a été belle, joyeuse, fructueuse, aventureuse et qu'il suffit de le vouloir pour y replonger, rajeunir et, même, mourir heureux.
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