Vivre dans l'ignorance est une bénédiction que se donnent ceux qui ont la sagesse de se protéger des ignominies, des erreurs, des bêtises du monde. Elle leur fait échapper au vide extérieur et leur permet de rester dans la quiétude de leur paix intérieure qui n'est pas troublée par l'anxiété qui naît de la connaissance des guerres, des luttes et des troubles qui angoissent ceux qui savent. Garder son innocence, ne pas l'avilir par la noirceur des autres, ne pas fréquenter ceux qui donnent des solutions aux problèmes, qui répondent aux questions, qui fréquentent les académies et les universités, qui passent l'agrégation, qui scrutent les infinis et l'éternité, qui siègent dans les conseils, les commissions et dans des fauteuils est une exigence qui n'est pas à la portée de tous, seulement de ceux qui ont la force de résister à la tentation des interrogations.
Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.
vendredi 5 avril 2024
POUR ÉCHAPPER À LA PEUR DU DANGER
Pour éviter que le danger et la peur ne s'emparent de vous, faites comme moi, cachez vous sous les draps. Ils passent sans vous voir et sitôt disparus, vous pouvez vous lever et vaquer, tranquille, sauvé.
LE JUSTE MILIEU
Je m'incline toujours du côté opposé auquel je penche afin de rester droit et ne pas tomber dans l'excès. Cela m'oblige à composer, à transiger, à choisir un moyen terme, une voie médiane pour garder l'équilibre dans un monde instable.
jeudi 4 avril 2024
ENFANTIN
Pour nous occuper sans nous fatiguer à chercher le temps perdu à ne rien faire sans même bouger, il suffit de regarder où sont nos pieds.
LA FAIM
La faim est un bon stimulant qui donne envie de se lever pour aller déjeuner et diner, oblige à aller travailler pour gagner de quoi manger. Elle donne aussi envie de boire. Mais elle n'est pas seulement alimentaire, on a faim de beaucoup d'autres choses: voyager, découvrir, s'amuser. Elle est exigeante, capricieuse, changeante, jamais rassasiée et l'on passe sa vie à ses ordres, à la satisfaire et il n'y a qu'à la fin qu'elle n'a aucun effet.
LA QUESTION
"Depuis le temps que je suis sur terre, je me demande si je me plairai sous terre," maugrée mon voisin nonagénaire.
IL FALLAIT QUE VOUS LE SACHIEZ
L'incapacité d'applaudir vos bons mots, de s'ébaudir devant vos performances, de s'étonner de vos réalisations, de déguster vos réflexions, de vous poser une question, que vous avez constaté de la part de certaines connaissances est l'indice d'un manque de curiosité, d'une absence d'intérêt, d'un déficit d'attention pour ce que vous faites, ce que vous pensez et ce que vous dites. Vous devriez vous passer de tels gens qui ne veulent pas avoir votre sympathie.
mercredi 3 avril 2024
Il y a deux types d'intellectuel. Le primaire a des idées nouvelles, brillantes qui éclairent le chemin. Platon, Socrate, Lutèce, Épicure, Pythagore, Confucius, Spinoza, Nietzche, Galilée, Camus, Newton, Darwin, Tesla, Einstein et beaucoup d'autres étaient de cette race. Le second rang est occupé par des intellectuels qui reprennent les idées des premiers, s'en régalent et vivent à leurs crochets. Ils les analysent, les décortiquent, les enseignent, les plagient et éventuellement (rarement) les mettent en pratique. Ils écrivent des livres, des encyclopédies, discourent, pérorent, finissent par croire qu'ils ont eu les idées dont ils parlent. Certains sont fameux et le plus célèbre est Jésus dont le message n'est qu'une reprise de préceptes et de concepts issus de la sagesse des penseurs anciens.
Si la bêtise humaine n'était pas supérieure à son intelligence, on aurait pu espérer que la situation soit différente et que tout aille mieux, mais elle montre en permanence sa dominance. C'est pourquoi la prévention ne marche pas et que les fumeurs fument, les buveurs boivent, les drogués se droguent, les gros grossissent, la pollution augmente, des femmes produisent des enfants qu'elles ne pourront pas nourrir, soigner, éduquer, que les uns gagnent plus qu'ils ne dépenseront, que d'autres dépensent plus qu'ils n'ont gagné, que des religions censées rendre pieux, bons, charitables fabriquent des fanatiques qui, au nom de leur dieu tuent, égorgent, martyrisent, des politiciens ont le pouvoir et sont incapables de gouverner faute d'idées, de courage, de volonté.
IH CONTRE IA
La grande inquiétude suscitée par l'IA générative a une origine triviale qui n'est jamais évoquée: on a peur qu'elle ridiculise celle dont l'espèce humaine se vante. Ses performances dans tous les domaines surclassent les nôtres . Son diagnostic médical est plus fiable, les patients la trouvent plus empathique que le médecin en blanc, le traitement sera moins iatrogène. Elle répond aux questions dans l'instant, objectivement. Ses connaissances encyclopédiques prouvent les limites de notre savoir et font de nous des ânes bâtés. Aucun domaine ne lui est étranger et partout elle peut nous remplacer. Devenus inutiles, peut-être deviendrons nous inoffensifs et la terre pourra recommencer à respirer.
mardi 2 avril 2024
Ce que l'on voit, entend, ressent, pense est une fausse réalité. La vraie se cache derrière. On ne la connaît pas car on ne veut pas. Elle serait insupportable, nous obligerait à dire, à voir, à entendre la vérité. Il n'y a que dans les livres qu'on la devine quand l'écrivain entre dans la tête de ses héros et a le courage et le talent de raconter ce qu'il y trouve.
POÉSIE
Il y a deux poésies. L'une raconte câline, instruit, proclame, exalte, mobilise, enchante, entraîne. On a, dans ce registre:
- "Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin..."
- "Non rien de rien, non, je ne regrette rien..."
- Elle est à toi cette chanson, toi l'auvergnat qui sans façon..."
- Aux armes, citoyens, formez vos bataillons..."
- "Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...."
- "La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue...
- "Dans les jardins de mon père, les lilas sont fleuris. Tous les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid..."
- "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes..."
- "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage..."
Et il y a celle de Stéphane Mallarmé qui séduit les âmes éprises de symbolisme, d'hermétisme, de musique. Cette poésie ne décrit pas une situation, un paysage, mais émeut en évoquant le vide, l'absence, le néant. Elle ne montre pas mais suggère. Le lecteur doit réfléchir pour comprendre ce qu'il entend ou lit en se mettant dans la peau du poète. C'est difficile, peut-être impossible mais toujours amusant. Essayez avec:
- "La chair hélas est triste et j'ai lu tous les livres
Fuir! Là-bas fuir! je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux...." (in "Brise Marine").
- "Aimai-je un rêve?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achève
En maint rameau subtil qui, demeuré les vrais
Bois même, prouve, hélas! que bien seul je m'offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses
Réfléchissons... (in "L'après midi d'un Faune").
La capacité de devenir pleinement l'être de ses rêves est une réalité. Elle ne choque que ceux qui n'acceptent pas que les lois de la nature soient contredites. S'en affranchir a pourtant été depuis toujours la règle et toutes les inventions, le progrès n'en sont que le résultat. L'homme qui choisit la féminité, la femme qui se masculinise ne sont que les dernières manifestations de cette liberté. Il y en aura d'autres. Pourquoi ne pas applaudir, s'émerveiller de cette conquête, elle mérite notre admiration. Elle permet à ceux et à celles qui ont le courage de corriger la méchante nature de vivre en paix avec leur vrai moi.
lundi 1 avril 2024
UN RAPPEL
Ce n'est pas parce que le nombre de jours qui nous sépare de l'année dernière ne cesse d'augmenter qu'il faut oublier que nous nous rapprochons de l'année prochaine et qu'il faut s'y préparer.
CARTE D'IDENTITÉ
Le génome, l'âge, la couleur des yeux identifient la personne de façon infalsifiables. Tout le reste est susceptible de changer. Démonstration:
- le sexe est devenu une variable. Longtemps fixé à la naissance par une différenciation anatomique, il dépend aujourd'hui du désir et il est choisi. La médecine et la chirurgie font le travail.
- le poids n'est pas représentatif. Il passe du simple au double selon le régime et l'envie.
- la taille n'est pas plus fixe que le reste. Celui qui se trouve trop grand peut se faire raccourcir ou trop petit se faire allonger.
Là comme ailleurs, le désir a le pouvoir d'être satisfait et fait disparaitre la souffrance et le désir. Le manque une fois rempli est remplacé par l'ennui dit le philosophe qui ne croit pas aux lendemains qui chantent.
LA VIE DES MOTS
On s'intéresse aux gens, à la musique, à la nature, aux choses et on se sert des mots. Ils méritent mieux, de l'attention et du respect. On leur doit tout, sans eux, on est rien. Certains font pitié car ils disent tout le mal dont les hommes sont capables, pleurons sur malheur, douleur, souffrance, misère, honte. D'autres au contraire apportent le bonheur, ils sont admirables: beauté, douceur, santé, plaisir, joie. Voleur, violeur, menteur, assassin, escroc, milicien, tueur font peur. La plupart se contentent de nommer ce qu'ils sont et à quoi ils servent: couteau, serviette, paupière, crayon etc.. Même eux devraient nous retenir et faire réfléchir à leur destinée. Elle se confond avec ce qu'ils sont. Un marteau ne fera jamais pleurer et pourtant la vie qu'il mène le devrait. S'il passe son temps à donner des coups, il en reçoit autant et il n'est qu'un instrument dans la main d'un forgeron sadique qui martyrise un fer porté au rouge sur une enclume complice et victime. Pensons au clou que le menuisier force son marteau à enfoncer dans une planche de chêne qui refuse de se laisser transpercer: il va finir sa vie prisonnier, paralysé et rouillera une éternité avant de disparaître en laissant une cicatrice, seul souvenir de ses douleurs. Chaque objet a la même odyssée, subit la même tragédie et il n'y a que le mot qui dit son nom pour le célébrer. Honorons les mots. Merci pour eux.
MES AFFAIRES
Je m'occupe de mes affaires car je les connais de l'intérieur, sais de quoi il s'agit. Je mets à leur service mon sens du devoir et des responsabilités. Elles savent pouvoir compter sur moi à plein temps et j'ai à cœur de ne pas les décevoir.
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