Chacun a une valeur précise qui dépend, aujourd'hui, du compte en banque, de l'intelligence, des connaissances, de l'utilité, de la relativité due au moment où elle est fixée et de la subjectivité de l'échelle qui est attribuée à la notion de qualité par la socièté. Elle varie donc de beaucoup pour le directeur, le gouverneur, le président, le général, le banquier, à peu pour le manœuvre, la caissière, le balayeur, le serviteur, le chauffeur, le mécano, ceux qui prennent le métro, le bus, le train en deuxième classe et profitent des congés payés, font les soldes et achètent chez Action.
Une socièté juste, responsable et consciente donnerait le maximum de la valeur aux personnes qui œuvrent à sa sauvegarde, à sa défense, à sa protection, à sa sécurité. Elle respecterait, honorerait, paierait très bien
- l'éboueur et le balayeur qui éliminent les ordures, les immondices, empêchent les épidémies, assurent la propreté des villes et des campagnes.
- les aides-soignants, les médecins, le personnel infirmier qui, au service des malades et des mourants sont au contact des microbes, des virus, de la sanie, des corps et des esprits en déroute.
- la police, les soldats, les pompiers qui risquent leur vie pour sauver celle des autres.
- les enseignants, les éducateurs qui doivent apprendre à des enfants récalcitrants ce qu'ils ont compris et faire le travail que les parents ne font pas.
D'une façon générale, la valeur la plus grande devrait aller à ceux et à celles qui sont au contact, en première ligne et au fantassin dans la tranchée qui va se faire tuer, au pompier qui entre dans la chambre en flammes, au sauveteur en mer qui lutte contre des vagues scélérates, au policier qui maîtrise le fou au couteau. Tout ce monde devrait recevoir la plus haute des estimes et recevoir le plus haut des salaires et ceux qui sont assis dans un fauteuil, discourent derrière un micro, pontifient sur un trône, donnent des ordres cachés dans une chambre forte devraient se satisfaire d'une position en sécurité, à l'abri, loin des dangers.
PS: il faudrait, pour que la justice soit rendue, que ceux qui font le travail fixent le salaire de ceux dont la parole est l'outil. Il n'est pas sûr, cependant, que, même s'ils faisaient cette révolution, ils aboliraient ce genre de privilège et renverseraintt la table. Rassurez-vous, hautes gens, la servitude volontaire a encore de beaux jours devant elle.
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