Le spectacle est étonnant et triste à la fois. On assiste, depuis les secondes loges, à un affrontement de plus en plus symbolique entre une puissance née sur le tard, un patchwork hétéroclite, montée très haut et qui accélère sa chute en croyant bien faire le mal qu'elle se donne et un vieux pays, la Chine qui a tout inventé dans son passé millénaire glorieux, et qui, après une éclipse séculaire, remonte au firmament, éblouissant. Elle a tout pour elle: un peuple dynamique, habile, intelligent, courageux, travailleur, patriote, indestructible et les terres rares.
En face, personne ne fait le poids et surtout celui qui essaie de lui disputer la place. Il ne se voit pas comme les autres le voient, première et dernière victime de sa propagande. Son obésité le rend obscène, son orgueil est obsolète et il n'a plus la force de ses prétentions. Il s'agite, menaçant le monde de ses foudres, lui qui ne peut pas faire le ménage chez lui. À la place du timonier, il a mis un flibustier de bas étage, un pirate de l'immobilier qui navigue à l'estime, au gré du courant avec un cap à courte vue qui l'empêche de savoir où il va.
Cependant ce n'est pas cet affrontement fascinant qui capte l'attention ni la victoire déjà certaine de l'un qui est importante mais le fait inéluctable que la course qui les oppose pour la suprématie technologique est une course à la mort. Elle est annoncée par ceux qui ont ouvert la boitre de Pandorre . En a jailli un Minotaure qui va tout avaler et détruire l'emploi, le travail physique et intellectuel, la famille, la patrie. Son triomphe annoncé ne laissera rien à l'humanité, pas même les raisons de faire la guerre.
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