Ce que je crains, ce n'est pas l'avenir, mais ce que le passé nous a déjà infligé et reste prêt à réutiliser. Le choix est pléthorique et les conditions sont réunies.
On a déjà eu un « nouveau Munich » avec les
accords de Washington, opposant un satrape dépourvu de paroles et de scrupules
à des pleutres européens (de la même espèce que ceux de septembre 1938),
tremblant de peur, honteux de savoir qu’ils seront trahis mais satisfaits de
leur ignominie, suivant le chemin favori de Canossa.
La Cinquième République est devenue comparable
à la République de Weimar, qui avait gouverné l’Allemagne après sa défaite de
1918 et avait porté Hitler et les nazis au pouvoir en 1933. Le pays subissait
alors une lourde crise économique, un déclin industriel, un chômage massif, une
vie quotidienne difficile et la montée des extrêmes : à droite Hitler, à gauche
les communistes, et au centre une instabilité politique chronique. Aujourd’hui,
en France, l’échiquier est similaire : un centre droit-gauche impuissant, et
des extrêmes actifs. L’un joue sur un nationalisme et un patriotisme humiliés,
l’autre sur une nouvelle lutte des classes, un multiculturalisme et un
universalisme prêt à accueillir toute la misère du monde et à en découdre. Le
traité de Maastricht cristallise leur ennemi commun, comme le traité de
Versailles l’avait fait pour les Allemands : la contribution française au « pot
commun » a le même goût amer que les dommages de guerre. Le nouveau régime
sortira-t-il des urnes ou de la rue ? On le saura bientôt.
Notre histoire conserve de nombreux scénarios
ayant subi l’épreuve de la réalité. Ils pourraient inspirer une nouvelle
génération de réalisateurs :
· Un remake d’une guerre de religion, avec une
Saint-Barthélemy comme point d’orgue.
· Une révolution de palais est peu probable : les
candidats appartiennent à la même famille et sont trop craintifs pour avoir la
trempe d’un Caïn. Une révolution dans le style de 1789, 1848, 1870 ou 1968 est
plus plausible, car l’équipe en place prépare le terrain et l’artificier-chef
est prêt à allumer la mèche… et à s’autodétruire.
· Province romaine à l’origine sous le nom de
Gaule, la France appartient de ce fait à l’histoire de Rome. Avec quelques
siècles de retard, on peut considérer que nous vivons le dernier épisode du
déclin qui mena à la chute de l’Empire romain d’Occident.
Notre résistance a été héroïque, mais tout a
une fin. À bout de force, de courage et d’élites, envahie par les barbares, il
est normal que la France disparaisse, submergée comme l’Atlantide par une vague
scélérate, s’engloutissant dans le gouffre qu’elle avait, avec patience et
inconscience, creusé sous ses pieds.
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