L'intelligence, cette capacité de raisonner, d'apprendre, de s'adapter est au travail dans tout ce que l'homme a ajouté à la nature et à l'ordre des choses. Elle ne limite pas au domaine de l'intellectuel et l'on parle de l'intelligence du cœur chez celui qui ressent de l'empathie, de la bienveillance, naturellement. Mais elle n'est pas l'apanage du spirituel et il y en a beaucoup qui sont découplées l'une de l'autre et un individu au QI à la limite du crétinisme peut être très habile au tir au pistolet ou tirer et pointer à la pétanque comme un dieu : on parlera d'intelligence sportive. Le musicien ou l'accordeur de piano doué d'une oreille absolue qui lui permet de reconnaître la hauteur d'un son sans diapason a une intelligence acoustique peu commune. Elle sera dans la main et les doigts du sculpteur, du potier, du dessinateur; dans l'œil du photographe, du coloriste; dans le nez du maître parfumeur qui invente des parfums, du maître de chais qui assemble des cognacs; dans l'œil, la bouche, le nez du sommelier qui donnera l'âge, le terroir du vin qu'il fait miroiter avant de le goûter. Comment ne pas reconnaître une intelligence de dentellière à l'araignée qui tisse sa toile, un chez d'œuvre de dexterité au service de la beauté délicate, une autre de l'orientation aux oiseaux migrateurs qui reviennent d'un bout du monde convoler, faire des enfants et repartir, chose bien faite?
L'intelligence est une faculté innée qui se perfectionne mais ne s'acquiert pas. Serviable au point d'être corvéable, elle ne s'use pas à l'emploi mais s'améliore, enrichie par l'expérience et il faut être très très vieux pour qu'elle abandonne les lieux.
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