Le silence règne sur deux mondes: celui des cathédrales et celui de la mer. Ils sont si inquiétants qu'ils donnent envie de retrouver très vite, quand on y est plongé, le bruit, tant ils sont oppressants.
Dans l'un, on a peur d'y rencontrer un monstre des profondeurs par l'odeur alléché ou une épave remplie de squelettes s'agitant au gré des courants. On craint d'être enfermé dans l'autre. L'antre est funèbre avec une clarté crépusculaire. La lumière filtrée par des vitraux raconte une histoire lugubre et celle des cierges tremblote comme si un courant d'air voulait l'éteindre. Le lieu n'incite pas plus au recueillement que la fosse des Mariannes à la rigolade. Tout est fait pour le rendre sinistre: des croix où est supplicié le même pauvre homme. Ils n'ont pas eu la décence de le détacher, de l'allonger, de le vêtir, de le soigner. Ils le laissent saigner, agoniser sur sa croix. On y voit des ombres furtives qui entrent et sortent de guérites où confessent des Torquemada. D'autres fantômes sont à genoux et répètent mille fois la même prière sans se rendre compte que personne n'entend le silence.
Ces deux mondes sont surtout le royaume de la peur : des profondeurs pour l'un, de l'enfer pour l'autre.
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