Il est plus facile et plus plaisant de vivre avec les beautés qui sont cachées en soi que lorsqu'elles s'affichent sur un visage, un corps sculptural. Celles-ci suscitent l'admiration, la jalousie et des intrusions dérangeantes, des manifestations intempestives. Elles sont surtout passagères avec une durée d'éphémère. Elles laissent des regrets quand le regard des autres ne s'eclaire plus et qu'il faut vivre avec le souvenir d'un trésor perdu.
La beauté intérieure est cachée et on ne voit que ses manifestations. Elle resplendit quand elle est peinte sur un tableau de Rafaël ou de Delacroix, quand on lit la Légende des siècles, le Seigneur des anneaux, un poème de Verlaine, écoute une sonate de Bach, un opéra de Rossini, voit un film de Visconti, mange un gâteau de Conticini, comprend la résolution d'une équation mathématique. Ces splendeurs résistent au temps. Elles donnent à ceux qui les abritaient une vie éternelle.
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