L'espèce humaine s'est attribuée un énorme privilège: celui de se considérer comme étant tellement supérieure qu'elle s'arroge le droit exclusif de vie et de mort sur toutes les autres. Cela ne suffit pas à son orgueil et elle a décidé que cette seule appartenance lui conférait une valeur quasi divine qui interdisait, théoriquement, que toute atteinte lui soit portée en dehors des exceptions prévues par la loi: états de guerre, condamnation à mort par un tribunal accrédité, accidents fatals provoqués par l'imprudence, le hasard, la maladie, une opération chirurgicale ratée par la faute involontaire de l'anesthésite distrait etc... Elle est telle que, même réduit à l'état de légume, aucun effort, aucune dépense ne devaient être économisés pour maintenir cette vie végétative en état de vie ralentie, fusse aux dépens de besoins urgents tels que donner à manger à des familles pleines d'enfants affamés. La même idéologie pousse ces tenants à interdire à quiconque, au nom de la supériorité de leur façon de croire au père Noël, d'abréger une vie qui a cessé de leur plaire et dont les inconvénients surpassent les agréments dans un mode crescendo.
Le pouvoir de nuisance de cette minorité bruyante réduit à l'impuissance la majorité raisonnable qui aimerait remettre l'espèce humaine à sa place. Elle est pitoyable et à égalité avec les annelés qui sont décérébrés et conduits par quelques sensations primaires. La parenté qu'elle revendique est usurpée, un mensonge de plus, et même le singe-hurleur lui est supérieur car, modeste, il ne revendique rien.
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