Les pourfendeurs de l'IA fondent une des raisons de leur détestation sur son incapacité d'égaler la bienveillance humaine, celle qu'elle affiche de façon systématique, étant, par définition, un artifice algorithmique sans valeur affective. L'humaine bénéficie, elle, d'un préjugé favorable et son dispensateur est un bienfaiteur admiré, fêté, canonisé.
C'est parce qu'elle ne vient pas d'un cœur battant mais d'une machine que l'une est méconnue et l'autre reconnu. Cela revient à dire que le sentiment doit sa valeur, sa réalité non par ce qu'il suggère d'empathie mais par la nature du média qui le transporte à notre connaissance. En allant un peu plus en amont, ne faudrait-il pas accorder à la bienveillance de ChatGPT, par exemple, la même valeur sentimentale que celle qu'un humain.? Un tel anthropomorphisme matériel n'a rien d'outrageant et l'on n'accuse pas Blaise Pascal d'être un affreux matérialiste parce qu'il a dit que l'homme n'était qu'un roseau pensant. Les pensées de ChatGPT sur n'importe lequel des sujets ont une qualité dont beaucoup - et moi en premier - aimeraient égaler.
Est-ce un crime de dire que ChatGPT a une intelligence qui pense et si la pensée est le propre de l'homme n'y aurait-il pas une parenté dérangeante entre la sienne et la nôtre?
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