La pénibilité de l'ennui n'est pas celle qu'éprouve le terrassier qui creuse un canal à la pelle ou le mineur qui perce un tunnel à la pioche, elle est un sentiment de culpabilité qui saisit sa victime quand, dans un éclair de lucidité, elle prend conscience de perdre, à jamais, un temps précieux qui aurait pu être employé à faire de grandes choses ou à apprendre à jouer au piano, le chinois, l'esperanto.
PS: heureusement, l'ennui n'est pas mortel et, pour cette raison, ne fait pas encore partie des maladies professionnelles. Cependant un syndicat de fonctionnaires a menacé d'une grève illimité le ministre du travail si l'ennui n'était pas mis, avec la sinistrose, sur la liste des affection reconnues puisqu'elle entraîne une souffrance psychique en rapport avec le sentiment d'inutilité trop souvent ressenti et l'impression chez d'autres de vivre aux crochets des travailleurs, les cas se multiplient à l'URSSAF, m'a confié un médecin du travail.
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