Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 31 mai 2026

UNE VISITE PROMETTEUSE

 Comme chaque année paire  un rat  de la décharge municipale rend visite à son cousin, le rat de la cuisine du restaurant étoilé .  Les retrouvailles sont toujours chaleureuses avec les classiques:

-  "comment vas-tu tuyau de poêl " " bien et toi, l'étoilé?

-"t'as pas encore grossi?"  " et toi , je te trouve bien maigrichon, serait-ce qu'ils  mettent tout le bon à manger dans le compost  plutôt dans  dans ta sale salle à manger?"

- "Oui, ils  obéissent aux recommandations du président. N'ayant plus rien à faire depuis qu'il a un premier ministre, il s'occupe du recyclage des déchets de cuisine. Il a coupé notre source d'approvisionnement, nous oblige de nous serrer la ceinture. Mais arrêtons de faire de la politique.  je suis venu pour avoir de tes nouvelles . As-tu trouvé ta place en cuisine? "

 " oui, j'ai réussi ma période d'essai, le chef a compris que j'avais une utilité  . Je fais le travail que les valets de cuisine ne savent pas faire, trop grands, trop gros. Moi, je me faufile partout et ramasse tout ce qui tombe  et se retrouve dans des endroits impossibles. Mon nez absolu  détecte toutes les odeurs, j'en suis le fil et  déguste le corps du délit.. Je tiens le carreau propre, pas comme dans ton dépotoir ."

"Cousin, depuis que tu es  venu à la maison, les choses ont bien changé. Ce n'est plus le vieux maire qui a la main sur la décharge. Un jeune l'a remplacé et il a confié notre gagne-pain    à la communauté des communes.  Ils ont clôturé,  bétonné et  mis en case ici le plastic, là le carton, les scories du bâtiment, le tout venant ailleurs, exit le restant des repas, le périmé, le moitié pourri, l'immangeable des légumes, du gigots,  le meilleur avec le gras, la couenne, la peau, les os, les tendons, les nerfs, enfin tout ce qui faisait de l'arrivée de la   benne aux  ordures le grand moment de la journée. On était d'autant plus gâté   qu'il y a, rappelle-toi, dans le périmètre un resto avec une étoile de plus que le tien. Toutes ces bonnes choses qui nous avaient rendu diabétiques et hypertendus ont disparu avec  l'invention maudite du compostage. Son accès est interdit, sécurisé comme une centrale atomique . Ceux qui ont essayé de s'infiltrer ne sont jamais revenus, des héros. Je te raconte ça  parce que, en fait, je suis en service commandé Le roi m'a chargé d'une mission secrète, connaissant notre cousinage. La situation est critique, la faim s'installe, on a  des cas de cannibalisme. Il faut que la colonie quitte les lieux, trouve un nouveau territoire, émigre dans une terre où il y a à manger, où les gens sont hospitaliers, ne tuent pas les étrangers. Ta vie de pacha  prouve que u as fait le bon choix.  Tu as tout ce que l'on n'a plus. Il serait parfait pour nous.  Travailleurs, discrets, peu exigeant, furtifs comme les chauve-souris, de lointains cousines volantes, on peut vivre dans les caves, les combles, les fausses cloisons, les faux plafonds, besoin de rien construire.  Qu'en penses-tu, cousin, franchement?"

__________________________

J'ai mis une heure pour penser, écrire, corriger ce texte inspiré de la fable de La Fontaine" Le rat de ville et le rat des champs". J'ai ensuite demandé à ChatGPT, la version gratuite grand public  de le mettre en vers en copiant le maître. Voila le résultat en 8 secondes chrono!!!!___________________________


LE RAT DU DÉPOTOIR  ET LE RAT GASRONOME

Tous les deux ans révolus,
Selon un pacte entre cousins connus,
Le Rat du vaste Dépotoir
Visitait celui des Fourneaux noirs.

L’un vivait près des immondices,
L’autre aux cuisines des délices ;
Et tous deux, le museau fripon,
S’aimaient d’une vieille affection.

— « Comment vas-tu, ventre prospère ? »
Dit le premier à son confrère.
— « Fort bien, cousin ; et toi, ma foi,
Je te trouve amaigri d’effroi.

Tes côtes saillent sous ta peau ;
Aurais-tu perdu ton magot ? »
— « Hélas ! les temps sont difficiles.
Les humains deviennent habiles.

Ils trient, recyclent, compostent tout ;
Ils enferment jusqu’au moindre croûton sec et mou.
Le gras, la peau, les os, les restes,
Tout disparaît dans leurs gestes modestes.

Notre empire est devenu désert ;
Le rat y jeûne plus qu’il ne dîne hier.
Le vieux maire aimait la décharge ouverte ;
Le nouveau l’a rendue déserte.

Du béton partout, des barrières,
Des cadenas, des surveillères ;
Le compost même est défendu
Comme un trésor ou bien un dû.

Ceux qui voulurent s’y glisser
N’en sont jamais réapparus passés.
La faim s’installe en nos faubourgs ;
On parle déjà de sombres jours.

Le Roi des Rats m’envoie vers toi :
Peut-on venir vivre chez toi ? »

Le Rat des cuisines étoilées
Lissa ses longues moustaches huilées :

— « Cousin, ici l’on vit encore ;
Il tombe parfois quelques trésors :
Épluchures de truffes blanches,
Queues de homard, sauces franches.

Dans le tumulte du service,
Les commis, ivres de supplices,
Renversent parfois des morceaux
Qui font nos festins les plus beaux.

Je veille alors sous les fourneaux ;
Je cours plus vite que les balais nouveaux.
Grâce à mon flair et ma finesse,
Le Chef lui-même sait ma justesse.

Car sans moi, derrière les comptoirs,
Ce serait cloaque chaque soir. »

Puis, baissant un peu la voix :

— « Pourtant, cousin, écoute-moi.
Le monde change ; l’homme apprend
À moins gaspiller qu’auparavant.

Autrefois sot mais généreux,
Il nourrissait sans le vouloir ceux
Qui vivaient de ses abandons
Comme princes de ses rebuts profonds.

À présent il calcule, trie,
Pèse la graisse et l’avarie ;
Même ses déchets ont destin,
Et le rat perd son vieux festin.

Le vrai péril, plus que le chat,
N’est plus le piège ou les appâts ;
C’est l’humain froid, organisé,
Le gestionnaire civilisé.

Car un peuple brouillon pardonne ;
Mais dès qu’il administre et ordonne,
Le malheur du pauvre vivant
Commence avec le règlement. »

Le Rat du Dépotoir soupira.

L’autre reprit :

— « Pourtant viendra
Pour votre peuple une retraite.
Les caves seront votre conquête.

Les faux plafonds, les conduits noirs,
Les vieux hôtels, les dortoirs ;
Et surtout certains étudiants
Dont les reliefs sont abondants.

Mais qu’un décret soit proclamé
Par votre Roi bien informé :
Ne touchez point aux fils du monde ;
Leur colère alors serait profonde.

L’homme supporte qu’on le vole,
Qu’on lui dérobe une casserole,
Un fromage ou même un jambon ;
Mais coupez-lui sa connexion,

Et vous verrez dans sa furie
Une toute autre barbarie. »

Moralité

Le siècle ancien nourrissait même
Ceux qu’il appelait son problème ;
Le nouveau, propre et prévoyant,
Affame jusqu’au survivant.

L’ordre parfait, la règle austère,
Ont parfois le cœur moins ouvert
Que le désordre et ses excès
Dont tant d’êtres vivaient en paix.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire