Quand je me prépare à battre mon record personnel sur 100 mètres, départ arrêté, je bloque mon cerveau sur l'objectif, lui demande d'éliminer toute idée parasite qui risquerait de me distraire, d'ordonner aux jambes de courir sans se préoccuper de la fatigue, d'ignorer les crampes et de se battre vaillamment. Le corps est prioritaire. Il concentre son énergie dans les membres inférieurs. La respiration est ample, volontaire, son rôle est de suroxygéner l'hémoglobine. Le cœur est mobilisé. Il va devoir pendant les 5 minutes de mon sprint assurer un débit maximum, sans faiblir. Chacun sait ce qu'il doit faire et je n'ai qu'à dérouler, façon Usain Bolt dont j'ai emprunté la tactique et la technique.
Quand je commence un championnat de jeu de dames, que je veux résoudre une équation du second degré, me réciter la tirade du Cid ou le cinquième couplet de la Marseillaise pour fêter la victoire de Valmy (1792) tous les 20 septembre, mon corps se fige, ma respiration se ralentit, de superficielle elle devient profonde, décontraction totale, gestes ralentis, le cerveau est dans une réflexion intense, tous les neurones cognitifs sont en alerte maximale. La mimique de l'adversaire est passée au scalpel. Il faut deviner son intention avant même qu'il la connaisse (pour avoir un coup d'avance). C'est ma technique qui me fait perdre rarement.
Cerveau, corps, chacun se dévoue à l'autre, sait ce qu'il doit faire ou pas, pas de d'orgueil déplacé, respect mutuel, solidarité totale, seule la victoire de celui qui lutte compte, admirable exemple à méditer et à enseigner dans les salles de classe.
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