Les occasions de se sentir généreux, altruiste, bon sont rares car il faut des circonstances exceptionnelles. Elles peuvent ne plus l'être si on prend conscience que l'on a pas besoin de plonger dans l'eau glacée pour sauver d'une noyade l'inconnu du pont de l'Alma, de devancer le pompier et tirer des flammes une femme enceinte de 8 mois, de sortir des sables mouvants d'une plage de la Loire un promeneur imprudent.
Être à Paris, sur ce pont, à l'instant précis, passer devant la maison en feu juste à temps et jeter un lasso à partir du canoë à l'enlisé arrivent rarement. Devenir un héros oblige la chance à venir au secours du hasard. Mais il n'y a pas que des hommes et des femmes susceptibles d'être en danger de mort et sauvés. Autour de nous un autre monde se retrouve dans des situations où sa vie tient à un fil et vous êtes le seul à pouvoir le sortir de son mauvais pas. C'est alors que, chevalier blanc, tel un Zorro protecteur et bienveillant, vous intervenez et le sauver d'une mort cruelle. Il suffit de ne pas se borner à observer le monde depuis un écran, de sa hauteur mais de porter son attention sur cette faune qui nous entoure et que nous ne regardons pas ou quand nous la voyons pour s'en plaindre, la détruire. Elle est pourtant magnifique, chaque oiseau, le moindre des insectes; un escargot, une limace, est un chez d'oeuvre de beauté, d'originalité dotés d'un formidable appétit pour la vie, si courte fut-elle. Ils ont un devoir et y consacrent une folle énergie. Les aider dans cette mission sacrée pour eux est un geste de respect, d'amitié, de fraternité et reconnaitre que leur droit à vivre est aussi fort que le nôtre.
Quand on cesse de survoler notre entourage et que l'on porte son attention sur ce qui ne sont, pour le commun, que des détails insignifiants, on trouve, plusieurs fois par jours des vies à sauver, des prisonniers à libérer. L'eau est un piège mortel pour ceux qui ne savent pas nager et n'ont rien à quoi s'agripper. Les papillons, les abeilles, les guèpes et tous ce qui vibrionnent dans le ciel y tombent souvent. Regardez sa surface, là où elle stagne et vous verrez un ou plusieurs de ces insectes qui se débattent avec l'énergie du désespoir. Un doigt secourable suffit à leur éviter le trépas. Se mettre à leur place, vivre leur angoisse, est facile et leur stupéfaction de se sentir retirer d''un cercueil mouvant, par un ange descendu du ciel pour le sauver facile à imaginer. Son allègresse serait la nôtre. Faire ce geste et permettre au papillon, à la guèpe, à la mouche, à l'anophèle de retrouver le ciel. Ouvrir la fénêtre et donner une porte de sortie à tous les insectes qui, par malchance, sont piégés derriere une vitre et voient ce qui leur est inaccessible procure les mêmes satisfactions. Pourquoi se priver de ces plaisirs majuscules!!!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire