Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


lundi 20 mai 2013

CONSEIL DU JOUR


Méfiez-vous de ceux qui font parler les chiffres et calculent leurs mots.

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DE LA PITIÉ

Pitié pour:


  • le prisonnier, condamné, ruiné, pardonné ;

  • les chats, les chiens abandonnés au coin d’une rue, dans le fond d’un bois, au bord d’une route par des monstres sans cœur, sans cerveau, sans entrailles ;

  • les timides qui se cachent car ils trouvent beaux les affreux, les discrets qui se taisent pour ne pas dire les bêtises qu’ils écoutent et les tendres, ces agneaux qui ne veulent pas voir qu’ils vivent avec les loups ;

  • le moustique, la blatte, le doryphore, le moustique, la puce, le puceron, la limace, le limaçon qui survivent avec le putois, le renard, le blaireau à l’écrasement de la voiture, à la pulvérisation du paysan, au piège du traître, à la cartouche du tueur.


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AU RAS DES PAQUERETTES

Une âme de midinette, le rêve éveillé de beaucoup. Attendre le Prince Charmant, lire l’horoscope du jour, croire la diseuse de bonne(s) aventure(s)…
Vivre avec des illusions c’est quand même plus excitant que de n’en avoir aucune. C’est sans doute pourquoi les croyants ont tant de mal à envisager des raisons qui les feraient réfléchir sur toutes les merveilles qu’on leur a racontées et que les incroyants n’ont, eux, de cesse d’essayer d’en trouver de bonnes qui les feraient douter.
Qu’est-ce qui est le plus facile, le plus utile : marcher en s’accrochant aux nuages ou en regardant où l’on met les pieds ?
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COMMENT FAIRE MIEUX AVEC MOINS

C’est la question qui se pose à presque tous ceux qui ne sont pas fixés en haut de l’échelle des salaires.
Seul un mathématicien pouvait répondre et nous démontrer par A + B qu’on pouvait convertir une soustraction en addition.
Si on reste sur une équation du premier degré, la proposition est absurde et, même dans un monde qui marche sur la tête, impossible. Il faut se résigner avec moins, cela ne peut être que pire. C’est mathématique.
En fait, ce n’est clair que dans un monde parfait. Dans le nôtre, où l’apparence domine la réalité, il faut passer à l’équation du deuxième degré et de proclamer que moins il y a de moins, plus devient possible. Le tour est joué et nous voilà dans une dynamique positive, optimiste. L’ordre des choses est bouleversé, inversé. L’intégration de deux négations permet l’addition et la soustraction disparaît.
Passons de la théorie à la pratique :
Vous aviez 100€ en poche, vous les dépensiez sans retenue. C’était le bon temps.
Vous n’en avez plus que 80, crise oblige. Comment faire pour dépenser comme si j’avais toujours 100€ alors qu’il m’en manque 20 ?
Il vous suffit de regarder ce que vous faisiez avec vos 100€ et d’examiner combien d’euros vous jetiez par la fenêtre en gaspillage, pour le plaisir de dépenser sans rime ni raison :
-      1 film  où vous vous êtes ennuyé ;
-      un repas au restaurant où vous avez mal mangé ;
-      2 cafés crème au café pour passer le temps ;
-      un journal, des revues que vous n’avez  pas lus.
Toutes ces dépenses étaient superflues, inutiles. Elles ne vous ont rien apporté, rien rapporté. Vous pouvez les regretter. Sur vos 100 euros vous auriez pu en économiser au moins 40 et il vous en reste 60 pour des achats utiles.
Faites la même chose avec vos 80€ : avant de dépenser, posez-vous la question : est-ce nécessaire, serais-je plus heureux ? Il y a beaucoup de chances pour que l’exemple d’avant vous ayant servi de leçon, vous ne dépensiez pas, comme la première fois, 40€ pour rien. Vous aurez donc dépensé 60€ à bon escient et il vous en reste 20 que vous allez ajouter au 80 de la fois suivante. Vous avez reconstitué le capital de départ et pourrez continuer à faire des réserves pour plus tard.
Comme disait l’autre, vive la crise !
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UNE FÊTE DE FAMILLE À L’ANCIENNE

Elle était facile à réussir quand la famille était une société organisée et qui se connaissait. Chacun occupait sa place. Il y avait les grands-pères et les grand-mères qui avaient eu des enfants. C’étaient les pères et mères qui nous avaient eus avec les cousins. On se mariait une fois et les petits enfants n’avaient pas plusieurs pères et mères. La famille était une, indivisible et pour la vie. Les arrivants qui peinaient à s’installer écoutaient avec sympathie les anciens qui se préparaient à partir. Chacun avait un rôle à jouer. Les rescapés du passé donnaient leurs recettes et leurs souvenirs aux conquérants du futur qui parlaient de projets et de progéniture à venir. Ils étaient tous contents ceux-là de ce qu’ils avaient fait, ceux-ci de ce qu’ils allaient faire.

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dimanche 19 mai 2013

PRIÈRE POUR NOTRE DAME DES LANDES

Je vous salue Notre Dame des Landes,
Landes pleines de grâce et de beautés,
Fier pays de liberté,
Les seigneurs sont contre vous,
Ils vous ont choisie d’entre toutes les terres
Pour être souillée, violée, martyrisée.
Amis étudiants, retraités, salariés et paysans,
Résistons et protégeons Notre Dame des Landes,
Luttons, sauvons sa terre, ses hôtes, son air,
Pour elle, pour nous, pour demain.
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RIEN À FAIRE

Si je n’ai plus rien à faire, cela veut dire que j’ai fait tout ce que je devais faire moins ce que j’aurais dû faire mais que j’ai oublié, n’ai pas voulu faire ou n’en ai pas eu le temps.
Deux excuses sont recevables. L’oubli est involontaire. C’est une éclipse de la mémoire. Comme la crampe, le mal de tête, l’infarctus, c’est une panne de machine.
Si le temps vous a manqué, c’est encore pardonnable. Vous êtes lent ou il y avait trop à faire. C’était inéluctable. C’est une faute dont vous n’êtes pas coupable.
Vous n’avez pas voulu le faire. Vous êtes le responsable. C’est bien ou mal selon l’affaire. Si c’était une sale affaire, bravo, c’était courageux de ne pas vouloir y tremper. Si c’était une bonne affaire pour vous et les autres votre situation est mauvaise, vous devrez vous expliquer en ce jour du Jugement dernier. Le bon Dieu ne fait pas de cadeau. Il tranche dans le vif. Avec lui c’est l’enfer ou le paradis.

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DES SIFFLETS

Des sifflets pour :
  • le puissant, l’imposant, l’important avides d’encore, affamés de plus, ils se gonflent, se goinfrent, plastronnent, dominent;
  • ceux qui ne changent pas d’avis faute d’idées ;
  • ceux qui trouvent profond l’obscur ;
  • ceux dont le projet épuise la force ;
  • ceux qui respectent le respectueux et méprisent le respectable ;
  • ceux qui se fatiguent du travail des autres ;
  • ceux qui courent sans s’attarder, marchent sans s’arrêter, pressés d’être arrivés, de faire de bonnes affaires, un beau mariage, une belle carrière, monter au ciel ;
  • ceux qui se croient sérieux parce qu’ils se prennent au sérieux ;
  • les cœurs blindés, les yeux clos, les oreilles bouchées et les ventres pleins.
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DES ÉPICURIENS

Mon chien, ma chienne, sont fidèles, attentifs, courageux, reconnaissants. Tristes à mon départ, ils se calment, se couchent, s’endorment. Joyeux à mon retour, ils me fêtent, se calment, se couchent, s’endorment. Ils boivent l’eau du robinet, celle qui reste de la pluie. Ils mangent quand ils ont faim, du cru, du cuit, sans poivre, sans sel, sans apprêt, sans recettes. Ils s’amusent d’une balle, se plaisent à renifler, à pisser, à pister, à courir, à sentir. Quand ils souffrent, quand ils meurent, ils se taisent, se couchent, se cachent, attendent.
Mes chiens sont comme tous les chiens, les chats, les putois, les chevreuils, toutes les bêtes. Naturels, inhumains, ils jouissent de ce qu’ils ont, n’ont rien inventé de mieux, n’en demandent pas plus. Ce sont des sages, des exemples, des maîtres.
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UN PEU DE POÉSIE

« Je n’ai rien pris ni rien reçu
Je n’ai rien eu. Je n’ai pas su ».
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« Si tard où t’en vas-tu
Le long du temps perdu ? »
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« Tous les êtres aimés
Sont des vases de fiel qu’on boit les yeux fermés »
(Marie Noël, « Chants des 4 temps ») 

samedi 18 mai 2013

UNE PHRASE D’ÉPICURE

Rien ne suffit à qui considère comme peu ce qui est suffisant.
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DES BRAVOS

Bravo pour :
 
  • les chiens et chats qui ont un bon maître, leur royaume des cieux est sur terre ;
  • celui qui ne perd pas son temps à parler avec qui ne l’écoute pas et à écouter qui ne lui dit rien ;
  • ceux qui ont la dent dure parce que leur cœur est tendre, qui gardent leur sang froid même s’ils l’ont chaud ;
  • les timides, les discrets, les tendres que personne ne voit, n’entend, ne sent, ils sont comme l’eau pure, l’air frais, un voile de soie, transparents, fragiles, subtils, sublimes.
 
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POURQUOI CERTAINES PERSONNES N’AIMENT PAS POSER DES QUESTIONS ?

Un lecteur avisé nous propose une réponse :
« Ils sont nombreux et, si vous ne l’avez pas remarqué, c’est normal puisque vous en faites partie. Il y a deux raisons :
-      Soit vous connaissez la réponse et vous n’avez pas à poser la question ;
-      Soit vous ne voulez pas la connaître. Deux possibilités :
1)    c’est une philosophie de vie. Pour vivre heureux, vivons en nous cachant de connaître les réponses qui pourraient déranger notre tranquillité.
2)   Vous ne voulez pas connaître la réponse car elle vous obligerait à vous interroger sur la façon dont, depuis toujours, vous choisissez les mauvaises réponses aux questions que vous vous posez. Cette détestable habitude a, bien sûr, des conséquences regrettables qui vous rendent la vie impossible.
Si vous acceptiez de poser la bonne question pour recevoir une bonne réponse vous vous contrediriez. Ce serait un combat interne impossible à gagner. Votre répugnance est compréhensible. Vous avez raison de choisir la solution la moins mauvaise, celle qui vous permet de vous supporter. Ne pas poser de mauvaises questions, afin de n’avoir pas à choisir les mauvaises réponses, est finalement une façon élégante de se sortir d’une situation difficile ».

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vendredi 17 mai 2013

IL EST FORT, LE HOLLANDAIS GÉANT

Ainsi, les étudiants étrangers qui viendront étudier en France, pourront, dans le cadre de la francophonie et  de la défense du français, langue universelle, avoir leurs cours en anglais et passer leur examen en français. J’ai entendu Descartes pleurer.
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UNE VIE DE CHIEN

Thor, mon chienchien, quand il dort, agite ses pattes, sa queue, pousse des petits cris : il rêve. C’est sa façon de supporter sa vie de chien.  
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COMMENT FAIRE ?

C’est la question fondamentale. Y répondre c’est en finir avec l’hésitation, achever le mouvement. Pour résumer, si on sait comment faire, on a la solution des problèmes.
Kant, Aristote, Sartre, Descartes ont beaucoup réfléchi mais leur réponse est dilatoire, obscure et n’offre pas une réelle ouverture sur une décision précise. Je désespérais quand j’ai rencontré le père Hector, un ancien de l’équipement du temps des Ponts et Chaussées où il œuvrait dans le fond des fossés. Je lui ai demandé toute de go, n’espérant rien : « Comment faire ? » Il m’a répondu, sans sourciller ni hésiter : « pour le mieux ». Chapeau, le cantonnier.

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LA FRANCE À DEUX VITESSES

Il y a des certitudes qui rassurent :
  • Le temps passe ;
  • la route tourne ;
  • le soleil brille ;
  • la lune se remplit ;
  • la règle règne ;
  • le chef décide ;
  • la troupe obéit ;
  • le garde est à vous
bien que le désordre soit total et que :
  • Le temps soit à l’orage ;
  • la montre retarde ;
  • la girouette tourne ;
  • la roue se voile ;
  • le silence s’épaississe ;
  • le feu couve ;
  • la rumeur enfle ;
  • la foule gronde
et
  • le président parle.
Comment faire pour éviter le naufrage, le breakdown, le burn out, la fuite en Égypte, le départ en Australie, l’entrée au couvent, la retraite aux flambeaux, la traversée du désert ? Pour le mieux!

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LE JUSTE PRIX (suite et fin)

Imaginons une ville sans éboueurs pour enlever les ordures. Très vite, comme à Naples, à Marseille, elles envahiront la ville l’ensevelissant sous la pestilence. Elle apportera les rats, la peste, la mort. Le métier est fatigant, sale, malodorant. Même à un cancre, le père n’ose pas dire : « tu seras éboueur mon fils, si tu ne travailles pas ». Et pourtant ce métier n’est-il pas le métier le plus utile à la communauté, celui qui empêche que les rats ne la submergent et ne l’éradiquent ? L’éboueur devrait avoir un salaire de prince.
Le médecin est décrié, vilipendé, fauteur de trous, de déficits. On ergote sur le prix de sa consultation. On traque ses ordonnances, ses certificats.
Moins payé que le médecin des chats et des chiens, le médecin de la campagne et des villes doit supporter les gémissements, les cris, la douleur, les souffrances de ses clients, mettre ses mains dans leurs sanies, dans le trou de leur cul, dans leurs entrailles. Il doit respirer leurs odeurs, sonder leurs reins, crèver leurs furoncles, leurs bubons, nettoyer leurs chancres, tailler dans le vif, recoller leurs fractures, recoudre les déchirures. On lui dispute les 23€ de sa consultation, ses suppléments, ses dépassements.
Pour le prix de son travail, pour son bac + 7, + 8, +9, + 10, + 15 qu’il a consacré à apprendre son métier, à être utile, nécessaire, quel salaire devrait-il daigner d’accepter pour toute la merde qu’il est obligé de supporter, cet éboueur en blouse blanche ?
L’histoire n’a pas été avare de révolutions. Toutes devaient changer cet ordre et établir celui dont nous avons parlé en rêvant. Pourquoi ont-elles échoué ?
Parce qu’elles ont toutes mis en branle la loi du plus fort qui fait que la vérité ne fait pas le poids devant la réalité et qu’une loi apparemment naturelle ne peut rien face à une force réellement naturelle.
Ceux qui font une révolution : les Castro, Mao, Lénine, Robespierre ou des coups d’État (Napoléon 1 et 3, Hitler, etc.) sont des chefs, des leaders. Ils entraînent, convainquent, créent l’espoir, l’enthousiasme, sont suivis, sont vainqueurs, ont le pouvoir, la puissance. Ils deviennent les maîtres de la place, prennent les rênes. Leurs fidèles, leurs comparses, leurs complices se partagent les restes et vont prospérer, s’engraisser, se nomenklaturiser. Les autres, ceux qui ont applaudi de gré, de force, attendent, espèrent. Les nouvelles lois, les nouveaux règlements vont certainement inverser cette fameuse échelle des salaires, c’était promis, juré. Une police, une justice se mettent en œuvre pour les faire appliquer. Il y a même la milice qui surveille les militaires veillant toujours aux frontières.
Pour occuper les esprits, justifier leur emprise, expliquer leur entreprise, de nouveaux bons apôtres font dans l’éducation des masses, le lavage des cerveaux. Ils fabriquent de officiants, des militants, entretiennent la flamme, promettent des récompenses, punissent ceux qui doutent, châtient les récalcitrants.
Tout le monde qui n’est pas occupé ailleurs se remet au travail, retourne aux champs, dans les usines qui doivent tourner. Il faut produire de la richesse que ceux qui savent et qui peuvent emploieront pour leur bien et, s’il en reste, pour celui des autres.
Les vieilles recettes fabriquent la bonne soupe qui est servie à ceux qui tiennent la louche. Très occupés à distinguer ce qui sera à faire, à digérer ce qu’ils viennent de prendre, ils n’ont pas le temps, au début, de faire tout ce qui était prévu puis, au fur et à mesure qu’il passe, ils perdent de vue les raisons qu’ils avaient eues et le cercle vicieux reprend sa ronde immuable. Rien n’y fera, c’est la fatalité. L’homme au pouvoir est un carnassier, toujours affamé.
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jeudi 16 mai 2013

UNE PENSÉE DE CIORAN

L’insomnie est la seule forme d’héroïsme compatible avec le lit.

(Syllogismes de l’amertume)
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LE JUSTE PRIX

Le coût du travail devrait être proportionnel au risque encouru, à la fatigue, à sa difficulté, à sa pénibilité, au service rendu, au besoin qu’il comble. Il devrait être inversement proportionnel à sa facilité, à son manque d’intérêt pour la communauté.
Ce simple énoncé montre que la logique n’est pas respectée. La société marche sur la tête car l’ordre des choses est inversé.
L’échelle des valeurs est fixée par ceux qui en profitent.
Il en est ainsi depuis le début. Le faible est toujours soumis. C’est une loi de la nature : le loup mange l’agneau, le lion l’antilope, la mésange l’insecte, le chat la souris. Le guerrier tue le paysan pour lui voler sa récolte, sa fille. Il devient le propriétaire de la terre, fait de l’autre son serf, son esclave. Il se sert quand le blé est récolté, l’autre reste faible, misérable, affamé. L’astuce, la ruse, les belles paroles ont le même pouvoir dominateur, coercitif. Elles domptent l’esprit, asservissent l’âme, endorment, domptent. Elles édictent des règles, des commandements, inventent des croyances, décident des politiques, offrent des perspectives, promettent l’enfer, le paradis pour ici ou après.
Ceux qui savent la vérité organisent la réalité. Ils établissent leur hiérarchie. Ils se mettent à sa tête, fixent leur salaire, décident des autres.
C’est ainsi que la dichotomie du travail a prospéré. Les plus forts aidés par les plus malins sont les maîtres de la société et les plus utiles, les indispensables, ceux qui font tourner la machine, travaillent de leurs mains, bâtissent, construisent, sèment, récoltent, creusent, ramassent, se fatiguent, sont payés à la pièce, au Smic, mangent à la cantine, font les 3 huit, voyagent en métro, en bus, en RER, taillables, corvéables, jetables.
Cela dure depuis que les seigneurs de la guerre sont les maîtres des terres, puis des forges. Patrons du CAC 40, ils ont acheté les banques, sont les maîtres des politiques qui gouvernent la société. Ce sont toujours les mêmes qui règnent sur le reste du monde car si tout bouge, rien ne change.
Au sommet, la lutte est féroce et seuls survivent les plus forts. C’est dans leur nature de s’entretuer car moins ils sont, plus ils ont pour se régaler. Ils se font aider par les plus malins. Au début ce furent des bons apôtres. Plus tard et plus nombreux, des bons curés, des évêques, des archevêques, des cardinaux, des papes. Ils oignaient les seigneurs, s’en faisaient les prêcheurs, les confesseurs, les professeurs. Ils travaillaient dans le divin. Pour maintenir la discipline, les rois, les empereurs enrôlaient les instituteurs, les professeurs, les notaires, les avocats. Pour faire respecter les frontières, les règles, les règlements, les codes, les feux rouges, que l’impôt rentre, il y eut la police, la gendarmerie, les inspecteurs, les militaires.
Bien encadrée, la société apprit à marcher au pas, à la cadence de ceux qui font la loi.
La raison de l’échelle des salaires est clairement affichée. Les plus riches avec les plus malins sont en haut parce qu’ils sont les plus forts et, tout en bas, il y a la foule de tous ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre.
Pour inverser la situation qui, on l’a vu est établie par la force des choses, il faudrait une révolution. Elle aurait la fonction de fixer à chacun le salaire qu’il mérite. Au plus utile, le salaire le plus élevé, à l’inutile, le moins élevé.
(à suivre)