Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 16 juin 2026

LE VOYAGE EN PREMIÈRE, CLASSE ÉCONOMIQUE

Vous avez des envies de voyage, de rencontrer des inconnus  qui paraisent venir d'une autre planète avec un parler étrange, un aspect idem mais que de problèmes : visas, vaccinations, dangers de l'avion, des aléas, les mauvaises rencontres, les surprises etc. C'est refroidissant et calme des vélléités de départ. J'ai la solution que j'applique à l'occasion. 

Je choisis un hôtel 5 étoiles fréquenté  par une clientèle étrangère. Moi, c'est le Ritz, place Vendôme,  par fidélité à Fiztgerald et parce que c'est là que je pose mon baluchon quand ils ont besoin de moi à Paris. Je m'installe au Ritz Bar, commande un gin-fitz à Clément et j'observe le monde entier venu  voir un français moyen, fidèle à la légende : petit, rondouillard, mal fagoté, un mégot au bec, un béret sur le crâne, une baguette sous le bras, pas très propre, sentant le camembert bien fait, pas content qu'on le regarde comme s'il était une curiosité. En fait, je laisse faire car c'est aussi mon tour et n'ai rien payé (c'est la maison qui offre). L'échantillon est représentatif, ne manque que les esquimaux car il fait trop chaud et les kalahariens car il fait trop froid. Nous avons, dans un coin, la tribu féminine presque complète du chef bédouin Mitrab ibn al-Harbi venue en jet privé faire ses achats rue de la Paix. Superbement vêtues de Chanel et de Dior, elles jacassent dans cette langue bédouine si mélodieuse que l'on se croirait dans une opérette de Shéhérazade. Elles sirotent un thé à la menthe revitalisé à la fine Napoléon. Devant, deux asiates au visage impénétrable contemplent le plafond, en pleine méditation, du genre profonde. Ils auraient une robe jaune que l'on se croirait à Katmandou, dans un ashram, une nuit de pleine lune durant le Buddha Jayanti. Comme voisin immédiat, j'ai un texan de 2 mètres de haut et pas loin du double quintal, en 1 minute, on est devenus des amis pour la vie, sa maison est la mienne, je viens quand je veux, les actions de Musk, c'est de l'or en barre, il en achète pour un milliard, dès l'intro,  c'est l'affaire du millénaire, il passera sa retraite sur Mars, si je veux son avis, ce Ritz ne vaut pas ceux de la grosse pomme, lit trop petit, bouffe dégueu, pas d'apple-pie, ni de côtes de porc flambées au barbecue, un Petrus qui arrive à la cheville du même de la Nappa, etc.. Il finit par sangloter, ivre mort, ne supportant pas le Cointreau coupé d'eau, appelle sa mum et, l'ambassade avertie, envoie une escuade de marines pour le ramener dans son baraquement.

C'est ainsi que je passe un heure  ou deux, à faire le tour du monde, en 180 degrés, assis sur un tabouret, au bar du Ritz de Paris, place Vendôme.

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