Cest plus fort que moi, monsieur le juge, je ne peux pas m'en empêcher, sanglote le tueur en série qui décapite, le pyromane qui joue avec les allumettes, le violeur, le voleur.
C'est plus fort que moi, je ne peux m'en empêcher de grignoter, monsieur le docteur, pleurniche l'obèse diabétique, hypertendu qui va bientôt mourir d'un infarctus foudroyant.
C'est plus fort que moi, mais je ne peux m'empêcher de me mettre en colère pour une broutille, d'en rajouter une couche pour bien enfoncer le clou, de dire tout haut ce qu'il faudrait dire tout bas, de vouloir avoir raison quand j'ai tort, de prétendre que si c'était à refaire, je ne le ferai pas.
Cette force qui nous oblige à commettre des actes criminels, insensés, idiots contre notre volonté, nos intérêts, notre santé, cette faiblesse, cette obéissance, ce renoncement à la liberté, il faut lire "La servitude volontaire" de La Boétie pour en connaître l'origine.
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