Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 5 mai 2013

UNE BELLE JAMBE

Cela s’est passé si vite que je ne m’en suis pas aperçu et que je n’ai rien senti. Si vous ne m’en aviez pas parlé, je ne l’aurais jamais su.

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LA PENSÉE DU JOUR

Je me demande si la nature fait aussi bien les choses qu’on le dit. Quand je vois les mauvaises herbes étouffer mes salades et mes fraisiers, les mauvaises habitudes obliger les bonnes à rester en retrait, les mauvaises politiques conduire le pays à la ruine, je me dis que le bien, le bel et le bon ne font pas le poids, face aux forces du mal…
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LE CONSEIL DU JOUR : NE PRÊTEZ PAS

Si vous prêtez l’oreille aux jérémiades et aux commérages de votre voisine, très vite elle pensera qu’elle vous intéresse. Elle va alors croire qu’elle vous apporte des informations qui vous manquaient et que vous lui devez quelque chose pour être quitte de l’intérêt que vous lui portez. Vous n’en avez pas fini avec elle !
Si vous prêtez de l’argent à quelqu’un, il va s’imaginer que vous le faites parce que vous pensez que votre argent est bien placé, que vous en tirez une grande satisfaction à le savoir si bien employé et à l’idée de lui avoir rendu service. Plus le temps passe et plus les intérêts que vous lui devez sont élevés et à mettre à votre dédit. Au bout du compte, c’est vous qui devriez le remercier de vous avoir emprunté. Il n’est pas question, bien sûr, que vous soyez remboursé, car vous lui avez coûté plus que ce que vous lui aviez donné.
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samedi 4 mai 2013

La curiosité du jour

Je serais curieux de savoir si votre départ brutal d’ici a provoqué la même émotion que votre arrivée subite là-bas et votre disparition une consternation à la mesure de notre soulagement à votre retour !
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Il y a trois types d’individus

1/ Ceux qui ont de la mémoire. Ils sont savants de tout ce qu’ils ont retenu des autres. Ils n’ont pas besoin de réfléchir, de penser. Les autres l’ont fait pour eux.
 
2/ Il y a ceux qui n’ont pas de mémoire. Ils sont obligés de réfléchir, de penser pour savoir que dire, que faire.
 
Les uns sont populaires car ils partagent les idées des autres, les seules qu’ils aient tandis que le sans mémoire est seul avec ses idées qu’il n’a pris à personne et qu’il est seul à connaître.
 
3/ Il y a les autres.

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Une pensée de Cioran

« J’ai toujours cherché les paysages d’avant Dieu. D’où mon faible pour le chaos » (De l’inconvénient d’être né)  
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UNE PENSÉE DE MARC-AURÈLE

« Tu as rendu service à un homme, c’est bien ; que veux-tu de plus ? Ne te suffit-il pas d’avoir agi conformément à ta nature ? Te faut-il encore pour cela un salaire ? C’est comme si l’œil réclamait un dédommagement parce qu’il voit ou les pieds parce qu’ils marchent. »

INITIATION À LA VIE BUCOLIQUE (3 et fin)

Dimanche – Dernier jour du stage.

Le protocole du réveil fut le même que la veille.
Tout le monde avait survécu et chacun répondit à l’appel. Pas de déserteur.
Le petit déjeuner fut suivi d’un rappel du programme. Il était chargé car beaucoup restait à faire et à découvrir dans la théorie et la pratique.
Monsieur Martin, le maître de stage nous parla de :
-      production : raisonnée.
-      travail : permanent ;
-      du financement : permanent dans les dépenses, intermittent dans les recettes ;
-      des aléas : climatiques, économiques ;
-      des ennemis : pluies, grêle, sécheresse, attaques des parasites, des champignons, des sangliers, des raves parties, les grandes surfaces, l’industrie agro-alimentaire, les abeilles, la nappe phréatique, les haies, les petits oiseaux, l’écologie radicale.
11 h -12h30.- Stage pratique au potager pour tous suivi d’une visite au poulailler et d’un bonjour au cochon :
-      binage, sarclage, arrosage, plantage de pommes de terre, de tomates.
-      Initiation au compostage.
-      Travail du potager avec ou sans motobinage ? Paillage, Bois raméal fragmenté. Avantages, inconvénients.
-      emploi de la gélinotte : suppression du bêchage, sauvegarde des lombrics, économie des forces.
-      Économie de l’eau : arrosage ou non ? méthode de surfaçage, paillage, film noir, etc.
-      Avantage des toilettes sèches – mise en œuvre.
Passage au poulailler- ramassage des œufs. Lutte contre le pou de la poule.
Soue au cochon : nettoyage de la bauge – douche – bain.
13 h : Dernier déjeuner.
Cidre doux en apéritif. Repas traditionnel du dimanche à la campagne :
-      Œufs durs mayonnaise ;
-      Poule au pot au riz sauvage.
-      Gâteau de pommes de terre garni de sa compote de pommes.
Pas de sieste car, avant le départ à 17 h, beaucoup d’affaires en reste.
14 h.- Conférence sur les dangers de la ferme par le jeune Pierre L., stagiaire de l’école du génie agricole.
« La ferme est un lieu dangereux. Le risque n’est pas tant de se faire piétiner par les vaches en colère, de se  faire encorner par César quand il se prend pour un taureau de combat, de se faire donner un coup de fourche, de marcher sur un râteau mis du mauvais côté, de se faire écraser par le tracteur, avaler par la moissonneuse-batteuse, de tomber dans le puits sec et de se fracasser le crâne au lieu de se noyer, de tomber de l’échelle, d’être mordu par une vipère, piqué par une guêpe, de tomber dans les orties ou sur une épine, d’être frappé par la foudre. Non, le risque est plus grand, c’est le pesticide, l’herbicide, la chimie, organique, minéral, les aérosols en épandages, en pulvérisations, en nébulisations, tous cancérigènes, allergisants, létales à dose mortelle, stérilisants. Ils attaquent les pucerons, les cochenilles, les mauvaises herbes, les champignons, le doryphore, les abeilles, vos poumons, la rate, le foie, les reins, la substance blanche, la grise, la moelle, les neurones, les glandes, le pancréas, la vésicule, la vessie, la moelle.

Pour s’en protéger, il faut : pas de vent, pas de pluie, pas de soleil, un scaphandre intégral, une interdiction de fumer, de respirer, de tousser. Une autorisation du préfet, de la gendarmerie, du maire, contresignée du garde-champêtre assermenté et du maître de stage qui a certifié que vous avez assisté à la mise à niveau trimestrielle des procédures actualisées par le ministère de l’agriculture raisonnée suite aux spécifications édictées par la Commission de Bruxelles chargée de veiller à l’exécution de la dernière révision de la PAC.

C’est pourquoi tous ces produits dangereux sont stockés dans une casemate, résidu d’un mur éloigné de l’Atlantique et enterrée sous une double protection de fils barbelés électrifiés. L’accès est réservé au personnel habilité Seveso. La visite vous en a été interdite et je ne vous en parle que pour que vous vous en teniez éloignés ».
16 h.- Après les explications sur les raisons de la surmortalité du travail à la ferme, le propriétaire parla des plaisirs de la terre et des raisons de son engagement à son égard.
S’il n’était pas possédé d’un amour charnel pour Gaïa, il y a longtemps qu’il aurait abandonné ce métier avec ses dangers, ses fatigues, ses mauvaises odeurs, l’ingratitude du climat, la mauvaise humeur du directeur du Crédit agricole et les tracasseriez de la Chambre d’agriculture, l’incompétence de ses employés, les infidélités de sa femme qui s’ennuie. Il se serait installé à Paris, dans les beaux quartiers et associé avec son frère dans la holding familiale. Sa vocation est une passion à laquelle il n’a pas su résister.
À 16 h 50 au milieu du champ de luzerne nous avons écouté, recueillis résonner l’Angélus dans le soir et chanter l’alouette et compris l’emprise de la terre.
À 17 h retour à la ferme.
Cérémonie des adieux au milieu de la cour. La troupe de stagiaires au grand complet salua le maître des lieux et ses lieutenants et se dispersa dans un sauve-qui-peut général, se préparant déjà à une initiation à la vie de courtisan durant un week-end à Versailles.

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vendredi 3 mai 2013

À L’AMI AMÉRICAIN

On vous adore en grand, en large, en scope, en série, en Grant, en Cooper, en Keaton, en Eastwood, en Pitt, en Norton, en Ford, en Nolan, en Fincher, en cow-boy, en indien, en Marylin, en Rita, en Gene, en Cindy, en Gershwin, en Ray Charles, en Hampton, en Dizzy en King, en rock, en Hemingway, en Melville, en Attrape-coeurs, en Scott, sur la lune, dans les étoiles, en avance, au débarquement, en sauveur.
 
Vous faites horreur en gros, en gras, en lard, en MacDo, en Guantánamo, en KKK, en killers, en drogués, en Irak, la main sur le cœur, le doigt sur la gâchette, à genoux pour prier, pour tirer, en tapis de bombes, en frappes chirurgicales à dommages collatéraux, en atomiseur, en flingueur, en menteur, en tricheur, en pollueur, torturant.
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INITIATION À LA VIE BUCOLIQUE (2)

  1er jour – Samedi
6 h : lever au son du tracteur.
6 h 30.- Ablutions dans l’abreuvoir au milieu de la cour.
7 h.- Petit déjeuner dans la salle de traite : lait à volonté. Les croissants et les brioches n’ont pas été livrés car le boulanger en vacances n’a pas fait sa tournée du jeudi.
8 h.- Début du stage par une prise de contact avec Gaïa, déesse de la terre.
Tout le monde entassé dans une bétaillère part pour une parcelle laissée en friche depuis 3 ans et qu’il convient de défricher avant remise en blé.
4 équipes de deux sont appareillées et armées :
1ère équipe : deux hommes sont équipés de faux pour couper la mauvaise herbe.
2ème équipe : deux femmes sont munies de râteaux pour enlever la mauvaise herbe.
3ème équipe : deux hommes sont chargés de bêches pour retourner la terre.
4ème équipe : deux femmes avec des râteaux doivent aplanir la terre.
Ce premier travail est destiné, avait prévenu le maître de stage, à prendre conscience de ce qu’étaient les travaux des champs avant l’arrivée du machinisme agricole.
Le travail sera interrompu avant l’heure fixée et une infirmerie de campagne établie vers 10 h – 10 h30 en raison de l’indisposition des stagiaires : lombalgies chez les préposés au fauchage, ampoules aux deux mains chez les ratissières, 1 lumbago aigu chez un retourneur de la terre, douleur aigue à la plante du pied chez l’autre avec ampoules à la main droite. Ce sont les deux dernières qui ont joué les infirmières car l’avancée des travaux leur avait laissé leur temps libre. Elles s’étaient contentées de regarder leurs collègues de fortune avant de devenir d’infortunés collègues.
Le retour se fit clopin-clopant dans une ambiance de camaraderie qui a maintenu très haut le moral de la troupe.
12 h 30. Déjeuner, dans la grande salle. Il fut revigorant à souhait avec le menu traditionnel du pays :
-      Soupe de carottes ;
-      Pot–au-feu garni ;
-      Compote de pommes ;
-      Eau et cidre acide à volonté.
Les deux lombalgiques s’étaient fait excuser car ils avaient des difficultés à marcher. Un verre d’eau et une aspirine leur firent le plus grand bien, en attendant l’arrivée du rebouteux qui, heureusement, n’était pas en vacances comme le boulanger.
13 h 30 à 14 h 30 : Sieste générale.
14h30.- Initiation à la mécanique agricole.
Il y a d’abord eu, présentés par Lucien R, les divers engins utiles (en tant que chef de culture, il est aussi chef mécanicien).
1 tracteur John Deere, 560 Cv.
1 tracteur McCormick 90 Cv.
1 New Holland 85 Cv.
1 tracteur Claass 112 Cv.
Tous en état de marche.
1 charrue à 25 socs réversible. Commande électronique, sans chauffeur.
1 épandeur de fumier, 1 cultivateur, 1 semoir polyvalent, 1 faucheuse, 1 faneuse, 1 presseuse, 1 moissonneuse-batteuse, 2 fourragères, 3 ensileuses, 1 tractopelle en location.
Arsène de la T., qui tenait énormément à conduire un tracteur, a été autorisé à essayer la tondeuse autoportée. Il est sorti ravi de son expérience.
Durant l’heure consacrée aux travaux mécaniques chacun fut muni d’une pompe à graisse et lubrifia, qui un tracteur, qui une moissonneuse-batteuse, qui un tractopelle. Ce furent des moments vécus comme les minutes de vérité brutale où le corps reprend possession de la personnalité et impose son silence et ses courbatures.
15 h 30.- Une visite fut rendue aux vaches dans la stabulation libre. Chacun put faire connaissance avec un mammifère ruminant femelle laitière et patauger joyeusement dans la bouse.
Une séance de traite à la main fut organisée pour ceux qui s’en sentaient capables. Seuls Xavier et Justine eurent le courage de s’atteler aux pis et s’évertuèrent à pomper du lait. Leurs efforts furent récompensés après deux tentatives qui les firent beaucoup rire et beaucoup souffrir les pauvres bêtes qui n’avaient jamais été martyrisées de la sorte. La traite mécanique a, on le sait, le plus grand respect pour la mamelle vacharde. Une dégustation du produit lacté fut offerte à ceux qui n’étaient pas dégoûtés par l’odeur organique du liquide crémeux.
16 h 30.- Visite fut rendue à César, le taureau multiprimé qui paissait dans son coin. Il fut demandé aux dames de rester à distance en se positionnant sous le vent afin de ne pas réveiller le cochon qui sommeille en permanence chez César, sa lubricité naturelle étant exacerbée par les phéromones du sexe faible quelle qu’en soit l’espèce. Pour sa survie, on doit l’astreindre à l’abstinence au moins un jour sur deux, car il a tendance à abuser de sa force vitale pour satisfaire ses vaches qui lui en font voir des sauvages. César a le profil d’un bison américain bodybuildé. À côté de lui, un Miura ressemble à un taurillon tétant sa mère. César, c’est le colosse de Rhodes.
Les messieurs furent également priés de se tenir à distance car César est jaloux et ne veut pas être plus cornu que nature.
17 h.- Les lombalgiques, remis sur pied par les soins du rebouteux du village, purent se joindre aux autres rescapés pour assister à une conférence sur les méthodes modernes d’assolement des sols argilo-calcaires avec une étude comparative des résultats d’un labourage profond traditionnel et ceux actuellement préconisés par une fraction de réformistes d’obédience révolutionnaire qui refusent la profanation de Gaïa par des sillons et veulent se contenter d’un effleurement symbolique de son épiderme afin de sauvegarder la vie sauvage du derme superficiel, domaine des vers de terre, fécondeurs naturels.
Un débat contradictoire entre le conférencier, ingénieur en chef de l’Inra et le maître de culture s’ensuivit. Il fut vif mais personne n’en vint aux mains. Des notes furent prises, des adresses échangées, on promit de se revoir. Un verre d’honneur, servi avec du cidre bouchonné, clôtura la conférence dans une joyeuse pétarade.
19h.- Chacun mit à jour notes, rédigea son carnet de bord, écrivit ses lettres, soigna ses bobos, se refit une beauté.
20h.- L’heure du souper sonna. Il fut conforme à la tradition, consistant, roboratif, calant bien le corps : Soupe -  Pot–au-feu à volonté – Fromage et pain dur à satiété - Eau et cidre brutal. Chicorée au tilleul pour de beaux rêves.
21 h.- Le pas traînant, fatigués d’avoir tant fait, moulus, boitant, geignant, chacun, chacune monta aux échelles pour regagner, qui son foin, qui sa paille pour se préparer au lendemain.
Bonne nuit, dormez bien, à demain.
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UNE PENSÉE DE MARC-AURÈLE

Examine à part chacune des choses que tu fais et demande-toi si la mort est redoutable parce qu’elle te prive de celle-ci ou de celle-là.

LE DEÇU DU JOUR

Bienfaiteur de l’humanité, docteur honoris causa de toutes les universités, prix Nobel de la Paix, de littérature, de médecine, un mélange de mère Theresa, de Mandela, d’Albert Camus, d’Ian Alexander Fleming, d’Attali. Il n’aura jamais le poireau, n’aimant pas la carotte.
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TROIS REMARQUES D’ANONYMUSE

-      Pourquoi je devrais demander votre avis si le mien ne vous intéresse pas ? C’est comme si le pendu demandait à la corde d’arrêter de tirer sur sa tête.
-      Ce n’est pas le même public qui va au salon de la peinture et à celui de la musique. J’ai remarqué beaucoup de sourds au premier et d’aveugles au second.
-      Si on s’’intéressait davantage à la tension qui règne entre les anneaux de Saturne, le conflit qui agite la frontière entre les deux Corées perdrait de son importance.
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jeudi 2 mai 2013

INITIATION À LA VIE BUCOLIQUE (sur trois jours)

Un couple d’amis parisiens m’a raconté leur week-end à la ferme.
Premier jour, vendredi.
17 heures.- Arrivée à la ferme perdue dans les champs.
17 h 15 Accueil par le maître de stage, présentation:
-      Monsieur Alphonse Martin propriétaire récoltant ;
-      Monsieur Lucien R, chef de culture ;
-      Madame Ernestine Martin, responsable des vaches laitières ;
-      Monsieur Jules P., ouvrier agricole ;
-      Le jeune Pierre L. stagiaire de l’école d’agriculture.
17 h 30.- Mini-conférence de presse pour expliquer la philosophe du stage, le degré d’implication nécessaire, la prise de conscience de la problématique.
État des lieux : GAEC.
-      300 hectares de céréales,
-      200 de pâturage avec 150 vaches laitières de Montbéliard,
-      1 taureau, César, médaille d’or hors catégorie Concours Agricoles Paris 2009 – 2010 – 2011 – 2012.
-      1 cochon pour la consommation personnelle.
-      10 poules pondeuses pour les œufs.
-      20 poules de chair pour la broche et le riz.
-      Un verger de  pommes acides pour le cidre.
-      Un verger de pommes  goldens  pour le couteau et la  Tatin.
-      Poiriers divers pour la soif.
-      Potager pour la soupe et les entrées, la salade.
L’initiation en 48 heures à la vie paysanne passera par tous les aspects des travaux à la ferme : découverte de la vie animale et végétale.
Visite des lieux de production.
Appropriation des outils agricoles manuels et mécaniques.
Chimie agricole : utilisation raisonnée. Phase théorique, mise en pratique de l’acquis.
Cette mise en train fut suivie pendant une heure par l’exposé des raisons et des motifs des stagiaires : background, antécédents familiaux agricoles, expériences. Le contrat de confidentialité ne permet pas d’en savoir plus sur les participants.
Remise de la feuille de route pour les deux jours suivants avec emploi du temps détaillé.
19 h - 20 h.- Installation des uns et des unes dans leurs dortoirs respectifs. Couchage dans la paille pour les hommes au-dessus de l’étable dans le grenier Ouest et dans le foin pour les dames dans le grenier Est. Défense de fumer.
20 h.- Dîner collectif, simple, rustique. Menu :
-      Soupe de carottes ;
-      Pot–au-feu garni ;
-      Compote de pommes ;
-      Eau et cidre acide à volonté.
21 h -22 h.- Veillée paysanne traditionnelle autour de la cheminée. Le maître des lieux avait invité le chantre du village, un fin diseur à venir conter en patois d’origine une légende du cru très populaire. Vifs applaudissements, intense émotion. Marie-Hélène de M. traduisit le sentiment général en disant, avec sa grande sensibilité et la mort dans l’âme d’être obligée d’aller se coucher : « Il m’a Tuer ».
22h. – Remontée dans les chambrées. Interdiction réitérée de fumer et, pour plus de sureté, confiscation des allumettes, des pipes, des cigarettes (tout sera rendu au départ).
Bonne nuit, à demain.
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L’interrogation du jour

La diminution progressive de la crédibilité du président de la République ne proviendrait-elle pas de l’augmentation sensible de l’incrédulité de ses électeurs ?
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DE PARTICULIER À PARTICULIER

Suite installation en studio meublé et avant vente de la maison, je me débarrasse de tout et organise, le dimanche 5 mai de 9 h à 21 h, un vide-grenier, un vide-trois chambres, un vide-salle à manger (meubles, vaisselle, argenterie), un vide-cuisine américaine, un vide-salon complet, un vide-cave embouteillée, un vide-garage (Twingo 2009 révision 2011, outils divers), un vide-potager (fourche, râteau, sarcloir, gélinotte, arrosoirs).
 
Vends maison 2 étages. Grenier, 3 chambres, salle de bains, W.C., salle à manger cuisine américaine, salon, cave, garage, potager. Visite à partir du lundi 6 mai.
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LA PENSÉE DU PASSANT

Si vous étiez à ma place et moi à la vôtre et que nous allions chacun de notre côté, peut-être que tout irait mieux pour nous deux.

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UNE IDÉE À CREUSER

Si les invendus défrayaient les impayés, tout le monde serait content.

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ANNONCE LÉGALE

Monsieur Martin, suite changements météorologiques, change de prête-nom. Il ne s’appellera plus « marchand des 4 saisons » mais « marchand de l’année ».

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mercredi 1 mai 2013

SPÉCIAL PREMIER MAI

ÉDITORIAL

La décision a été prise au plus haut de l’État. Elle était attendue depuis que l’aggravation de la situation avait rendu intenable celle-ci et nécessaire celle-là. L’échec du traitement symptomatique de la crise a convaincu le gouvernement qu’il fallait changer de politique, prendre acte de l’inefficacité et des réactions de rejet à ces mesures ponctuelles et faire, enfin, la révolution qui allait permettre à la France de montrer l’exemple en ouvrant le siècle aux lumières du futur.
 
L’heure est providentielle et fera oublier l’affaire Cahuzac, la reconquête du Mali, les voleuses du Louvre, les tribulations de François en Chine, la mise en CDI de tous les chômeurs par Pôle Emploi. Elle créera le choc salutaire et la prise de conscience collective.
 
Le premier mai, le chef de l’État fera basculer l’opinion et donnera le départ du changement, en décidant que la fête du travail s’appellera dorénavant la Fête du Repos.
 
L’heure n’est plus à la révolte des sans travail, le temps est venu de la révolution de l’emploi.
 
Pourquoi une révolution ?
 
La disparition du travail est programmée. L’ouvrier sera remplacé par un automate qui commandera la machine qu’un robot aura fabriquée après qu’un humanoïde doté d’une intelligence artificielle supérieure l’eut conçu après l’avoir imaginé. L’homme (ou la femme) n’ayant plus sa place dans le circuit aura donc tout le temps de ne rien faire. La civilisation du repos s’est ainsi avancée et c’est pour elle que nous devons travailler.
 
Il était normal que la France montrât l’exemple. Beaucoup d’autres pays la jalousent. Les statistiques sont éclairantes. Ils auront du mal à s’adapter, à nous rattraper. Leur retard est trop important, laissons parler les chiffres : les USA ont 13 jours de congés, le Japon 15, l’Australie 19. La France est dans le peloton de tête loin devant l’Angleterre, la Hollande mais ils n’ont pas nos RTT, nos viaducs entre le dimanche et le jour férié, les arrêts maladie acceptés sans maladie et la merveille des merveilles, les 35 heures.
 
L’effort supplémentaire sera donc minime, préparé par un entraînement intensif pour ceux qui ne sont pas au chômage, à la retraite, en invalidité catégorie 2, en inaptitude, en prison, en fuite, bloqués dans les embouteillages, en résidence forcée suite à une grève surprise des cheminots, du RER, des bus, du métro, des feux rouges, de l’EDF, etc.
 
Le gouvernement qui a montré depuis toujours son sens des responsabilités et depuis maintenant sa capacité de découvrir des solutions nouvelles à un problème ancien, va entreprendre, dès la rentrée des classes, un travail d’adaptation des nouvelles générations à leur condition de vie de l’avenir. L’éducation nationale s’est déclarée prête à relever le défi, à gagner le challenge et la bataille. De façon souterraine, en catimini, elle œuvrait en ce sens depuis longtemps. Elle y a fait ses preuves, elle a montré ses capacités à préparer les élèves, les étudiants à devenir des chômeurs. Elle leur enseignait des matières inutiles qui n’avaient aucun débouché : psychologie, sociologie, histoire de l’art, journalisme, photographie, mécanique auto, itinérants du spectacle. Ne sachant ni lire ni écrire à la sortie des classes terminales, ils étaient outillés pour redoubler, tripler les classes préparatoires, abandonner le cursus universitaire dès la première année et apprendre à vivoter en servant chez MacDo, en intérimaire à La Poste, stagiaire à Décathlon. Les risque-tout, les têtes brûlées avaient une porte de sortie en entrant dans la Légion, dans les armées Terre-Mer-Air, la police, la gendarmerie, les pompiers, les garderies carcérales.
 
L’éducation nationale, débarrassée de tout souci pédagogique pourra enfin ouvertement revendiquer sa vocation réelle, trouver sa vraie mission. C’est un pari qui n’est pas gagné. Autant il était facile de préparer les jeunes au chômage, autant il est difficile de leur apprendre à ne pas s’ennuyer sans travailler. Le défi est là : le repos n’est pas un temps mort. Il n’est pas perdu. Au contraire, il doit être gagné pour bien en profiter, s’en enrichir.  C’est ainsi que la société cessera d’être misérable, pitoyable désemparée, désespérée et deviendra meilleure, optimiste, rayonnante, joyeuse, tournée vers le bonheur, le plaisir.
 
Cette transformation doit être menée par une éducation nationale régénérée, joviale, dynamique. Elle sera relayée par les ministères de la Bonne Humeur, de la Pleine Forme, des Loisirs Ludiques et Instructifs, Créatifs, de la Grandeur d’Âme, des Plaisirs Solitaires et Collectifs.
 
La déformation demandera un effort permanent, des sacrifices seront exigés. Pour profiter des arts et des lettres il faudra renoncer à l’illettrisme et connaître le grec, le latin. Pour faire du sport et cultiver son corps, un entraînement régulier voire intensif mobilisera les bras et les jambes. Les gradins seront remplacés par des pistes de course à pied.
 
L’hédonisme, l’épicurisme, le sybaritisme ne sont pas des disciplines abstraites. Aussi exigeante que la pâtisserie, la confiserie, la charcuterie, la chocolaterie, ils demanderont des maîtres, des années d’études, de réflexion, de méditation avant le passage à l’acte et leur mise en train. Cultiver son jardin, élever des poulains, dompter les vagues ne s’improvisent pas. Il faut du temps, de la sueur, des larmes.
 
Apprendre à rire, à rêver, le sens de la répartie, l’art de la conversation, de l’écriture, la peinture, la musique, la gravure, la sculpture, à voyager exigent davantage d’effort que de monter un mur de parpaings, coudre un bouton, enfoncer un clou, scier une planche.
 
La civilisation qui commence n’est pas de tout repos. Elle obligera chacun à se prendre en main. Il n’y aura plus un patron, un contremaître pour dire ce qu’il faut faire, comment se fatiguer et à qui obéir. Vous serez votre seul maître après Dieu – si vous y croyez. Rien ni personne ne vous y forcera. En serez-vous capable ?
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