Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


vendredi 18 avril 2014

AIDE À LA PERSONNE

Votre vie est gâchée par une indécision incurable. Vous rechignez, vous reculez, vous refusez de vous engager devant une option, une action, une décision. Vous avez eu une enfance qui a manqué de récompenses, de remerciements et a été remplie de réprimandes, de rebuffades. Vous êtes la victime innocente du préfixe RE. Avec notre méthode infaillible, vous vous débarrasserez de cette habitude et, sans barguigner, vous déciderez de signer, de parapher, de pétitionner, de divorcer, de démissionner, de déménager et pourrez enfin avancer.
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OFFRES D’EMPLOI

Fatigué de naissance, vous êtes un feignant congénital et aimez vous ennuyer. Cependant vous sentez le besoin d’une reconnaissance sociale et d’un complément de ressources à vos indemnités gouvernementales. Nous avons des opportunités qui pourraient se concilier avec votre inertie naturelle ;

-      Mannequins de vitrine pour magasins de luxe : position couchée ou assise (les vêtements restant propriété du commerçant). Primes pour travail en nocturne et jours fériés.

-      Essayeurs de transats, fauteuils relax – chaises-longues, méridiennes ;

-      Détecteurs d’OVNIs dans la plaine du Crau et au plateau de Millevaches ;

-      Faux clients dans salon de thé (avantages en nature), dans salle d’attente professions libérales (bonne présentation requise) ;

-      Figurants dans chorale chantant en play-back (position debout exigée. Possibilités de voyages à l’étranger  en transport collectif).

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AGENCE DES MÉTIERS INSOLITES

Nous recherchons des :
-      Redresseurs de torts ;
-      Chercheurs de puces ;
-      Remonteurs de bretelles ;
-      Étancheurs de soif ;
-      Caleur de pieds de biche ;
-      Casseurs de pieds ;
-      Fixateurs de chaussettes ;
-      Démolisseurs de réputation ;
-      Faiseurs d’histoires ;
-      Fauteurs de troubles ;
-      Spécialistes en coups tordus ;
-      Tireurs de cartes ;
-      Jeteurs de sort ;
-      Mesureurs des dégâts.


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mardi 15 avril 2014

SUITE ET FIN DU VOYAGE INDICIBLE

Le lendemain, notre voyageur bien réveillé reprit le fil de son récit.

« J’avais lu trop de témoignages pour être  surpris de me retrouver dans un décor conforme aux canons saint-sulpiciens : l’herbe était verte, les arbres splendides, les fleurs à foison, les oiseaux gazouillaient, les brebis bêlaient, les loups n’étaient pas affamés, les lions déambulaient, surveillant leurs lionceaux et leurs lionnes, très pacifiques. Et il’y avait des hommes et des femmes joyeux, détendus, paraissant heureux et qui devisaient, peu pressés mais très intéressés par ce qu’ils voyaient, entendaient, racontaient.

Manifestement ils n’avaient pas de TER, de bus, de métro, de RER, de courses, de rendez-vous dans leurs agendas du moment. Ils m’interpellaient, me demandant d’où je venais, qui j’étais. Moi, je cherchais ceux qui me manquaient et à qui je manquais. Ils m’attendaient, prévenus je ne sais comment. Ce fut très agréable. Plus tard, j’assistai à une cérémonie. Elle avait lieu tous les jours de là-bas. C’était la minute aux vivants . Un instant consacré au recueillement et au souvenir de ceux qui avaient encore à endurer leur vie et l’occasion d’évoquer tout ce qu’ils avaient supporté avant d’en finir. Cela avait débuté dès la délivrance et l’arrivée dans le froid, la faim, le bruit et, ensuite, la varicelle, la rougeole, l’appendicite, la maternelle, l’école, le lycée, les brimades, les examens, les concours, le travail, le chômage les accidents, les médecins, les hôpitaux, les guerres, les explosions, les morsures, les fractures, l’arthrose, le cancer, l’arthrite, l’artérite, les voleurs, les assassins, les politiciens, les douleurs, les névroses, la dépression, la maison de retraite, la solitude et l’interminable décrépitude. Il a fallu subir tout ça pour mériter enfin la tranquillité, la santé, la sagesse, la connaissance, le repos. Voilà ce qu’ils fêtent pour ne pas oublier d’où ils viennent.
Comment ne pas envier ce qu’ils étaient et réfuter ce qu’ils disaient. C’était le moment de choisir entre rester ou revenir dans mon corps qui reposait dans une clinique près de Lausanne. Moi qui avais eu une enfance heureuse, des parents aimants,qui vivait dans un pays pacifique, à la neutralité bienveillante, qui jouissait d’une bonne santé et de revenus confortables acquis sans fatigue excessive, je ne trouvais pas mon sort terrestre très pénible et pensais pouvoir en épuiser encore quelques attraits qui pouvaient ne pas figurer dans l’éden qu’on me présentait. Je ne connaissais pas l’envers de ce décor et n’était pas pressé de le voir.Je déclinai la proposition et, après avoir dit au revoir à l’aimable compagnie, je refaisais le voyage à rebours et sortais du pays des rêves pour un lit d’éveil dans la chambre 10 de ma clinique vaudoise.

Voilà chers amis, un résumé de mon E.M.I. Je ne sais toujours pas s’il s’agit d’un voyage purement onirique avec une densité presque organique ou réellement le transfert dans une réalité qui appartient au monde post-mortem. Est-ce un mirage de la chimie ou l’au-delà miraculeux qui certains promettent à leurs  ouailles pour qu’ils les croient ?

J’ai presque eu la réponse à ma question quand, avant de partir, un des anesthésistes me prit à part et me glissa:

-       " vous avez fait une excursion au paradis mais, pour les âmes bien trempées, ceux qui n’ont peur de rien, je peux les envoyer en enfer aussi bien : celui des  cauchemars de Dante. C’est une plongée dans l’horreur qui vaut, paraît- il, le déplacement. C’est simple: on remplace les tranquillisants, les euphorisants les anxiolytiques par des antagonistes et on diminue les taux de sérotonine, dopamine, du Gaba, au lieu de favoriser mister Love , on magnifie docteur Jerry. On vous récupère de la même façon , on régularise tout pour que votre humeur redevienne bonne au réveil et que vous gardiez seulement le souvenir de votre descente".

Téméraire, mais pas con, j‘ai dit non.. Les mauvais souvenirs, j’en ai déjà mon compte »


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samedi 12 avril 2014

LES AVATARS DE L’ADOLESCENCE

Ou l’origine des malheurs du monde
CHAPITRE XII

LA GUERRE

L'agressivité trouve sa quintessence dans les guerres. Elle atteint, actuellement, l’un de ses paroxysmes puisqu'une multitude de conflits ensanglante le monde et l'on en devine beaucoup d'autres, prêts à dégénérer .

L'agressivité a surgi dans l'adolescence avec la force physique et les armes psychologiques et intellectuelles qui sont nécessaires à son expression. L'adolescent discute, argumente, conteste les idées reçues et l'ordre établi. Il assure, de la même façon, sa place dans la société par un engagement actif et une émulation qui le pousse à devancer les concurrents. Il s'agit à ce stade d'une programmation normale, indispensable. Mais, comme la responsabilité peut ne pas être ressentie comme une valeur, l’agressivité peut être détournée de son objet et dégénérer en une hostilité qui va contaminer la société. Hitler avait profité de cette disponibilité pour entraîner tout un peuple dans sa folie guerrière. Ses émules sont à l’œuvre partout, jouant sur les mêmes ressorts.

La foule commence par défiler, réclamer avant de se battre. Chaque protestataire partage la conviction de tous les autres. L'ennemi commun est désigné comme animé des plus noires intentions. Le consensus est toujours de mise dans ces crises nationalistes. Le sentiment de haine infecte chaque composante du corps social. Il n'est pas une nouveauté. Il a été ressenti par l'individu, isolé contre ceux qui, dans son adolescence, s'opposaient à lui. L'isolement, la dépendance n'existent plus. Sa pulsion de haine pour l'ethnie honnie ou ceux qui ne partagent pas la même foi est portée et partagée par tous. Les autorités soutiennent sa révolte. Elle s'extériorise sans entrave. Sa logique admet que le sang puisse couler. Les autres, ceux contre qui la foule s’insurge, sont dans la situation de ceux qui n'ont pas la même opinion, selon un scénario déjà rencontré. Chacun puise dans son passé des raisons à sa détermination et, pour certains, y voit une occasion de revanche.

Le conflit entre deux états dont l'histoire donne tant d'exemples et celui ,- hier des pays coloniaux refusant l'indépendance à leurs colonies renvoie directement à une situation de l'adolescence et à une attitude parentale intransigeante ou despotique. L'habitude d'imposer sa volonté sans discuter, d'être obéi sans réticence a fait croire au dominant qu'il en sera toujours ainsi. L'évolution aidant, l'autre prend conscience de son identité, de sa valeur, de sa puissance, de son bon droit et remet en question l'opportunité de la sujétion. Le rejet, la révolte secouaient la prépondérance paternelle. En d'autres lieux, la conscience nationaliste réunit des milliers de citoyens opprimés, mobilise des hommes et des femmes déterminés à n'être plus des vassaux et à combattre la puissance étrangère qui veut dicter leur destinée. La force de cette conviction est irrésistible.

Le blocage de la tutelle sur ses positions et ses avantages acquis traduit l'incapacité de se mettre a la place de l'autre, caractéristique de la rétention des sentiments.

La lutte de beaucoup de minorités contre un pouvoir central qu'elles rejettent peut être vue sous le même éclairage. Nous pourrions ainsi considérer le Sentier lumineux au Pérou, l'IRA contre le Royaume Uni, l'E.T.A. militaire contre l'État Espagnol, les indépendantistes corses contre l'État Français, les communistes aux Philippines et, aujourd’hui, les kurdes, les touaregs, les palestiniens, les sunnites. Le groupe minoritaire est en guerre contre une autre fraction dont il veut s'exclure. Ses requêtes, ses mobiles, ses motifs, les moyens qu'il emploie sont assez radicaux pour être inacceptables par le gouvernement en place. Le dialogue rendu impossible par les prétentions des partisans ne permet pas de rétablir une paix et d'envisager une solution acceptable et négociée. L'outrance de l'un, renforce la détermination de l'autre. La méfiance réciproque ne fait que croître au fil des attentats. Cela fait penser à une famille où un adolescent exaspéré de ne pouvoir satisfaire ses envies accuse son père smicard de lui refuser l'argent de poche dont il clame le besoin. Le père a certainement eu tort de n'être pas un capitaine d’industrie mais la demande est  déraisonnable par rapport  aux  possibilités          et ne peut être satisfaite. L’insatisfaction du fils est outrancière. La  réaction paternelle,  même excessive, paraît normale. La colère du fils en sera fortifiée. La concorde n'est pas près de
s'installer dans la maison.


LA PAUVRETÉ, LE CHÔMAGE

La guerre, l’animosité politique ne sont pas les seules occasions où la constipation des sentiments, le mépris, indifférence sont aux commandes du corps social. La vie de la cité subit le même empoisonnement. Sa dégradation paraît avoir été voulue par l'urbanisme qui a prévalu durant des décennies. Il a défiguré les banlieues par des monstruosités de béton où l'en a entassé les populations ouvrières.

Cette sarcellisation a été planifiée et conçue par des politiques, des architectes qui, eux, vivent dans le luxe, le calme, l'espace. Ils ne supporteraient pas la promiscuité, le bruit, les odeurs, l’éloignement que leurs décisions ont imposés à des milliers de travailleurs.

Une nouvelle dégradation du milieu a été provoquée par la montée des nouveaux pauvres, la clochardisation des déshérités venus du chômage.

La cause princeps de toutes ces situations de détresse est l'indifférence.

Elle frappe l’immense cohorte de tous les nouveaux pauvres. Victimes des restructurations, trop âgés pour apprendre un métier, trop jeunes pour être qualifiés, ils se retrouvent exclus d'une société oui méprise leur force de travail et leur besoin de dignité. Ils assiègent les restaurants du cœur. Beaucoup se clochardisent, ayant cessé la lutte.

Leurs contemporains plus chanceux prospèrent à côté de leur misère. La solidarité se limite à la charité de l'aumône. Partager le travail pour que chacun en ait sa part serait une solution facile a appliquer et qui ne coûterait qu'une fraction minime des revenus. Elle renforcerait la cohésion du corps social et justifierait la devise de la République. La possibilité d'un tel geste est refusée par presque tous, un seul syndicat s'est dit intéressé par une telle solution. Les autres la rejettent farouchement.

Ces abandonnés relèvent de l'assistance. Leur sort, c'est-à-dire le pain et le toit quotidiens, dépend de la bonne volonté de ceux-là mêmes dont la sagesse à la conduite des affaires publiques, la clairvoyance dans les choix économiques, budgétaires, les ont placés la où ils sont. Ces responsables ne se déjugent pas facilement. La situation des pauvres ne peut aller qu’en s’aggravant.

D'autres occasions surgissent en permanence pour susciter une agressivité sourde. Cela se passe au guichet, des administrations privées ou d'État si un quidam quémande un instant d'attention à un moment inopportun. Toutes ces situations relèvent du même schéma. Il y a d'un côte un individu en position d’infériorité (le clochard, le prisonnier, le  demandeur de renseignements); de l'autre côté, parfois en face mais souvent invisible, dans un bureau au cœur d'un édifice à la mesure de sa responsabilité, un autre individu. Sa fonction l'a investi d'un pouvoir, peut-être représentatif.

La rue, le hall d'une gare, la révolte dans les prisons démontrent, de façon permanente, que les murmures des uns, les cris des autres, ne parviennent ni à son cœur ni à son cerveau. Ils ne font pas fléchir une règle. Le bruit génère parfois un geste, un discours, une commission, une nomination. L'attention détournée, le  cours  normal de l'indifférence apaise le remous épuise le reste d’énergie de la protestation. L'aveuglement, la surdité ne frappent pas que le guichetier, le nanti, le politique. Personne ne peut prétendre échapper au reproche. Chacun est coupable de la même indifférence. Les boucs émissaires sont utiles} à la démonstration. Le simple choix de ce métier et leur acharnement à parvenir là où ils sont, supposent une vocation et il paraît normal de leur tenir grief de ne pas appliquer la même ardeur au service de ceux qui justifient leur présence ou qui les ont élus.
Une dernière fois nous ferons référence à l'adolescent pour tenter de trouver une raison à ce constat désolant d'une  société indifférente à la misère d'une fraction importante des siens bien que disposant des ressources pour y pourvoir.

L'adolescent a été lui aussi un être exigeant, dépensier et qui n'avait pas les moyens de ses besoins. Sa demande était plus ou moins satisfaite par la puissance parentale. Elle était la source de l'argent, de l'expérience, de la sagesse, dans les meilleurs cas. Souvent, la réponse était un refus, car l'exigence pouvait dépasser les possibilités de la famille.

Le pauvre, le chômeur, le prévenu, etc. prendra la place de l’adolescent. Sa demande est la même. Il veut obtenir du pouvoir la reconnaissance de sa détresse et les moyens de la supprimer. Les hommes, les femmes qui sont en situation de dominants sont donc sommés de comprendre, d’accepter et de décider les mesures adéquates.

Il leur faudrait faire un retour à leur propre vécu d’adolescents, à l’époque des frustrations et des vexations et décider si leurs parents avaient tort ou raison. Cette analyse est déplaisante, malaisée. Elle réveille trop de mauvais souvenirs. Il est plus facile de l’ignorer eu de préférer le rôle tutélaire de père sévère mais juste qui ne sacrifie pas son autorité aux demandes fantaisistes d'un irresponsable trop immature pour être capable de vivre en adulte. Il ne faut pas l’habituer à la facilité d'une assistance sans contrepartie : de l’argent, mais s'il travaille, un logement décent, mais s'il est sage, un repas, mais qu'il cesse de boire, un sourire, mais qu’il attende que je sois prêt m’occuper de lui, etc.

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vendredi 11 avril 2014

ÇA C’EST BEN VRAI

Deux folies sont à éviter : celle du pessimiste pour qui le pire est à venir et celle de l’optimiste qui croit que le meilleur est en préparation. Le bon sens sait que la vérité est dans l’entre-deux. Il offre une large plage de possibilités imprévisibles et prévisibles. La plus rassurante est que le bas est nécessaire pour monter et la plus inquiétante que le haut peut être une roche tarpéienne.

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LA CONSOLATION DU JOUR

On a vidé votre sac, on vous a marché sur les pieds, on a pris votre place. Mais consolez-vous : on vous a laissé vos deux yeux pour pleurer.

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LE PORTRAIT DU JOUR

Vous n’en croyez pas vos yeux.
Vous ne l’entendez pas de cette oreille.
Vous ne le sentez pas bien et vous ne vous en laissez pas compter.
Vous êtes un sceptique doué d’esprit critique développé, mais ce qui vous rend redoutable en affaires est un don arithmétique hors du commun et des sens aiguisés comme une lame de rasoir. Monsieur Nil, le patron de Libre, a des soucis à se faire : il a enfin un adversaire à sa taille.

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mercredi 9 avril 2014

UN CHOIX CORNÉLIEN


Un soldat inconnu d’une armée secrète me confie sous le sceau de l’anonymat le problème que je lui crée en donnant des conseils judicieux :

-      « Ma conscience étant tranquille, mon sommeil nocturne, en temps de paix est lourd et réparateur. Fidèle à la tradition car politiquent conservateur, ma nuit portait conseil . Je me retrouve donc, le matin, avec deux conseils parfois contradictoires et je ne sais lequel choisir. Vous comprenez mon dilemme. Pour retrouver la tranquillité, dois-je renoncer à vous lire ou me mettre au café fort et renoncer au sommeil ? »

Ma réponse :

-      « Vous êtes victime de votre permission. Dormant bien, ayant du temps pour lire et habitué à obéir vous ne savez pas choisir. Pour vous éviter tout dilemme le mieux pour vous est d’éviter les conseils. N’obéissez qu’aux ordres : ne me lisez plus et dormez le jour ».

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UN HOMME ÉPIQUE

Arturo PÉREZ-REVERTE, le grand écrivain espagnol avait donné une interview au Figaro (11 janvier 2007) à l’occasion de la sortie de son livre « La Reine du Sud » (Ed. du Seuil). En voici un extrait :
Q.- « Pourquoi donnez-vous l’impression d’être en colère ? »

R. - « J’ai 55 ans, je commence à vieillir et j’ai besoin de consolation. Je n’aime pas le monde dans lequel je vis. Je n’aime pas les gens. Ça m’inquiète parce que je commence à préférer un méchant intelligent et cultivé à un imbécile gentil. Avant, je n’étais pas comme ça. Mais les idiots sont partout. Je crois que jamais dans l’histoire de l’humanité, l’idiot, via le télévision et Internet n’a été aussi omniprésent et nombreux à nous dire ce qu’on doit faire, penser, croire. Je me sens comme dans les derniers temps de l’Empire romain, comme un homme goûtant un bon vin en attendant l’arrivé des barbares. Il entend la foule crier au vio, à l’assassin et pense : "Pauvres imbéciles, mais naturellement ils vont piller, tuer. Qu’est-ce vous croyez ? Vous avez renoncé à votre mémoire, à votre culture. Vous avez oublié que dans les livres il est écrit que les civilisations prennent fin. Ça devait arriver !" »

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UN AMOUR BIEN PLACÉ

L’amour est aveugle, mais toujours de façon provisoire. Seul l’aveuglement maternel est durable. La mère ne voit pas dans le hurleur braillard qu’un bébé attendrissant, dans le mioche pleurnichard et morveux qu’un bambin charmant, dans l’ado boutonneux et idiot qu’un jeunot plein d’allant, dans le Tanguy feignant et incapable qu’un étudiant riche d’avenir, dans le chômeur assisté une victime du système. Si elle était encore là, elle adorerait sans doute le vieux gâteux égrotant et incontinent qui n’en finit pas de vieillir aux frais de la princesse.
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lundi 7 avril 2014

UNE QUESTION INTÉRESSANTE

Je me demande et je vous demande, car vous avez peut-être la réponse :
Un pauvre qui devient riche brusquement éprouve-t-il un plaisir égal au chagrin d’un riche qui devient pauvre brutalement ?
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ÇA C’EST BEN VRAI

Deux folies sont à éviter : celle du pessimiste pour qui le pire est à venir et celle de l’optimiste qui croit que le meilleur est en préparation. Le bon sens sait que la vérité est dans l’entre-deux. Il offre une large plage de possibilités imprévisibles et prévisibles. La plus rassurante étant que le bas est nécessaire pour monter et la plus inquiétante que le haut peut être une roche tarpéienne.

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dimanche 6 avril 2014

UNE ADMONESTATION MÉRITÉE

Je vous le dis et vous le redis. Ne vous laissez pas abuser par l’évidence. Quand comprendrez-vous que la symétrie n’est qu’une illusion et que le milieu de deux asymétries d’égale amplitude, que la normalité n’est que la moyenne de deux anomalies et le centre une position aléatoire, changeante, qui ne dépend que de la distance entre la droite et la gauche. Si ça ne vous suffit pas, est-ce très compliqué de saisir que 10 n’est que l’addition divisée par deux de 9 + 11 mais aussi de 18 + 2, etc. ?
Je vous dis ça simplement pour que vous arrêtiez de vous inquiéter. Dès que le pire sera passé, le meilleur pourra arriver.
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ENFIN UN COMMENTAIRE INTELLIGENT

- « Vous commencez à m’ennuyer avec vos histoires ».

- « Ça commence seulement mais c’est formidable, vous êtes accroché, vous avez essayé de comprendre, d’apprécier sans réussir, malgré votre ennui. Il a fini par être le plus fort. Bravo. Vous avez essayé. Vous n’êtes pas comme les autres qui ont décroché, écœurés. Mes histoires ne les ennuient pas, ils les vomissent, les haïssent, les boycottent. Ils pétitionnent, protestent, défilent en colère. 
Je vous remercie de votre héroïsme, de votre abnégation, de votre fidélité, de votre effort.

Je vais m'efforcer d’être comme vous aimeriez que je sois : ennuyeux, conforme, conformiste, respectueux, idéologue, sectaire, conservateur, bien-disant, bien-pensant, un autre vous-même ».

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UNE FIN PLAISANTE BIEN PRÉPARÉE



Ce qu’il y a de bien avec la vieillesse c’est qu’elle ne prend pas en traître. Tout est progressif et part en petits morceaux selon un mode programmé :
  • ·       La vue baisse ;
  • ·       La colonne se tasse ;
  • ·       L’ouïe diminue ;
  • ·       Les amis s’effacent ;
  • ·       Les cousins et les cousines disparaissent ;
  • ·       Les souvenirs s’évanouissent ;
  • ·       Les dents tombent ;
  • ·       Les cheveux s’envolent ;
  • ·       Les revenus s’amenuisent.


Il n’y a que les frais médicaux qui augmentent, mais il faut bien que le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laboratoire, la clinique, l’hôpital profitent au mieux du peu qui reste à vivre pour garder au moins un bon souvenir du vieux gâteux insupportable qui ne voulait pas qu’on le guérisse de sa vieillesse et en souffrir un jour de plus.

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samedi 5 avril 2014

LE CONSEIL DU JOUR

Si vous avez envie de rire ou de pleurer, ne vous gênez pas. Le passage à l’acte n’est pas répréhensible au regard de la loi.
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UNE SUGGESTION AU NOUVEAU MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE

De source certaine, il se confirme que, malgré une exploitation intensive depuis 2000 ans, les réserves de la France en eaux minérales et en gaz thermal devraient permettre de faire face aux besoins de la population pour encore deux millénaires, même en tenant compte d’une démographie presque galopante. Le résultat est à mettre au compte d’une gestion raisonnée de notre richesse souterraine et donne du poids à ceux qui exigent que l’industrie pétrolière soit gérée par l’industrie thermale. 
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vendredi 4 avril 2014

THÉÂTRE DE BOULEVARD

Situation

Sur le trottoir d’un grand boulevard, un flâneur déambule, peu pressé, quand il est abordé par un individu bien mis, l’air prospère avec une inquiétude dans le regard et qui l’apostrophe par un :

-      « Je vous demande pardon ».

Serviable, l’autre s’arrête, attend la suite, une demande de renseignements sans doute, mais il se contente de répéter 
:
-      « Je vous demande pardon ».

Amusé, mais aussi interloqué , l’interpellé répond :

-      « Mais de quoi ? Je ne vous connais pas et je ne crois pas avoir à  vous pardonner quelque chose ».


-      « Oh que si ! je vous demande pardon pour ce que vous savez ».

-      « Je suis prêt à vous pardonner tout ce que vous voulez, mais moi , je ne sais pas de quoi ».

-      « C’est de la mauvaise volonté ou de l’amnésie. J’insiste, réfléchissez. Ce n’est pas pour le plaisir que je vous demande pardon. En refusant,  vous ajoutez à ma gêne

-      « Je ne peux pas vous pardonner quelque chose qui n’existe pas. J’ai beau chercher. Votre tête ne me dit rien. Je ne vous ai jamais vu. Vous êtes un parfait inconnu ».

-      « Vous croyez  que je passe mon temps à aborder des inconnus dans la rue et à leur demander pardon ? Vous croyez que cela m’amuse, que je n’ai que cela à faire, que je ne travaille pas ? En refusant de me pardonner, vous me faites perdre du temps et je vais être en retard à un rendez-vous,un rendez-vous important. crucial même ».

-      « Oh là là, c’est à moi que vous faites perdre du temps avec votre prétention à vous faire pardonner, une offense peut-être ? Je vous aurais offensé, c’est ça, mais où ? quand ? comment ? ».

-       « Ah, enfin on y arrive. La mémoire vous revient. Je ne suis plus aussi inconnu que vous le prétendiez il y a cinq minutes ».

-      « Bien sûr, je commence à vous connaître, à en savoir même beaucoup. D’abord vous avez quelque chose à vous faire pardonner. Ensuite c’est moi qui devrais vous rendre ce service car ,apparemment, vous avez eu affaire avec moi. Tertio, vous avez de la suite dans les idées. Quarto , vous n’êtes pas du genre à vouloir garder un poids sur la conscience, vous devez avoir fréquenté un collège catholique et en avez gardé quelques souvenirs. Vous avez aussi un rencard que vous allez rater si vous continuez à perdre du temps à me faire la conversation ».

-      « Pour quelqu’un qui ne me connaît pas, vous en savez sur moi beaucoup plus que j’en sais sur vous. Vous avez mené une enquête de proximité ? vous travaillez aux R.G. ou à ce qui les remplace ? Et vous prétendez toujours ne pas savoir pourquoi je vous demande pardon ? Ce serait la seule chose que vous ne sachiez pas de moi ? ».

-      « Mais enfin, tout ce que je sais, c’est vous qui me l’avez appris. J’ai oublié que vous étiez aussi de mauvaise foi, ce qui pour un catho fait désordre et votre façon de m’interpeler en plein boulevard, votre insistance, votre obstination maniaque, obsessionnelle même à me demander pardon, tout ça fait de vous un original peu banal ».

-      « Moi, de vous, je ne sais qu’une chose. C’est que vous devez me pardonner. Ça ne devrait pas être difficile pour quelqu’un qui connaît tout de moi, plus que n’en sait mon psychanalyste ; Mais vous êtes impitoyable. Je le savais déjà. Je n’ai rien à attendre d’un être plein de rancune, de rancœur avec un esprit de vengeance. Vous voulez m’humilier, que je vous demande pardon à genoux, que je vous supplie. Qu’est-ce que vous voulez de plus pour que j’obtienne votre pardon ? ».

-      « Finissons-en. Arrêtez de crier, de pleurer. Tout le monde nous regarde. Redressez-vous, reprenez votre calme. C’est entendu, j’ai compris, vous avez raison. Il est temps d’oublier, de passer l’éponge, de repartir à zéro, l’âme tranquille. Je vous pardonne bien volontiers, sans arrière-pensée. Je ne vous en veux pas. Ce n’était qu’une peccadille, les torts étaient partagés, vous avez eu le mauvais rôle. Vous pouvez partir en paix ».

Et chacun poursuivit son chemin, l’un satisfait d'être pardonné et pressé d’arriver à son rendez-vous, l’autre méditatif, se demandant ce qu'il avait bien pu pardonner.
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mercredi 2 avril 2014

LE NOUVEL HOMME D’ÉTAT EST ARRIVÉ

Pour gouverner un pays il faut (faudrait) avoir des capacités intellectuelles exceptionnelles, une force de caractère hors du commun pour résister au pouvoir et en avoir fait la démonstration par des propositions, des actions.

Monsieur Valls a obtenu cette charge après avoir été ministre de l’Intérieur pendant deux ans. Y a-t-il laissé le souvenir d’un homme d’exception ayant des idées puissantes, originales, réalistes ? Y a-t-il fait la preuve qu’il avait une compréhension aiguë des problèmes de la société, de l’Europe, du monde ? Y a-t-il montré qu’il possédait un jugement sûr, un esprit de décision sans arbitraire ni sectarisme, servi par une volonté sans faille ?

Si monsieur Valls avait la moindre de ces qualités il ne serait pas resté une minute dans un gouvernement de bavards prétentieux et d’incompétents sectaires aussi médiocres que ceux qu’il combattait dans l’opposition. Son seul mérite est d’avoir une cote de popularité supérieure à celle de ses rivaux. Cela suffit en France pour être qualifié au poste de premier ministre.


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