Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


jeudi 1 octobre 2026

Si j'avais eu le pouvoir (force du caractère, courage, volonté, intelligence) de mettre à exécution les idées qui me passent par la tête, me confie le cynique à voix basse (pour ne pas être écouté), je me demande dans quel état serait le pauvre monde. 

PARADOXAL

Il n'y a pas que la pitié qui soit dangereuse, la bonté, la charité, la bienveillance, la générosité ont un potentiel redoutable. Il faut en user avec la plus extrême précaution. Voici quelques exemples tirés de faits réels:

- vous donnez à une philosophe confite en théologie un livre éclairant et respectueux sur les méfaits des religions et la dangerosité des églises ("Dieu n'est pas grand" de Christopher Hitchens). Ce qu'elle découvre est en opposition frontale avec ce à quoi elle voue une adoration fanatique. Vous avez versé sur sa foi incandescente un seau d'eau glacée, mis de l'huile sur son feu intérieur. Sa colère haineuse déferle sur vous qui aviez essayé de lui ouvrir les yeux qu'elle veut garder fermés. 

- vous recevez la visite d'une famille avec un enfant de 10 ans qui n'a comme occupation que les jeux vidéo affligeants habituels. Vous lui offrez un arc avec tout l'équipement de l'archer, lui en montrez les rudiments, vanter les mérites et conseillez aux parent de lui trouver un club où il pourra s'entraîner, progresser et acquérir les qualités qui sont le propre de  ce sport individuel complet: discipline, concentration, musculation, adresse. Tout ce dont ce garçon manque, a besoin et que j'aurais aimé recevoir à son âge. En fait, le cadeau était encombrant. Il allait déranger des habitudes, obliger à faire des efforts, à dépenser du temps à l'extérieur, de l'argent pour la cotisation, etc.. Aux dernières nouvelles, l'arc est remisé dans un débarras.

- vous avez une relation qui vous rend visite sur le chemin de vacances. Il vous demande conseil sur un problème de santé. Vous l'interrogez, l'observez, l'examinez, concluez en donnant votre impression et des recommandations: rien de révolutionnaire, de transcendantal, mais de gestes simples, du bon sens, des petits changements de comportement, de la patience, du temps. En réalité, vous avez dressé un acte d'accusation et demandé de couper des circuits imprimés profondément. C'est une opération chirurgicale à vif. La douleur narcissique se révèle lentement  insupportable. Exit la belle relation. 

Il faut donc résister à ses bonnes intentions. L'effet espéré positif peut s'avérer négatif. L'expérience devrait enseigner la prudence, mère de l'économie et apprendre à résister à la tentation d'apporter des solutions, de résoudre des problèmes, de répondre aux questions. Laisser les gens dans l'obscurité peut être la meilleure façon de les forcer à trouver la lumière..

LES DEUX PEURS

La peur de la vie est une force paralysante qui fait se cacher dans une cellule d'un couvent pour échapper non pas aux tentations qui se moquent des obstacles mais à la contagion du plaisir, aux bonnes occasions. La culture pure et dure de la frustration est une orthodoxie reconnue comme ouvrant le portail d'une vie éternelle compensatoire qui récompensera pour une durée éternelle remplie de jouissances infinies les privations du bon, du beau, du bien endurées quelques années vite passées. Le calcul serait malin si on attrapait les mouches avec du vinaigre. 

La peur de la mort a un pouvoir de malfaisance qui ne se manifeste réellement que dans les jeunes années. Elle s'atténue  de façon élégante avec le temps. Elle finit par disparaître, remplacée par le plaisir indicible de plus souffrir une vie indigne de son passé.  

mercredi 30 septembre 2026

Ce qui nous différencie des autres, c'est, plus que le reste, notre absence de ressemblance.

VISITE PAPALE

Durant quelques jours de ferveur religieuse, de folie collective mâtinée de liesse populaire et d’hystérie publique, Jupiter, notre dieu païen, reçut la visite du successeur de saint Pierre, considéré par la tradition comme le fondateur de l’Église apostolique et romaine, le porte-parole du père de la Sainte Trinité.

Il descendit du ciel en avion, entouré d’une escorte de prélats empressés, protégé par une escouade de gardes du corps déterminés, applaudi par une foule de dirigeants et de gouvernants prosternés.

Il ne ressemblait guère, dans cet apparat, à l’humble pêcheur qui se promenait à pied, en compagnie d'autres comme lui. Il ne parlait ni de poissons, ni de vent, ni de pêche, ni de filets, mais tenait un langage de centre gauche, enrobé dans une dialectique jésuitique empruntée à son prédécesseur et qui n’aurait  pas déplu à la Vierge Marie à laquelle  il rendit une visite de politesse en un haut lieu situé dans une caverne où, selon la tradition, elle serait apparue en des temps anciens.

Et quand il s'envolera, reprenant le chemin du ciel  pour retourner dans son palais vaticanesque, ce bon beau pape, ami du bien pourra dire, après ce séjour au purgatoire, "j'ai mérité de revenir au paradis pour le restant de mes jours." 

RIEN N'EST SIMPLE

Toute réponse à une question soulève une question dont la réponse à son tour etc..

Prenons l'exemple de la panne de voiture. Elle fait se demander l'origine de la panne. Le mécano répond que la cause se trouve dans le démarreur qu'il va falloir changer. Mais, une voiture ayant 5000 kilmètres au compteur peut elle avoir un damarreur défaillant? La réponse est "oui" évidement. Certes, mais comment une marque aussi réputée que celle de la voiture qui vend des voitures à ce prix peut avoir une telle défaillance dans la qualité de son produit. On se le demande en effet et faut-il incriminer une mauvaise gouvernance avec une absence du contrôle de la qualité des achats des composants, ici, du démarreur. C'est probable  mais qui fait se delmander si cette politique laxiste traduit ou pas un déficit inquiétant dans la gestion de l'entreprise? On est forcé de répondre par l'affirmative. Ce constat débouche sur la question que l'on se demande à qui il faut poser pour savoir si cette volonté de laisser mal faire est la conséquence du changement dans le management qui a suivi le rachat de la société par son principal concurrent. Mais, quel serait son intérêt de dévaloriser un achat si conséquent? Cette  question est épineuse et une réponse simpliste insuffisante. D'où une seconde question qui est de savoir si cela ne correspondait pas à une volonté tenue secrète de tuer une société en perdant beaucoup d'argent reprendre des actifs  qui valoriseraient l'une au détriment de l'autre avec un  plan secret machiavélique connu du PDG seulement qui etc....

Finalement, de fil en aiguille, on remonte aux premiers jours de l'humanité, au moment de  la réponse à la première question.

mardi 29 septembre 2026

LA FORCE DE LA PARESSE

La force de gravitation dont celle de gravité et les autres sont impuissantes devant la force d'inertie. Tandis qu'elles suivent une direction  propulsées par leur puissance, l'inertie paralyse, immobilise, rend incapable de monter au ciel et de s'enfoncer sous terre.

DIATRIBE D'UN RADICAL ASOCIAL

Avertissement: ce brûlot m'a été adressé par un lecteur. Je l'ai remercié comme il se devait mais ne peux renoncer au plaisir de vous en faire profiter, sachant que vous apprécierez.

"Si vous demandez de citer les dix espèces animales les plus dangereuses, on vous citera le requin, le tigre, le crocodile, l'ours, le buffle, les serpents venimeux, les sangliers bien qu'ils  ne fassent que des victimes imprudentes par dizaines. Les  mieux informés citeront les moustiques qui transmettent le redoutable paludisme qui tue par centaines de milliers, les chiens quand ils sont enragés, les méduses. Peu nommeront en premier, hors catégorie, le roi, l'empereur des prédateurs, le tueur en série, l'homme, la honte de l'animalité qui, à la différence des autres qui tuent par réflexe, sans haine, en totale inconscience du mal, lui le fait par calcul, par intérêt, pour le plaisir, par sadisme, avec des rafinement, des supplices, des tortures par milliers, par millions, depuis toujours et aujourd'hui plus que jamais. Quand l'esprit de la nature va-t-il enfin se réveiller, prendre conscience qu'il est en train de la détruire méthodiquement, inexorablement, scientifiquement. Qui la sauvera de ce monstre, le fera disparaitre? Un virus? la nouvelle super-intelligence?"
En deuxième post-scriptum à la discussion anthropologique tenue au Café du Commerce l’autre jour, j’ajoute que la peau de l’homme et celle de la pomme ont la même fonction et présentent beaucoup de caractères communs. Elles ne sont pas complètement imperméables et, si l’eau ne les traverse pas, de nombreuses autres substances le peuvent.

Les patchs à la nicotine, comme ceux à la trinitrine, utilisent  cette propriété pour aider au sevrage tabagique ou prévenir les crises d’angor.

La peau de la pomme possède elle aussi cette perméabilité : elle laisse passer nombre de produits phytosanitaires qu’elle reçoit par pulvérisations, aspersions ou fumigations, et qui lui font respirer une chimie hautement toxique.

On nous dit qu’il suffit de la peler pour s’en protéger mais certaines de ces substances pénètrent dans le corps du fruit que nous dévorons.

Par effet cumulatif, la dose quotidienne, multipliée par tous les jours de consommation, finit par atteindre une toxicité qui contredit l’adage célèbre : « An apple a day keeps the doctor away. » Il faudrait plutôt dire : "An apple a day call the doc at home".

lundi 28 septembre 2026

LE PROBLÈME

Pour transmettre de bonnes habitudes, des beaux gestes, la bienséance, il faut connaître quelqu'un qui soit intéressé par le bon, le beau, le bien.

ÇA, C'EST BEN VRAI

Les évènements ont besoin d'un concours de circonstances favorables pour advenir. Sans cette conjonction opportune, on se demande à quoi aurait ressemblé l'histoire de France?

DE L'ANTROPOLOGIE DE CAFÉ DU COMMERCE ET LES DEUX HUMANITÉS

Coexistent deux types d'homme: le moderne et le naturel. L'un a été élevé et continue de se nourrir avec des produits industriels, l'autre s'alimente comme ses grands parents, à l'époque où tout passait du monde agricole à l'assiette avec comme étape la cuisine. Examinons plus en détails ce qui fait leurs différences.

L'homme moderne a été, dès le berceau, pris en charge par l'industrie agro-alimentaire et la mère lui a donné des biberons remplis de laits de vache, plus rarement de brebis, de chèvre, de chamelle ou de bufflesse. Ils sont en poudre et il suffit rajouter de l'eau tiède pour en faire un lait de substitution qui a l'accord du pédiatre sorti de la faculté de médecine. Il n'aura  pas reçu une goutte venant du lait des seins de sa génitrice ou d'une nourrice agréée. Il continuera sa croissance en absorbant des petits pots achetés chez le pharmacien ou dans une grande surface. Dès qu'il sera assez grand pour se tenir sur une chaise, il passera à table et mangera comme le reste de la maison des plats préparés en provenance du supermarché et qui sont en boîtes, surgelés, congelés, sous vide et qu'il suffit de réchauffer pour déguster. Cette façon de se nourrir a beaucoup de  succès car elle est facile, rapide, le choix est large, économique, c'est même parfois bon.  

Vous sachant curieux, je vous donne la composition de ces laits en prenant la marque la plus utilisée en France. Avec gourmandise et jalousie de n'avoir pas profité de ce nectar durant vos premiers mois apprenez qu'il contient pour les 6 premiers mois (mettez votre ceinture de sécurité) : lait écrémé à 54%, tournesol oléique, colza, et tournesol, lactosérum doux déminéralisé, Na, K, Ca, Mg, Zn, Cu, manganèse, iode, sélénium, DHA, acide arachidonique, 12 vitamines, taurine, choline, inositol, L-carnitine, nucléotides, et certains acides aminés, bifidobacterium lactis CNCMI-3466, lécithine de soja pour l'émulsion. D'autres contiennent aussi de l'huile de palme, de l'amidon, du sucre, de l'huile de poisson pour le premier âge et presque tous pour le deuxième (6 à 12 mois). Quand il est arrivé au stade des petits pots goûteux, il absorbera en plus du principal de l'amidon de maïs, de l'amidon modifié, du maltodextrine, de l'huile de palme, de colza, de tournesol, d'olive, du saccharose, du sirop de glucose, du lait en poudre, un arôme, un épaississant, du gélifiant.

Ses parents, eux aussi adultes, passent à table pour manger une pizza désurgélée, un tournedos décongelé accompagné d'une sauce béarnaise toute préparée avec comme dessert soit une glace de chez Picard qui était à  consommer avant l'année prochaine ou une tarte méringuée sous cellophane qui attendait, magnifique, le gourmand de dernière minute qui ne voulait pas se contenter d'une pomme éblouissante de grosseur et de rougeur qui aura reçu 40 pulvérisations de fongicides, d'insecticides, d'acaricides, d'hebicides, de régulateurs de croissance. Tous sont plus ou moins cancérigènes, perturbateurs endocriniens.

L'homme naturel ne fait pas ses courses à l'épicerie et au supermarché. Il cultive dans son potager les légumes qu'il mangera crus ou cuits, dans son verger les fruits qu'il cueillera durant la saison et qu'il conservera en confiture, en bocaux, séchés quand le temps froid arrivera. Les œufs de ses poules qui picorent partout lui donneront les bonnes protéines dont il a besoin.

Deux façons d'avoir été élevés, deux façons de vivre nous confrontent avec la biologie du vivant qui est fait de ce qu'il mange. L'homme moderne nourri par l'agro-alimentaire ne serait-il pas déjà une créature artificielle plus proche du robot que de l'homme naturel???

PS: ces gens, nombreux, la majorité, consomment une malbouffe de pére en fils depuis plusieurs générations. Le cerveau  subit le sort commun, il est forcément lui aussi la victime de cette alimentation pleine de toxiques (j'ai oublié les métaux lourds) qui en veulent à notre peau. La qualité des pensées, l'élévation de sa réflexion, leur profondeur ne sont pas issues de cellules fraîches mais imbibées de cochonneries, ne peuvent qu'en pâtir. Cela est, pour moi, la cause de l'état où se trouve la socièté ignorante.

dimanche 27 septembre 2026

DE TOUT UN PEU

Nier l'évidence est l'autre façon de ne pas la voir.
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En faisant ce qu'on aime, on est sûr de se faire plaisir au moins une fois , même quand on n'aime pas ce que l'on a fait.

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 Le courageux à l'état pur n'a pas peur de se battre contre plus fort que lui.
Tout laisse à penser que l'on est une mécanique marchant à l'électricité et animée par un ordinateur cérébral. Le hardware est performant avec une durée de vie limitée et le soft à une qualité quantique volontairement bridée pour s'adapter aux capacités limitées de l'instrument mis à sa disposition. Certains n'acceptent pas cette hypothèse, la trouvant peu crédible. Ils se voient, et nous avec, comme des avatars virtuels évoluant dans un monde en trois D, créé par une IA à la demande d'une entité supérieure qui, après s'être jouée de nous, nous a abandonnés à notre sort, sans couper l'électricité, en liberté non surveillée. 

PS: des attardés passéistes s'accrochent à l'idée absurde que nous sommes des êtres de chair et de sang avec un cerveau organique d'origine simiesque. Affaire à suivre... 

L'ENNEMI JURÉ DU CORPS

Le corps est la bonté  avec une absence  totale de rancune  envers son ennemi juré qui ne lui veut que son mal. Il porte, sur ses épaules, en équilibre, un monstre tapi dans le crâne, le cerveau qui ne lui veut que du mal. Sa méchanceté se manifeste de mille manières. La plus insupportable qui traduit une bêtise de la dimension de celle du scorpion qui tue son transporteur, c'est celle qui, dans une eau profonde, l'oblige à demander aux pieds de s'agiter pour l'empêcher  de s'enfoncer, de ne pas arrêter de respirer et de tout noyer.  Ses 5 kilos de mensonges, de bêtises, de pensées, de connaissances, de prétentions entraînent au fond du tombeau liquide 70 kilos de beaux organes qui ne savent faire que bien leur travail. Une illustration de plus du triomphe du vice sur la vertu.

samedi 26 septembre 2026

La personne qui demande des conseils sur le même problème à tout le monde n'en suit aucun.

 PS: la raison est simple: elle  ne fait confiance ni aux autres ni à elle.

PS à l'explication de texte d'hier

Toutes ces belles paroles pleines de beaux exemples cherchent à montrer, à dire, à faire sentir que l'on peut trouver des façons  de vivre dans beaucoup de théories qui ont, chacune, d'excellentes raisons pour être suivies, mais qu'il est difficile d'en faire une synthèse viable. Le "tout-en-un" ne marche pas en philosophie. La qualique  ne va pas chercher ailleurs un mode d'emploi de la vie. Elle conseille seulement d'approfondir les choses qui nous arrivnt, de ne pas les laisser filer sans y attacher d'importance, de les vivre avec intensité, d'en faire un moment important, unique. 

Elle attaque la légèreté, la superficialité. La souffrance même a une richesse en ce sens que, bien que ne faisant pas de la douleur un plaisir, elle lui accorde une valeur d'expérience, la sensation insupportable apporte une émotion incomparable par son horreur. Tout (idée, sentiments, sensations) donne l'occasion à l'esprit de prendre conscience de son pouvoir inouï, celui de trouver dans chaque instant une occasion de s'émerveiller d'être vivant. 

JAMAIS TRANQUILLE

Dès que l'on a répondu à la question enquiquinante "qui suis-je" arrive l'inquisitrice "que sais-je". 

 


Pour cultiver mon jardin , en honnête homme , rien ne vaut mon Massey-Ferguson de la grande époque, la même que la mienne, l'après guerre, (quand il n'est pas en panne).

vendredi 25 septembre 2026

EXPLICATION DE TEXTE

Ma philosophie qualique a laissé beaucoup de lecteurs perplexes. Qu'est ce qu'elle aportait de nouveau? Je réponds: une nouvelle sagesse après les  anciennes et je poursuis par :

La philosophie cherche moins à expliquer le monde qu’à apprendre à l’homme comment y vivre. Chaque grande pensée a découvert une dimension essentielle de l’existence.

Le stoïcisme a enseigné la maîtrise intérieure. Face à ce qui échappe à notre volonté, il invite l’homme à distinguer ce qui dépend de lui de ce qui ne dépend pas de lui. Sa grandeur est d’avoir compris que la liberté commence par un rapport juste à la nécessité.

L’épicurisme a rappelé que la vie bonne ne réside pas dans l’accumulation, mais dans la recherche des plaisirs simples, de l’amitié et de la tranquillité de l’âme. Il a opposé la sobriété heureuse à la poursuite infinie des désirs.

Le scepticisme a montré les dangers des certitudes excessives. En suspendant le jugement, il a cherché une paix intérieure libérée des illusions dogmatiques.

L’existentialisme a placé l’homme devant sa liberté et sa responsabilité. Il a montré que l’existence ne possède pas toujours un sens donné d’avance, et que l’homme participe à sa construction.

Ces philosophies ont chacune éclairé une vérité fondamentale de l’existence humaine. Mais elles ont principalement répondu à la question : comment supporter, orienter ou donner un sens à l’existence ?

La philosophie qualique pose une question différente : comment préserver et intensifier la capacité même d’éprouver l’existence ? Puis vient la différence fondamentale : là où le stoïcisme cherche la paix face au monde, la philosophie qualique cherche la densité du rapport au monde. là où l’épicurisme cherche les plaisirs qui rendent la vie heureuse, la philosophie qualique cherche les expériences qui rendent la vie intensément réelle. Là où l’existentialisme affirme que l’homme crée le sens de son existence, la philosophie qualique affirme que l’homme actualise des qualités d’existence par son expérience consciente. 
Elle ne demande pas seulement : « Que dois-je faire ? » Elle demande d’abord : « Qu’est-ce qui, dans ma vie, est réellement vécu ? »
Les anciennes sagesses étaient principalement des philosophies de la conduite. Elle est une philosophie de l’intensité vécue. Elles cherchaient  à réduire la souffrance, elle cherche à comprendre pourquoi certaines expériences — y compris douloureuses — donnent profondeur à l’existence.  Elles réfléchissaient au sens de la vie. Elle réfléchit à la texture même du vécu. Elles considéraient  la conscience comme le lieu où le monde est connu. Elle fait de la conscience un opérateur d’actualisation qualitative.

Toutes ces belles paroles pleines de beaux exemples cherchent à montrer, à dire, à faire sentir que l'on peut trouver des façons  de vivre dans beaucoup de théories qui ont chacune d'excellentes raisons pour être suivies, mais qu'il est difficile d'en faire une synthèse viable. Le "tout-en-un" ne marche pas en philosophie. La qualique ne va pas chercher ailleurs un mode d'emploi de la vie. Elle conseille seulement d'approfondir les choses qui nous arrivent, de ne pas les laisser filer sans y attacher d'importance, de les vivre avec intensité,d'en faire un moment important, unique. Elle attaque la légèreté, la superficialité. La souffrance même a une richesse en ce sens que, bien que ne faisant pas de la douleur un plaisir, elle lui accorde une valeur d'expérience, la sensation insupportable apporte une émotion incomparable par son horreur. Tout (idée, sentiments, sensations) donne l'occasion à l'esprit de prendre conscience de son pouvoir inouï, celui de trouver dans chaque instant une occasion de s'émerveiller d'être vivant.