Avec le temps et l'expérience, je suis arrivé à une conclusion qui, quoique désolante, me rassure sur mes impossibilités. Elle me dit que je n'étais pas le meilleur et ne serais jamais un champion. Je suis ravi de le savoir enfin. Cela va me permettre d'arrêter d'essayer de chercher à briller, de continuer à me fatiguer sans résultat, de faire honte à mon ego. Ce constat désabusé récompense ma patience, puni mon impatience responsable de déceptions à répétition, d'éliminations infamantes, d'arrivées tardives, après le départ du juge à l'arrivée. Ma satisfaction est doublée car je libère la place si convoitée du dernier, entre dans la communauté si méritante des perdants magnifiques qui, charitables, se sacrifient pour faire plaisir aux vainqueurs, ces pauvres individus ivres de gloire, avides de médailles, de podiums et dont la ligne d'horizon se réduit à celle d'une arrivée. Nous, seul le départ importe. C'est lui qui nous apporte l'ivresse......
Le Blog à Dancharr
Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.
dimanche 5 juillet 2026
LE CONSEIL DU CYNIQUE POUR LE DERNIER VOYAGE
Soyez rassuré, quittez l'esprit tranquille la surface de la terre, votre disparition ne provoquera aucun séisme. Les quelques personnes qui s'apercevront que vous n'appartenez plus au paysage seront la factrice, la caissière du super-market et la pharmacienne. Vos proches, eux, avaient fait la belle depuis longtemps, vous abandonnant à leur futur posthume.
Je me permets quelques conseils pour que vous laissiez aucun souvenir facheux qui ternirait une réputation que vous aviez mis si longtemps à peaufiner.
Votre principal souci sera de laisser la place propre et même si possible dans un meilleur état que celui que vous aviez trouvé en arrivant.
Débarrassé la maison de tous les souvenirs personnels qui n'intéressent personne et pourraient être comprommettant : lettres, photos, diplomes, contraventions, décisions de justice etc.. Un grand feu à l'abri des regards fera l'affaire.
Pour ne pas déranger un lointain héritier, le soustraire aux frais de notaire et aux taxes d'état qui l'empoisonnerait aprés avoir été obligé de faire une recherche généalogique pour le retrouver en Australie, vendez en viager votre château en Sologne, votre villa à saint Barth, votre dupleix à Neuilly avec les meubles, les bibliothèques, la literie.
Videz la cave de ses seules très bonnes bouteilles et convertissez vos comptes en banque en euros et en dollars.
Un petit matin ou après la sieste, vous prendrez votre baluchon et l'esprit tranquille, d'un pas léger, vous prendez un billet pour ailleurs.
PS: prenez le temps de vous retourner. Vous le mettrez à profit pour apurer vos dettes et effacer les traces qui pourraient endeuiller votre mémoire.
LA BOUCHE
La bouche a trois fonctions.
La première est décorative: une fente au-dessus du menton, ourlée de lèvres qui font mitoiter les dents blanches. Elles sont pulpeuses et appétissantes chez une beauté aux formes parfaites. Elles sont lippues et répugnantes chez un vieux cochon libidineux.
La deuxième est masticatoire et inaugure la digestion.
La troisième est élocatoire: elle a la mission de parler pour converser, discuter, bavarder, discourir, sermoner, commander, chanter.
Les deux dernières sont fatigantes, mais pas au même degré.
La masticatoire est une épreuve musculaire de haut niveau qui mobilise les muscles masticateurs: masseter, temporal, ptérigoidiens médial et latéral. Ils contribuent aussi au modelé du visage. Le coup de fourchette façonne à la physionomie et le bon vivant, familier de repas de gala à rarement les joues creuses de Torquemada.
L'atmosphère du lieu est amazonnienne avec un taux d'humidité de 100% en raison du déversement continu des petites glandes salivères et discontinu lors du repas des grosses: les parotides ( celles des oreillons), les sous-maxillaires et sublinguales qui vont par deux.
Les dents broient, déchiquètent, déchirent. La langue s'active et complète le travail en triturant, nettoyant, elle finit par rassemblert sur son dos le bol prèt à l'envoi, se plaque contre le palais et propulse le tout vers le pharynx. La bouche libérée peut enfourner une nouvelle bouchée.
L'élocution active les mêmes muscles. La langue a le rôle principal. Elle occupe le milieu de la cavité et bouge beaucoup. Les savants disent qu'elle est un hydrostat musculaire comme la trompe de l'éléphant. Solidement attachée, pleine de muscles qui lui permettent d'aller dans tous les sens, de s'allonger. Sans elle, on ne peut siffler.
Les lévres ne sont plus là pour le décorum mais leur orbiculaire est sollicité en permanence et elles ne se reposent que si l'on se tait. Tous les muscles travaillent en finesse, en délicatesse, modulent et leur intensité peut varier du pianissimo à la puissance d'un alto qui fait friser l'apoplexie à la diva. La bouche est aussi une caisse de résonance et le timbre, la tessiture, la prosodie lui doivent tout et font que deux voix ne se ressemblent pas parce que deux bouches ne sont jamais identiques.
Parler fatigue moins que manger et l'on a entendu Fidel Castro parler pendant 7 heures 10 minutes à l'ONU le 29 septembre 1960, loin du record de Ananta Ram KC à Katmandou en 2018. Un banquet qui dure 6 heures traine en longueur et les convives le quittent repus mais tiennent à peine sur leurs jambes, la mastication continue les a épuisés.
On ne doit pas parler la bouche pleine car le spectacle est peu ragoutant et on ne peut pas parler en mastiquant car les mêmes muscles ne savent pas faire deux mouvements différents en même temps.
samedi 4 juillet 2026
LE CYNIQUE ENTRE EN CAMPAGNE
L'HEURE EXACTE, UNE VALEUR PASSÉE DE MODE
vendredi 3 juillet 2026
MISSION REMPLIE
jeudi 2 juillet 2026
UNE NOUVELLE INTERROGATION
La précaution a deux ennemis: le manque et l'excès. Pour qu'elle ne soit pas sa propre victime elle n'a d'autre choix que de choisir entre trop et pas assez. J'ai cherché l'adverbe qui correspondait à la moyenne mais ne l'ai pas encore trouvé: "suffisamment "est vague, "pas assez" flou. On me propose "adéquatement". J'adopte en attendant mieux mais c'est vous qui déciderez.