Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


jeudi 23 juillet 2026

 Souvent l'esprit du bien conduit au pire et saint Louis est parti en croisade, les écologistes ont enterré le nucléaire en Allemagne, Trump fait la guerre pour avoir la paix. Donc, il peut être aussi dangereux que le mal.

Quand quelqu'un vous dit "ne vous dérangez pas pour si peu", il dit en réalité "dérangez vous, je vous demande beaucoup". Il teste votre intelligence et mesure le degré de confiance qu'il peut vous accorder. Il est en train d'apprécier la qualité de votre relation.

LA RENCONTRE IMPROBABLE

Cela a dû vous arriver. Une idée vous réveille au beau milieu d'un rêve. Impérieuse, elle exige d'être examinée sur le champ. Elle se prétend transcendantale; Pas content mais curieux, vous obtempérez et l'entendez. 

Elle dit que l'homéopathie et Dieu ont des points communs et va démontrer la vérité de cette réalité.

D'abord un éclairage sur l'homéopathie. Inventée par Samuel Hahnemann ,un médecin allemand, vers 1790, qui ne voulait plus de la médecine d'alors, encore moyenâgeuse et à base de saignées qui faisaient plus de mal que de bien. Il voulut la remplacer par une médecine débarrassée de cette barbarie et inventa l'homéopathie basée sur la loi des similitudes et le principe de la dilution. Il est parti de la conviction que si la caféine empêche de dormir, pourquoi ne pourrait-elle pas guérir de l'insomnie si l'alcaloïde était traité de la bonne façon : dilution et succussion (secousse). Il en eut la confirmation par l'expérimentation et étendit sa théorie à toutes les maladies, chacune coïncidant avec un produit naturel que l'on diluait. Cette dilution est l'autre clef qui conditionne l'efficacité. Plus elle est grande ,plus la force et la puissance du traitement est grand. La première est faite d' une partie pour 99 de solvant (eau). Elle peut aller jusqu'à 200 CH. À ce niveau, la science moderne ne trouve plus de molécule du produit qu'il y avait la première fois. Mais, pas de panique, la mémoire de l'eau a fait son apparition en 1988 avec monsieur Benveniste qui a redonné un coup de jeune à l'homéopathie en disant que le souvenir s'était attaché à l'H2O et que le granule  quoique desséché allait les ressusciter en fondant sous la langue.

L'invention de Dieu a des origines plus lointaines. Les hommes, dès qu'ils furent capables, au bout de plusieurs milliers d'années d'évolution eurent des inquiétudes métaphysiques qui les amenèrent à se poser des questions existentielles après avoir résolue celles qui étaient essentielles: les fameuses d'où viens je, qui suis-je, où vais-je??? Certains constatant qu'ils ne pouvaient pas y répondre les décrétèrent insolubles et s'occupèrent des choses à leur portée, d'autres, insatisfaits, contournèrent la difficulté en imaginant  l'existence d'une entité dotée d'un pouvoir infini et ayant l'éternité devant et derrière lui. Dieu était né. Le marché existait et il répondait à la  demande. Le  succès fut planétaire et dure encore. Il prit plusieurs formes selon les périodes, les influences, les circonstances, l'idiosyncrasie des peuples. En Occident, il y eut une unification autour d'un barbu tutélaire apparu dans l'imaginaire au moyen-orient sous le nom imprononçable de YHWH. Il en dériva au fil des siècles, des variantes souvent adversaires, mais fidèles au même nom. Il n'y a que l'orthographe qui change selon la langue. Pour mémoire et enrichir votre vocabulaire, je cite : les francophones suivant l'exemple édifiant des français ont conservé le plus beau avec Dieu, les autres moins respecteux l'ont abatardi  avec God en anglais et américain, God en allemand, Got en suédois, Dios en espagnol, Allah en arabe, Shen en chinois et Mungu en swahili           ;

Le problème de l'homéopathie dont les adeptes ne tiennent pas compte qu'elle n'a jamais fait la preuve de son efficacité. Les guérisons qu'elle revendique seraient advenues sans son secours et la douleur provoquée par le coup de marteau sur le doigt aurait disparu sans besoin de 3 granules sous la langue d'arnica 5 CH, le rhume aurait guéri spontanément sans l'aide de nux vomica 7 CH le soir.

Dieu a le même problème. Son existence est une création de l'imagination pour répondre aux inquiétudes et rendre la vie moins amère. En inventant un personnage tout puissant qui récompensera les bons en leur ouvrant le paradis pour l'éternité  et punira les méchants d'une façon aussi radicale, le concept devient irrésistible pour les âmes qui se trouvent supérieurs à ceux dont ils sont les lointains descendants, les hominidés qui ressemblaient fortement à nos chimpanzés. Ce dieu a beau resté invisible, inconnu, laisser aller les choses pour le pire, ceux qui se disent ses représentants  trahir  celui qui se croyait son fils et qu'ils disent adorer. les croyants continuent de croire qu'il existe, prenant leurs rêves pour la réalité.

Le granules des uns fondent sous la langue comme les hosties des autres sur elle. Elles leur suggèrent que le monde est merveilleux et qu' il y a tout dans rien.

mercredi 22 juillet 2026

Si la bêtise de ceux qui nous gouvernent n'était pas aussi bien documentée, si leur asservissement à des intérêts étrangers aussi bien établi, si leur vision étriquée de l'avenir n'était pas aussi évidente la France serait depuis longtemps prospère, rayonnante, heureuse, semblable à ce qu'elle fut  quand elle était gouvernée par quelqu'un de sage, d'éclairé, d'un machiavélisme maîtrisé, ayant un scepticisme raisonnable, une prudence de sioux, le courage de Bayard, l'amour de la patrie de Jeanne d'Arc et assez de lucidité pour ne pas vouloir faire le bonheur du peuple malgré lui et rentrer dans sa maison, à la campagne heureux comme Ulysse après son long voyage..

 L'attirance  qui devient un besoin chez beaucoup d'adultes pour le laid, le mauvais, le sale ne dépend pas d'eux. Ils seraient restés les chérubins qu'ils étaient dans leur première enfance et même dans leurdeuxième. Durant ces temps bénis, nous sommes tous de anges   et ne savons pas qu'il existe des défauts et des vice. Nous ignorons tout des vilénies, des ignominies, des pensées impurs qui torturent le curés, des idées pas catholiques qui font saliver les banquiers, les publicitaires, les politiciens, les escroc, les voleurs. Le monde nous promet une vie de plaisirs,  pleine de gâteaux, de grandes vacances, de contes de féé, de visites à Disney World et de barbes à papa.  Mais le temps fait son travail et méthodiquement , nous enlève une à une nos certitudes, elles étaient des illusions. On avait été trompé comme nos parents l'avaient été avant nous. Le temps est rempli de mensonges, de saloperies, de laideur, de méchancetés. On ne s'en aperçoit pas tout de suite tant  le décors est somptueux avec une nature resplendissante de beauté. Mais les yeux s'ouvrent , notre conscience perçoit ce qui était caché à nos âmes enfantines si pures , si vierges et la réalité s'impose. Pour survivre, il faut évoluer, s'adapter ou mourir et l'on devient comme les autres, impitoyables, mauvais, hypocrites, égoïstes, menteurs, voleurs, assassins.  Seuls de grands malades peuvent vivre dans ce monde maladif. 

L'excès de manque a une influence négative sur la consommation ont vérifié les économistes professionnels depuis que l'analyse des données bénéficie de l'expertise des statisticiens. Une étude récente parue dans la revue annuelle ECONOMICA POVERTA a révélé les résultat de son travail commencé en 1926 et achevé un siècle plus tard. La conclusion est explosive et le prochain président de la République devra en tenir compte pour ne pas finir comme qui vous savez. La voici dans sa nudité glaçante: une famille monoparentale de 3 enfants en bas âge dont le concubin pacsé qui s'est échappé en Thaïlande où il vit avec un lady-boy ne paie pas la pension alimentaire et qui est obligée de fréquentée les restos du cœur a une qualité de vie inférieure de 246% à celle d'un couple d'industriels assujetti à l'impôt sur la fortune domicilié en France et qui vit sa retraite, en Suisse, dans un château. 

PS: le gouvernement attend avec inquiétude la réaction dans les HLM de Saint-Denis. On murmure qu'il prépare la mobilisation générale des CRS, un appel aux réservistes. L'Armée du Salut serait sollicitée pour tenter un apaisement des esprits en cas d'échauffement.

mardi 21 juillet 2026

UN CONSEIL AVISÉ

Pour éviter d'entrer en conflit avec vous-même, préférez ce que vous aimez à ce que vous détestez. Vous ne le regretterez pas car le mal est l'ennemi du bien et du bon et,  vous n'avez pas de raisons valables de vous faire souffrir.

UNE SUITE AMUSANTE

L'enchaînement des causes et des effets exige  deux sujets  se complétant par une relation plus que filiale. Vouloir et pouvoir appartiennent à ce cercle très influent qui manifeste sa puissance à tous les instants. Nous entreprenons une démonstration qui nous fait terminer la réflexion sur une constatation amusante.

Son fil directeur suit l'esprit de l'escalier et l'on a 

 - en 1 : le vouloir  qui suppose de l'envie  et  le pouvoir des moyens ;

- en 2 : l'envie sous-entend un manque et les moyens de l'argent ;

- en 3 : le manque traduit un besoin et l'argent s'acquiert par du travail ;

- en 4 : le besoin crée une souffrance et le travail fatigue ; 

- en 5 :la souffrance doit être supprimée et la fatigue suivie de repos ;

- en 6 : le traitement terrifie et la reprise du labeur effraye.

Au final, un point commun: la peur. L'effet et la peur ont fusionné dans la consternation des deux parties réconciliées et qui partent pleurer ensemble.

LES RÉFLEXES

La vue d'un gâteau fait saliver, l'eau qui coule du robinet donne envie d'uriner, l'odeur du pain qui sort du four du boulanger donne envie d'en manger à celui et à celle qui sont normalement constitués. Il s'agit d'actes réflexes où la volonté, la conscience ne jouent aucun rôle. Le circuit est court, la réponse au stimulus instantanée. 

Contrairement à  l'idée reçue, le corps n'en a pas l'apanage et l'esprit profite de ce circuit économique chaque fois qu'il le peut. Il est, lui aussi, paresseux.  Ce reflexe naît de l'habitude, dans les deux sens. Il est très utile dans la vie courante puisqu'il facilite toutes les taches intellectuelles de la même façon qu'il permet au tireur de viser juste, au plâtrier de bien gâcher sa plâtrée sur les briques du plafond quand le placo n'existait pas. La secrétaire tape sur le clavier, sans une faute, tout en pensant à sa soirée, l'orateur égrène son discours en essayant d'oublier sa prochaine audition devant la commission d'enquête. Il est en action dans le non automatique de certaines administrations publiques ou privées. Il a l'avantage d'éviter à un esprit de fonctionnaire qui n'est pas payé au rendement et n'a pas à craindre une mesure de satisfaction du client de rechercher un dossier, de l'ouvrir, d'essayer de comprendre ce qu'il dit ou ne dit pas. Que de travail pour un esprit déjà en burn-out avec rien.

On en arrive à croire que c'est notre mode d'action habituel et que nous n'agissons et ne pensons que par voie réflexe, en empruntant les chemins connus, les idées convenues Bifurquerr, inventer, cesser de répéter tel un perroquet oblige à sortir du circuit, à réfléchir, à ne pas suivre le troupeau qui va à l'abattoir. L'effort n'est pas insurmontable. Il est pourtant si considérable que peu arrivent à en surmonter la séduction et parviennent à la réflexion.

lundi 20 juillet 2026

La relation amicale ou amoureuse tient par un bout de ficelle qui n'a pas la solidité d'un fil de toile d'araignée mais celle d'un morceau de bois mort.
Même si on se croit indépendant - quoique vivant dans un pays dépendant de beaucoup d'autres pour son essence, sa nourriture, sa sécurité, ses lois, ses finances, ses joueurs de foot, ses usines, sa santé - on l'est très peu puisque nous obéissons en permanence à la faim qui exige de remplir l'estomac de nourriture, à la vessie et au rectum d'être vidés des déchets,  au sommeil qui nous somme de dormir, à la soif qui nous force à boire. Si nous ne nous exécutons pas, le verdict est de mort. Pas plus que la France nous ne jouissons de liberté et  suis contraint à écrire des banalités, du politiquement correct pour ne pas déplaire aux organismes qui contrôlent la pensée, alors que je bouillonne d'idées subversives, trépigne de ne pouvoir développer des sujets interdits, de m'éclater en prônant une philosophie révolutionnaire. Mes organes sont aussi dictatoriaux et me punissent à la moindre de mes tentatives d'échapper à leurs diktats diététiques: une bouteille de champagne, un litre de mousse au chocolat et c'est la crise de foie et la prison au lit pour 8 jours. Même cette aveu innocent peut me coûter cher et, si un jour, vous n'entendez plus parler de moi, vous saurez pourquoi...
Sacrifiant à la mode socratique, je me suis posé la question, comme Adam avant moi, "qui suis-je? J'ai regardé mon état civil, interrogé ma famille, mon voisinage, mes amis. Je me suis introspecté sévèrement. Au final et au bout du compte, le bilan était maigre et la question sans réponse. N'aimant pas les impasses et voulant savoir à qui j'avais affaire puisque, pas né de la dernière pluie, j'ai encore du temps à passer avec moi, je me suis résigné à aller quémander auprès de ma voisine, une liseuse de la main, une voyante de l'invisible, une diseuse de bonne aventure, une tireuse de cartes, une jeteuse de sorts, une diablesse satanique qui, si elle n'était pas jolie comme un cœur, on la prendrait pour la féé Carabosse. Elle m'observa, me scruta, me prit le pouls, la tension, m'auculta, contrôla mes réflexes, me fit un eélectroencephalogramme, une ponction lombaire. Tout était OK, donc, première information, j'étais normal sur le plan physiologique et neurologique. L'important étant les épines, je voulais savoir ce qu'il en était du reste. Manifestement, il y avait un problème, du genre épineux que l'on annonce à la famille en baissant le ton. Mais je ne transige pas moins avec moi qu'avec les autres et, lui mettant un couteau sous une gorge qu'elle avait gorgeous, je lui intimais, menaçant, "alors, beauté, à table". 

"Eh bien, mon beau monsieur, vous l'aurez voulu, vous n'êtes pas celui que vous croyez, pas le fils de votre père, un polytechicien distingué, ni de votre mère, un digne produit du couvent des Oiseaux du paradis, mais l'enfant adultérin  de l'arrière petit fils d'un bandit de grand chemin qui s'était évadé de Cayenne en compagnie du fameux Papillon et qui avait épousé en premières noces une gourgandine de bas étage dont la grand-mère avait trafiqué  dans le milieu interlope du Macao de la grande époque. Vous savez d'où vous venez et je peux aussi vous dire  ce que vous devez à votre inné et ne devrez pas à votre acquis, mais c'est vous qui voyez...!!!!."

dimanche 19 juillet 2026

DE TOUT UN PEU

Pour savoir pourquoi les gens ne s'intéressent pas à vous, il suffit de ne pas leur demander leur avis. Vous savez alors pourquoi vous n'avez pas de réponse.
____

Ce  dont on n'a jamais entendu parler appartient, avec ce que l'on ne connaît pas, au domaine de notre ignorance. Remercions-la car elle nous protège de préoccupations, de soucis, de tracas qui nous empoisonneraient la vie pour un bénéfice aléatoire et souvent des conséquences dommageables.
____

J'ai la chance d'avoir un bonheur peu exigeant. Un souffle d'air frais en été, chaud en hiver, un clin d'œil, un vol d'hirondelles; un regard complice, un brin de persil et le voila heureux pour un quart d'heure. Très, trop sensible, prudent, je le restreins car, au moindre excès, il se pâme, convulse, comate, exit.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

LES DEUX FAÇONS D'ADMINISTRER UNE RELATION

Il y a deux façons de manifester son sentiment à autrui.

La façon directe qui part de l'amont, à la source du torrent. Elle dit sans fioriture votre opinion et vous traiterez votre vis à vis de noms d'oieau ou le couvrirez de pétales de roses,  l'embaumant dans la myrte et l'encens après l'avoir enduit de miel et de confiture d'abricot. Vous ne vous embarrassez pas d'ambages et dite crûment ce que les suivants diront par la voie diplomatique.

La façon indirecte part de l'aval et emprunte un contre-courant pour l'amener, péniblement, en amont.  Alambiquée, laborieuse, elle se sert des détails qu'elle additionne  de façon à ce que l'accumulation ne laisse aucun doute. Vous pourrez, mais en espaçant les remarques obligeantes, vous émervéiller sur sa réussite professionnelle, celle de la progéniture et, s'il n'est pas divorcé, le congratuler pour l'exemple qu'il donne avec une épouse admirable et qui a dû faire bien des jalouses, lui, faisant beaucoup de jaloux. Ce dithyrambe devrait suffir à  affermir pour longtemps une relation passée au stade fusionnel, la condition étant, bien entendu, que votre interprétation et le monologue respirent la franchise, la sincérité et que vous perdiez ce sourire en coin qui irrite les gens qui ne vous connaissent pas. Vous utiliserez la même méthode hypocrite pour obliger un quidam qui a cessé de vous plaire en l'obligeant à rompre, lui laissant la responsabilité de la rupture d'une amitié quasiment ancestrale. Jouez l'outragé à partir d'une faute véniele, grossissez le trait, faites en un traître; un infidèle et, drapé dans votre bonne conscience, éloignez-vous dans une dignité digne d'un César.


PS: aucune de ces façons ne vous convient. Le cas est fréquent chez les âmes d'élite.Vous préférez la troisième qui vous est personnelle. Il faudra que vous nous l'expliquiez quand vous aurez le temps.

LE NOUVEAU PROPRE DE L'HOMME

Penser, réfléchir, cogiter sont les qualités que seule l'espèce humaine peut revendiquer. Ses fonctions transcendantaless font sa fierté, fondent son orgueil et expliquent qu'elle se place au sommet de l'évolution. Seul Dieu et sa toute puissance éternelle et infinie le dépasse dans toutes les directions. Cependant, quand on examine de plus près l'activité humaine, on est forcé de constater que, dans la réalité, elle n'est pas consacrée à écrire des livres de pensées comme Marc-Aurèle et Pascal, à philosopher comme Kant et Shoppenhauer, à faire des sermons, à tenir des discours ou, plus souvent, des conversations de comptoirs de bistot et  des bavardages incolores et inodores. L'essentiel des préoccupations de son esprit  et du temps disponible de son cerveau, avant même celui dépensé à regarder les publicités de la télévision, est de manger, à l'instar de de la faune terrestre, aquatique et aérienne. Elle s'en distingue cependant par une particularité remarquable: son obsession.

Les autres espèces mangent à leur faim et, quand elle est calmée, pensent à autre chose: dorment, observent, voyagent. L'homme et la femme, eux, sont obsédés par la nourriture: ils l'accumulent dans des garde-mangers, des congélateurs, des caves; des réfrigérateurs, la mettent en conserves, en réserve. Ils passent le plus clair de leur temps libre dans les marchés, les épiceries, les boucheries, les charcuteries, les boulangeries, les pâtisseries, les rayons  nourriciers des supermarchés. Ils travaillent ensuite en cuisine pour transformer la matière première en bonne à digérer. D'autres préfèrent aller au restaurant et gaspiller des heures à parler de boustiffaille. Manger est une obsession, l'objet le plus chéri de toutes leurs passions. Ils la font passer avant même leur santé  et se la pourisse à coups de fourchettes et de mastications. L'obésité est même devenue la dernière manifestation de son évolution.

Notre  conclusion en découle avec le constat implacable suivant; un homme de 140 kilos a un cerveau qui ne représente qu'un  pour cent du poids de son corps alors que chez celui qui ne pèse que 70 kilos, il est le double. La différence est relative mais significative  puisqu'elle manifeste  crûment l'importance qu'a pris le besoin de manger sur celui de réfléchir. Du temps de Pascal, l'homme était un roseau pensant, aujourd'hui, il dirait qu'il est un baobab pensant.

samedi 18 juillet 2026

NOS DEUX NATURES

Notre première nature est originelle. Elle nous est donnée à la naissance. Elle est héréditaire, innée et nous fait ressembler corps et âme aux parents. On doit s'en accommoder.

Au fil des années, une seconde nature se dévoile, s'affine, se précise,  s'affirme,  se singularise et peut submerger la première au point que vieux, on n'a plus rien du  jeunot: le timide est devenu extraverti, le taiseux, bavard, le gringalet, un iron man, le cancre en arithmétique, le roi de la physique quantique, le premier de la classe, un chômeur professionnel, le fils modèle, un père indigne, l'enfant de choeur, l'ennemi number one, la laideronne, une beauté fatale. 

Conclusion: il ne faut pas se fier à la première impression, le temps  ne change  pas seulement l'âge.

UNE SAGA ALCOOLIQUE

L'intempérant impénitent qui libationne à outrance pour épancher sa soif hydrofuge avec une solution alcoolique  fait de la cirrhose au niveau du foie et jouer la partition du syndrome de Korsakoff à son cerveau avec quelques crises de délirium dans le prélude. Il achèvera le cycle dans l'inconscience bienvenue d'un coma hépatique qui lui fera voir la fin de sa vie en jaune.
Les poumons, les reins, les yeux, les oreilles sont des jumeaux, loyaux, fidèles, synchrones et aussi le cœur avec ses deux ventricules et ses deux oreillettes. Pas de jalousie, l'un tombe-t-il malade, l'autre prend sa charge de travail, pas de protestation, de jérémiade, entraide totale. La gémellité de nos deux cerveaux  droit et  gauche n'a pas cette exemplarité. Dissemblables dans leurs domaines de compétences, ils coopèrent contraints et forcés  pour ne pas complètement divaguer. Le gauche réduit simplifie, classe, n'a ni profondeur, ni émotions, comment pourrait-il s'entendre avec le droit  qui est, lui, un artiste, a des idées générales, ne se perd pas dans les détails, aime les arts, la nuance. Leur peu  en commun les empêche de  ne faire qu'un comme le cœur et les autres à la bipolarité positive. Il en résulte une zizanie larvée bien cachée et les déséquilibres qui font la fortune des psychiatres, le désespoir de la gendarmerie et de la police et l'ordinaire de la justice.

ÉCRIVAINS

Le métier d'écrivain n'est pas sans risques. Il n'est peut-être pas aussi dangereux que celui du laveur des vitres d'un gratte-ciel, de sicaire à Medellin, de stuntman à Hollywood mais mon expérience de thérapeute dans le milieu m'en  a appris ses dangers On a les classiques  avec :

- la crampe de l'écrivain si  fréquente antan. Très douloureuse, elle est devenue anecdotique depuis l'abandon de la pointe Bic pour le clavier, les muscles de la main étant peu sollicités ;

- la fatigue oculaire et une cervicalgie tenace sont souvent à déplorer. Elles sont secondaires à une trop longue exposition à l'écran et à la position assise défectueuse. La médecine moderne en vient facilement à bout puisqu'il suffit de verres de lunette adaptés et d'un redressement de la colonne vertébrale. Une kinésithérapie de qualité aidera à solutionner le deuxième problème fréquent chez les écrivains ayant dépassé la soixantaine ;

- les écrivains actuels imitent rarement Honoré de Balzac qui, pour écrire quasiment 24 heures sur 24 consommait des litres de café. Tout le monde ne supporte pas son alcaloïde (caféine ) qui peut provoqué une tachycardie invalidante le temps qu'elle dure. Un cardiologue qualifié la réduira rapidement. Un déca de qualité, en cas d'addiction rend service en supprimant la molécule toxique.

Il y a trois  dangers  inhérents à la profession dont on ne parle jamais dans les ateliers d'écriture. Il faut les connaître avant de l'embrasser (c'est son côté pire).

Le premier est la panne d'inspiration. Elle survient sans prévenir et frappe sans discernement. Brutale, frontale, l'écrivain sidéré contemple la page  blanche, hébété, incapable de la noircir comme il faisait juste avant qu'elle n'arrive inopinément. Une petite inquiétude s'installe. Au bout de 15 minutes, elle devient grande. L'imagination qui lui dictait les dialogues, la progression de l'intrigue aussi facilement qu'il respire, ne répond plus aux sollicitations de plus en plus pressantes. Si la nuit n'a pas rechargé les batteries, que la panne est toujours là, la panique s'installe avec des interrogations du genre: comment vais-je terminer le bouquin si je ne sais pas ce que devient mon héros qui était dans la tourmente? Que vais-je dire à l'éditeur qui attend le manuscrit depuis 6 mois et menace de me demander le remboursement de mon avance sur tirage? Si, un mois plus tard, la situation est figée, l'inspiration n'est pas revenue, un état dépressif peut s'installer, passer à la chronicité. Vous connaissez la suite éventuelle, bonjour les dégâts possibles!!!§

La deuxième est l'accusation de plagiat. Elle est grave car porte une atteinte difficile à effacer et porteuse d'un opprobre qui ternit durablement la réputation et l'honneur du malheureux écrivain accusé, à tort ou à raison d'avoir piqué des phrases, des chapitres à un confrère vivant ou mort mais dont l'œuvre est encore dans le domaine publique et protégée ou non par un copyright. Le méfait est parfois évident quant la fidélité au texte incriminé est parfaite. Il peut s'agir d'une copie approximative et l'avocat de la défense aura un travail plus facile. Pour moi, le vrai plagiat n'existe pas et n'est qu'une manifestation du pouvoir de la mémoire profonde. Quand des mots, des phrases ont eu un écho puissant, ils s'inscrivent dans l'inconscience sans que l'on en est conscience. Le jour qui peut être lointain où le hasard fait que le besoin du chapitre en cours est en stock dans le souvenir, prêt à l'emploi, l'inspiration s'en saisit et le couche sur le papier sans savoir qu'il est devenu un plagiaire. L'écrivain n'est pas un voleur. S'il l'était, il aurait fait un autre métier. Vous  connaissez lesquels.

Le troisième danger fait de l'écriture un sacerdoce, un métier réservé aux hommes et femmes désintéressés, pour qui l'argent n'est pas une fin ni un problème. Ils doivent savoir qu'il y a beaucoup de malchance pour que son livre n'ait pas de lecteurs. Deux phénomènes concourent à cet état désastreux:  de plus en plus de livres sont  sur les étals des librairies  et de moins en moins de lecteurs désireux de lire en raison de l'augmentation de l'analphabétisme et de la concurrence des écrans. La déception d'avoir tant travaillé pour rien peut conduire aussi à la dépression et à ses complications.

En résumé, l'écrivain est exposé à des dangers véniels facilement évitables  et à trois dangers potentiellement mortels qui en font un métier réservé à des âmes  intrépides, indifférentes à la calomnie, ne craignant pas de subir des reproches infondés. Une fortune personnelle venue d'ailleurs est la bienvenue pour écrire en paix sans souci du lendemain de la parution.

vendredi 17 juillet 2026

Il ne faut pas croire que l'évolution a toujours besoin de millions d'années pour arriver à une fin et, si le passage de l'amibe à la baleine à bosse en  a pris un milliard et quelque, il ne faut pas longtemps pour que l'éphémère passe de l'état larvaire à une vie aérienne et encore moins pour s'accoupler, pondre des œufs  et mourir, ne pouvant se nourrir. 

Elle ne concerne pas que le monde  de Darwin puisque tout évolue: le liquide et le solide, le vivant et  le mort, les voitures, la littérature, les gens, les chats, les chiens, la mode, l'art etc. Elle fait la loi en chimie, en physique, en biologie; Elle se fait  en temps réel, sous nos yeux et pour la voir il suffit de  regarder nos photos à un jour, un mois, un, dix, vingt, 50 ans et le grand père centenaire. Il n'y a pas que chez les insectes et les cétacés que l'évolution est saisissante, le temps lui-même  ne cesse d'évoluer du matin au soir, au fil des saisons.