Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


lundi 2 février 2026

NON

L'arrêt est un non mou, facultatif, provisoire. Le bus peut l'ignorer. 

Le stop est un non obligatoire. Passé outre, c'est s'exposer à une contravention, une pénalité. À la fatalité si, non respecté,  la voiture  percute  un 50 tonnes lancé à 100 à l'heure.

L'interdiction est un non catégorique. Il est un ordre moral et empêche de vendre de l'alcool à un mineur, de se pencher à la fenêtre du wagon, de cracher, de voler, de tricher, de mentir. Elle est pour le rebelle, l'adolescent, l'anarchistes, l'opposant de principe, un puissant stimulant et l'étincelle qui allume la mèche. Il fait oublier la sanction. 

Ne jamais s'arrêter et stopper, braver les interdits est un sport pour certains. Dire oui à tout  est le contraire du non, une délivrance pour les épris de liberté. Je ne vois que les feux où les non et les oui cohabitent, le vert ouvrant la voix au chapitre, le rouge fermant la voie.
La personnalité la plus extraordinaire que j'ai jamais rencontrée habitait deux corps différents. Jumeaux vrais monozygotes, sosies parfaits, au grain de beauté près, ils avaient en commun l'esprit: ils pensaient la même chose au même moment. Ils n'étaient indépendants qu'au niveau des sensations. Leur concordance spirituelle, intellectuelle, sentimentale était si complète que chacun avait l'impression de n'être que l'écho de l'autre. Il leur fallut se séparer pour trouver une intimité. L'un partit s'installer aux antipodes et, quand il dormait, ne pensant à rien, l'autre vivait tranquillement sans être écouté.

COURANT, QUAND TU NOUS TIENS

Si vous voulez un courant électrique, il faut un pôle plus et un pôle moins,

- un courant d'air, deux portes opposées ouvertes,

- un courant d'eau, une pente qui va de haut en bas,

- un courant d'idée, de grandes considérations qui viennent étancher une soif de connaissance.

dimanche 1 février 2026

UNE NOUVELLE GUERRE DE CENT ANS

La politique jusqu'ici suivie et qui ciblait les difficultés à éliminer ayant fait la preuve après des décennies de mise en pratique de leur inefficacité, le gouvernement a décidé de suivre les conclusions de la commission d'enquête qui planchait sur le sujet depuis plusieurs années. Les experts recommandent un changement drastique aux dimensions draconiennes avec un renversement du paradigme puisqu'ils préconisent de les supprimer en imposant une politique de facilitation avec la levée de tous les obstacles, interdits et règlementations issus des administrations nationale, régionale, départementale, municipale et de la principale, la bruxelloise. Les ministres réfléchissent, le président médite, la suite attend avec patience.

PS: la décision finale appartient, en réalité, à la fonction publique et à l'armée des fonctionnaires qui a accueilli avec consternation les conclusions de la commission pourtant composée d'agents de l'état profond. La suppression envisagée des difficultés aurait pour conséquence immédiate la disparition de leur métier. C'est une catastrophe inimaginable, un Waterloo programmé qui a soulevé une armée de boucliers, une mobilisation générale et la réunion en conseil de guerre des syndicats aussi bien majoritaires que minoritaires. L'appareil d'état composé à 99% d'anciens élèves de l'École Nationale d'Administration  devra donc livrer une bataille perdue avant de commencer. La suite nous le dira.

ÉCHEC ET TEMPS

Pour expliquer un échec, l'excuse la plus fréquente est le manque de temps. Le mensonge est éhonté, aurait-on dit naguère. Le temps est, en effet, avec l'azote de l'air et l'eau des mers, une matière disponible, gratuite, inépuisable, toujours à l'heure. Le déficit est ailleurs, dans la volonté, le courage, la patience, la force, l'intelligence. Il est aggravé par un excès de  paresse, la bêtise, l'impatience, la faiblesse, la peur. Le temps passe, indifférent. Il entend ces accusations depuis l'éternité et l'habitude l'a rendu impavide, impassible. 

LA PART DES ANGES

La part que les anges s'attribuent en humant les vapeurs alcoolisées qui filtrent des futs remplis de cognac empilés dans les chais des terres charentaises n'est pas un cadeau désintéressé des producteurs, c'est le tribut payé pour assurer la qualité. Les anges utilisent la méthode classique du milieu qui rackette les casinos, les boîtes de nuit, les bars à hôtesses montantes en contrepartie d'une assurance-tranquillité. Cela donnait une onction divine à un alcool qui, au départ, n'avait aucun don particulier. Mais avec le temps, les anges charentais sont devenus connaisseurs, puis addicts. Usant de leur pouvoir miraculeux, ils ont amélioré le produit, l'ont transformé en nectar. Courtisans, il se murmure qu'ils ont rendu saint Pierre  dépendant. En échange, il leur donne la permission de minuit et le droit de cuver le cognac au paradis. 

samedi 31 janvier 2026

UCHRONIE RÉVOLUTIONNAIRE

La mèche lente est allumée, l'explosion se rapproche et personne n'a conscience que nous sommes dans les mois qui précédèrent 1789. La situation reproduit, au poil près, ce que nos aïeux ont vécu: même gouvernement d'incapables, même endettement abyssal, même division de la société en blocs irréductibles, même montée des tensions. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'issue est inéluctable. 

Résumons chacune des similitudes:

1- il y avait l'aristocratie et le clergé qui se partageaient le pouvoir et le tiers état corvéable qui ne supportait plus l'inégalité. Il y a aujourd'hui une aristocratie des riches qui met le pouvoir que lui procure son argent pour faire l'information par la possession des médias, choisit le gouvernement pour maintenir ses privilèges. Le clergé est devenu laïque et  sa fonction serait le service  des citoyens. Il est devenu un problème quand, ayant pris conscience de sa puissance, il a transformé sa mission et, par le phénomène bien connu de la trahison des intentions, a considéré que le public devait être mis à son service. De serviteur, il est devenu maître et dicte sa loi, pour son bénéfice. Son  appétit insatiable régente l'état dont il est le salarié. Le reste de la société assure leur train de vie, contraint et forcé par un arsenal de mesures qui restreignent sa liberté de faire, de dire et  maintenant, de penser différemment de ceux qui disent détenir la vérité du moment. Cette majorité jusqu'alors divisée  et se neutralisant au point de se rendre impuissante s'est sédimentée à ses deux extrémités en deux partis qui, sans ressembler aux jacobins et aux girondins, vont unir leur volonté d'éliminer le système en place, l'extrême gauche voulant la tête du capitalisme libéral qui fait la fortune des riches et l'extrême droite  remettre à l'honneur des valeurs tombées en désuétude, la sécurité par exemple. Le temps des barricades et des fleurets non mouchetés approche.

2- le contexte se prête à la reconstitution. Les figurants occupent déjà  la scène. Le décors est en place. On dit même que l'Élysée est un néo-Versailles. Les personnages s'agitent. Une fois de plus, le présent rejoue le passé. Marie-Antoinette est remplacée par Brigitte. Cette dernière jouit de la même détestation. Les libelles orduriers qui accablaient la pauvre  autrichienne sont remplacés par des injures, des calomnies, des caricatures. La haine est la même. Le roi qui était l'élu de Dieu est aujourd'hui un président élu par une minorité du peuple. Le parrainage n'a pas la grandeur du prédécesseur mais semble lui suffire pour assoir une légitimité défaillante. Lui aussi pâtit d'une désaffection quasi absolue et est obligé d'être plus souvent à l'étranger pour parler de politique étrangère qu'à domicile pour diriger l'intérieure car sa parole est  couverte par les quolibets depuis qu'il a réduit, par des décisions imbéciles, la politique en une farce tragique. 

3- la situation financière a le même caractère catastrophique. Le royaume vivait à crédit et le service de la dette absorbait la moitié de l'impôt. L'évasion fiscale atteignait des sommets: noblesse et clergé refusant de payer l'impôt alors qu'ils contrôlaient 80 % des richesses. La République vit aussi d'emprunts depuis des décennies et le tempo s'est accéléré avec l'arrivée aux commandes d'un financier ne sachant pas compter, une nouveauté. Louis XVI a vécu l'évènement car son temps de roi a cristallisé tous les composants. Son incapacité par manque de volonté, de courage, de clairvoyance n'a pas permis aux ministres (Turgot, Necker, Calonne) qui avaient vu le péril grandir d'effectuer les réformes. Le refus était aussi celui des deux ordres qui, en fait, avaient le vrai pouvoir et ne voulaient pas que l'on touche à leurs privilèges. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui, sous une autre identité, se dressent, défilent, protestent, paralysent le pays quand un ministre ose vouloir allonger d'un an l'âge de la retraite, supprimer un jour de congé payé, diminuer le pillage de la sécurité sociale, les faire travailler 35 heures, oserait demander aux parents de surveiller leurs enfants, aux enseignants d'apprendre à lire et à écrire aux élèves, aux retraités de cotiser pour leur santé, etc..

4- Le royaume a soutenu la guerre d'indépendance de l'Amérique d'une façon que Trump n'imagine pas: la contribution de la France aux insurgés a été massive en hommes et en argent. Elle a été estimée à 1,5 milliards de livres tournois qui servirent aux dépenses militaires, à de prêts, à des fournitures et à la logistique de 1878 à 1883. Cet argent (18 milliards d'euros) fut emprunté, fit exploser le service de la dette qui devint insoutenable, fut le prétexte à la convocation des États généraux et on sait ce qui s'ensuivit. Notre engagement dans la guerre d'Ukraine a aussi un coût payé par la dette et répond à des arrière-pensées théoriques aussi utopiques.

Tout est prêt, les conditions idéales sont réunies, les responsables  connus, les avertissements formulés, les précédents documentés. Ceux qui savent, le disent n'ont pas le pouvoir ou sont paralysés par les contre-pouvoirs. Les français pourraient ne pas rejouer 89. On sait qu'ils ne saisiront pas leur chance. La chronique d'une révolution annoncée a débuté.
Quand on n'en a pas, l'argent est un problème, quand on en a, c'est la solution. 

UNE CONCLUSION PERTINENTE, FRUIT D'UNE OBSERVATION ATTENTIVE ET D'UNE RÉFLEXION INTELLIGENTE

L'augmentation de la longévité du  français moyen depuis le XVIIème siècle n'est pas due, autant qu'on le dit, à la féé électricité, à l'arrivée de l'eau et du gaz à tous les étages, à la disparition des latrines et des égouts à ciel ouvert et plus récemment à la pénicilline, mais essentiellement à la disparition complète du ridicule. Il était, certes, à l'époque, la quasi-exclusivité de l'aristocratie qui ne le supportait pas et avait une tolérance zéro à son égard. Elle punissait de la peine capitale les malheureux de son milieu qui  tombaient dans ce travers. Il était avec le duel la cause principale des disparitions à Versailles. Le tiers état et le clergé en souffraient mais à un moindre degré, le désir mimétique n'y sévissant pas sur un mode endémique mais anecdotique. Aujourd'hui, le sens du ridicule a complétement disparu et ne tue plus. Il vit même ses heures de gloire et l'être  dans ses manières, son comportement, ses propos, son accoutrement, est un gage de succès, de  célébrité, de richesse, de pouvoir. L'effet de pendule est tel que la normalité, trop banale, est devenue un objet de suspicion, regardée avec horreur par les gardiens de l'ordre, le pouvoir tutélaire et les autorités compétentes. Un projet de loi est en cours de discussion pour la mettre hors la loi. Elle  devra à l'abolition de la peine de mort le plaisir de ne pas être guillotinée. 
La sagesse soufiste avec son conte drolatique qui raconte l'histoire de la nudité du roi révélé par un enfant nous a montré combien il était difficile aux adultes de voir la réalité et d'admettre la vérité. Rien n'a changé et je me demande combien  de temps il faudra pour que les américains voient que leur président est atteint d'une psychose tardive et aux français que le leur souffre d'une névrose précoce? Mais il est déjà trop tard, le mal est fait.


vendredi 30 janvier 2026

Le pouvoir que donne la puissance et la puissance du pouvoir dépassent les limites, atteignent le summum, tutoient l'infini. La drôlerie  imbécile de ce constat tragique est que ce sont les victimes qui travaillent à son expansion.

LE BON CONSEIL

Ne donnez pas de conseils aux idiots qui trouvent que vous êtes stupide.

L'ARTISTE

Je suis un artiste dans l'âme mais n'ai aucun des talents qui permettent de jouer au piano, de dessiner, de peindre, de sculpter, de déclamer, de chanter. Les fées ne m'ont pas touché et ma voix de fausset, des mains malhabiles, une absence d'imagination m'empêchent de briller. N'étant pas du genre à laisser tomber, j'ai essayé  de conjurer le sort, de le forcer, en vain.

Le  renoncement allait triompher quand, un soir, j'ai assisté à une reprise du Cadre noir de Saumur. Le choc, la révélation: l'art équestre était à ma mesure. Il me suffirait d'être assis, droit, calme, en avant, sur une selle, de partir au galop et le pur-sang et moi deviendrions un tableau  plein d'une beauté vivante, vibrante de couleurs. Son souffle serait la couleur, son galop la lumière, ses muscles la pâte, ses yeux la flamme. Ainsi fut fait: chaque mouvement était une note, chaque geste une nuance, chaque frisson une émotion. Ensemble, nous peignions dans l’air, traçant des arabesques de grâce et de fureur joyeuse, une œuvre éphémère mais parfaite, montée sur quatre pattes couronnés de fer et de clous. 

PS: il n'y a que dans un manège que l'art et l'artiste fusionnent et que je devient centaure.
Les idéologues qui travaillent dans la politique et les religieux prétendent savoir et pouvoir calmer nos inquiétudes en répondant à des questions qui dépassent l'entendement, en donnant la solution à des problèmes qui défient les mathématiques. Ils obligent l'intelligence à mentir pour obéir à des croyances dénuées de raison et qui doivent tout à l'imagination persécutée par une névrose obsessionnelle.

jeudi 29 janvier 2026

Parce qu'un homme averti en vaut deux et que je crois aux adages vieux comme le monde, vu qu'ils ne se trompent jamais, je mets mon réveil à sonner à l'heure à laquelle je veux me réveiller pour qu'il me confirme que je dois me lever. Ce son comme celui du clairon me fait bondir du lit comme un cabri alors que je m'en extirpe péniblement quand j'oublie de le remonter.

PS: cette réflexion me rappelle que que je dois le remplacer puisqu'il est en panne depuis longtemps.

CLAP DE FIN

La fin du monde si attendue et prévisible est donc pour demain. L'agonie durait depuis longtemps. tout le monde est soulagé, autant ceux qui vont disparaître que ceux qui ne seront pas épargnés. L'attente avait trop duré. La patience des uns est récompensée, l'impatience des autres comblée. L'excitation a remplacé l'énervement de l'attente. L'atmosphère a changé et s'y mélangent les interrogations et les exclamations. Chacun se demande quelle est la bonne attitude: faut-il applaudir et se réjouir d'assister à cette première mondiale ou se lamenter parce qu'elle restera unique ?  Ce sera un son et lumière exceptionnel, du jamais vu pour l'éternité. L'émotion est grandissante au fur et à mesure que l'astéroïde grand comme Mars se rapproche à la vitesse d'une comète. Son point de chute a été gardé secret pour ne pas effrayer davantage dix milliards de terriens sur le point d'être écrasés.

LES MONDES DE DANCHARR

Il y a le monde qui contient l'univers. Sa dimension est infinie et en expansion. Sa durée éternelle est aussi démentielle. Sa dimension, son âge ont des valeurs qui dépassent notre imagination et notre compréhension et ceux qui disent savoir ne savent pas ce qu'ils disent. Les plus crédibles sont ceux qui pensent que ce monde pourrait être une fiction.

Il y a les autres mondes et nous habitons dans l'un, la terre. Elle est pleine de mondes. Contenant 10 milliards d'humains qui bientôt s'y presseront, on a le monde animal rempli d'êtres vivants allant de l'unicellulaire à la baleine à bosse qui dispute la place au monde végétal qui l'occupait en premier et lui a préparé le terrain. Le monde minéral les reçoit tous à son grand désespoir. 

Il y a le monde de l'abstraction. Il comprend celui des idées qui se subdivise en monde de la philosophie, des religions, de la politique, de la culture avec les  arts et leurs innombrables branches.

Il y a dans la société même des mondes qui cohabitent sans se rencontrer. Le grand monde (en réalité petit) et qui concentre le pouvoir, la richesse et domine les classes inférieures qui sont à son service et réunissent l'ensemble des petites gens qui constitue la presque totalité du monde paysan et salarié. 

Mais le monde qui nous importe n'est pas ce monde étranger, mais celui qui nous habite et dans lequel nous évoluons. Il est organique et nous impose ses besoins, ses envies, ses faiblesses. Le monde spirituel est encore plus tyrannique et nous devons lui obéir car il dicte tout: actions, réactions, idées, réflexions, souvenirs, connaissances etc.. Les deux nous abandonnent un jour sans explication, sans préavis, sans excuses, sans regret. Ils s'en vont, pour certains, dans un autre monde pour ceux qui croient à leur fantasme, pour les autres dans le même néant dont ils étaient sortis, un non-lieu.

mercredi 28 janvier 2026

Se faire plaisir est le plus sûr moyen de se rapprocher de l'idée que l'on se fait du bonheur. Cela suppose que l'on a atteint le stade où l'on attend plus  rien des autres. Soyons cependant charitable et reconnaissons qu'ils sont suffisamment occupés par le leur et que nous avons  été incapable de leur rendre ce  service. Leurs efforts comme les nôtres n'ont pas servi. La mission même montée en devoir est impossible. Le cœur de l'homme sage est une forteresse imprenable comme l'a si bien dit je me souviens qui (Lope de Vega). Actons et concluons par "ainsi soit-il" si vous n'êtes pas un mécréant ou par CQFD si vous êtes un mathématicien athée.
Les gens qui ne regardent pas où ils mettent les pieds, qui disent n'importe quoi, qui cherchent midi à quatorze heures, qui adorent le veau d'or, qui confondent le nord et le sud ne sont pas responsables de leur chute, de leurs fautes de conversation, de leur retard, de leurs superstitions, de leur errance. Ils sont les victimes innocentes d'un manque de discernement, d'une inconséquence verbale, d'une montre maligne, d'un besoin de servitude, d'une absence de repères, signes cliniques d'une maladie incurable qui atteint la fonction critique de l'esprit intellectuel. 

NOS FORCES INTRINSÈQUES

Notre corps est soumis à des forces auxquelles il doit obéissance sous peine de sévices pouvant entraîner la mort. La principale est l'instinct. Primordiale pour deux raisons: il assure la pérennité de l'espèce en imposant une attraction charnelle qualifiée de sexuelle pour le sexe opposé. Des romantiques hypocrites le peignent en rose et lui donnent le nom d'amour. La deuxième est aussi de survie et le pousse à fuir devant le danger et si, acculé, le condamne à se battre. Pour diminuer le risque mortel, son instinct le pousse à se lier d'amitié avec des semblables car, à deux, on double les chances de victoire, à trois, on les triple etc..

La deuxième, l'imagination, est ou serait propre à l'espèce. Elle est  une singularité et à l'origine de ses malheurs. C'est le moyen que l'homme a trouvé pour supporter la réalité,  échapper à la vérité et transformer les instincts trouvés vulgaires pour ne pas dire bestiaux en d'aimables mensonges acceptables. Pour enjoliver une existence passée à se fatiguer, à s'ennuyer, à souffrir, à dormir et manger, elle créa les arts pour changer l'état d'esprit et lui fournir des éléments à décharge. Elle vient à son secours pour calmer une angoisse existentielle devenue essentielle chez eux qui ont peur de la mort. Pour la conjurer et reprendre pied, elle inventa des religions qui expliquent le pourquoi et le comment, donnent les solutions et leur pouvoir rassurant assura leur succès. 

Une troisième, l'intelligence, vient à la rescousse des précédentes en leur apportant les moyens de comprendre, de connaître, de s'adapter, d'évoluer selon le contexte, de réfléchir avant de décider. Cette force lui permit d'inventer la logique, la philosophie, les sciences, la mathématique et pour son malheur la politique basée sur des idéologies. Son pouvoir est cependant relatif et ne lui permet pas d'éliminer les effets secondaires indésirables des forces précédentes (guerres, pollutions, religions, politiques). 

La lutte est inégale, le combat perdu avant de commencer. L'instinct, le réflexe primordial, le garant de la sécurité, de la postérité a devant lui deux entités, fruits tardifs de l'évolution, qui se disent supérieures et méprisent les contingences organiques qui mettent l'humanité au niveau de la bestialité. Ils se revendiquent de purs esprits, doués de raison, d'une âme, d'intelligence. Ces prétentions, dictées par l'imagination sont les causes du divorce qui a séparé l'homo sapiens de ses prédécesseurs qui n'avaient pas encore compris que la langue et le gosier pouvaient servir à parler. à faire des discours, à tenir des sermons, à mentir.