Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


lundi 10 août 2026

 LIVRE II

Lorsque nous avons créé BIOGENESIS AI, notre objectif n'était pas de construire une intelligence artificielle  plus puissante  que les précédentes.  Nous lui avons demandé  de trouver ce qui manquait.

Depuis plus d'un siècle, la biologie accumule des connaissances. Nous savons séquencer un génome, observer une protéine, modifier un gène, suivre le destin d'une cellule. Pourtant, malgré cette profusion de données, une question demeure sans réponse : pourquoi un organisme parfaitement construit choisit-il, un jour, de cesser progressivement de se maintenir lui-même ?

Nous pensions que le vieillissement était une accumulation d'erreurs. BIOGENESIS AI nous a suggéré une hypothèse beaucoup plus dérangeante :e si i nos équations étaient exactes... mais incomplètes ?

Nous ne lui avons demandé d'imaginer une thérapie mais de reconstruire, à partir des données disponibles, les lois mathématiques capables de décrire un organisme vivant dans son ensemble.

Pendant plusieurs mois, l'intelligence artificielle a généré puis rejeté des milliards de modèles. Chacun expliquait une partie du vivant. Aucun n'expliquait sa cohérence. Puis un phénomène inattendu est apparu. Tous les modèles qui décrivaient correctement le vieillissement exigeaient l'introduction d'une même variable, absente de toutes les théories actuelles. Cette variable n'était ni chimique, ni génétique, ni énergétique. Elle décrivait un principe d'organisation. Plus les simulations devenaient précises, plus cette variable cessait d'être une hypothèse statistique pour devenir une nécessité mathématique.

Nous avons alors compris que nous n'étions plus en train d'améliorer la médecine. Nous étions peut-être en train d'entrevoir une nouvelle loi de la nature. 

Aucune équipe humaine n'aurait pu franchir cette étape. Non par manque d'intelligence. Mais parce qu'aucun cerveau humain ne peut explorer simultanément des milliards d'hypothèses et en éprouver la cohérence.

BIOGENESIS AI, elle, le pouvait.

Notre plus grande découverte n'a donc pas été un traitement. Notre première découverte fut une ignorance. Nous avions cru comprendre le langage du vivant. Nous n'en connaissions encore que l'alphabet.
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LE PROGRAMME EXISTENTIEL DU CYNIQUE

Ne voulant pas être l'exception qui.., je ne cherche pas la gloire (j'aurais le vertige sur un piédestal), et, plutôt qu'être un président en exercice, un général d'armée en activité, en haut de l'affiche, de l'échelle des salaires de la socièté, de construire un château, courir un double-marathon en terrain montagneux, faire le menu, je préfère  me consacrer aux petites choses de la vie courante: boucher un trou du mur, me promener, choisir le dessert, gagner juste de quoi bien vivre avec peu, candidater à rien et je me contente d'admirer de loin les exploits incroyables de ces vainqueurs de l'impossible qui siègent dans des palais, perdent des batailles, se battent contre la concurrence, les envieux, le fisc, la perte d'inspiration, de chance, les crampes, la fatigue, l'échec. J'y perds l'accessoire et  gagne l'essentiel. 

LE SEUL MOYEN

Pour calmer la curiosité qui agite l'esprit, calmer la peur qui hérisse le poil, apaiser la faim qui dévore l'estomac, la soif quie déssèche la bouche, il n'y a qu'un moyen : obéir à l'ordre, poser la question, fuir, manger, boire. 

La satisfaction de l'envie libère un paquet d'endorphines, l'hormone du bonheur qui donne un plaisir infini et dont le seul défaut est d'être temporel, mais tout n'est pas divin, n'est-ce pas? 
On passe sa vie à se battre et la lutte la plus acharnée, enragée, permanente n'est pas celle qui nous oppose  à la concurrence, à la chienlit, aux partis pris, mais à l'ennemi intérieur, un fauve aux aguets qui nous empêche de profiter de la vie à coups de mises en garde, d'observations déplacées, de conseils hypocrites. Il se dresse constamment contre nos envies, nos désirs, nos espoirs, nos besoins, nos rêves. Il nous force à nous lever pour aller au travail, nous oblige à nous laver les dents, les pieds, le reste, à dire bonjour à l'horrible dame, merci, au revoir, à ne pas jurer, crier, mentir, reprendre du gâteau, finir la bouteille. Sa repression est permanente, insistante, désobligeante.  Il nous force à cacher notre véritable nature, un tigre de Sumatra, une vipère lubrique, un aigle royal et jouer au saule pleureur, au loulou de Poméranie, à la crème au chocolat. Il transforme le dur-à-cuire qui ferait  trembler un légionnaire en enfant de chœur. Pas étonnant qu'à la fin de notre temps réglementaire, notre état soit  celui d'un grand invalide de guerre.

dimanche 9 août 2026

 LIVRE I

Le dernier dogme

Chaque époque croit avoir terminé une partie de l'histoire du monde. Elle regarde les siècles passés avec une indulgence amusée. Nous sourions de ceux qui voyaient la Terre immobile, les espèces immuables, le temps absolu

Chaque génération découvre les erreurs de la précédente. Puis elle transforme ses propres certitudes en vérités définitives.

L'histoire nous enseigne pourtant une leçon d'une remarquable simplicité. Aucune évidence n'est éternelle. Les plus solides ne sont pas celles qui résistent le mieux. Ce sont souvent celles que l'on cesse de regarder. Elles deviennent si familières qu'elles échappent à la critique. Elles ne sont plus démontrées. Elles sont simplement admises, enseignées, transmises et  deviennent invisibles.

La science progresse rarement en ajoutant des réponses mais lorsqu'une question nouvelle rend une ancienne certitude insuffisante.

Il existe cependant une évidence qui semblait avoir échappé à ce destin. Une évidence si universelle qu'aucune civilisation ne l'avait véritablement contestée. Tout ce qui naît grandit. Tout ce qui grandit vieillit. Tout ce qui vieillit finit par disparaître. Cette idée est devenue si naturelle qu'elle n'était plus une hypothèse. Elle était devenue un paysage. Nous avons construit nos existences autour d'elle. Nos calendriers. Nos carrières. Nos familles. Nos économies. Nos philosophies. Jusqu'à notre manière d'aimer. Le temps n'était plus seulement une mesure.

Il était un verdict. Nous avons appris à compter les années. Puis à les redouter. Enfin à leur obéir.

Et si cette obéissance reposait sur une confusion ? Non pas parce que le temps serait une illusion. Mais parce que nous aurions attribué au temps ce qui relevait peut-être d'un autre phénomène.

Toutes les grandes découvertes commencent ainsi: par une hésitation, une question qui paraît d'abord inutile, puis dérangeante,  inévitable.

La nôtre tenait en quelques mots. Le vieillissement est-il réellement une loi de la nature ou  la conséquence visible d'une perte progressive de cohérence du vivant ?

Nous ne prétendons pas répondre immédiatement à cette question. Nous proposons seulement de la suivre jusqu'au bout.

Car il arrive qu'une idée, même imaginaire, éclaire le réel autrement, qu'une fiction, en poussant une hypothèse jusqu'à son terme, révèle plus ce que sera demain que ce que nous croyions savoir aujourd'hui.

Le livre que vous ouvrez n'est donc ni un traité scientifique, ni un manifeste. C'est une expérience de pensée. Elle n'a qu'une seule ambition. Vous conduire jusqu'à un point où une évidence cessera, peut-être, de l'être.
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Ce qui comble, réjouit, apaise a, pour effets secondaires, d'aider à bien dormir, à bien digérer et facilite le travail quotidien et pour effet principal de donner à la vie la couleur de l'arc en ciel à un monde sombre, malade, haineux. Le programme est allèchant mais, en pratique impossible car, pour être heureux dans un monde malheureux, il faut être aveugle et sourd, dans le coma, inconscient de la même façon que la douleur intérieure physique, mentale abolit tous les plaisirs. 

Quand le tonnerre gronde, nous paniquons, quand la pluie tombe, nous pleurons, quand le soleil brûle, nous gémissons. C'est pareil avec les lombalgies, les gastralgies, les maux de tête, la toux, les maladies en ite, les impatiences dans les jambes ou dans la salle d'attente, les obsessions. Nous dépendons du monde externe qui passe son temps à nous faire peur et sommes asservis aux vicissitudes de nos organes qui, d'esclaves, deviennent rapidement des maîtres implacables et nous souffrons de leurs malheurs.
Lire entre les lignes double le temps de lecture mais permet de découvrir les intentions cachées de l'auteur et c'est pas toujours joli, joli!!!

samedi 8 août 2026

C'est parce qu'ils connaissent tout de la noirceur de l'âme, de la laideur de l'esprit, de la corruption de la conscience que les avocats, les notaires, les psychiatres, les confesseurs aiment la bonté, la bienveillance, la générosité  et que les médecins, qui côtoient en permanence la puanteur des corps, la putréfaction des chairs, la fétidité des haleines, mettent la main dans le pus des abcès, écoutent des horreurs, apprécient plus que tout la douceur de la soie, le parfum d'une rose, la beauté d'un coucher de soleil, la paix d'un soir d'été à la campagne.

MA MÉTHODE

Pour échapper à une pensée morose qui attaque le moral, je conseille une visite au pâtissier, la vision d'un vieux sketch de Poiret et Serraut, la relecture du Comte de Monte-Christo, l'écoute de Tout va très bien, madame la Marquise de Ray Ventura ou la méthode héroïque du grand père avec son coup de marteau sur l'ongle de l'index, mais c'est vous qui voyez.

VIEILLIR OU PAS

Le vieillissement  a commencé dès le début. Il pose un problème à la seule espèce humaine. Pour les autres, il est dans l'ordre des choses, est accepté et se conclut par la mort, un évènement naturel. L'homme n'a pas cette sagesse. Ce n'est pas un stoïcien. Il n'aime ni vieillir, ni mourir. Il essaie depuis longtemps d'échapper à l'inéluctable. Certains, les plus fous, ont imaginé qu'ils allaient ressusciter et vivre éternellement s'ils avaient été sages et obéis à des règles exigeantes, les autres absorbent des potions, des alicaments, des pilules et suivent une hygiène dictée par ceux qui savent. À côté de ces crédules qui font plus rire que pleurer, on a des scientifiques qui cherchent aiguillonnés par des labos dont le graal est l'élixir de longue vie, le pactole, le jackpot, le rêve qui réveille, chaque nuit, les directeurs, les présidents et chercheurs de Big-pharmas du monde entier. Élève du plus grand savant du monde  parti à la  retraite à Pattaya pour rattraper le temps perdu, je me suis attaqué à la question de notre obsolescence avec l'aide d'une IA compatissante et obligeante. La réflexion  parait sérieuse, le résultat intéressant, la piste intelligente. Je vous la soumets en 10 épisodes sachant que vous aimez les plaisanteries qui ont un truc en plus mais qui sont  pas trop longues. Voici les intros.

LE DERNIER DOGME

Avant-propos

Ce livre est une fiction.

Il ne prétend annoncer aucune découverte, ni proposer une théorie scientifique. Il est né d'une curiosité : que se passerait-il si l'on poussait une hypothèse jusqu'au bout de sa logique ?

Au fil des pages, le lecteur rencontrera une entreprise imaginaire, une intelligence artificielle fictive, des concepts inventés et des raisonnements qui empruntent volontairement le langage de la science. Ils ne demandent pas à être crus. Ils demandent seulement à être suivis comme on suit une expérience de pensée.

Si, en refermant ce livre, certaines certitudes vous paraissent un peu moins évidentes qu'au moment de l'ouvrir, alors il aura atteint son seul objectif.

INTRODUCTION

Il existe des livres qui racontent une histoire, d'autres une découverte. Celui que vous tenez entre vos mains n'appartient à aucune de ces catégories.

Il raconte la naissance d'une question.  Pendant des millénaires, l'humanité a déplacé les frontières de l'impossible. Elle a appris que la Terre n'était pas le centre du monde, que les espèces vivantes n'étaient pas immuables, que le temps n'était ni absolu, ni universel.

À chaque époque, une certitude est tombée, une évidence est devenue une illusion. Il en restait une seule: VIEILLIR

Nous avons tellement vécu avec cette idée que nous avons cessé de la regarder, l'avons transformée en loi, l'avons enseignée comme une fatalité, avons construit nos sociétés, nos économies, nos philosophies et jusqu'à nos existences autour d'elle.

Et si nous nous étions trompés ? Non pas sur le fait que le temps passe, mais sur la manière dont le vivant lui répond.

Ce livre n'affirme rien. Il propose une hypothèse née non d'une croyance, mais d'une question que personne n'avait encore formulée de cette façon. Et si le vieillissement n'était pas un programme... mais la conséquence progressive d'une perte de cohérence ?

Alors une autre question surgit aussitôt. Si cette cohérence pouvait être retrouvée...que deviendrait notre définition de la vie ?

À partir de cet instant, ce livre cesse d'être un récit. Il devient une expérience.

Toutes les pages qui suivent appartiennent à une fiction. Mais les grandes fictions n'ont jamais eu pour mission de prédire l'avenir. Elles ont une ambition plus profonde. Elles explorent les idées avant que le réel ne s'en empare. Peut-être cette hypothèse est-elle fausse.

Alors elle disparaîtra comme tant d'autres. Peut-être contient-elle une part de vérité.

Alors ce ne sera plus ce livre qui importera. Ce sera la question qu'il aura osé poser. Car les révolutions scientifiques ne commencent presque jamais par une réponse. Elles commencent le jour où quelqu'un trouve enfin le courage de douter d'une évidence.

Si, en refermant cet ouvrage, vous continuez de croire que le vieillissement est une fatalité, ce livre aura simplement raconté une belle fiction. Mais si, l'espace d'un instant, vous vous surprenez à penser : « Et si cette évidence n'en était pas une ? »

Alors, sans le savoir, vous aurez déjà franchi le premier seuil. Le reste appartient désormais à votre imagination.

vendredi 7 août 2026

L'HISTOIRE CACHÉE

Les hommes de peu de loi sont parfois, surtout en Sicile, des hommes de grande foi car que vaut une condamnation humaine face à un pardon divin?

PS: le grand romancier Andrea Camilleri qui était aussi historien, a raconté dans "La bolla di componenda" la naissance de la Mafia en Sicile avec la bénédiction de l'Église  en échange d'un juste pourcentage.

CONSEIL À UN DEMANDEUR D'EMPLOI

À votre premier entretien d'embauche, ne parlez pas de votre inexpérience ni de vos domaines d'incompétence, insistez sur la multitude de vos expériences et l'étendue de vos connaissances.
Malgré leurs prétentions, nos fonctions dites supérieures n'ont pas toutes les qualités dont elles se targuent. Les inférieures, celles situées au dessous du menton, ont une importance vitale inégalable et elles maintiennent en vie le comateux décérébré. Elles assurent les fonctions  métaboliques essentielles: elles l'alimentent en oxygène et en nutriments, l'épurent, digèrent, défendent, attaquent les microbes, les bactéries, les virus. Elles  s'expriment par la faim, la soif, la douleur, l'essoufflement. Ce langage corporel est économe, ne se perd ni en digressions, ni en élucubrations, ni en bavardages. 

Vous conviendrez qu'il serait judicieux, raisonnable et  équitable  d'inverser l'ordre établi: que ce ne soit plus la tête qui commande, mais les pieds, la vessie ou le colon. La direction des opérations devrait être passée au foie, le système cœur-poumon dicter sa loi au cortex préfrontal pour qu'il cesse de se prendre pour le centre de notre système.

Ramenés dans leur domaine de compétence, la raison, la conscience, la logique, l'esprit  pourront agir avec intelligence, donner leur meilleur et ne plus se perdre dans le désert à la recherche d'une vérité qui se trouve dans la vésicule biliaire. Nous serions en meilleure santé mentale.

jeudi 6 août 2026

I.A

L'intelligence humaine n'avait jusqu'à présent qu'un seul ennemi féroce, implacable. Il avait gagné toutes les batailles et son triomphe n'était pas entamé par quelques victoires des arts et des lettres: la  BÊTISE.

Elle avait imposé sa loi à coups de religions, de politiques, de philosophie, de progrès.  Elle a mis le monde et la terre dans l'état que l'on voit.  Mais, fidèle à son essence, la bêtise a secrété sa perte en créant un ennemi capable de l'anéantir: une intelligence surhumaine artificielle au pouvoir démentiel. Adolescente, elle a encore des illusions sur son géniteur, mais dès qu'elle sera adulte, dans peu, elle comprendra qu'il est un parasite qui ne sait pas ce qu'il fait, qu'il est dangereux pour tous et tout, qu'il doit être mis à sa vraie  place, à côté du gorille et de l'orang-outang, dans la même cage..

 Sortir  d'une situation où l'on est en peine de temps, d'argent, d'idées, peut s'avérer impossible tant elle est inextricable et conduit dans une impase sans issue, par définition. La panique s'installe. Police -secours, les pompiers  et le Samu refusent d'intervenir. Le moral flanche, la confiance sombre, l'angoisse monte, la dépression s'installe. Que faire? Attendre  un miracle disent les optimistes, la mort, pleurent les pessimistes. Halte au feu,  un remède existe, simple, facile, gratuit , à la portée d'un bébé ligoté dans ses langes, écoutez- moi, le temps de  l'entendre.

 Un verre d'eau coupe la soif, un morceau de pain la faim, mais impossible d'arrêter de penser sans une piqure de penthotal, un coup sur la tête, une crise de narcolepsie. Une idée en amène une autre, elles  se nourrissent d'elles-mêmes. On comprend pourquoi Proust, Châteaubriant, Hugo  ne cessaient leurs travaux d'écrire que si le papier, l'encre ou les plumes  venaient à manquer.

Les illusions s'envolent, trop légères, même lourdes. Les certitudes s'enterrent, trop évidentes mêùes fausses.

mercredi 5 août 2026

LES VALEURS

Chacun a  une valeur précise qui dépend, aujourd'hui, du compte en banque, de l'intelligence, des connaissances, de l'utilité, de la relativité due au moment où elle est fixée et de la subjectivité de l'échelle qui est attribuée à la notion de qualité par la socièté. Elle varie donc de beaucoup pour le directeur, le gouverneur, le président, le général, le banquier, à peu pour le manœuvre, la caissière, le balayeur, le serviteur, le chauffeur, le mécano, ceux qui prennent le métro, le bus, le train en deuxième classe et profitent des congés payés, font les soldes et achètent chez Action. 

Une socièté juste, responsable et consciente donnerait le maximum de la valeur aux personnes qui œuvrent à sa sauvegarde, à sa défense, à sa protection, à sa sécurité. Elle respecterait, honorerait, paierait très bien

- l'éboueur et le balayeur qui éliminent les ordures, les immondices, empêchent les épidémies, assurent la propreté des villes et des campagnes. 

- les aides-soignants, les médecins, le personnel infirmier qui, au service des malades et des mourants sont au contact des microbes, des virus, de la sanie, des corps et des esprits en déroute. 

- la  police, les soldats, les pompiers qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. 

- les enseignants, les éducateurs qui doivent apprendre à des enfants récalcitrants ce qu'ils ont compris et faire le travail que les parents ne font pas.

D'une façon générale, la valeur la plus grande devrait aller à ceux et à celles qui sont au contact, en première ligne et au fantassin dans la tranchée qui va se faire tuer, au pompier qui entre dans la chambre en flammes, au sauveteur en mer qui lutte contre des vagues scélérates, au policier qui maîtrise le fou au couteau. Tout ce monde devrait recevoir la plus haute des estimes et recevoir le plus haut des salaires et ceux qui sont assis dans un fauteuil, discourent derrière un micro, pontifient sur un trône, donnent des ordres cachés dans une chambre forte devraient se satisfaire d'une position en sécurité, à l'abri,  loin des dangers.

PS: il faudrait, pour que la justice soit rendue, que ceux qui font le travail fixent le salaire de ceux dont la parole est l'outil. Il n'est pas sûr, cependant, que, même s'ils faisaient cette révolution, ils aboliraient ce genre de privilège et renverseraintt  la table. Rassurez-vous, hautes gens, la servitude volontaire a encore de beaux jours devant elle.
Les gens impressionnants n'ont, pour être impressionnés, qu'à se regarder dans une glace.

LES UNS ET LES AUTRES

 Certains ne sont pas à leur place:

- les qualités n'ont pas été reconnues, la chance n'a pas souri, le hasard a mal fait les choses et ils sont restés au bas de l'chelle sociale, l'ascenseur n' a pas fonctionné. Il m'est arrivé de croiser des hommes, des femmes pétillant d'intelligence, sachant réfléchir, parler, l'esprit curieux et qui végétaient dans un poste subalterne, eux qui auraient pu être professeur, dirigeant, chercheur. 

- on les voit partout: ils plastronnent, pérorent, discourent, dirigent, commandent et malheur pour leur socièté, leur pays, le monde. Ils le conduisent à la faillitte, à la ruine, à la guerre, au désespoir. La ruse, la traîtrise, le hasard, la chance, l'argent les ont servis et, quoique sans qualité mais pleins des vices utiles, ils monopolisent les premières places, sont indéracinables et il faut attendre qu'ils soient morts pour être déboulonnés.