Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 15 février 2026

LE CONSEIL

Parce que le conseil est à la fois un avis, une leçon, parfois un devoir et que plus il est bon, plus il est exigeant, il est rarement suivi car il faut des qualités exceptionnelles pour s'obliger à le prendre au pied de la lettre, comme s'il était un ordre venu du ciel.

BESOIN, TU NOUS TIENS

Le besoin est le moteur qui pousse l'homme à vivre et à poursuivre son chemin. Nous n'existons que parce qu'il nous oblige à manger, à boire, à dormir, à respirer. Dès qu'il se manifeste,  nous obtempérons, sous peine de mort. D'autres sont moins impératifs mais savent se faire impérieux, toujours organiques, ils nous font bailler, éternuer, tousser, vomir etc..


DEMAIN L'IA

On nous dit que l'IA va, sous peu, devenir plus intelligente que le plus intelligent. Compte tenu de notre bêtise, la barre n'est pas haute. Le vrai problème va se poser quand, ayant gravi les échelons et passée d'une classe élémentaire où son jeune âge la confine encore, elle aura, après  la terminale, l'université, droit au titre de docteur. Nous serons, nous, toujours en primaire,  capables de compter, de calculer des équations de quelques degrés tandis qu'elle pourra, elle, poser et solutionner des problèmes que l'on ne peut même pas imaginer. Nous la regarderons avec la même hébétude que l'idiot du village à qui on demande de multiplier un par deux. Ses progrès sont si rapides que ses géniteurs n'arrivent plus à la suivre. Ils multiplient les mises en garde, font semblant d'être paniqués mais, stimulés par la concurrence, ils accélèrent dans l'innovation, investissent à outrance. Ils fabriquent un monstre qui, après nous avoir effrayés, ridiculisés, marginalisé, nous éliminera.

LE RIRE INTÉRIEUR

Le rire intérieur s'exprime silencieusement. Il n'a pas la tonitruance vulgaire de celui qui s'extériorise dans le bruit, les postillons, la distorsion du visage. Sa saveur est incomparable car il n'est pas artificiel, mensonger, outrancier. Sa retenue est  un signal de qualité et le sourire discret qu'il se permet montre la force du plaisir qui agite l'impétrant qui doit à son caractère d'acier et à une volonté de fer de ne pas exploser en un rire homérique.

samedi 14 février 2026

Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en subsiste juste assez pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients détestables et de facteurs de risque existentiels - n’est pas nouveau. Mais l'inédit est qu'ils sont le fruit d'erreurs innombrables multipliées par des fautes impardonnables produits de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de  psychopathes dévoyés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés. Que tout cela ait déjà existé ne console pas de devoir en être victimes car le temps a changé. Les bombes ne sont plus des gros pétards, elles sont atomiques. Et l’humanité, désormais massifiée, infiniment plus dangereuse ne sait plus ce qu'elle est et fait.

TENTATION

 La tentation ne travaille pas au même niveau que l'envie et le désir, ne pas y succomber est diablement plus difficile. L'adverbe est lâché, il s'est imposé, signant l'origine du premier mot de la phrase. Elle est un envoi luciférien, un message infernale , un ordre qui vient d'un dieu déchu mais au pouvoir intact, à l'activité incessante et qui règne sur la face obscure du monde. Comment des simples mortels comme vous, moi, pourrions-nous résister à un appel venu des enfers et qui joue sur notre faiblesse, nos vulnérabilités, nos espoirs, comment  ne pas capituler, obéir, céder? Diabolique de naissance, elle pousse au  crime, à l'infamie, à l'impensable, à commettre le péché de gourmandise qui ouvre la porte à la satisfaction tous les vices heureux d'être libérés de leurs entraves. On répond à l'appel de la forêt, du large, du danger, de l'inconnu, du mystère. Le désir, l'envie ne sont que de pâles copies, des ersatz, à la destination des âmes tièdes, des peureux, des velléitaires, de ceux qui salivent devant les messages de la publicité, veulent suivre des exemples minables, souffrent d'une jalousie maladive. Ils sont poussés, encouragés, dirigés par un ange gardien asexué, paresseux, fatigué de travailler depuis une éternité et qui ne croit plus à ce qu'il fait. 

LE POURQUOI DE DÉSESPOIR

Compte tenu du deuxième principe de la thermodynamique qui dit que l'entropie finit par dégrader tout système, j'en conclus qu'il est dans l'ordre des choses que l'espoir finisse par succomber et tombe dans le désespoir.

PS: vous me direz que l'espoir débouche parfois sur une concrétisation, une réalisation, un comblement, une apothéose, une épiphanie. Je n'en disconviens pas mais cela ne renverse pas la table et n'est que l'exception qui confirme la règle, une  loi non écrite.
La tendance à faire plus que le nécessaire fait courir le risque de dépasser ses limites dans l'espoir d'approcher la perfection. Certains, ne doutant pas d'eux-mêmes, tentent atteindre son comble. La quête est vaine puisqu'elle n'est pas de ce monde. Faire mieux que le bien est une prétention de la dimension d'une utopie. Voltaire a démontré qu'elle était illusoire et dangereuse. Montesquieu a renchéri en l'accusant, preuves à l'appui, qu'elle engendrait l'oppression. En se contentant du bien, déjà difficile à capter tant il est fuyant, on est dans la modération avec, à son centre, le juste milieu cher à Aristote. Ces parrains illustres vous auront convaincu, je l'espère, que le mieux est le poison du bien et que vous devez vous contenter de gagner des millions plutôt que de convoiter des milliards.
Sans envie, sans besoin, sans ambition, on peut vivre avec presque rien et être heureux mais avec beaucoup d'envies, des grands besoins et une folle ambition, presque tout est insuffisant et n'empêche pas d'être malheureux.

vendredi 13 février 2026

SOUVENIR SOUVENIRS

Alors que j'étais, hier matin, en train de m'échiner à curer un fossé pour que son eau puisse s'évacuer, je me suis demandé, soupçonneux et inquiet, si les souvenirs qui sont en train de s'installer dans ma mémoire, pour l'avenir, avaient la qualité de ceux qui viennent du passé lointain. Je me vois survolant le grand canyon du Colorado,  campant à Moorea sur le sable fin d'une plage déserte, bivouaquant au pied des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), dégustant un filet d'esturgeon au bord de la Caspienne, péchant la morue à Gaspé (Québec), assurant, interne,  une garde de nuit, à l'hôpital. Il y en a tant qui se bousculent, veulent revivre, me faire plaisir, que je n'ai que l'embarras. Ils sont un élixir de jeunesse qui rappelle que la vie a été belle, joyeuse, fructueuse, aventureuse et qu'il suffit de le vouloir pour y replonger, rajeunir et, même, mourir heureux.
Pour rendre heureux un malheureux, lui faire plaisir ne suffit pas, il faut lui apporter le bonheur.
Changer d'aspect est possible et aussi facile que de changer de chemise ou la déco de l'appartement, il suffit de changer de coiffure, la couleur des cheveux, de se faire refaire le nez, lifter, botoxer, implanter, dégrossir, grandir, rapetisser.  Mais changer de caractère, de tempérament, d'humeur, de thymie, de pensées, de philosophie, de croyance et devenir optimiste, positif, joyeux, généreux, courageux, sage, sceptique, stoïque, épicurien, tolérant reste impossible.

LES PARESSES

La paresse est parfois physique et pousse à ne pas se fatiguer et à faire travailler les autres, les regardant les bras croisés, allonger dans un transat. La seule idée de faire un devoir donne, pour certains, l'ordre d'aller se coucher. Le plus souvent elle est intellectuelle et paralyse la réflexion. empêche de chercher des solutions aux problèmes, de  poser des questions  pour ne pas se compliquer la vie avec les réponses. Mais autant il est facile de recruter un homme de peine et une femme de ménage sur le marché du travail, autant il est difficile de trouver un cerveau avec un esprit éclairé prêt à se faire embaucher. Ces paresseux sont contraints de se replier sur du prêt à penser dont vous connaissez la qualité. 

PS: de la même façon que l'inactivité conduit à l'amyotrophie, l'involution cérébrale par défaut de stimulation est rapide et serait une des causes des démences séniles et de plus en plus souvent des juvéniles.

ENTENDU AU TRIBUNAL DES AFFAIRES PEU COURANTES

Je m'excuse, je me pardonne, je m'exonère de mes erreurs, de mes bêtises, de mes insuffisances car, avec des circonstances dépénalisantes, des excuses recevables,  des reproches injustifiés, je suis blanc comme neige, victime innocente du sort cruel,  coupable idéal  d'un crime sans cadavre. Soyez juste généreux, courageux comme moi, pardonnez les offenses  que la société vous fait en vous mettant sur les bancs de l'infamie pour me forcer, le peu de temps qui me reste à souffrir,  à vivre en votre compagnie.

DE TOUT UN PEU DE PSYCHOLOGIE ÉLÉMENTAIRE

Les personnalités compliquées aiment se compliquer la vie non par masochisme primaire et souffrir  mais parce qu'elles n'aiment pas la facilité.
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C'est parce que je suis d'accord avec ce que je pense que je n'ai pas de conflit intérieur.
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Pour ne pas arriver en avance, je compte les heures à rebours. 

jeudi 12 février 2026

De la même façon qu'une mauvaise idée se remplace facilement par une bonne, il suffit d'y penser, une mauvaise habitude ne résiste pas à la prise d'une bonne. Il suffit de la trouver. 

Exemple: si, brusquement, vous avez envie d'en finir à la suite d'un trop plein de soucis en rapport avec votre faillite, votre divorce, votre cancer, le mauvais temps, la conjoncture et d'aller en Suisse pour une euthanasie douce, confortable, en musique, à un coût compatible avec ce qui vous reste de moyens, vous pourriez orienter votre état d'esprit dans une direction moins définitive et la remplacer par la décision positive, réjouissante, de celles qui mettent du baume au cœur et de la salive en bouche, de faire un bon gâteau, de lire un bon bouquin, de planter un bel arbre, de regarder un bon film, mais c'est vous qui voyez...

ÇA, C'EST BEN VRAI

Chacun estime le travail des autres à l'aune de son propre talent. C'est ainsi que l'analphabète illettré n'aucune considération pour l'écrivain, que le philosophe regarde de haut l'éboueur, que le consul honoraire ignore la caissière du supermarché, que le cuisinier étoilé a du dédain pour le vendeur de pizzas surgelées, que l'orateur se sent supérieur au camelot qui discourt pour vendre sa camelote etc.. Chacun a, pour sa chapelle, les yeux de Chimène...
La retraite est une porte de sortie de la vie active et d'entrée dans la contemplative.
Le militaire aime se réveiller au son martial du clairon, le pompier à la sonorité lugubre de la sirène, le curé à la voix grave du bourdon de la cathédrale, le musulman au chant religieux du muezzin, le pianiste au bruit  de la musique de  la lettre à Élise, Alfred de Vigny aimait l'être par le souffle du cor au fond des bois. Je ne les comprends pas car moi, je déteste le bruit qui m'empêche de continuer à rêver.
Il y en a qui on besoin de se parler pour savoir qu'ils existent et de se regarder dans une glace pour savoir à quoi ils ressemblent!!!