Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


dimanche 14 décembre 2025

L'HEURE DU COMPTABLE

 Quand on a fini de grandir, on prépare l'avenir, on construit, on s'enrichit. L'étal arrive puis la marée commence à baisser et l'on se met en retrait. On observe le temps passer sans rien faire d'autre  que de décliner jusqu'au moment de s'en aller.

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L'heure du bilan de fin d'année arrive. L'échéance est l'occasion d'un règlement des comptes où l'on soustrait le passif de l'actif. Le moment doit donc résoudre ce problème arithmétique. Un résultat positif remonte le moral. Négatif, il fortifie la dépression, active le pessimisme et fait voir la réalité en vrai. L'opération se renouvelle  chaque fin de décembre, c'est le cadeau du nouvel an que nous fait le père Noël.

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Au début, on grandit, on forcit, on grossit. On est inconscient, seulement content, optimiste puis on apprend, on comprend, on se calme, on se cultive. Vient le temps des  développements et l'on se crée un environnement avec une maison, un emploi, une famille, des soucis. Arrive la stagnation, puis la libération   avec l'observation  qui ne dure pas longtemps car la stagnation arrive au trot poursuivie par la résignation au galop. La fin approche heureusement  et nous fait disparaitre corps et âme, sous terre ou en fumée.

LE CONSEIL

Fuyez les gens qui vous veulent du mal (vous n'êtes pas maso), évitez ceux qui disent vous vouloir du bien (vous n'êtes pas naïf). Fréquentez les indifférents qui ne vous voient pas, ne vous regardent pas, ne vous écoutent pas, ne vous entendent pas, ne vous demandent rien et qui vous indiffèrent. 

LE TEMPS QUI PASSE

 On voit le temps passer en consultant sa montre, on le sent passer sur un lit d'hôpital, en humant le parfum d'une rose au jour J puis j+30, en étant tranquillement assis, devant la fenêtre, fébrilement quand on a la grippe, férocement sur un champ de bataille, paisiblement en dormant sans rêve ni cauchemar. Personnellement, je le passe en sirotant un verre de vieux cognac, assis, en rêvant à la sieste à venir, au livre qui m'attend, à la baignade de 15 minutes dans ma piscine à l'eau à 29,5 degrés en écoutant une mélopée tahitienne,  alors que la pluie tombe, que l'orage gronde, que le vent souffle et que certains sont en train de le perdre à faire je ne sais quoi!!!!

samedi 13 décembre 2025

L'ENNEMI INTÉRIEUR

La vie n'est pas un long fleuve tranquille ni une vallée de rires mais un champ de bataille. L'ennemi extérieur est visible, on peut l'éliminer avec du courage, du temps, de l'argent. L'ennemi intérieur est un adversaire beaucoup plus coriace. Il est incrusté dans les tréfonds de la conscience, dans une zone où, retranché, il est protégé par des couches de bons sentiments, camouflé sous de bonnes raisons. À l'abri, dans sa forteresse, il nous accable d'obsessions, d'hallucinations, de cauchemars, de dépression. Il lance des offensives de guerre psychologique  et force nos  armées à se détruire  par de l'auto-censure, de l'autodépréciation, des automutilations. Il induit des comportements suicidaires avec le gavage alimentaire, l'enfumage des poumons, les dopages. Sans pitié, sans merci, sans arrêt, sans besoin de bombe atomique, de drones kamikaze, obsessionnel, il nous mène au cimetière par le bout de notre nez.

SI C'ÉTAIT À REFAIRE

Si je pouvais fendre l'armure, m'extraire de la carapace, me métamorphoser, me transfigurer, renaître, j'échangerais volontiers le jeune homme que j'étais pour le vieillard que je suis et l'inconscience, la légèreté, la prétention, l'ignorance de mes vingt ans pour l'expérience, la sagesse, la raison, la logique, la lucidité d'un octogénaire.
Ce qui finit par rendre pénible l'amitié au fil des ans, c'est qu'il faut l'entretenir pour qu'elle ne s'étiole et ne disparaisse. Mais ce qui l'avait créée n'est qu'un souvenir lointain. Depuis, rien n'a été fait pour ressusciter les moments passés ensembles à jouer à la balle au prisonnier, plus de parties de billes ou de foot, de passages d'examens, d'heures conjointes sur le même banc. Les rencontres ne font que remettre en mémoire ces moments peu mémorables. Ils évoquent davantage l'ennui des cours de récréation, des cours d'histoire-géo interminables, les colles, les chahuts, les enseignants ignorants, méchants, ridicules. On joue à la comédie des bons souvenirs alors qu'ils sont  tous mauvais. On peut, un jour, décider de l'arrêter et se libérer de ce passé.
Comment ne pas attendre avec l'énergie de l'espoir, le moment magique où, libéré des entraves de l'habitude, délivré des chaînes sociales, on  réaliserait les rêves que l'imagination, la curiosité nous avaient inspiré. Ils auraient été possibles si on avait eu l'intelligence, le courage, la patience de gagner l'argent nécessaire. Il eut suffit de trouver entre le sommeil, les repas, le bricolage, le jardinage, le cinéma, la télé, les sorties, les voyages au café, à Super-U, aux dîners anniversaires du chihuahua de la voisine, le temps d'y travailler.

LE CONSEIL DE L'INVESTISSEUR DÉVOYÉ AVISÉ

Le temps passé à rêvasser sur des projets qui ne verront jamais le jour, sur des travaux qui ne commenceront pas occupent agréablement, sans fatigue, sans dépense, dispensé des risques d'accidents, d'échec, de faire des plans, des visites de chantier. Le rêve est un investissement sans pareil que je conseille aux pauvres, aux paresseux, à ceux qui ont peur de la bourse, de passer pour être riches (ils préfèrent la pitié que l'envie) et  sommeiller  que travailler.

ÉLOGE DE LA VIEILLESSE

On arrive à la fin fatigué, tassé, décrépi mais on bénéficie des privilèges de l'âge. Ils sont nombreux et l'on est plus sage, plus lucide, plus raisonnable, plus instruit, plus stoïque, sans illusions trompeuses, plein d'expériences fabuleuses, de rencontres fascinantes, de souvenirs exceptionnels. Ces richesses inaliénables, uniques, accumulées durant toute la vie ne peuvent être dégustées que si on les a vécues et, parce que l'on est vieux, on a eu le temps d'en profiter.

vendredi 12 décembre 2025

Certains trouvent, avec la maladie, un statut social, une raison d'exister, un moyen de "sous-vivre" aux crochets de la société et la considération de leur entourage.

SI

Si vous ne sauvez pas une mouche qui se débat dans une toile d'araignée, un papillon en train de se noyer dans un verre d'eau, ne remettez pas en terre un vers qui agonise sur la terrasse, n'arrosez pas une plante qui se dessèche, vous êtes de ceux qui ne voient pas la main qui se tend.

PHYSIOGNOMONIE PSYCHIQUE OU L'ANALYSE POSITIONNELLE

Les deux entités (corps et âme) qui se cachent sous notre nom ont des points communs. Ces similitudes méritent notre considération et quelques explications. Toutes les deux partagent cinq  positions qui sortent du même principe. Illustrons-le  en l'appuyant par l'existant.

La première est la plus fière : debout. Le corps est droit, la tête perché sur les deux pieds, regarde le monde, altière. C'est la position des esprits courageux, des vaillants, de ceux qui ne cachent pas pour mourir. 

La deuxième est la couchée. Elle est celle du repos bien gagné du guerrier, de l'ouvrier, du paysan, immérité du noceur, du farceur, du voleur,  mais aussi la position du vaincu, de celui qui abdique, renonce sans combattre et implore, gémit, supplie. 

La troisième est l'assise sur une chaise, dans un fauteuil. On y est tranquille, immobile, éveillé, dans l'attente d'un appel, d'un évènement d'un spectacle. Elle est contemplative, passive.

La quatrième est courbée et ira d'un extrême à l'autre. À peine ébauchée, elle marque un assentiment ou une plus grande attention. Accentuée, elle est un signe de respect ou de contrition  chez le japonais traditionnaliste par patriotisme chevillé. Accompagnée d'un claquement des talons, d'une rigidité verticale du tronc et du bassin, elle était pour le militaire teuton un signe de reconnaissance du prestige des gallons, une façon de se présenter ou de dire au revoir. Chez certaines cultures, la courbure va jusqu'à l'aplatissement, on est dans le respect absolu ou l'anéantissement total dû à une peur viscérale.

Le langage de 1 ou 2 genoux à terre est complexe et dépend du contexte. On peut être en prière  pour quémander un subside, une prébende, une promotion, le pardon d'une offense ou simplement pour frotter le parquet, passer une serpillère, poser un carreau. Dans tous les cas, pitié pour les rotules, protégez les de l'hygroma, cette bursite qui déforme hideusement le genou. Mettez des genouillères que vous soyez un trappiste ou une carmélite, un carreleur, un cireur de parquet ou de bottes.

Donc, 5 façons d'être au monde  de s'y comporter, de montrer comment on en dispose et de tout savoir simplement en regardant la position favorite. Je l'appelle l'analyse positionnelle. 

jeudi 11 décembre 2025

UCHRONIE

La supériorité des enfants d'aujourd'hui sur ceux d'hier et qui fait la fierté des néo-parents n'est pas dû à leur taille plus grande et leur poids plus élevé, mais à leur agilité à manipuler les touches du clavier de l'ordinateur et du smartphone, leur maîtrise des techniques informatiques, leur connaissance de la linguistique numérique,  leur parfaite inclusion dans le système connecté à la super IA  de dernière génération. Cela a été rendu possible par des gains de productivité dus à  l'abandon de connaissances inutiles en histoire-géo-arithmétique - algèbre - géométrie plane et spatiale-physique-chimie-grammaire-orthographe. ChatGPT pourvoit allègrement aux manques des cancres et fait de chacun d'eux un équivalent supérieur aux anciens agrégés académiciens honoris causa de toutes les universités.

Cette montée en qualité intellectuelle de la génération encore en culottes courtes inquiète les élites  en place. Elles sentent que la plaque tectonique sur laquelle leurs privilèges inamovibles étaient assis depuis Vercingétorix est en train de trembler et que  leurs arrières ne sont plus assurés. Leur panique ferait plaisir si elle n'était pas contagieuse. Qui avertira ces délicieux et innocents bambins qu'ils feront partie de la fournée suivante?

ENFIN SAGE

J'ai enfin réussi à cesser de me poser des questions sans réponse, de créer des problèmes sans solution, de lever des mystères,  de découvrir l'inconnu. C'est fatigant, décevant, inutile. On obtient beaucoup plus de satisfaction à  rester les bras ballants, les yeux dans le vague, la lippe pendante, à regarder dans le vide, à écouter le silence et à digérer en paix.   

PARADOXAL MAIS LUCIDE, LE CYNIQUE

Décevoir est moins pénible qu'être déçu. Recevoir est moins gratifiant que donner et le cynique qui était arrivé les mains vides déclare" Ne me remerciez pas pour le beau cadeau que je vous fais en partant."

DE TOUT UN PEU

Réfléchir une minute est pour certains aussi difficile que retenir son souffle pendant 60 secondes.
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J'aime rafraichir ma mémoire en me rappelant des souvenirs de ma sage jeunesse. Ces instants me font oublier, un moment, le temps de ma folle vieillesse. 
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Parfois, je me couche tard, me lève tôt et  dans le petit intervalle, je dors, dans le grand, je veille. D'autres fois, je me couche tôt et me lève tard, dans le grand intervalle, je rêve et dans le petit, je m'agite et agis.

mercredi 10 décembre 2025

VOTRE TUTO ATTENDU

Comme promis hier, je fais un spécial vœux pour venir en aide à ceux qui ne suivent pas un vieux conseil (voir post du 21 décembre 2013 "HALTE AUX VŒUX"). Ils persévèrent dans une vieille habitude par fidélité à la coutume héritée d'un temps que je préfère ne pas avoir habité. Vous envoyez donc à la cantonade des cartes pleines de banalités, de tirades téléguidées, de souhaits ampoulés et de manifestations d'amour et d'amitié éternelle qu'on préfère lire sans réfléchir pour ne pas pleurer devant tant d'hypocrisie. Pour vous éviter ce genre de procès d'intention  et maintenir le haut degré d'excellence de vos rapports sociaux, moi, fidèle à ma vocation de bienfaiteur de mes lecteurs mêmes infidèles, je vous donne  le moyen de relever le niveau de la qualité de vos expéditions littéraires avant le nouvel An afin de ne pas désespérer votre correspondant avec la sempiternelle formule : "Tous nos vœux de bonheur et de prospérité pour vous et les vôtres et surtout la santé". Abandonnez ce genre d'automatisme et personnifiez votre envoi pour signifier que vous n'obéissez pas à un ordre dicté par le calendrier mais à une sincérité qui traduit un sentiment véritable. Ayez aussi la décence de ne pas parier sur un avenir que vous ignorez, ne jouez pas au pythoniste qui lit dans le marc de café et ne cherchez pas à briller plus qu'à votre habitude, contentez vous de le lisser dans le sens du poil, cela fait toujours plaisir et coûte rien. Exemples:

- à un plombier-électricien (ils ont tous maintenant la double casquette -comme les chirurgiens-dentistes- et il est bon d'en avoir un qui vous a à la bonne - car une fuite d'eau et une panne d'électricités sont des  urgences absolues au même titre qu'une crise de goutte), vous lui écrirez: "cher monsieur, tous vos joins et vos fusibles font admirablement leur job et donnent entière satisfaction, la famille est heureuse grâce à votre excellent travail et nous sommes fiers de compter parmi vos clients."

- à votre pâtissier préféré dont vous adorez les choux à la crème, le Paris-Brest et le mille-feuille renversé, vous ferez cette déclaration d'amour: Cher bienfaiteur de l'humanité qui faites le plus bon métier du monde en comblant les palais, en clôturant le plus banal des repas par un feu d'artifice, gloire et prospérité...". 

- à un médecin, un pompier, un secouriste, un agent de police ou de sécurité, "Vous qui sauvez les vies au péril de la vôtre, de votre santé, de votre tranquillité, de votre sécurité (à choisir selon la dangerosité du métier)  nos remerciements et notre admiration." 

- à une relation épisodique mais utile qui a un métier ingrat, mal payé, indispensable, fatigant: votre éboueur, l'employé de la déchèterie, le récupérateur de métaux, le vidangeur de la fosse septique, le fossoyeur,  vous accompagnerez les étrennes par un petit mot  comme celui-ci: "tous nos remerciements pour votre magnifique travail au service de la communauté. Sans vous, elle serait submergée par la saleté, les immondices, les déchets et on serait au moyen-âge. Vous faites partie de l'élite de la nation et si cela ne tenait qu'à moi, vous seriez les premiers à défiler sur les Champs Elysées, le 14 juillet".

- à un ami, un cousin, une relation , aux gens pour lesquels vous éprouvez 
une affection relative, mesurée, occasionnelle, soyez expansif sans l'être trop, gardez une distance de sécurité sans rompre l'amarre avec une missive dans ce genre: "encore une année  qui n'a pas eu nos deux peaux. Notre résistance aux intempéries du temps n'a pas atteint ses limites. On appartient à la race des coriaces. La nouvelle année ne sera mauvaise  que  pour ceux qui ne sont pas , comme toi-vous- habitué à gagner." 

Ce ne sont que des modèles à adapter, mais qui peuvent vous faire gagner du temps. Je vous remercie aussi de m'avoir donner cette occasion de rigoler en imaginant le genre de bafouille que je pourrais envoyer si j'en avais l'envie.

L'ADMONESTATION

Arrêtons de vouloir changer un comportement. Il est l'expression visible de la personnalité. Son tort impardonnable est d'être différent du nôtre, du vôtre, de ne pas avoir nos qualités: sagesse,  intelligence,  sens du bon, du beau, du bien et il est normal, pense-t-on, de vouloir le changer. Mais c'est prétendre détruire une personnalité pour la remplacer par une autre plus conforme. Cela s'appelle un lavage de cerveau. La prétention dépasse de beaucoup les possibilités de quiconque ne dispose  pas des moyens physico-chimiques de la CIA ou de l'ex-KGB. C'est aussi se moquer de l'intégrité, spirituelle, corporelle, gestuelle de ce pauvre ère que l'on veut rendre à notre image, nous les parangons de la stupidité, de la  prétention, de l'hypocrisie et de l'égoïsme. En conclusion, plutôt que de vouloir transformer un prochain, essayons de nous prendre pour ce que nous sommes VRAIMENT.

VICE ET VERTU

Certaines personnes dégagent une chaleur humaine qui réchauffe le cœur. Elles sont un foyer autour duquel on aime se regrouper. D'autres font froid dans le dos. Elles créent un sentiment d'effroi par leur comportement, leurs déclarations, leurs imprécations. Tout en eux fait peur, donne envie de fuir. Leur présence est nauséabonde. Certains sont entrés dans l'histoire pour le grand malheur de leur peuple et celui des pays voisins. Mais, dans la  vie qui se passe en dehors de la grande, ceux qui auraient mérité d'être tués dans l'œuf, sont les faux gentils qui, sous des dehors amènes, sont remplis de fiel, de colère, d'ambition démesurée, de désirs pervers. Ces bipolaires qui allient la chaleur humaine à une vilénie intérieure font des notaires véreux respectés, des médecins assassins honorés, des policiers ripoux récompensés, des politiciens corrompus réélus, des soldats traîtres à la patrie décorés, des curés pervertis promus cardinaux, des mères abusives félicitées, des pères indignes admirés car, dans le bas aussi bien que dans le grand monde, le vice, nous a appris le divin marquis, prospère aux dépens de la vertu qui est punie.

mardi 9 décembre 2025

UNE QUESTION PRIMORDIALE

Si notre esprit se rappelait où il était avant son arrivée à la maternité, je me demande si, après la mort, il aurait envie d'y retourner?