Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


jeudi 25 juin 2026

LES PRINCIPES PRIMORDIAUX ET CELUI DE LA RÉALITÉ

Les principes sont des idéaux placés si hauts qu'ils deviennent inaccessibles. Faute de pouvoir les saisir, les faire vivre, on les regarde de loin, de notre bas.  On les met  à notre niveau en conservant la forme et en adaptant le fond à ce que nous sommes : menteurs, hyppocrites, tricheurs, falsificateurs. Aucun n'échappe au traitement assassin qui va le transformer en son contraire. La trahison n'en a épargné aucun. 

L'emblématique est celui qui a proclamé la liberté, l'égalité, la fratenité entre les citoyens de la République. Ses turiféraires se sont empressés de répandre la terreur et de décapiter tous ceux qui, quoique de la même église, n'était pas de la même chapelle.

La sainte église, l'unique, l'universelle, la préférée de Dieu qui a fait des dix commandements, du sermon sur la montagne, de la simplicité, de la pauvreté, de l'amour du prochain ses principes de base et son fond de commerce n' a eu de cesse de les trahir, en s'alliant à César, à étaler la pompe pontificale, à se faire appeler monseigneur, se couvrir de soie et d'or, à vivre dans des palais épiscopaux, à établir un empire théocratique, à faire la guerre, à inventer l'enfer, à exterminer les infidèles, à instaurer l'inquisition, à ne plus savoir quoi faire pour trahir son message et à prétendre le contraire.

Tous les principes subissent ce pauvre sort: le communisme et son paradis sur terre avec la disparition de l'exploitation des masses laborieuses, des classes sociales et, au final, une nomenklatura, le goulag, la pauvreté. Celui de précaution, de la séparation des pouvoirs, de l'abolition de l'esclavage, de la défense de la veuve et de l'orphelin, des espèces menacées, de la parité, de l'indépendance des États, de la lutte contre le crime organisé, tous sont bafoués, détournés, dévitalisés, méprisés par ceux qui s'en disent les gardiens. 

Les principes ont le soleil comme modèle. Ils brillent, resplendissent. Comme lui, ils sont imposants, formidables, admirables vus de loin. Plus on les approche, plus les difficultés s'épaississent. Ce ne sont pas les radiations, la chaleur, mais les contraintes, la pesanteur de la socièté, les intérêts opposés, les habitudes, la réalité, le manque de volonté. Au final, les principes sont de belles valeurs utopiques qui font plaisir à célébrer mais dont l'usage est si problèmatique que l'on est obligé de les graver dans le marbre pour s'en souvenir.

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