Ce texte est un pamphlet. Il ne vise ni des individus ni un peuple, mais un système politique, économique et culturel devenu hégémonique. Je ne cherche pas à convaincre mais à éclairer le refus d'une adhésion à un discours construit par des intérêts qui ne sont pas les miens.
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La nation américaine restera dans l'histoire de l'humanité comme l'une des plus redoutables. Elle aura réussi à transformer ses vices en vertus au point de les ériger en principes fondateurs.
La cupidité est le moteur de la matrice américaine. Elle rend, en son nom, un culte à sa monnaie et a mis le dollar sous la protection de Dieu. Il est l'étalon et la mesure de tout. En avoir, le montrer, s'en glorifier est un devoir, une preuve de valeur, rend respectable et admirable le plus grand des salauds.
L'hypocrisie en est la méthode. Elle lui fait se revêtir des habits nécessaires pour tromper les autres qui sont tous des adversaires à exploiter, à spolier, à dépouiller. Le système se drape dans la bannière de la philanthropie, auréole ses dents blanches de sourires, multiplie les démonstrations d'une amitié qui dure le temps de son service. Les américains savent se faire passer pour le contraire de ce qu'ils sont.
Son instrument le plus abouti est la fabrique de rêves hollywoodienne. Les rôles sont inversés: méchants, ils se font passer pour gentils. Ils arrivent les mains pleines de cadeaux après avoir détruit tous ce qui aurait permis de s'en passer. La France, l'Europe a bénéficié de leur générosité avec le plan Marshall, après la guerre. Il a servi à reconstruire les villes, les usines et les infrastructures que leurs bombardements massifs, aveugles avaient détruits avec ceux qui y vivaient, sans aucune utilité, les nazis ayant déjà perdu la guerre, par l'Est. En un an, les pertes civiles furent d'une ampleur sans commune mesure avec celles subies durant les années d'occupation.
L'orgueil lui fait dépasser la mesure. Il oblige à devenir plus gros, plus grand, plus riche. Cette démesure condamne le système. Il ne peut rien contre l'intelligence stratégique, la patience historique, la solidarité, l'unité du vieux peuple chinois qui a compris qu'on pouvait asservir en rendant service.
La jalousie est le péché caché de l'hégémonie. Elle devrait être incompatible avec l'orgueil qui fait se croire supérieur mais elle est tapie, vigilante et malheur à la concurrence qui voudrait émerger, au courageux qui veut croire à son indépendance, à l'imprudent qui conteste une décision. Alors sort le gros bâton: démonstrations navales, représailles économiques, sanctions, exclusions.
Il faudrait parler de la gloutonnerie et de l'intempérance - fruits dévoyés d'une gourmandise incontrôlée pour le sucré, le gras, le salé -, de la luxure qui cohabite avec la pudibonderie qui elle-même dérive de l'hypocrisie. Mais je fatigue et il faut traiter un chapitre encore plus pénible.
Ce nouvel empire du mal a éliminé les autres (l'hitlérien puis le stalinien) et a pris la place. Il s'y maintient par la force du dollar et des armes. La gestation avait donné des indications avec un ôte-toi de là que je m'y mette qui dépassait de loin la coutume coloniale traditionnelle qui laissait en place la population indigène et ne la passait pas au tranchant de la baïonnette, ne la déportait pas, ne l'éliminait pas. Le cow-boy avait une autre philosophie plus brutale avec la loi du plus fort comme principe de base.
Si on veut être gentil, on dit qu'elle avait mis cette politique en veilleuse depuis longtemps et, en action, depuis toujours si on veut être objectif. Elle parade aujourd'hui dans toute son horreur. Son besoin de dominer, de décider, d'imposer sa loi, ses entreprises, de défendre ses intérêts, conquérir des marchés, des ressources, d'accroître ses richesses la fait envahir des pays, les paralyser en imposant l'embargo pour soumettre les récalcitrants par la faim, les empêcher de se soigner, de voyager, de commercer en les excluant du commerce mondial, en niant leur existence comme ils ont fait avec les indiens. En maître-ès art, elle terrorise ceux qu'elle qualifie de terroristes, les met au ban de l'humanité, leur interdit de vivre.
La société américaine est une arène et malheur aux faibles. Notre problème est qu'elle a fait de ses valeurs une arme d'intrusion massive, un bon produit d'exportation avec la complicité de serviteurs zélés, d'esclaves soumis, de courtisans obséquieux et de tous ceux qui se sentent une âme d'Américain.
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