Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


samedi 23 mai 2026

DE TOUT UN PEU

 Je me demande, si on n'avait pas les pieds sur terre, où serait la tête?

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 Le charme de l'inconscience est sa discrétion,  son silence, sa patience. Ah, si la conscience pouvait être comme elle? 

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Les critiques  que l'on se fait in petto sont moins blessantes que celles que l'on nous fait ex abrupto.

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L'homme des cavernes était un cavernicole.


 La chaîne de commandement dans la société française est ainsi faite que ce sont les moins expérimentés, les plus dénués de sens pratique, les plus imbus de leur personne, les plus sots, qui décident, ordonnent et gouvernent les plus expérimentés, les plus actifs, les plus courageux, les plus productifs. Ces derniers sont trop occupés à bien faire  pour prendre la place des incapables qui ne savent que légiférer, pinailler, compliquer, normaliser, réglementer et emmerder ceux qu'ils jalousent d'être meilleurs, plus efficaces, plus intelligents et surtout plus riches en valeurs sonnantes et morales.

Pour briser cette chaîne, il suffit d'opérer un transfert et mettre les fonctionnaires à la place qui leur revient, c'est à dire au service de ceux qui les paient. 

 Pour échapper aux bras paralysant de Morphée, m'extirper du fauteuil, vaincre la pesanteur, ma paresse, triompher de ma fatigue et courir  au potager, je dois me lever, dénicher  un râteau, trouver la sarclette, m'atteler à la brouette et aller m'échiner, courbé, à la chasse au  chiendent, liseron, chardons et pissenlits qui terrorisent mes plates-bandes, étouffent mes jeunes pousses, en veulent à mes patates, à mes courgettes  et à mes pauvres salades qui  se battent, en plus, contre les limaces.  

La lutte est inégale, elles sont jeunes, vigoureuses avec des racines  profondes, fécondes. Je suis flapi, mais je combats pour le geste, l'honneur, la défense des faibles, je suis un grognard de la vieille garde qui ne se rend pas. Je  reviendrai demain, après demain , encore et encore, jusqu'à la fin de mes temps ou, à tout le moins, au début de l'automne.  

 Au moyen âge, les gibiers de potence finissaient dans un charnier  et étaient dépecés par les vautours, les corbeaux, les rats après avoir été déshabillés par les détrousseurs de cadavres et tous ceux qui avaient besoin d'un os à ronger.

vendredi 22 mai 2026

MON PROCÈS EN PREMIÈRE INSTANCE

Contrairement au cynique qui est content de lui, je suis sévère envers moi-même et ai demandé à un juge intègre d'examiner ma plainte. Après une solide instruction, l'audition des témoins à charge et à décharge, l'avis d'experts qualifiés, il a statué en son âme et conscience et décidé de ne pas donner suite à ma plainte. Il m'a condamné à la liberté totale, levé mes doutes, démoli mon argumentation pourtant bien étayée, m'a attribué des dommages et intérêts que je n'avais pas réclamés, félicité pour mon humilité, grondé pour m'être déprécié. Il a été jusqu'à remplir de commentaires flatteurs mon casier judiciaire au point de faire rougir ma carnation de vierge (je suis né en août). Coup de Jarnac pour les contempteurs qui s'étaient manifestés, il les a condamnés à me demander pardon, à m'envoyer des fleurs à chaque anniversaire avec une boîte de un kilogramme de la Maison du Chocolat.

À BON ET MAUVAIS ENTENDEUR, SALUT

Les malentendus finissent par provoquer le désordre qui crée un climat détestable dans les relations. Ils sévissent partout. Les bien-entendus ne jouissent pas du même privilège. La  faute en est peut-être à son nom composé avec le participe passé d'attendre en seconde position. Ce temps est le décrié des temps conjugaux. Sa place subalterne le désert, explique qu'il soit peu utilisé et que les gens s'entendent si mal.
Je remets à demain ce que je devais faire aujourd'hui, non par une volonté procrastinatrice mais simplement parce que je fais présentement ce que je n'ai pas eu le temps de faire hier.

jeudi 21 mai 2026

DE TOUT UN PEU

Après une étude comparative approfondie, j'ai conclu que tous les dieux se valaient et qu'aucun n'était fiable.
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Si on avait conscience du bien que l'on se fait en ne se faisant pas de mal, on serait en meilleur santé physique et morale.
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L'avenir de l'homme n'est pas la femme et celle de la femme n'est pas l'homme mais un robot qui n'aura aucun de leurs défauts.
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Planer au-dessus des lois est l'apanage des personnes qui ont le pouvoir politique, économique, financier. Ils sont hors la loi et la font.
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Le silencieux se tait pour entendre sa voix intérieure qui est loquace et le bavard parle pour écouter  ce que sa langue a à dire.
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Les serviteurs du duc et de la duchesse nettoient les immondices de leurs grandeurs et en connaissent la petitesse.

LES QUATRE VÉRITÉS

Si quelqu'un vous dit vous dit, sous le coup de la colère, qu'il va vous dire vos quatre vérités, asseyez-vous, il cherche le K.O. Il poursuivra, avec rage:

- première vérité : "vous êtes un horrible individu, tout le monde le pense, le dit,"

- deuxième vérité: "si vos parents avaient su ce que vous seriez, ils auraient préféré vous faire disparaître au stade  fœtal, ils me l'ont dit!"

- troisième vérité: "vos semblables et vous dévaluez le genre et l'espèce humaines"

- quatrième vérité: "je sais de que vous êtes content de cet acte d'accusation car, pour vous, les vices sont des vertus, dégoûtant personnage !!!."

mercredi 20 mai 2026

Une voix s'écoute difficilement quand on est sourd, qu'elle est cassée, enrouée, caverneuse, éraillée ou dit des choses pénibles à entendre.

L'AUTO-MENSONGE

Se mentir à soi-même est le moyen efficace que notre nature bienveillante a trouvé pour que l'on puisse se supporter. Elle nous prescrit cet auto-traitement dès que nous prenons, à l'âge de raison, conscience de nos faiblesses, insuffisances et mauvaises habitudes. 

Attention cependant, comme tous les médicaments actifs, l'abus est dangereux, le surdosage est à éviter. Il faut que le mensonge ne soit pas trop gros car le remède devient pire que le mal et provoque un choc qui révèle la noirceur de notre âme, l'absence de sagesse, le manque de volonté. Il peut conduire à la névrose, à la psychose, à des postes de responsabilité qui mettent en danger la société. 

Donc, mentons-nous avec mesure, prudence. Et exerçons nos talents de menteurs constitutionnels pour déceler les mensonges des autres, tous des hypocrites qui abusent de notre crédulité, de notre bonne foi, de notre passion de la vérité pour nous escroquer, nous voler, nous tromper, nous trahir.                                                                    
Penser aux autres plutôt qu'à soi permet de se dégager  élégamment de toute responsabilité et de faire semblant d'ignorer ses vices et défauts. On s'aperçoit aujourd'hui que cette occupation  jadis réputée noble est le moyen qu'ont des grands profiteurs de la crédulité, des pilleurs de fonds publics, des prévaricateurs professionnels, des protecteurs de l'enfance pour commettre leurs crimes et délits. Sous le couvert du dévouement, de la philanthropie, de désintéressement, de la charité chrétienne, ces porteurs d'auréoles multiplient les victimes, en toute impunité, pendant longtemps, dans l'admiration générale. 

mardi 19 mai 2026

RÉHABILITATION

La douleur est une alarme qui se déclenche pour avertir que quelque chose ne va pas dans notre milieu intérieur: une artère est en train de se boucher, l'intestin ou l'estomac se perfore, un testicule se tort, un os est cassé, la dent a un abcès etc.. En récompense, elle reçoit une condamnation à mort. Elle doit disparaitre, on n'en veut plus, même pas un merci et elle est assommée, décapitée, étranglée à coup de doliprane, de palfium, de morphine. Ce témoin bienveillant est traité comme un ennemi. Il ne bénéficie pas de la reconnaissance du ventre, du cœur, de la jambe, de la dent alors que la douleur aussitôt qu'elle sonne permet de déboucher la coronaire, de boucher le trou, de réduire la fracture, d'aller chez le dentiste avant que des complications n'adviennent. Sans elle, combien de morts?
On se rappelle avec plaisir les victoires et on les célèbre, les succès et on les fête. On essaie d'oublier les défaites, les échecs. Les bons souvenirs rendent heureux, les mauvais tristes. La mémoire a le pouvoir de ressusciter le passé qui mit au présent nous fait revivre le pire ou le meilleur pour notre bonheur ou notre malheur.
L'IA générale donnera au robot une mémoire encyclopédique mais sera-t-il comme ma voiture qui, sur la route, ne sait pas qu'elle roule ou aura t-il des souvenirs?

lundi 18 mai 2026

Ce sont le besoin, le devoir, la curiosité qui obligent à faire ce à quoi on remplit nos nuits et nos journées: manger, boire, dormir, travailler, se reposer, s'amuser.  On n'a pas le choix. Tout nous est imposé. Finalement, c'est tout ce que l'on ne fait pas qui mériterait de l'être car ce virtuel est pur, innocent et à la beauté absolue des choses irréelles.


CORPS ET ESPRIT

Améliorer ses performances physiques donne de grandes satisfactions émotionnelles et intellectuelles. Elle font de nous un Pygmalion voué à un élève studieux, discipliné, respectueux, talentueux et nous en sortons avec une estime grandie. Ce sentiment gratifiant se provoque facilement avec un entrainement régulier, obstiné, prolongé. Une pratique assidue suffit pour l'obtenir et, chaque jour, passer du temps à soulever des poids au développé-couché, à faire des gammes au piano, à tirer des flèches avec un arc, à monter à cheval, à courir, transforme le corp, permet de jouer la lettre à Élise, de devenir un centaure, de courir un marathon, de ne plus se reconnaitre.

Mais si notre corps réagit aussi bien aux efforts que nous lui demandons, l'esprit est moins complaisante. Il n'est pas notre complice quand nous lui demandons d'améliorer ses performances. Je me suis usé les yeux sur des ouvrages de mathématiques et les élucubrations d'un Poincaré me sont toujours aussi mystérieuses. Mes tentatives pour améliorer ma mémoire se heurtent toujours à son absence. J'ai remarqué aussi que mes gribouillis n'arrivent jamais à faire le portrait d'un modèle, que j'ai beau me promettre de manger moins de sucre, de chocolat, gâteaux, de boire du champagne , je retombe dans ce vice chéri  malgré la peur du diabète, de la cirrhose, du cancer, du cholestérol.

Pourquoi est-il si facile au corps de bien se comporter, d'obéir aux injonctions du cerveau et devenir un bodybuilder, un pianiste, un champion, un cavalier, un marathonien et  lui est-il si difficile  d'imposer au cerveau une discipline qui le rende apte à apprendre, à comprendre, à retenir, à se commander, à ne plus nous faire honte???

OMBRE

L'ombre est fidèle, furtive, plate, silencieuse, insaisissable. fluctuante. Plate, elle épouse la forme du sol et  craint la lumière, s'en cache derrière ou devant notre silhouette. Timide, elle ne retrouve son courage que la nuit, quand l'obscurité atteint le noir total. Elle quitte alors nos pieds, se libère, se redresse et court chez ses sœurs, dans les cimetières, batifoler dans le ciel. 

dimanche 17 mai 2026

LE TEMPS

Le temps ne se contente pas de passer, il cache le destin, la chance, le hasard. Capricieux, il contamine tout ce qu'il touche. Ceci explique que le passé ait été chaotique, que le présent nous désespère et que le futur se présente mal.
Il faut, au pêcheur,  la patience du brochet à l'affût du goujon pour le pêcher et, pour le finir avec une sauce au beurre blanc, ne pas avoir peur des arêtes.

DE TOUT UN PEU

La valeur des gens se révèle plus à l'usure qu'à l'usage.
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Ce n'est pas à quelqu'un qui met la maison en danger qu'il faut demander de sauver les meubles.
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Il faudrait demander aux gens antipathiques s'ils ont du mal à éprouver de la sympathie.

samedi 16 mai 2026

SIC TRANSIT GLORIA MUNDI

Les gens privilégiés qui perdent leurs privilèges deviennent subitement ordinaires. Cela doit faire tout drôle au maréchal de se retrouver simple soldat, au président-directeur-général d'être rétrogradé au service du courrier, au ministre de l'intérieur de se reconvertir en gardien de prison à Fleury-Mérogis. 
Prendre la vie à bras le corps n'est pas facile, il faut de la détermination, du courage, de la volonté, c'est fatigant, souvent frustrant car le résultat n'est pas toujours à la mesure de l'effort. Ma technique est moins exigeante. Elle donne un autre genre de satisfactions dont se satisfont les âmes simples sans l'ambition d'étonner la galerie. Je vous la décris: avec votre main droite, vous empoignez votre coude gauche, avec la gauche, vous faites la même chose avec le coude droit. Les bras deviennent croisés sur la poitrine. Vous les appuyez sur la cage thoracique. Cette étreinte vous met en communion avec votre moi charnel. Cette sensation doit fusionner avec un sentiment d'appartenance, 30 secondes suffisent. Pour vibrer au rythme de ce duo, mettez  la pulpe de chaque pouce sur l'artère humérale qui est dans le pli du coude. Leurs pulsations 0 la cadence des battement du cœur nous font plonger dans le fleuve sanguin dont le courant nous tient en vie.

UN AVIS QUE JE PARTAGE

Si notre conscience qui analyse ce qui nous arrive était plus perspicace, les pensées qui résultent des réflexions suscitées par nos idées donneraient à notre vie spirituelle une qualité qu'elle n'a pas. Elle nous sortirait du cercle vicieux où nos ruminations nous retiennent prisonniers et l'on pourrait répondre aux questions auxquelles les philosophes n'apportent pas de réponses: qui suis-je, où vais-je ?

vendredi 15 mai 2026

"J'ai un voisinage toxique que je devrais dénoncer à la maréchaussée car  "leur si"  mettra le monde à feu et à sang dès qu'ils le supprimeront. Que dois-je faire, docteur?", me demande cet autre voisin angoissé.
"Si je n'avais pas les deux mains occupées à me retenir pour ne pas sauter le pas, elles seraient employées à appuyer sur la gâchette, à dégoupiller la grenade, à presser le bouton rouge et à envoyer au diable les zozos, à éliminer la pagaille et à en finir avec la chienlit", me confie, sous le sceau du secret, mon voisin, un atrabilaire irresponsable qui sait heureusement se contenir.
"Si j'avais le temps, l'argent, les forces, je ferais ce que ceux qui ont le temps devant eux, de l'argent plein les poches et la force de la nature devraient faire s'ils étaient capables de voir, d'entendre et de comprendre", radote un autre voisin complètement sénile qui ne sait plus ce qu'il dit.
"Si je ne partageais pas votre sens de la mesure, votre amour de la paix, votre goût pour l'ataraxie, nous serions en train de faire la révolution et d'aggraver les choses." me susurre le même avec une mine de conspirateur tout en fourbissant ses armes.

jeudi 14 mai 2026

On voit de plus en plus de gens qui transforment leur visage à coups d'injections diverses avec un résultat parfois effroyable. Ils font doublement pitié car, ils deviennent une caricature d'eux-mêmes et confessent publiquement la médiocrité de leur vie intérieure, le niveau de leurs préoccupations, la qualité de leur sens du beau, du bon, du bien, eux qui se retrouvent laids, font un mauvais choix qui fait du mal à leur face. L'aveu est criant, rend triste car le grotesque ne fait pas rire.

Changer d'opinion, reconnaître une erreur, modifier un comportement est comme demander à un droitier de devenir gaucher. 

On se permet beaucoup en mangeant et buvant trop, en disant et faisant bêtises sur idioties mais si, en plus, on faisait ce qu'on s'interdit, je pense qu'on dépasserait les bornes.

mercredi 13 mai 2026

ET BÉ !!!!!

Une preuve de plus que l'homme et la femme, son alter ego terrifiant, appartiennent à la pire des espèces animales, de celles qui devraient être mises au banc de la nature comme le bacille de Koch, le virus du Sida et le  staphylocoque doré, tous des exemples ratés de l'évolution, est que, fuyant la douleur, ne supportant pas la souffrance, se gavant d'aspirine, de doliprane, d'opioïdes,  prenant de la morphine à la moindre colique néphrétique, ils font le mal comme ils respirent et n'épargnent rien ni personne: ils abattent les arbres, mettent le feu aux forêts, polluent l'eau, l'air, tuent les animaux par millions, milliards, font la guerre en permanence pour un bout de terre, une menace supposée, un coup d'éventail, pour l'argent, la domination, le plaisir, l'ennui, par bêtise.
Peu regardant, je prends le temps comme il vient, bon ou mauvais. Même mort, je fais avec. Ce n'est qu'une fois qu'il est passé et que je me regarde dans une glace que je me dis que je devrais être plus attentif et prendre garde.

UN CONSTAT ET DEUX QUESTIONS

Quoi de plus agréable que de vivre en paix avec soi-même, d'être content de ce que l'on fait, de se satisfaire d'être comme on est, de ne se battre contre personne, de constater et de s'en contenter, d'atteindre l'eudémonie ou, au moins, l'ataraxie. Comment font-ils, dans quel état sont-ils ces gens qui déclarent des guerres, font mourir par milliers, blessent les corps, les âmes, l'esprit en éructant la haine, en prêchant des faux espoirs, en passant leur temps à mentir, à tricher, à tromper?

mardi 12 mai 2026

LA SYMÉTRIE DE L'ASYMÉTRIE

L'Inde, le pays le plus peuplé du monde et les USA, le plus riche diffèrent en tout et ont un point commun : leur communauté est  divisée en castes.

En Inde, le phénomène daterait de trois millénaires. Les raisons en sont politiques, économiques, culturelles et la religion, comme toujours, s'est mise à son service. De haut en bas on a les prêtres, les guerriers, les marchands et les agriculteurs, les serviteurs et les artisans. Hors classe, il y a les intouchables qui s'occupent du nettoyage, des déchets, des cadavres, du cuir. Conçu pour imposer le pouvoir des conquérants, éviter les mélanges, stabiliser la société, le système a perduré et encore aujourd'hui, malgré la modernité, imprègne l'âme indienne et les comportements. Dès la naissance, on est d'une caste et l'avenir est tracé: métier, mariage, place, relations. Un fils de brahmane n'épousera pas une fille d'intouchable, il ne la voit pas, ne veut pas croiser son ombre. Deux conséquences: les centaines de millions d'indiens vivant dans la pauvreté absolue ne contestent pas la richesse des millions de riches et aucune révolution du genre de celle de 1789 ne se prépare. La violence  est dirigée vers ceux qui n'ont pas la même religion, en enfreignent les codes, maltraitent une vache.  

Aux États-Unis, je laisserai à d'autres plus qualifiés le soin d'en faire l'historique car seule m'importe la réalité actuelle avec ce constat: la société est aussi hiérarchisée avec une caste de très riches et une classe de précaires qui n'ont pas assez pour vivre normalement ou survivent misérablement. Cette stratification ne provient pas d'une entité étrangère, ne résulte pas d'une volonté religieuse, n'obéit pas à une décision politique, mais  résulte d'une sociologie de  l'Homo americanus. Elle lui dit qu'il est le souverain de lui-même et qu'aucun pouvoir ne peut disposer de sa vie, de son corps, de son travail, de ses biens, sans son consentement. En conséquence, tout dépend de soi, l'échec comme le succès, la réussite est glorifiée, l'argent  l'objet d'un culte. La solidarité n'est pas une obligation. La pauvreté devient une sanction. Ce socle culturel très partagé, porté à son extrême par les libertariens n'a pas créé une nation homogène car si les hommes naissent égaux, la réalité se charge de les partager en fonction de leurs qualités et défauts, race, hérédité. Elles subordonnent la réussite économique et c'est elle qui se charge de diviser la société en deux: l'une  englobe ceux qui ont beaucoup d'argent et l'autre regroupe ceux qui en ont assez, peu et pas du tout. Le clan des gens riches a, lui-même, des sous-divisions qui dépendent du nombre de milliards ou de millions de dollars. Mais, globalement, ils se distinguent par une stabilité familiale, l'accès aux grandes universités, aux réseaux dominants, à la sécurité médicale, chirurgicale, sociétale. L'endogamie n'est pas rare. La deuxième caste en est exclue structurellement même si, théoriquement, rien ne lui est interdit. Les chiffres montrent cependant que l'ascenseur de la  mobilité sociale est en panne. 

Comme en Inde, la rue montre la réalité avec des cohortes vivant dans la rue, dans des voitures, dans des tentes, parce qu'ils n'ont pas d'emploi, qu'ils ont été expulsés de leur maison achetée à crédit et dont ils ne peuvent plus payer les mensualités, qu'ils sont drogués, malades et ne peuvent ou ont renoncé à se soigner. Là aussi, ils sont côtoyés par des indifférents qui pensent qu'ils ont ce qu'ils méritent, les uns parce qu'ils ont eu la malchance de tomber dans une mauvaise caste et que, s'ils font des efforts, ils renaîtront dans une meilleure, les autres parce qu'ils ont ce qu'ils méritent par paresse, bêtise, mauvais choix, manque de courage, de volonté, d'imagination, de chance. Mais l'avenir leur appartient, la roue tournera  et s'ils en ont l'occasion, ils  sauteront sur elle et  deviendront riches. Les pauvres n'accusent pas non plus les riches d'être responsables de leur pauvreté. Ils ne veulent pas changer le système. Il leur convient. Ils s'en réclament. Là encore, pas de révolution à l'horizon. 

Au final, on a l'Inde verticale, religieuse, hermétique et l'Amérique horizontale, ouverte en théorie, fondée sur la liberté individuelle. Toutes deux ont produit une société de castes stabilisée par l'espérance d'une réincarnation ou d'une opportunité. Leurs pauvres vivent dans une promesse qui éteint la révolte et rend acceptable l'inégalité.

lundi 11 mai 2026

LES DANGERS DE LA PREMIÈRE IMPRESSION

Il faut se méfier de la première impression. Ainsi le soldat qui part à la guerre, la fleur au fusil et en chantant la Marseillaise ou l' Hymne à la Joie et qui revient en clopinant avec une jambe en moins ou dans un cercueil se passerait avec plaisir de ses béquilles et des Te Deum. Ne pas la suivre est un signe de sagesse qui évite beaucoup d'ennuis dans la vie publique comme les américains sont, après nous, en train de le voir et, dans la privée, le divorce.

LA RÈGLE DE TROIS

La règle de trois est universelle et n'est pas l'apanage de l'arithmétique. Elle est partout et on a

- la sainte trinité avec le père, le fils et l'esprit,

- le bon, la brute et le truand, 

- le haut, le bas et le milieu, 

- le beau, le bon, le bien,

- la naissance, la vie et la mort,

- le froid, le chaud, le tiède,

- la guerre, la paix, l'armistice,

- les fiançailles, le mariage, le divorce,

-  l'exception d'usage avec l'addition, la soustraction la multiplication et la division,

et, un dernier, pour la route, on rit, on pleure, on se mouche.
Prendre ses distances et de la hauteur réduit les dimensions, fait disparaître tout ce qui gâche la vue, sent mauvais, est bruyant.  Ce sont les raisons qui font habiter les ultra riches dans des penthouses perchés au sommet de gratte-ciels gigantesques. Là-haut, dans le ciel, au dessus des stratus, loin du plancher des pauvres, ils se croient au paradis, voisins de saint Pierre et, d'être aussi riches, les fait se sentir grands.

dimanche 10 mai 2026

Le distrait ne souffre pas d'amnésie intermittente mais ses idées ne suivent pas l'ordre chronologique.
C'est parce que les ondes sonores ne se propagent pas dans le vide comme celles de la lumière que l'on n'entend pas le bruit infernal que font les bombes à hydrogène qui explosent en permanence dans le soleil, entretenant sa chaleur et sa luminosité. Si elles arrivaient jusqu'à nous, on ne s'entendrait pas, étant tous devenus sourds.

DANS LA SÉRIE "IL Y A"

Il y a ceux qui suivent la ligne droite, vont de A à Z sans passer par Omega, de Nation à Étoile sans transiter par Clignancourt, qui disent oui ou non et d'autres qui se répandent en mais, peut-être, nonobstant, en circonvolutions périphrastiques, en explications, en digressions oiseuses, inutiles. Pourquoi ne prennent-ils pas exemple sur les premiers et comme eux ne se contentent-ils pas d'adjectifs basiques, élémentaires, simples, directes, essentiels et n'en finissent de nous accabler de  pléonasmes, de tautologies, de répétitions, de  redondances qui n'apportent rien, font perdre du temps et les empêchent de se taire?

samedi 9 mai 2026

Les gens qui ont le sang chaud perdent facilement la tête et commettent des actes irréfléchis. Cela est dû a la sensibilité au chaud des neurones dédiés à la cogitation. Au-delà de 39.9 degrés centigrades, ils perdent leurs qualités cognitives et font travailler du chapeau. Il semblerait qu'une telle surchauffe affecte actuellement un chef présidentiel et lui fasse dire et faire n'importe quoi. 
L'absence fait souffrir car elle crée un vide qui aspire tandis que la présence remplit l'espace au point de nous priver de liberté et qu'il faut parfois un trop plein pour ne pas se noyer.

TROMPE L'ŒIL ET L'ESPRIT

Le décor de théâtre qui sert de toile de fond à la forme que nous habitons a une réalité supposée  qui déçoit notre attente de spectateur assis sur un radeau de fortune qui a du mal à rester sur la route tant les vagues et les vents contraires l'entraînent sur une pente ascendante jusqu'au cul-de-sac où tout avait commencé, au premier acte. 

vendredi 8 mai 2026

Ce qu'il y a de bien avec les gens que l'on ne connaît pas, c'est que l'on n'est pas forcé de leur téléphoner  pour demander comment ils vont et les enfants, les petits enfants, les arrières petits enfants, de les inviter à déjeuner, de leur offrir des chocolats, de leur envoyer des vœux de bonne année avec surtout la santé, d'aller à leur enterrement. En fait, de faire tout ce que mes relations ne font et ne feront  pas.


LA STRATÉGIE DU CYNIQUE

Vivre sans rien faire en passant ses journées  à se promener, les mains dans les poches ou les bras ballants, à faire la sieste, à jouer aux cartes ou à la pétanque, à regarder les autres travailler, en habitant une maison confortable dotée de toutes les commodités, en ayant une cave bien remplie dont les bouteilles millésimées accompagneront des plats dignes d'un étoilé ne s'improvise pas. C'est le fruit d'une stratégie très élaborée, décidée longtemps en amont, dès la sortie des études secondaires. L'objectif est de s'assurer une retraite qui assure des mensualités permettant un train de vie confortable en ayant comme souci du lendemain seulement l'échéance que l'on se souhaite lointaine.

LES DEUX CHEMINS

Les gens qui suivent la mode, les influenceurs qui leur dictent ce qu'il faut penser, croire, manger, porter, croient ceux qui promettent des monts et des merveilles, ne se simplifient pas la vie par paresse et ne sont pas des moutons de Panurge. Ils doutent d'eux-mêmes, ne font pas confiance à leur esprit critique, ont peur de leur curiosité. Timides, ils admirent et suivent les péremptoires, les décidés, les grandes gueules, ceux qui disent savoir. 

Vous qui ne demandez votre chemin à personne, soyez indulgent, pas de mépris, svp. S'ils ne sont pas comme vous, c'est parce qu'ils préfèrent suivre les gens qui ont réussi, sont riches, célèbres. Ils espèrent devenir comme eux et non comme vous qui êtes en cavale, en prison, aux abois, en fuite, au désespoir après avoir tout gâché en suivant vos mauvaises idées, en marchant à contre-courant.

jeudi 7 mai 2026

ENTRE -DEUX

L'entre-deux est un endroit stratégique facile à définir quand il se situe entre une entrée ou une sortie de porte (embrasure), entre la bouche et le clairon (embouchure), entre le quai et le bateau (embarcadère), entre le fleuve et la mer (estuaire), entre l'arrivée et le départ (zone de transit). C'est plus difficile à saisir quand il se situe entre le pour et le contre, le oui et le non et le tout et le rien. Pour ce dernier, certains, expéditifs, vous diront, sans réfléchir, la moyenne médiane, d'autres que l'addition donne une somme nulle, que la question ne se pose pas. Pour nous, c'est un vide plein de non-dits qui mérite une explication basée sur une expérimentation imagée: prenons deux pages, l'une remplie de mots, vg. une des Misérables de Victor Hugo, l'autre, vierge, de celles qui servent à rendre le livre plus épais. Posons-les sur une table, parallèles, rapprochons-les progressivement, l'entre-deux se réduit et passe de centimètres à millimètres puis disparaît quand elles se touchent. La page de Victor représente TOUT, celle qui est vierge RIEN. Au moment du contact, l'entre-deux s'évanouit. Il n'y a pas eu cependant de fusion, chaque page garde son individualité, son originalité, l'entr-deux visible a disparu mais il en reste un, invisible, virtuel, aussi puissant. 

L'intervention des fusions-acquisitions permet à notre démonstration d'aller plus loin. Il y a des circonstances où l'entre-deux perd sa neutralité et devient un lieu où chaque partie antagoniste égare  sa virginité et forme une nouvelle entité qui tient de chacune:


- le crépuscule et l'aube sont des moments où le jour et la nuit se télescopent et la lumière emprunte aux deux.

- entre la thèse et l'antithèse, la synthèse. 

- entre la droite et la gauche, le centre.

- entre l'Europe du Nord et celle du Sud, le Benelux.
 
L'entre-deux est inconfortable,  dangereux. On y est en position instable car c'est un moment de vérité où l'on a encore le droit d'hésiter, de reculer, de ne pas signer, de ne pas embarquer. C'est un espace et un temps intermédiaires où l'on est confronté à un passé qui nous rappelle et un avenir qui nous appelle. 

RECTIFICATIF

Dans un conseil donné le jeudi 17 avril 2013, je m'aperçois qu'avant de partir pour des vacances de rêve, je conseillais 13 vaccins au titre du principe de précaution, mais que j'avais oublié le principal, celui contre la rage. Je présente mes excuses, pour cet oubli impardonnable à ceux qui l'auraient contractée.

mercredi 6 mai 2026

LE CHOIX DU MÉTIER

Dans ma typologie des métiers que vous retrouverez sur le blog, en avril 2013 ou dans "À REBROUSSE-POIL", je les classais de façon rigoureuse et méthodique en trois catégories: les utiles, les beaux et les dangereux. J'en faisais une description objective, impartiale, précise, pratique, sans fioritures ni langue de bois et qui rendit  service aux enfants qui,  arrivés à l'âge de raison, réfléchissaient à leur avenir professionnel et avaient compris qu'ils ne fallait pas suivre l'exemple de papa et maman qui passaient leur temps, à  la maison,  se plaindre du boulot.

Ce n'était qu'une liste. Il lui manquait une morale. Le choix du métier est une affaire sérieuse qui engage une part conséquente de notre temps, de l'activité de notre cerveau, de nos forces physiques. Il détermine aussi la place que nous tiendrons dans la hiérarchie sociale: dominé ou dominant, donneur d'ordre ou exécutant, maître de soi ou serviteur des autres???

Si on ne veut pas se positionner sur ce rapport des forces, on peut se baser sur d'autres critères qui, eux, ont le mérite d'être subjectifs car ils font appel au goût pour le bon, au sens du beau, et à l'attirance pour le bien. Il faut cependant être sensible à ces trois valeurs et leur accorder de l'importance. 

Je continue pour ceux qui leur en donnent  et veulent que le travail ne soit pas un entracte déplaisant, un moment contraint. Le métier doit donc  continuer une recherche positive, occuper le temps agréablement, enrichir l'âme, l'esprit en plus de nourrir le corps.

Celui qui place le bon au sommet peut, s'il est logique, lui consacrer sa vie. Le dictionnaire en fait un adjectif et le met à toutes les sauces. Il y a un métier qui en fait la synthèse parce qu'il est utile, nécessaire, honorable et fait du succulent, de l'agréable, de l'utile, du nécessaire, du délicieux, du succulent: celui de la bouche avec les métiers de cuisinier et de pâtissier. En plus de ces qualités qui mobilisent tous les sens qui doivent être développés, il faut avoir une âme généreuse, un esprit de partage, le goût des autres, de la force, du courage, de la volonté.

Dispenser le bien par principe est difficile mais possible si on croit les hagiographies et que l'on n'est pas sceptique. Les métiers qui viennent au secours, qui apportent de l'aide, qui sont au service des autres le font sans s'en vanter et rentrent pleinement dans cette classe. Ils construisent, soignent, réparent, servent. Le travail peut être ingrat, pénible, dangereux. Il a sa récompense par la satisfaction de le faire dans les règles de l'art. Elle atteint le bonheur quand il est partagé. Tous les artisans le savent, tous les offices de service de l'éboueur au laveur de carreaux, du policier, au pompiste, du médecin à l'infirmière l'ont en partage.

Tous les métiers sont beaux quand ils sont bien faits et une pièce bien montée n'est pas seulement délicieuse avec ses choux fourrés mais elle est élégante et fait du bien à la vue, au palais, à l'estomac et ce pâtissier est un bienfaiteur tant il a apporté au repas de la noce un final qui cumule le bon, le bon et augmente le bien-être ambiant. Mais la beauté peut aussi être le moteur exclusif du choix. Elle est une attirance naturelle plus ou moins affirmée. Chez certains, elle impose, ordonne telle une vocation  et tu seras chanteur, sculpteur, peintre, architecte, musicien, styliste. Ce créneau exige des dons physiques exceptionnels, un moral d'acier et de la chance. 

Beaucoup laissent à la société le soin de décider du métier par obéissance, paresse, inertie, absence de volonté, de courage, d'imagination. Ils auront une vie terne à la hauteur de leurs envies et seront des serviteurs.  Ceux qui ont conscience que la vie est brève, qu'elle est une opportunité pour réaliser ses rêves, pour  satisfaire la curiosité, pour découvrir de quoi on est capable, qui ne veulent pas être un mouton du troupeau, suivent leur chemin privé, poussés par la faim de connaître, la gourmandise des bonnes choses, le plaisir de l'harmonie. Face à l'existence, ils sont debout.

mardi 5 mai 2026

Ce n'est pas par égoïsme que je ne m'occupe que de mes oignons. Ils me tirent toutes mes larmes disponibles. Si je m'occupais aussi de ceux des autres, j'aurais les yeux secs et c'est pas bon pour leur santé.

DEMAIN, L'IA

Considérons avec prudence et précaution les idées qui nous viennent à l'esprit. La médiocrité de nos connaissances en tout genre, la faiblesse de notre puissance de calcul, la petitesse de notre système de stockage de données, l'ensemble occupant quelques centimètres cubes de substance cérébrale, contrastent avec le gigantisme des datacenters qui abritent la mémoire de l'IA, l'énormité de sa consommation en énergie électrique, l'universalité de son système référentiel. L'intelligence humaine est dès maintenant dépassée en longueur, en largeur, en hauteur, en profondeur par l'artificielle qui est encore dans ses langes. Demain, adulte, elle aura pour nous le regard amusé que nous avons en face d'un rat de laboratoire.
Ce n'est pas son caractère artificiel qui devrait faire peur dans la nouvelle intelligence qui se répand, mais sa dimension surnaturelle.

lundi 4 mai 2026

LES TROIS RÈGNES

Le royaume terrestre a longtemps été le siège de trois règnes. Ils se partageaient équitablement le pouvoir.

Le règne minéral est le socle sur lequel piétinent ou s'enracinent les autres. Inerte, passif, résigné, silencieux, il accepte, subit, souffre ou se pare  de forêts, de champs de fleurs, de prés d'herbes folles. Parfois aride, sec, dépouillé, il se déguise en déserts de sable, en montagnes de roches, en cordillères de rocs. 

Les règnes animal et végétal sont, eux, vivants. bougent, se reproduisent, grandissent, meurent.

Ils vivaient en paix, se rendant service. Complémentaires, sans jalousie, respect mutuel. Ils souffraient ensemble, quand, venus d'au-delà des frontières du ciel, des catastrophes cosmiques s'abattaient, semant le désordre, le chaos, la désolation en éventrant les plaines, disloquant les montagnes, faisant cracher les volcans. Ces temps alternatifs où l'incertitude ne devait rien à la volonté d'un des trois et que tous subissaient dans l'égalité, la fraternité furent remplacés, un jour maudit, par l'arrivée d'une nouvelle espèce. On ne sait pas si ce fut un extra-terrien chassé de sa planète d'origine par ses méfaits ou une création de l'évolution ayant échappé au contrôle qualité. Mais, depuis qu'il s'est répandu en quantité sans devenir un homme de qualité, l'ordre, l'harmonie, la paix ont cessé de régner.

L'intrus s'agite en pleine confusion mentale puisqu'il croit n'appartenir à aucun des trois ordres. Il n'en est pourtant qu'une résultante puisqu'on trouve en lui la plupart des éléments de la classification de Mendeleïev, qu'il partage des gènes avec les autres animaux, que ses poils et ongles poussent à la façon des mauvaises herbes et qu'il lui faut sans arrêt,  couper.

Il en est surtout le prédateur compulsif et chasse les autres animaux pour le plaisir de les tuer ou les manger, attaque les arbres pour en faire du bois de coffrage, de placage, des meubles, des allumettes avec lesquelles il mettra le feu aux forêts pour faire de la place à du maïs, à des haricots qu'il mettra en boites. 

L'empire minéral est aussi maltraité et il creuse, perfore, exploite pour tirer de ses entrailles tous les trésors que, gardien, il protégeait depuis des milliards d'années. 

Aujourd'hui, les règnes ont abdiqué, le royaume est aux abois, l'hallali approche. Il aura suffi d'un fou furieux lâché dans la nature pour que, quelques milliers d'années plus tard, s'étant reproduit en milliards de clones, il y ait, en 2026, 130 guerres en cours faisant de la terre un champ de ruines.

COEXISTENCE

On n'a pas les mêmes goûts, les mêmes souvenirs, les mêmes sentiments, les mêmes sensations, les mêmes connaissances. Chacun a son mode d'interprétation, voit les choses sous un angle qui lui est particulier. On devrait logiquement considérer l'autre comme un inconnu, un étranger qui, par hasard, parle notre langue et vit au même endroit. Cela ne se passe pas ainsi, la coexistence est la règle. À force de se fréquenter, on finit par avoir des souvenirs qui ont quelques traits communs, par partager des expériences, de connaître la façon de fonctionner et de penser de ses interlocuteurs habituels, de s'adapter à leur étrangeté, de vivre ensemble dans une paix armée.

dimanche 3 mai 2026

PAUVRES D'EUX

Aujourd'hui comme hier, l'intelligence humaine provoque des problèmes qu'elle ne sait pas résoudre: guerre, pollution, insécurité, obésité, excès de richesse et de pauvreté. Demain, l'intelligence artificielle, mille fois, un million de fois  plus puissante en provoquera à son échelle. 

POSSIBLE ET IMPOSSIBLE

Ce qui nous paraît impossible résulte de la faiblesse de notre imagination, de la pauvreté de notre vocabulaire, du manque d'idées, de pensées, de réflexions. Tous conspirent et se conjuguent pour nous empêcher d'avancer, de progresser, d'inventer, de découvrir. Pour nous rassurer, nous excuser, nous pardonner, on parle d'impossibilité.

Pour s'occuper, passer le remps, survivre, on se contente du possible. Il est à l'échelle de notre faiblesse, de nos capacités, de notre médiocrité, de la paresse. Les quelques vertus qui surnagent suffisent à assurer le minimum vital.

Les quelques uns qui ont de l'imagination repoussent les limites du possible, s'infiltrent dans les territoires de l'impossible. Ils imaginent des mondes nouveaux, font voyager dans le passé, le futur, découvrent, inventent. Ils s'appellent Galilée, Newton, Darwin, Épicure, Asimov, Spinrad, Bradbury, Jules Verne, Dick, Rosny , Pasteur, Fleming, Einstein. 

Le reste, la majorité se contente de répéter, jour après jour, les actes, les occupations, ressassant les mêmes idées, les mêmes pensées, se faisant les mêmes réflexions. Leur ligne directrice est droite, encadrée par l'habitude, la routine, la coutume. Ils ont des raisons solides pour continuer et la seule audace qu'ils se permettent est de changer ce qui ne va pas bien. Certains alors regrettent le bon vieux sale temps.
Le premier mai est un jour férié où il est interdit de travailler. Il célèbre les luttes pour réduire le temps de travail. Les discours ne proclament pas ses valeurs: richesse, beauté,  générosité,  bonté, nécessité mais sa pénibilité. En toute logique, le  premier de mai devrait être, au contraire, un jour durant lequel on travaillerait d'arrache-pied, sans une minute de repos, de façon acharnée  pour l'honorer, lui rendre l'hommage qui lui est dû car, qu'est un travailleur sans travail?

Le deux novembre, jour du souvenir des disparus devrait être, lui, celui du repos et se passer dans le silence,  l'immobilité, l'inaction, allongé, à méditer, à rêver, à dormir, à se détendre, alangui, décontracté, à faire l'expérience du vide pour s'entraîner à affronter le néant. 

samedi 2 mai 2026

C'est humain et on comprend que les affamés, les sans-dents, les démunis, quand ils voient un milliardaire, un nanti, un ploutocrate, un aristocrate se régaler, s'empiffrer, dépenser sans compter rêvent de 1789, de la nuit du 4 août, de la guillotine.

C'est inhumain  que ceux qui ont plus que tout ne voient pas, n'entendent pas et ne comprennent pas ceux qui ont moins que rien. Non par bienveillance, par charité, par générosité mais par prudence car ces pauvres malheureux sont  nombreux, forts et qu'ils finiront comme d'habitude par, un jour, briser l'armure et leur couper la tête.

HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN

Les mots que l'on peut associer au passé sont nombreux et on  citera hier, souvenirs, histoire , inquisition, croisades, épidémies, peste, oublis, Adam et Ève, la bible, les évangiles, Confucius, la grande muraille de Chine, la royauté, les châteaux, Platon, Aristote, Épicure, Diogène, César, Nagasaki, Charlot, Vinci, Attila, Shéhérazade, Kennedy, La Callas, Trump,  l'accouchement de l'IA.

Aujourd'hui est moins riche car, coincé entre hier et demain, sa durée est limitée. On citera, pour ceux qui ne suivent pas l'actualité, des guerres, la pollution qui grandit, le marché noir sur le pétrole, la grande crise en préparation, l'incurie et l'imbécilité des élites, l'auto-censure des médias officieux et officiels, Trump, l'invasion de l'IA.

Demain sera plein de phrases avec des mots qui parleront du chômage généralisé, du revenu universel, de l'analphabétisme général, de la disparition du climat tempéré, de la famille, de l'éducation, de l'intrusion des robots et des robotes dans la cuisine et le lit, de la dictature de l'IA.

CORRECTEUR

Le correcteur a un métier grand, beau, noble. Il faut appartenir à  l'élite pour venir au secours de ceux qui commettent des fautes d'orthographe et de grammaire, ne savent pas ponctuer. Il donne au manuscrit une valeur littéraire et le rend apte à la lecture. Sans lui, combien de chefs-d'œuvre seraient restés dans les tiroirs?

Trouver l'erreur, la faille, détecter le mensonge, voir la faute appartient au même monde, celui des éclaireurs, des chercheurs de vérité, des lanceurs d'alerte, des enquêteurs. Ils  débusquent les traîtres, les escrocs, les menteurs, les falsificateurs, les corrompus, les corrupteurs.

Dans une société de faussaires où tout est artificiel, le métier a un avenir encore plus prodigieux que celui qu'il avait du temps où le monde n'était que réel.

vendredi 1 mai 2026

Pour transformer une situation qui est mauvaise en bonne - comme faire la paix - il y a un fossé qu'il faudrait combler avec des décisions courageuses, intelligentes, des  actions positives, constructives. C'est vrai pour tout: passer d'un état en faillite à l'équilibre, de l'insécurité à la sécurité, de la tristesse à la joie, de la grosseur à la minceur. L'histoire raconte que c'est possible et qu'il suffit de volonté, de courage, de lucidité et d'un désir mimétique pour arrêter une guerre, rétablir les finances, calmer les rues et les esprits, maigrir. 
La pesanteur  et l'inertie sont des forces que l'homme met à son service pour éviter d'avancer, de monter, de progresser. Il les associe à la paresse, au conformisme, au conservatisme, à une idéologie, à une superstition pour ne rien faire, rester immobile, inhibé par l'inertie ou tomber dans le vide, attiré par la pesanteur. 
Ce qui rend fous furieux les gens honnêtes, c'est que la malhonnêteté est un chemin qui conduit à la fortune, au pouvoir, à la respectabilité. 

LA SOLUTION

Pour tuer les problèmes dans l'œuf, engagez un renard, donnez lui la clef du poulailler et il égorgera les poules.
Les sourds préfèrent les solutions aux réponses et les aveugles l'inverse.

jeudi 30 avril 2026

MÉNAGE OU NON MÉNAGE

Il faut du temps, de l'expérience, de la lucidité, un esprit critique pour perdre ses illusions et approcher la crudité de la réalité. L'exercice est pénible et la paresse, le confort, l'aveuglement volontaire empêchent souvent de s'y livrer pour ne pas déranger une paix apparente. L'amitié est le terrain qui se prête le mieux à ce genre d'interrogation. Avoir des amis est un marqueur social. Il atteste que celui qui en a est quelqu'un de bonne compagnie, généreux, avec une conversation agréable,  des qualités utiles: maisonnée accueillante, bonne table, belle cave, relations hautes placées. Le problème est de distinguer, comme dans tout, le vrai du faux. La technique est la même que celle utilisée par les horlogers avec les Rolex, une montre très imitée: l'observation critique . Focalisée sur les petits détails, elle révèle ici ce que cache l'apparence, et là, la comédie, l'hypocrisie, le mensonge. Averti, vous ferez attention maintenant aux signes d'intérêt, aux manifestations de curiosité, aux demandes d'éclaircissement, aux suggestions, aux propositions, aux remerciements et aux absences.

PS: le problème est que le faux peut être très beau et continuer de mériter l'admiration.  Ce qui est vrai en peinture est vrai ailleurs. Trancher devient difficile et c'est vous qui voyez.

L'HOMME LE MOINS ORDINAIRE QUE J'AI RENCONTRÉ

Inculte, quasi analphabète, passablement idiot, il était, malgré ses handicaps, milliardaire car il avait le don de prévoir les mouvements à la hausse ou à la baisse de la bourse, avec un coup d'avance.
Il n'y a pas que la distance entre nous et le soleil qui varie constamment, celle qui sépare  les gens subit les mêmes fluctuations. Nous sommes proches dans les moments de connivence et à des années-lumière si les sentiments diffèrent.

mercredi 29 avril 2026

À MÉDITER

Les pourfendeurs de l'IA fondent une des raisons de leur détestation sur son incapacité d'égaler la bienveillance humaine, celle qu'elle affiche de façon systématique, étant, par définition, un artifice algorithmique sans valeur affective. L'humaine bénéficie, elle, d'un préjugé favorable et son dispensateur est un bienfaiteur admiré, fêté, canonisé.

C'est parce qu'elle ne vient pas d'un cœur battant mais d'une machine que l'une est méconnue et l'autre reconnu. Cela revient à dire que le sentiment doit sa valeur, sa réalité non par ce qu'il suggère d'empathie mais par la nature du média qui le transporte à notre connaissance. En allant un peu plus en amont, ne faudrait-il pas accorder à la bienveillance de ChatGPT, par exemple, la même valeur sentimentale que celle qu'un humain.? Un tel anthropomorphisme matériel n'a rien d'outrageant et l'on n'accuse pas Blaise Pascal d'être un affreux matérialiste parce qu'il a dit que l'homme n'était qu'un roseau pensant. Les pensées de ChatGPT sur n'importe lequel des sujets ont une qualité dont beaucoup - et moi en premier - aimeraient égaler. 

Est-ce un crime de dire que ChatGPT a une intelligence qui pense et si la pensée est le propre de l'homme n'y aurait-il pas une parenté dérangeante entre la sienne et la nôtre?
Nul en maths, je ne me pose pas de problèmes, ne cherche pas de solutions. Je pense que c'est la raison qui me fait avoir une vie quiète, me confie le cynique, ravi de son incurie mathématique.

IL EST COMPLÈTEMENT INCONSCIENT

L'inconscient est enfoui trop profondément dans notre esprit pour nous être connu. On sait qu'il existe, dit Freud, par des échos qui émergent quand on est endormi ou qu'on n'y a prend pas garde: rêves, lapsus. Partie immergé de l'esprit, elle est inaccessible et serait pleine d'informations classifiées secret-défense d'entrer et de sortir avec des secrets inavouables, des pensées interdites. Ce que disent vivre les gens qui reviennent d'une expérience de mort imminente raconte peut-être l'histoire d'un monde censuré parce que différent et qui attend que notre conscience ait disparu pour prendre sa place et apparaître au bout du tunnel.

mardi 28 avril 2026

TIR À L'ARC

Le tir à l'arc est un sport qui mériterait une considération à la mesure de ses qualités. Il devrait même faire partie du cursus et être enseigné dès la maternelle comme cela est fait en Corée, pays qui lui voue un véritable culte. Il développe tout ce que certains appellent encore des vertus et qui manquent à beaucoup. On comprend qu'il les rebute car il exige de la discipline, de la constance, de la volonté, de la concentration. La force n'est pas nécessaire car il s'adapte au niveau de chacun. Il suffit de choisir la puissance compatible avec celle dont on dispose. Même une faible femme ou un enfant qui tient à peine sur ses jambes peuvent le pratiquer. Mais ce qui le porte au sommet, ce sont non seulement ses vertus, mais les qualités que l'on ne retrouve que dispersées dans les autres sports. Il combine la réflexion, la concentration, fait tenir une position élégante puisque hiératique: corps droit, bras d'ars et bras de corde perpendiculaire, un mouvement combiné et opposé des deux, où se succèdent la mise en tension, l'ancrage au au  visage, la libération de la flèche, l'impact dans le blason. 

Le  tir à l'arc est un combat et le tireur doit maitriser son instrument comme a fait le pianiste avec son piano. Il lui a fallu du temps pour le dominer, le maîtriser et pouvoir en jouer. Comme l'artiste, il faut mobiliser toutes ses vertus pour venir à bout d'un instrument qui a un fort caractère et opposera sa résistance, son élasticité, sa détente. Il ne devient docile que si on a éprouvé ses qualités et montré qu'on en était digne. 

Sport de solitaire, le tireur se bat aussi contre lui-même et chaque flèche est un verdict qui juge de la qualité du tireur. Il sait aussitôt s'il a été bon ou mauvais. Il n' a pas besoin d'un chrono, d'un arbitre, d'un jury. 

Enfin, l'arc avec ses flèches  fait entrer dans l'histoire car c'est une arme qui a fait  gagner des batailles depuis l'antiquité. On refait les gestes des archers anglais à Crécy, à Azincourt, de mogols à Kalka, de Robin des Bois dans la forêt de Sherwood. 

Il est aussi miraculeux puisque c'est le seul sport intérieur qui se pratique à l'extérieur. 

lundi 27 avril 2026

UNE FAUSSE BONNE IDÉE

J'étais en train de savourer un macaron angevin, un gâteau emblématique de la pâtisserie Allard des Ponts-de-Cé, un gros village qui enjambe la Loire, au sortir d' Angers, capital des  ducs d'Anjou et qui s'enorgueillira,  dans les siècles à venir, d'avoir été le berceau de votre serviteur, quand une idée intempestif vint perturber ma méditation ésotéro-philosophico-gustative. Insistante, elle voulait soumettre à ma réflexion critique, bien connue dans le milieu d'où elle vient, la pensée suivante: comment se fait-il que les peuples soient dirigés par des personnes sans qualités, n'ayant que des défauts avec comme moteur l'ambition et qui sont sans volonté, sans courage, sans suite dans les idées, sans imagination, sans culture utile à un chef d'État, qui passeront leur temps à trahir leurs promesses, à mentir, à se tromper, à dépenser, à faire la guerre qui tuera par millions? 

Je continuais sur ma lancée en me demandant, avec une perplexité croissante, comment cela se peut-il alors que, dans le même espace-temps, les citoyens connaissent des hommes et des femmes qui ont les qualités qu'il faudrait à ceux qui gouvernent  puisque, dans l'exercice de leur métier, ils respectent leur devis, font un travail parfait, tiennent les délais. Je pourrais vous donner le nom de plombiers, d'électriciens de carreleurs, de couvreurs, de plâtriers, de menuisiers qui font un travail parfait, dont l'honnêteté n'est pas discutable, dont la probité est exemplaire et qui ne seront jamais accusés de corruption, de conflits d'intérêt, de trahison?

Mon étonnement,  que vous partagez certainement, est encore augmenté par la question suivante: quel rapport lie la gâteau en train d'être mangé avec une délectation qui a peu d'équivalent avouable et une pensée de l'acabit ci-dessus, fort peu appétissante, dégoutante et attristante. Insistante, elle s'accrochait à l'esprit au point de me distraire de la mastication du macaron enrobé de crème au beurre coincée dans de la meringue italienne ou suisse avec une interrogation qui se demandait pourquoi on ne va pas chercher le personnel qualifié dans ce milieu artisanal aux hautes performances ou, si on veut éclater tous les records en mettant aux commandes, non des artisans dont le côté tâcheron peut rebuter mais des artistes au sommet de leur art. Ils ne sont pas légion mais en nombre suffisant pour que l'on ait le choix entre un pianiste surdoué, un peintre qui ferait de l'ombre à Picasso, un sculpteur égal de Praxitèle et de Rodin ou un écrivain dont la forme est mozartienne et le fond hugolien. Leurs vertus mises à son service sortiraient la France de l'ornière et la catapulteraient au firmament de l'art et la science politique. 

PS 1: la raison et la sagesse étant exclues du champ politique suite à une décision arbitraire, elle recrute ses impétrants chez les fonctionnaires, les avocats, les banquiers, les commis de conseils d'administration, les laissés pour compte de la société civile et militaire qui  se sont infiltrés dans les rouages de l'État pour assurer leurs arrières, rembourser des dettes à son dépens, obéir à des commanditaires, l'empêcher d'avancer pour complaire à une idéologie ou à une lubie. 

PS 2: rien n'est plus affligeant qu'après avoir développé une idée que l'on voyait grande, belle, avec un fond et une forme parfaite, on s'aperçoive, à la réflexion, qu'elle était mauvaise. C'est ce qui m'est arrivé à l'instant. Je dois donc démolir ma démonstration qui n'était que mensonges et inanité. En effet, je n'avais pas tenu compte du poison mortel qu'est le pouvoir sur l'intelligence, la raison, la sagesse de la personnalité la plus vertueuse. Il monte à la tête et transforme l'être le plus aimable, pacifique, tolérant, père ou  mère admirable, en un dictateur-tyran impitoyable, capable de mettre la terre à feu et à sang pour le garder (le pouvoir). Antonio de Oliveira Salazar brillant professeur d'économie politique illustre cette fatalité. Les militaires l'appellent pour remettre les finances en état. Il opère le rétablissement, devient premier ministre et le restera 36 ans, chef d'une dictature avec censure, bâillonnement de l'opposition, police secrète, répression, pauvreté obligeant les portugais à une émigration massive. 

PS 3: il faut en conclure que la première place, le sommet, la présidence conduisent de façon inévitable à l'excès, à l'outre mesure, à l'intolérance. Cela se vérifie chaque fois et se voit dans la plus petite des associations, la mairie du moindre des villages, à la direction du groupe automobile le plus gros, à la tête de l'État le plus puissant du monde. Le résultat est toujours catastrophique et se termine dans les larmes et la désolation. Pour s'en prémunir une seule solution: la tournante avec un temps aux manettes n'excédant pas 3 mois, juste celui de prendre les décisions qu'il fallait et ne pas avoir le loisir de prendre goût aux sortilèges de l'endroit  au point de ne plus vouloir le quitter.

Ps 3: oui, mais là encore, objection, votre Honneur. On tombe de Charybde en Scylla, car la décision doit être suivie d'une exécution. Toute mobilisation demande du temps, de la patience, de la surveillance. Déléguer ce soin au suivant aboutit au néant. 

En conclusion, il n' y a aucune solution parfaite, chacun doit continuer de faire ce qu'il veut et jamais la politique française n'aura la qualité du macaron angevin.

dimanche 26 avril 2026

GÉNÉRATION DE PROFUNDIS

Depuis toujours, la société se renouvelle au rythme de générations qui se succèdent tous les 25 ou 30 ans, selon la mortalité et la longévité du moment et de l'endroit. Si la première est petite et la seconde grande, les générations coexistent les unes avec les autres et l'arrière-arrière petit fils parle avec son arrière-arrière grand-père de cent ans. On a l'inverse dans les pays où la sécurité sociale n'existe pas, où l'eau courante et le tout à l'égout sont à l'état de projet lointain, la petite est grande et la grande petite. Les générations se rattrapent au bénéfice du nombre.

Les sociétés nanties, prospères, en bonne santé où les générations s'empilent les unes sur les autres au point de s'étouffer et  les autres qui suivent une loi plus naturelle viennent de basculer dans une autre dimension avec l'arrivée des robots intelligents qui sauront tout et feront mieux. Électriques, infatigables, incassables,  naissant en usine prêt à l'emploi, ils sont déjà disponibles et peuvent travailler en permanence. Devenue obsolète, l'humanité n'aura plus besoin de se reproduire et les générations en auront fini avec cette obligation détestable qui finit   toujours mal. 

MARCHÉ NOIR

"Vous qui savez tout, pouvez-vous me dire pourquoi les américains qui produisent plus de pétrole qu'ils n'en consomment voient le prix de l'essence grimper dans les stations-service quand ils en remettent dans leur pickup gros comme un  camion?"

"Avec plaisir et si vous insistez".

"J'insiste".

"Ainsi soit-il, ils ne dépendent pas du détroit d'Ormuz, mais des gens qui contrôlent les compagnies pétrolières qui font ce que font tous les commerçants en temps de guerre: du marché noir. La particularité que vivent les américains, c'est qu'habituellement le pays où sévit ce genre de commerce reçoit aussi des bombes qui détruisent le flux des produits depuis la production jusqu'au consommateur. Cette fois-ci, ce sont eux qui bombardent sans que l'on sache pourquoi (eux non plus) et pourtant ils en souffrent. Ce n'est un mystère pour personne ou seulement pour ceux qui pensent que nous vivons en démocratie. Dans le monde réel, ceux qui gouvernent l'hôte de la  Maison Blanche ont décidé qu'il fallait augmenter les bénéfices. Quoi de mieux qu'une guerre qui va créer une pénurie et ce qui est rare et nécessaire devient plus cher par un effet qui associe les dominos et la loi de l'offre et la demande. Au nom du dieu dollar, de l'ÉBITDA, du cash-flow, des actionnaires, des dividendes, tout est bon, même la mort. Pauvres  de nous, pauvre monde, pauvres américains obligés de vivre dans un pays devenu fou."

UNE VUE SUBJECTIVE DU PRÉSENT, DU PASSÉ, DU FUTUR

L'actualité est une source intarissable qui irrigue les conversations de son eau polluée qui charrie le récit des atrocités guerrières, des déclarations stupides, des décisions imbéciles et les mensonges des uns et des autres. Les quelques bonnes nouvelles, les vérités qui feraient réfléchir se dissolvent dans les mauvaises et les contre. Le passé inspire aussi les passéistes qui se délectent en oubliant son horreur tandis que les futuristes rugissent de plaisir en ne voyant pas la face cachée des mirages qu'ils imaginent.

samedi 25 avril 2026

LES DEUX MONDES

Le monde intérieur où habite notre esprit est aussi variable, instable, aléatoire que celui où s'agite notre corps. Il est rempli d'idées, de pensées, de réflexions, de cogitations qui le rendent aimable ou désagréable. Il est aussi pollué avec des croyances imbéciles, des souvenirs dérangeants, des opinions erronées, des préjugés qui le dépriment, l'obsèdent, lui collent des névroses, le rendent psychotique. Il vit ce que vit son corps quand il est dans un champ de bataille, pris dans un tremblement de terre, emporté par une vague scélérate, en train de se noyer dans un sable mouvant, l'horreur au quotidien, en permanence.
Le causeur-parleur est un artiste comme l'écrivain, le sculpteur, le peintre, le musicien. La parole est son vecteur comme l'écriture, le marbre, la peinture, la musique. Il remplace seulement la qualité par la quantité.
Se réveiller l'esprit détendu,  l'âme tranquille, le corps reposé exige que l'on se soit endormi après avoir passé un jour où l'esprit a été occupé par des pensées positives, l'âme par une paix intime et que le corps se soit fatigué avec des exercices stimulants qui ont renforcé sa force, sa souplesse, son adresse. Aujourd'hui dépend donc entièrement de ce que fut hier. Je généralise et en déduis que le présent  est le résultat  du passé. Compte tenu de ce que nous apprennent les livres d'histoire, on comprend qu'il ne puisse qu'être mauvais.

vendredi 24 avril 2026

LA QUESTION INQUIÉTANTE

Un journal, dans ses pages économiques racontait, mardi, que les grands labos pharmaceutiques  qui emploient des milliers de chercheurs et gagnent des milliards cherchent à s'allier avec des sociétés sachant parler à l'Intelligence artificielle tandis que d'autres nouent des relations avec des start-up qui allient physique quantique et IA. Cela révolutionne la découverte de nouveaux médicaments, accélère tout le processus et devrait faire  se poser quelques questions dérangeantes.

Nous assistons donc, in vivo, à un renversement du pouvoir qui passe du grand au petit, et au remplacement du cerveau humain par celui d'une machine qui lui est supérieure en tout.

C'est aussi un grand remplacement qui va mettre au chômage la quasi totalité des travailleurs intellectuels avant même que le soient les manuels par les robots. Ce mouvement est irréversible et emportera la société avec lui car que pourra  un enfant quand il lui sera demandé de commander une machine mille, un million de fois plus intelligente??? Que peut-on espérer de cette confrontation?????

ÇA, C'EST BEN VRAI

Quand on est terrassé par une émotion, un coup dur, on reste immobile, tétanisé, en état de vie suspendue, il faut du temps pour reprendre ses esprits. Une fois qu'on les a retrouvés, on se rend compte que le cerveau n'est pas fait pour recevoir des chocs et qu'il faut être fou pour se faire boxeur.
Garder la tête froide et le sang-froid quand la révolte gronde, que la révolution s'ébranle, que l'ennemi arrive, que la maison brûle, ne pas s'évanouir, crier, pleurer, gémir n'est pas une chose facile. Se cacher dans le congélateur n'est pas possible car la place est prise par ce qui a été acheté chez Picard. Dans ces moments chaleureux et inconfortables, il faut regarder la situation, évaluer les implications, conclure rapidement et décamper à la vitesse du son ou de la lumière pour aller se réfugier dans un endroit tempéré, tranquille où la liberté est encore en activité et les gens bienveillants ne s'entretuent pas.

jeudi 23 avril 2026

ÉCHEC ET MAT

L'échec doit son succès à sa facilité. Il suffit de refuser de se fatiguer en travaillant, en apprenant et de préférer se reposer, s'amuser, jouer. L'insuccès devient vite une habitude, une façon de se gouverner, un art de vivre de la charité, en s'endettant, en ne remboursant pas. Il est l'objet d'un culte chez ceux qui trouvent que le succès signe un racisme déguisé en orgueil, en complexe de supériorité et s'apparente au triomphe que le sénat romain réservait au général qui revenait d'une victoire aux confins de l'empire avec les trophés pris aux vaincus, les rescapés souvent des éclopés défilant eux-mêmes pour célébrer leur défaite.
Comment une âme peut s'accrocher à un esprit qui habite le cerveau d'un tueur ou un égorgeur d'abattoir, un exécutant des basses œuvres d'un pouvoir, l'équipage d'un bombardier, un artilleur, un sniper, un fabriquant de bombes en tous genres, d'obus, de mines? Souffre-t-elle en silence ou a-t-elle déserté?  
Répondre à une question qui ne se pose pas est inutile car l'évidence se passe de mots sauf pour ceux qui ne la voient pas. C'est elle qui pose un problème et sa solution est mathématique avec plein d'équations, d'inconnus, de divisions, d'additions, de divisions et même des soustractions.

DE TOUT UN PEU

 On reconnait un idiot qui se croit futé à son apertinence.

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On se demande ce qui dégoute le plus: l'idée que l'on trouve puante ou celui qui l'a ?

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Tourner la page ne suffit pas à clore le chapitre quand il avait mal commencé. Il faut l'arracher, la jeter, l'oublier.

mercredi 22 avril 2026

POURQUOI ?

Les idées sont soit bonnes, soit mauvaises. Pour le savoir, il suffit de regarder le résultat de leur mise en pratique. Si elle conduit à la guerre, à la révolution, à la chienlit, à la faillite, à une crise des institutions, elle était mauvaise. Si elle apporte la paix, la prospérité, la sécurité, elle est bonne. C'est simple, facile, rapide, incontestable. Certaines personnes, des gouvernants ont des idées, les appliquent, le temps montre rapidement qu'elles étaient mauvaises et qu'elles augmentent la pauvreté des pauvres, la richesse des riches, l'insécurité, la division, la criminalité. Pourquoi ce besoin de faire le mal, d'encourager le laid, de promouvoir le mauvais?

LA QUESTION

Pourquoi est il plus facile, plus naturel, plus fréquent de passer de la bienveillance à l'indifférence puis, parfois, à l'ignorance ou à l'agressivité? L'inverse  est l'exception.

La réponse est simple, nul besoin d'être agrégé de psychologie appliquée: la bienveillance exige un effort. Elle fatigue car il faut élever l'autre, le  rendre acceptable. Elle est coûteuse.

Les options négatives simplifient, donc reposent. La pente est physiologique. En outre, ce qui reste du cerveau reptilien est conditionné pour détecter et fuir la menace. L'autre, par défaut, est vu comme tel. La bienveillance doit surmonter ce reflexe archaïque négatif, lui désobéir, en avoir la force.


La vie nous oblige à mener un combat contre l'adversaire, le concurrent, le voisin, le voleur, mais il est anecdotique quand on le compare à celui que nous devons livrer en permanence contre notre paresse qui nous suggère l'arrêt maladie, le mensonge qui voudrait nous faire trahir la vérité, l'orgueil qui nous pousse à la prétention, l'hypocrisie qui nous ferait simuler pour paraître ce que l'on n'est pas, l'avarice, la couardise et tous les vices qui nous rendraient encore plus misérables sont à l'affût et nous succomberions sous le nombre si nous ne livrions une bataille acharnée pour garder la dignité, le respect de nous-mêmes, la haute idée que nous avons de notre intégrité. Rendons hommage à notre courage, saluons notre héroïsme. Il restera dans l'ombre, à l'abri dans notre conscience et nous sommes les seuls à célébrer notre victoire. 

mardi 21 avril 2026

LES MÉFAITS DES CHEFS PRÉSIDENTIELS FIÈVREUX

Les gens qui ont le sang chaud perdent plus facilement la tête et commettent des actes déraisonnables plus souvent que ceux qui gardent leur sang-froid. La raison tient à la sensibilité des neurones à la chaleur qu'ils ne supportent pas. Au -delà de 39.9° centigrades, ils perdent leurs fonctions cognitives et, ne pouvant plus compter, penser et réfléchir normalement, ils font faire et dire n'importe quoi et dépenser de façon inconséquente. L'actualité illustre tragiquement cette vérité occultée par les censures qui bâillonnent la vérité pour obéir à des chefs présidentiels atteints de fièvre maligne.

LA GLOIRE DE LA FIN

La fin est l'apothéose de tout et la pièce, l'opéra, le concert s'achèvent dans les applaudissements, les bravos, les hourras, l'enthousiasme, le délire, le dithyrambe. Il n'y a que la fin de la vie qui ne provoque pas un tel triomphe. Au contraire, on a droit à des pleurs, des gémissements, des lamentations. Leur hypocrisie n'enlève rien à leur valeur symbolique. Redonnons lui la place qu'elle mérite dans le panthéon des grandes œuvres, saluons chaque disparition comme l'égale d'un baisser de rideau d'anthologie et qui fera du jour de la mort le plus beau jour de la vie.
Les gens qui passent leur temps à s'occuper des affaires des autres gémissent sur le malheur de ceux qui souffrent, ont faim, sont malades, se battent, sont  en prison. Ils se mettent à leur place, compatissent, souffrent avec eux, pour eux, se sentent coupables d'être en sécurité protégés par la police, la gendarmerie, l'armée, des vigiles, la justice, la loi, au chaud, rassasiés, en bonne santé, pourvus d'assurances tout risque pour leur maison, leurs voitures, leur santé, leur vie.

Ils en perdent beaucoup en imaginant pouvoir améliorer le sort de ces pauvres gens. En réalité, la mauvaise conscience qui les rend malheureux leur donne l'impression agréable d'être un acteur important dans la tragédie dont ils se sentent en partie responsables. Leur vie prend une dimension qu'elle n'aurait pas s'ils  étaient conscients de leur irresponsabilité.

PRENEZ EXEMPLE

Pour éviter les frustrations, garder un équilibre intérieur, ne pas inventer des problèmes, il suffit  de ne pas vouloir plus que ce que l'on peut avoir et, par exemple, ne pas prétendre écrire une encyclopédie si on est ignorant, escalader le Kilimandjaro si on est un cul de jatte, acheter un Picasso si on est à la rue. Contentez-vous, comme moi, de bavasser au lieu d'épistoler comme Dancharr, de regarder les grimpeurs grimper et d'accrocher le calendrier des pompiers à la cimaise de votre taudis. 

lundi 20 avril 2026

UNE MÉTHODE RECOMMANDABLE AUX CHANCEUX

Coincé entre le besoin de se lever et l'envie de rester couché, de parler et de se taire, de manger et de jeuner, le pour et le contre, chacun est soumis à un choix permanent. Il n'est pas que cela, mais aussi un dilemme tout sauf innocent puisqu'il vous fera arriver en retard ou en avance, dire une bêtise ou paraître réfléchi, grossir ou maigrir, faire ceci ou cela. Certains tergiversent, d'autres pas. Moi, j'ai résolu le problème et laisse le hasard décider, ayant confiance dans ma chance qui choisit une fois sur deux la bonne solution.
La crédibilité d'une croyance politique, religieuse, financière est inversement proportionnelle à la prétention affichée:

- celui qui vous promet un rendement de 30 % sur votre investissement est en train de construire une pyramide de Ponzi.  

- la publicité qui assure, photos à l'appui, que cette crème anti-âge va rajeunir de 40 ans votre vieille peau ment.

- le parti politique qui promet qu'arrivé au pouvoir, il résoudra tous les problèmes vend du vent.

- la religion qui vous jure, sur la croix, que si vous êtes fidèle à son enseignement, vous serez récompensé par un bonheur infini pour l'éternité dans un endroit paradisiaque, dépasse toutes les mesures et fait des arnaqueurs précédents des enfants de chœur.

MARRER

Celui qui dit "je me marre" est en proie à un rire qui n'a rien de joyeux et il ne se tient pas les cotes. Il accompagnera son dire d'un ricanement qui ressemble au grincement d'une porte qui refuse de s'ouvrir. Il ponctue ainsi  une déclaration déplorable, une décision imbécile, une incongruité fâcheuse. 

Le même enchainera probablement en usant du même verbe avec un "j'en ai marre" sur le ton du désespoir. Il exprime le fond de sa pensée devant la répétition de tant de conneries en faisant évoluer sa pensée d'une goguenardise assumée et résignée à une révolte structurée.  

PS: un entourage bienveillant alertera l'autorité qualifiée pour qu'elle prenne en charge les suites d'une telle déclaration qui peut annoncer l'intention d'un passage à l'acte préjudiciable à la santé.

dimanche 19 avril 2026

L'insuccès, la faillite, la défaite révèlent les faiblesses, les insuffisances, les manques. Ce coup de projecteur ouvre les yeux et les erreurs sont corrigées, les lacunes comblées, les comptes redressés. Débarrassés des fautes, le temps futur est celui de la remontée de l'enfer, une rapide sortie du purgatoire en direction du paradis, repaire des gens heureux. 

 Se "désaper" pour se mettre nu est la méthode classique pour se retrouver dans les bras de Morphée ou aller se baigner.

BIENVEILLANCE, UN RÊVE UTOPIQUE

J'appelle bienveillance les sensations d'harmonie, d'équilibre qui se mêlent aux sentiments d'indulgence,  de tolérance, L'humeur de celui qui les éprouve, de façon habituelle, envers lui-même et qu'il projette, par principe, sur les autres parce qu'il ne les voit jamais comme un ennemi, un adversaire, un concurrent, un rival, un importun, mais un ami potentiel, une personne normale, un semblable, un enfant de la même mère, la terre.

PS: je rêve d'un monde où la bienveillance se serait imposée. Aucune religion, idéologie, politique n'y aurait inoculé le germe de la division, de l'intolérance, de la domination. 

samedi 18 avril 2026

DICO, QUAND TU NOUS TIENS

Je dois à ma bonne connaissance du sujet et du verbe, ma capacité à choisir le complément d'objet pour finir ma phrase. Quand j'ai un doute pour trouver l'association de mots correspondant à l'intention de ma pensée, je consulte un dictionnaire. J'en dispose d'une collection, chacun spécialisé dans la discipline que j'aborde et mon public. Ainsi quand je m'adresse à mon voisin, à un plombier, à une vague relation et que nous allons échanger des propos anodins, je compulse le micro Larousse et trouve mon bonheur parmi ses 25000 mots. Si j'ai affaire à une personne sachant lire et écrire, ayant fréquenté une université ou un autodidacte sans diplôme mais ayant lu le dernier Goncourt, les 60000 mots du Petit Robert me dépannent facilement quand j'hésite diantrement sur une orthographe exacte. L'occasion ne s'est jamais présentée, mais au cas où le dialogue s'engagerait avec un agrégé en lettres majuscules et pour ne pas rester coi, je garde sous le coude un grand Larousse de 120000 signifiants. Un rayon, quoique renforcé en son milieu, de ma bibliothèque fléchit sous le poids de mes dictionnaires philosophique, mathématique, juridique consacrés aux termes médicaux, à l'argot des prisons, des casernes, de la haute administration, du numérique, de l'informatique etc... Ma passion m'a fait écrire, dans ma première vieillesse, un "Dico sans queue ni tête" qui a eu beaucoup de succès dans les hôpitaux psychiatriques de haute sécurité. Je termine, instrumenté par cette manie, un Dictionnaire amoureux des dictionnaires dont je ne suis pas mécontent car il aborde le problème jamais résolu car jamais traité de l'importance exagérée des voyelles au détriment des consonnes sous le prétexte abusif que l'une donne à l'autre sa capacité à s'exprimer. Vous en aurez la primeur dès que vous aurez compris qu'il s'adresse à ceux qui aiment ce que les autres n'aiment pas.
Oui et non disent beaucoup en un mot de trois lettres. Cette économie est une richesse qui fait gagner du temps à ceux qui n'aiment pas le perdre dans des réflexions inutiles du genre  de celle que vous êtes en train de lire.

AVEC et CONTRE

AVEC est une préposition piégeuse. Elle annonce un plus, un complément, un supplément qui ajoute, complète, participe à l'action, à l'idée, au propos. Il est parfois confondu avec CONTRE. C'est l'outrage impardonnable, lui le positif avec cet autre si négatif. L'exemple le plus déplorable et malheureusement si fréquent - une tierce de silence pleine de réprobation, merci - est celui-ci: "il s'est battu avec son adversaire". Comme moi, vous sursautez d'horreur, comment une telle confusion est-elle possible? CONTRE s'impose. Lui seul montre qu'il s'agit d'une confrontation, d'une opposition, d'un choc, d'une guerre singulière, d'un corps-à-corps, d'une lutte pour le prix ou la mort. Vous êtes indigné, je le suis aussi.

vendredi 17 avril 2026

Les gens que l'on ne connaît pas sont aussi peu présents que s'ils n'existaient pas.

MENSONGES ET VÉRITÉS

À court terme,  le mensonge a un pouvoir de persuasion impressionnant et il fait prendre facilement une vessie pour une lanterne aux aveuglés par le désir de croire le menteur. Les américains en ont fait une arme diplomatique de destructions massives qui leur permet de déclarer des guerres à des ennemis imaginaires. Ils suivent les exemples fâcheux de tous les grands prédateurs de l'histoire qui commettent leurs crimes, assoient leurs conquêtes et leurs défaites finales sur un gros mensonge. Mais il est très démocratique et des fausses valeurs gagnent le tour de France, font fortune dans la finances, gagnent les élections, entrent au Panthéon. Ils lui doivent leur prospérité.

La postérité est moins généreuse et elle envoie le menteur dans les poubelles, la honte, le déshonneur, l'oubli  car le complot est éventé, l'idole renversée, l'escroc démasqué. Le faux héros tombe de son piédestal, de son trône, de son fauteuil. Le public médusé s'étonne alors d'avoir cru au mensonge qui était énorme, évident, criant d'absurdités d'autant qu'il était proféré par un mauvais simulateur qui ne cachait pas sa folie, sa perversité, sa  monstruosité. La vérité a un sort plus glorieux et elle finit, parfois, par éclater dans le long temps. Son triomphe entre dans l'histoire  mais le mal n'est pas réparé: Dreyfus a été déshonoré, l'innocent condamné, la guerre déclarée. Ils ont été élus présidents.

Remettre à demain ce que l'on doit faire aujourd'hui est un signe de faiblesse, d'irresponsabilité et même le cynique est d'accord mais ni Aristote, Platon, Confucius, Lao-Tseu n'ont dit, comme lui, "il vaut mieux remettre à demain ce qui pouvait être fait aujourd'hui". Ce conseil , ajoute-t-il, devrait être enseigné dès le jardin d'enfants. "Pourquoi?", direz-vous, estomaqué par cette affirmation digne d'un uppercut dans l'hypocondre droit. "Parce que", complète-t-il "si vous n'avez pas joint le geste à la parole, enclenché le processus, sauté le pas, signé le contrat, débuté les travaux etc. alors que vous le pouviez, c'est parce que vous avez compris que le feu n'était pas dans la maison, qu'il fallait réfléchir encore durant la nuit qui porte conseil, laisse décanter le problème avant de le résoudre et se rappeler du vieux dicton repris d'un proverbe persan qui dit "Rien ne presse, il n'y a que des gens pressés". 

Demain, l'esprit reposé verra plus clair et il apercevra les écueils dissimulés, les erreurs de calcul, les conséquences désastreuses lointaines. On pouvait mais il fallait mieux non seulement attendre mais refuser, interrompre, annuler car on s'engageait dans l'inutile, l'imbécile, le dangereux. 

Procrastiner ce qui est du domaine du possible n'a que des avantages puisqu'il économise du temps, des efforts, de l'argent. Seuls les esprits capables de ne pas succomber à l'urgence, de faire preuve de patience, de voir les arrière-plans, de mettre en perspective ont ce pouvoir de garder la tête froide et de remettre aux calendes grecques ce qui n'a pas lieu d'être et nous d'avoir.

jeudi 16 avril 2026

LE CYNIQUE EST FRUSTRÉ

Je n'aime pas ce qui arrive de mal à ceux que je n'aime pas car je ne suis pas méchant et j'aime qu'il leur arrive du bien car je suis gentil. Il n'y a que dans ces deux occurrences que ma haine ne trouve pas à s'employer. Elle me manque.
Parce que mon âge me fait appartenir à la génération Gutenberg, j'aime sentir le poids des mots dans un livre ayant des pages réelles. 

LE CONSEIL DE DEMAIN

Arrêtez de vouloir convaincre autrui qu'il n'a rien compris. Ce pauvre homme, cette femme lamentable vivent mal votre prétention. Ils en souffrent. Ils ont, in petto, des pensées assassines à votre encontre, les mêmes que vous auriez pour un quidam qui se prendrait pour dieu le père, un détenteur de la vérité, un augure, un connaisseur des choses cachées, des secrets ignorées. Vous le trouveriez prétentieux. Il vous haïra encore plus que vous le méprisez. Pourtant, il ne s’agit pas de renoncer à dire le vrai, de laisser l’erreur prospérer. Il faut contredire sans écraser. proposer un éclairage, comprendre ensemble. Ce sport est difficile, le jeu ingrat, le résultat aléatoire mais il est amusant, instructif et l'on apprend beaucoup sur le partenaire de la joute. De plus, dans tous les cas, on est gagnant et lui perdant: soit il est OK avec nous (K.O. technique), soit il reste sur sa mauvaise position et en subira les conséquences.

mercredi 15 avril 2026

UNE GRANDE ÂME, LE CYNIQUE, UN EXEMPLE À MÉDITER

Pour donner à ma consommation intensive du chocolat une dimension éthique, je m'oblige à n'acheter dans mon supermarché de proximité que des tablettes certifiées ne contenir que du beurre de cacao extrait de fèves provenant des cabasses non génétiquement modifiées de cacaoyers cultivés selon des méthodes héritées des ancêtres incas d'indigènes cueilleurs habitant des forêts primaires des contreforts andins vendant directement leur récolte à des torréfacteurs qualifiés par un label authentifié par une autorité habilitée. Ce circuit court-circuite le système agro-alimentaire capitaliste qui exploite au profit d'actionnaires avides, de fonds de pension anonymes et des requins de la finance affamés une pauvre population laborieuse exploitée depuis 1492 par les descendants impitoyables de Christophe Colon au profil de sociétés suisses dont nous tairons les noms pour ne pas ajouter un supplément d'opprobre à la honte de ceux qui en consomment les tablettes pour leur seul plaisir égoïste.
Chacun a son truc et on est habités par la musique, la peinture, les mathématiques, la physique, la chimie, l'histoire, la géographie, la cuisine, les mots, les lettres, le théâtre, les petits oiseaux, les escargots; etc.. Les plus heureux, si vous voulez mon avis, sont  les simples d'esprit:  libérés de tout, ils sont libres.
Une horreur épouvantable donne une sensation métaphysique qui incite à s'en éloigner à la vitesse de la lumière tandis qu'une splendeur magnifique donne un sentiment qui se rapproche d'une euphorie extatique. 

mardi 14 avril 2026

L'impatience satisfaite est, en théorie et en pratique, plus positive, plus économique, plus productive que la patience enfin récompensée.
Monsieur, je vous demande d'observer une seconde de silence pour honorer la mémoire des soixante minutes que vous venez de perdre dans un bavardage où vous avez débité des futilités que la personne qui vous écoutait n'entendait pas, trop occupée à échanger des onomatopées avec un semblable qui n'avait rien à dire.

APERTINENCE

L'apertinence n'existe pas en français. Elle est le contraire de pertinence. Je comble cette lacune incompréhensible et enrichis le dictionnaire d'un nouveau mot. J'espère que vous lui ferez un accueil digne de son mérite. Il signifie que la décision a  été prise au mauvais moment, que la déclaration était inopportune, l'attitude scandaleuse, la parole de trop. Elle n'est pas une impertinence qui, dans tous les cas, se justifie car elle traduit une liberté d'esprit qui se manifeste par une originalité qui révulse les prisonniers de la routine, de l'habitude, du conformisme. 

lundi 13 avril 2026

 Il y a toujours une solution au problème et quand on a

- peur, on se réfugie dans un bunker, une panic-room, une tranchée, derrière une barricade, un escadron de gendarmes;

- froid, on met une houppelande, un passe-montagne, on glisse sous la couette, on part sous les tropiques;

- faim, on mange; soif, on boit;

- des doutes, on ouvre une encyclopédie ou on demande à ChatGPT.
Le temps met les événements à distance, puis les dissout dans le passé. Il en reste juste assez dans la mémoire pour rappeler que le climat actuel - accumulation d’ingrédients explosifs  et de facteurs de risque détestables - n’est pas inédit.

Ce qui se déroule sous nos yeux, erreurs multipliées par des fautes impardonnables, est le produit récurrent de la domination spirituelle et temporelle d’incapables majeurs, de psychopathes avérés, de fous furieux portés au pouvoir par des imbéciles notoires et des crétins patentés.

Tout cela a déjà existé. Tout cela a déjà été applaudi. Ce qui est nouveau et pas rassurant, c’est que les temps ont changé avec des hommes en plus grande quantité et armés de bombes plus puissantes.