Les gens qui passent leur temps à s'occuper des affaires des autres gémissent sur le malheur de ceux qui souffrent, ont faim, sont malades, se battent, sont en prison. Ils se mettent à leur place, compatissent, souffrent avec eux, pour eux, se sentent coupables d'être en sécurité protégés par la police, la gendarmerie, l'armée, des vigiles, la justice, la loi, au chaud, rassasiés, en bonne santé, pourvus d'assurances tout risque pour leur maison, leurs voitures, leur santé, leur vie.
Ils en perdent beaucoup en imaginant pouvoir améliorer le sort de ces pauvres gens. En réalité, la mauvaise conscience qui les rend malheureux leur donne l'impression agréable d'être un acteur important dans la tragédie dont ils se sentent en partie responsables. Leur vie prend une dimension qu'elle n'aurait pas s'ils étaient conscients de leur irresponsabilité.
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