Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


mardi 3 février 2026

DANS LA SÉRIE IL Y A

Il y a des gens qui se sentent étrangers à leur propre corps. Soit ils l'ignorent soit ils en ont peur et refusent de le palper, de le toucher, de le sentir, de prendre sa température. Ils l'habitent mais font comme s'ils n'en étaient pas les propriétaires, mais des locataires temporaires sans obligation de l'entretenir et le maintenir en bon état. Ils se comportent avec lui comme avec leur voiture qu'ils conduisent au garage dès qu'ils entendent un bruit, ont du mal à la démarrer ou qu'il est temps de vérifier les niveaux et le gonflage des pneus. Ils délèguent la surveillance, n'ouvrent pas le capot. C'est le travail du mécano, pas le leur. Ces mêmes gens fréquentent assidument les salles d'attente des médecins, encombrent les urgences. Incapables de se prendre en charge, de moins manger pour ne pas devenir obèses puis diabétiques, hypertendus, de pas fumer,  ils s'étonnent de faire à la cinquantaine, à la soixantaine un infarctus, un AVC, une insuffisance respiratoire, une cirrhose graisseuse, un cancer du poumon, du larynx, d'avoir mal aux genoux, aux hanches, au dos, de tomber et de ne pouvoir se relever.

Ce refus de voir son corps, de le traiter avec respect, amitié, reconnaissance pour les services rendus, d'être à son écoute, de le surveiller avec amour  témoigne d'une ingratitude inexplicable. Est-ce parce qu'ils trouvent vulgaire et indigne du pur esprit dont ils se sentent dépositaires ce tas d'os et de chair qui passe son temps à les faire souffrir et leur gâche trop souvent son temps de penser? Est-ce la paresse de faire des efforts, la peur de prévoir un avenir terrifiant, l'incapacité de réfléchir à son devenir par bêtise ou la volonté de profiter de l'instant  sans se soucier des lendemains? 

Chez ces gens-là, l'esprit n'a pas la  reconnaissance du ventre et ne traite pas le corps à la proportion des service rendus. Ils en sont punis au centuple car il enregistre toutes les avanies, se rappelle des saloperies qu'on lui fait avaler, des excès qui l'ont épuisé, des accidents qu'il a enduré. Un jour, exaspéré, il n'en peut plus, il craque, se venge et, kamikaze, se fait hara-kiri, tue son tortionnaire.

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