Ce blog est pour le lecteur qui apprécie l'ironie, l'humour, qui est à l'affût de pensées faciles, d'idées saugrenues, d'inventions bidon, de conseils bizarres et qui n'est pas horrifié par le sarcasme, l'irrespect. Il est à éviter pour les conformistes, les dominants, les dominés.


vendredi 18 octobre 2013

UNE NOUVELLE CONSTERNANTE


Dans mon coin, la pluie et la bernache coulent à flots et celle-là met de l’eau dans celle-ci. L’hydrophile qui n’aime pas baptiser son verre à l’alcool et l’éthylophile mouiller le sien ne sont pas contents.
Corrélativement on constante une augmentation des rixes, des scènes de ménage, des accidents domestiques avec un surmenage des gendarmes dans la campagne et des vigiles dans les villages. Vivement que la neige arrive, que la bernache arrête de fermenter et que le calme revienne.

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RÉHABILITATION


Un discret cache souvent sa bonne idée derrière une arrière-pensée qu’il n’ose exprimer. Elle n’a aucune chance devant celle que tonitrue une grande gueule. La première se fait oublier dans le silence jusqu’à ce que la grande se révèle fausse. Elle doit céder la place à l’arrière-pensée enfin libérée qui recelait la grande idée.

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LE CONSEIL DU JOUR

L’état des lieux, la situation du moment, les prévisions du futur vous inquiètent. Vous vous étonnez d’être parmi le petit nombre qui ne gaspille pas, pollue peu, se tient tranquille, ne fait pas d’enfants. Vous êtes effrayé par les indifférents à tous et je vous sens un peu jaloux de leur comédie du bonheur. Elle vous paraît stupide autant que leur euphorie béante.
Le moyen d’être comme eux est simple. Une lobotomie suffit. C’est une petite incision superficielle dans le lobe frontal. Cela suffit pour devenir calme et stupide. La réalité cessera de vous paraître horrible, hostile. Ce qui vous importe cessera d’être important. Vous deviendrez insouciant pour vous, pour les autres, le présent, l’avenir. Vous aurez le sourire du ravi du village. L’âme sereine, vous perdrez votre temps, gaspillerez, enfanterez, voyagerez comme tout le monde. Vous serez enfin dans le troupeau.

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jeudi 17 octobre 2013

LA CONDOLÉANCE DU JOUR

Au début, on grelotte dans les langes ; à la fin on se refroidit dans le linceul. Dans l’entre-deux on est dans de beaux draps.
Merci papa, merci maman.
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DANS LA SÉRIE IL Y A


Il y a ceux:

-      qui préfèrent se taire ;

-      qui n’en pensent pas moins ;

-      qui en ont gros sur le cœur ;

-      qui souffrent en silence ;

-      qui crient dans le désert ;

-      qui n’en croient pas leurs yeux ;

-      qui l’ont toujours su.

Et puis il y a :

-      le premier de la classe ;

-      le premier de cordée ;

-      le premier violon ;

-      le premier arrivé ;

-      le m’as-tu vu ;

-      le fin à-bras ;

-      le roi de cœur ;

-      l’arbitre des élégances ;

-      le Prince-jardinier ;

-      celui qui s’étonne de rien, qui a tout vu, tout entendu.

Et puis il y a le bipolaire, tantôt il est celui-ci , tantôt l'un de ceux-là.

Enfin, il y a vous, l’unique, l’exceptionnel, pertinent, sage, percutant, avisé, serein, ignifuge, opportun, discret, résistant, l’animal parfait, la salamandre, moitié lézard, moitié crapaud, avec un zeste de têtard.

_________x-ci

lundi 7 octobre 2013

MORALITÉ VIRALE - Suite -

Le 27 septembre dernier, nous vous annoncions qu’une arme virologique s’était échappée, suite à un accident dans un laboratoire secret de l’armée. Le virus IN3Zy, dit virus de la moralité, grâce à sa diffusion hydro-aérienne et à une capacité reproductive exponentielle a contaminé, en quelques jours, la population mondiale.
Un premier bilan des conséquences de l’épidémie de moralité peut déjà être fait. Tous les pays ont été frappés. Nous nous bornerons à énumérer celles qui sont en train de bouleverser la vie de notre pays.
La population a été d’abord frappée de stupeur quand elle a vu se presser aux portes des tribunaux, des postes de police et de gendarmerie mais aussi des prisons, une foule de femmes et d’hommes demandant, en larmes, à être incarcérés. Ils exigeaient leur punition pour des méfaits dont ils s’accusaient avec véhémence. Ils leur étaient devenus insupportables. En prêtant attention à chacun, on entendait des accusations terribles. On comprenait que cette foule larmoyante était faite de voleurs, de violeurs, d’assassins, d’escrocs, de faussaires, de trafiquants, etc. Ils venaient se livrer pour être punis de leurs vilenies, ne supportant plus leur indignité.
Très spectaculaire a été aussi la vague de démissions des responsables de la haute administration dans la police, la justice et dans beaucoup d’autres services de l’État. Pour justifier leur décision, ces fonctionnaires avouèrent s’être rendus coupables de falsifications de preuves, s’être laissés acheter, d’avoir vendu des renseignements, favorisé des entreprises, maquillé des preuves, vendu leur influence, accepté des pots de vin, fait condamner des innocents, extorqué des aveux.
Le Sénat, l’Assemblée nationale se transformèrent en cour de justice et l’on vit à la tribune un défilé de parlementaires avouer des mensonges, leurs reniements, leurs conflits d‘intérêt, leurs concussions, leurs trahisons, leur prévarications.
Personne ne fut épargné. Aucun secteur d’activité n’échappa au besoin de vertu qui agita l’âme, l’esprit de tous.
La première page des journaux cessa d’être remplie de la rumeur des guerres et de la vie des peoples. Elle se transforma en actes de contrition. Les plus fameux journalistes politiques s’accusèrent d’avoir manipulé l’opinion, d’être aux ordres de leurs patrons, banquiers et hommes d’affaires, de défendre leurs intérêts. Ils avouèrent être partisans, partiaux, mensongers, n’ayant que l’argent, le pouvoir, la gloire comme objectifs et méprisant la vérité. Leur besoin d’expiation atteignant une dimension qui laissait craindre qu’il leur serait difficile de se supporter très longtemps.
Les syndicalistes se flagellèrent en public en s'accusant de se moquer de leurs mandataires.
Des publicitaires, des médecins, des pharmaciens, avouèrent, en place publique par des communiqués, des lettres placardées sur la porte de leur bureau, de leur domicile, sur des affiches, leurs turpitudes et en détaillaient, avec une sévérité masochiste tous les détails.
Les banquiers ne supportant plus leurs activité se cachaient ou s’enrôlaient chez les petits frères des pauvres. Les banques fermèrent. Les buralistes n’acceptant plus de vendre des cigarettes qui apportaient la mort, fermaient leur boutique. Les fabricants de pesticides, brutalement conscients d’empoisonner la nature, stoppèrent leur production.
Les tueurs des abattoirs, les pêcheurs sur les chalutiers, refusèrent, du jour au lendemain, de continuer à abattre les bêtes, de ravager les populations marines : de quel droit s’arroger ce pouvoir ? La vie est sacrée. Telle fut la voix qu’ils entendirent brusquement à l’intérieur de leur conscience. Les boucheries, les charcuteries, les poissonneries baissèrent leur rideau, en accord complet avec leurs fournisseurs de chair fraîche.
La prise de conscience de la noirceur de leur vie antérieure, plongea les plus fragiles dans une détresse intolérable. Une vague de suicides décima les rangs de tous ces convertis tombés dans une dépression insoutenable. L’hécatombe prit de telles proportions qu’on put croire que l’honnêteté, symbole de la moralité, avait été l’exception.
Ainsi, du jour au lendemain, la société française retrouva le sens du bien et ne supporta plus le mal qu’elle faisait. Ne plus mentir, ne plus trahir, ne plus tuer, respecter l’autre, n’abuser de rien devint une exigence, un devoir, une obligation. Ce qui hier n’intéressait que les utopistes, des marginaux, des idéalistes, des doux dingues devint la vérité de tous.
Un nouveau monde est en train de surgir. Pour le moment, on ne sait pas ce que le prochain sera, car la pagaille est à son comble. Plus rien ne marche. Aucune grève générale n’a provoqué une telle paralysie. Le chaos est total. On ignore ce qui succédera à la barbarie et si la vertu triomphante ne fera pas regretter le vice d’hier… !
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à suivre

dimanche 6 octobre 2013

LES QUESTIONS DU JOUR


Vous qui vivez dans la précarité, sans salaire, sans maison, sans avenir, vous êtes en train de fabriquer un futur terrien. C’est un investissement sur le long terme à un moment où l’on n’est pas sûr que demain verra le jour. Est-ce par inconscience, irresponsabilité, imbécilité ou pour avoir de votre mariage un autre souvenir que le divorce ?
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Quand vous tuez un lion, un buffle, un éléphant, est-ce pour l’extase de son agonie ou pour le plaisir de détruire un être plus beau, plus fort que vous ?

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Est-ce pour :
- le prestige de l’habit vert,
-l’admiration de la famille ;
- la jalousie des confrères ;
- la place d’honneur dans les dîners en ville ;
- le rappel en page de garde
que vous êtes entré à l’Académie française ou simplement parce que, doutant du jugement du futur, vous préférez conjuguer l’immortalité au présent ?

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vendredi 4 octobre 2013

LE CONSEIL DU JOUR

Vous êtes jeune, beau, grand, fort, souple, adroit. Vous aimez Vivaldi, Verdi, Bach, la peinture italienne. Vous êtes musicien, chanteur, poète. Sensible, vous aimez la nature, les oiseaux, les papillons, les chats, les chiens. Vous êtes végétarien, gourmand, gourmet, aimez le sucre, le chocolat, le champagne. Généreux, amical extraverti, réfléchi, vous aimez aussi la solitude, le silence, le désert. Vous aimez planer dans le ciel, nager dans les coraux.
Enfin, vous êtes riche, très riche. Et, malgré tout, vous avez un problème, un gros problème. Vous êtes malheureux car vous vous sentez inachevé. Il vous manque votre moitié. Vous n’arrivez pas à trouver l’âme sœur, la femme de vos rêves. Celle qui comblerait votre besoin d’amour.
Vous voulez un conseil ?
-      Oui !
Vous êtes unique, une erreur de la nature. D’habitude on a un talent, deux ou trois au maximum. Vous les avez tous et vous recherchez un alter ego qui serait à votre dimension. Elle n’existe pas.
Heureusement ! Quoi de plus terrible que deux divas sur la même scène d’opéra. Dans les coulisses c’est la guerre. Ce qu’il vous faut c’est un complément et comme vous êtes complet, votre contraire, votre opposé c’est seulement alors que vous trouverez, avec l’équilibre, le bonheur. Vous cesserez d’être une exception, un monstre.
Trouvez un laideron, au Q.I. moyen, au caractère pas facile mais qui n’en reviendra pas d’avoir été le choix d’un parangon et qui appréciera. Elle vous donnera l’admiration que vous méritez sans l’excès que vous n’aimeriez pas. Elle vous permettra d’exploiter toutes les qualités qu’une autre aussi dotée que vous se serait contentée d’égaler.
Même s’il est vaste, vous n’avez pas d’autre choix !
 

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mardi 1 octobre 2013

LA QUESTION DU JOUR


Vous êtes un battant, n’avez peur de rien. Vous êtes prêt à tout, avez fait vos preuves, n’avez rien à prouver, de compte à rendre à personne, voyagez léger, êtes un homme libre, sans entrave, sans préjugé, sans limite, vous avez largué les amarres depuis longtemps. Alors vous attendez quoi ? un ordre ?

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L’OFFRE D’EMPLOI DU JOUR

Vous êtes paresseux ; vous n’avez jamais planté un arbre, tapé sur un clou, épluché une patate. Regarder un balayeur balayer, un cycliste pédaler, un coureur courir vous donne des courbatures. Votre expérience, votre expertise, votre art de vivre sans rien faire nous intéressent. Nous avons besoin de vous pour nous aider dans notre agence de conseil à l’individu en détresse. C’est un travailleur, ouvrier ou employé qui, avec 35 heures de travail hebdomadaire a 133 heures de repos. Il en consacre 8 chaque jour à dormir. Il lui reste 72 heures où il n’a rien à faire. Un nombre croissant d’individus  verse dans l’inaction, l’aboulie, facteurs de dépression.
Vous qui, depuis toujours, occupez votre temps à vide parce que vous aimez cela, naturellement, sans vous plaindre, sans rechigner, sans lamentation, nous vous demanderons d’apprendre à nos clients à meubler leurs 72 heures de loisirs. Vous leur ferez découvrir les plaisirs du farniente, les délices de la chaise-longue, la meilleure façon de faire la sieste, les subtilités de la méditation sans rumination. Votre vacuité, votre inutilité, votre désintérêt, votre parasitisme, enfin tout ce qui vous rend odieux à votre entourage vont trouver à s’employer et vous rendrez enfin à la communauté tout le bien qu’elle vous a prodigué depuis que vous vivez à ses crochets.
Nous avons conscience  du sacrifice  car travailler à rendre le sourire à nos malheureux travailleurs qui dépriment durant leur repos forcé, c’est faire violence à vos principes, rompre avec votre éthique, abjurer votre religion.
En contrepartie, vous apprendrez au contact des classes laborieuses à mieux vous connaître, en découvrant les raisons inconscientes de votre refus du travail, de la fatigue, de l’effort. Ce sera votre récompense, votre salaire. Votre contribution dans le cycle de notre cours d’adaptation au repos sera à la mesure de votre idéologie, car nous respectons votre philosophie. Votre seul spectacle leur montrera le chemin à suivre, les gestes à faire, vos trucs, votre méthode pour occuper vos heures de veille à rester impassible, insensible à l’ennui, à profiter des autres sans qu’ils s’en aperçoivent, à sauter sur les occasions, à prendre sans donner, à faire croire, à jouer au néant frénétique, etc.
Grâce à votre exemple, ils cesseront d’avoir la haine pour ceux qui, par bêtise, sectarisme, idéologie, ont eu la volonté, en leur enlevant le temps du travail, de leur faire perdre fierté, responsabilité, utilité, devoir, raison, pour mieux les asservir.

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vendredi 27 septembre 2013

PETITES ANNONCES DÉCLASSIFIÉES

Pour ne pas oublier le bon vieux sale temps , achetez notre méthode mnémotechnique pour vous rappeler vos occasions de vous taire, vos oublis malheureux, vos rendez-vous ratés, vos erreurs impardonnables, etc.
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Vends pétards mouillés pour fêtes ratées, faillite, divorce, défaites, fiascos…
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AU JOURNAL OFFICIEL

Le gouvernement a décidé d’amnistier les gouvernements des républiques précédantes de leurs mensonges, de leurs parjures, de leurs reniements, renoncements, lâchetés. Toutes allusions à ces perfidies anciennes tomberont sous le coup de la loi réprimant les dénonciations calomnieuses.
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LE CONSEIL DU JOUR

Si vous voulez avoir une bonne vision de la réalité, vous avez intérêt à :
  • -      Mettre des lunettes ; 
  • -      Changer de lunettes ; 
  • -      Remplacer un ou les deux cristallins ; 
  •  
  • -      Acheter un autre journal.
En cas de persistance du trouble, consultez un orthoptiste qui vous apprendra à vous accommoder d’une vision trouble, des fausses nouvelles, des informations mensongères, etc. …
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 LE FAIT DU JOUR

Suite à une manipulation malheureuse, le tube à essai qui contenait la souche du virus génétiquement modifié IN3Zy s’est cassé dans le laboratoire de virologie. Ce virus très volatile, très contagieux, faisait partie des armes psychologies interdites mises au point par le ministère de la défense. Le laboratoire en question travaillait à un vaccin destiné à rendre inoffensif le virus IN3Zy pour les populations devant être protégées.
Ses effets immédiats ont été aussitôt ressentis et un bouleversement de la société est déjà en train de se produire. Les conséquences à court, moyen et long terme sont, pour le moment, difficilement prévisibles. Elles risquent d’être considérables. La suite dans nos prochaines éditions.
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CONCLUSION DE L’ENQUÊTE ET FIN

Notre enquête sur le dénombrement des entités vivantes sur la planète terre est terminée. Elle s’est révélée difficile car les espèces vivantes se sont révélées plus nombreuses que prévu et allant se nicher dans des endroits réputés invivables. Il a donc fallu à nos équipes aller au plus profond des fosses océaniques, dans le haut des montagnes, au creux des grottes et dans des endroits encore plus inaccessibles.
Comme il fallait s’y attendre, ce sont les vers de terre qui se révèlent être la population la plus répandue.
Nous vous épargnerons le détail de la répartition. Une publication ultérieure répondra à votre interrogation légitime :
-      combien de doryphores ;
-      combien de criquets pèlerins ;
-      combien de baleines à bosse ;
-      combien de chats persans ;
-      etc., etc. …
Le total est : 6.857.072 à la puissance 299 ± 256

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dimanche 11 août 2013

VOUS ÊTES DÉPART OU ARRIVÉE ?

Partir, c’est l’inconnu, la nouveauté, l’aventure. C’est abandonner l’habitude, l’assuétude, la lassitude. C’est refuser la routine, la monotonie, renouer avec l’envie, l’espoir d’être différent dans un autre monde où notre passé n’a jamais existé et qui n’attend que notre avenir.
Le départ est merveilleux car c’est une porte ouverte, le début d’une renaissance.
Pour que le départ soit une fête, il faut oublier qu’il y aura une arrivée où tout recommencera comme la dernière fois. C’est pourquoi ceux qui aiment les départs ne peuvent pas s’en passer et repartent très vite, sitôt installés, avant l’habitude, l’assuétude, la lassitude… à la poursuite du soleil, de leur chimère. Ils attendent avec impatience leur dernier départ, le seul dont l’attente de l’arrivée durera une éternité.
Ils côtoient, l’espace d’un moment, dans leur transit, les amoureux des arrivées, leurs opposés. Ces sédentaires sont contents d’être où ils sont, une fois pour toutes. Ils s’y incrustent, y végètent, y prennent racine. Les plus entreprenants y font souche. Ils sont là depuis toujours, prisonniers satisfaits de leur horizon borné de grands arbres, de belles montagnes, de mornes plaines, de petites rivières. Ils sont curieux de nulle part, contents du climat, du lieu, des gens qu’ils comprennent sans mots dire. Ils ont peur du dernier jour. Ce sera leur seul départ. Faute d’habitude, ils craignent tout ce qui rend si contents les voyageurs impénitents. Pour les rassurer, plutôt qu’une extrême onction, il faudrait une conversation entre ceux-ci et ceux-là pour que le bonheur des uns éradique le malheur des autres.

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dimanche 28 juillet 2013

FATALITAS

Ceux qui n’aiment pas trainer leur langueur dans la monotonie de la routine, prennent le large. L’air y est plus pur, on y respire mieux, la vue porte au loin, la vie est plus vive.
À la première seconde, le paysage est étrange, différent. Dommage que le temps ne s’y arrête pas. La surprise serait constante. Mais, ici comme là-bas, il ne s’éternise pas. L’habitude s’installe dès la deuxième et le décor s’incruste. Chaque jour se répète.
Il faut aller loin pour comprendre que c’est notre banalité qui contamine tous les endroits, où nous espérions ne plus être contagieux.
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samedi 27 juillet 2013

Monsieur le Robot,
Ne soyez pas triste. Vous n’avez pas de conversation, pas d’idées, ne pensez à rien. Mais votre mémoire vive vous permet de travailler, d’aller et venir. Malgré votre excès d’angles, vous êtes dans la norme. Vous pouvez fonder une famille et faire des petits robots. Votre avenir sera aussi brillant que notre passé.
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jeudi 18 juillet 2013

L‘INTERROGATION DU JOUR

Vous n’étiez pas content quand il faisait froid, quand il pleuvait et maintenant, parce qu’il fait chaud.
Est-ce que, au moins, vous êtes content de n’être jamais content ?
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LE CONSEIL DU JOUR

Ne regrettez pas vos rêves évanouis. Leur disparition prouve qu’ils n’étaient pas viables.

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AVERTISSEMENT

Les illusions et les peines perdues sont priées de rester où elles sont.

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 Pour la fête nationale, le président a décidé, en accord avec le Saint Père que les espoirs déçus bénéficieront d’une seconde chance.

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dimanche 14 juillet 2013

LA QUESTION DU DIMANCHE ET SA RÉPONSE

Question :

 
« Monsieur,
J’ai perdu la nuit dernière, normalement dévolue à faire des beaux rêves, à me poser la question suivante : a-t-on le droit de croire ce que l’on pense, de penser ce que l’on dit et dire ce que l’on fait au risque de trop en faire après en avoir trop dit sans en être sûr ? »
 
Réponse :
 
« Après avoir réfléchi, le temps nécessaire, à votre question insomniante, je suis en mesure de vous répondre qu’il y a des questions dont les réponses vont d’elles-mêmes mais qu’il faut mieux taire pour ne pas susciter des réactions sans rapport avec l’objet de la question ou disproportionnées. Pour être plus précis - car je sens que vous ne retrouverez le sommeil qu’en étant parfaitement renseigné, et que je ne suis pas du genre à me dérober - je vous dirai tout de go, c'est-à-dire carrément, pour parler français et sans déguiser ma pensée par des faux fuyants, ayant été élevé dans la religion du franc parler vrai et peu habitué à noyer le poisson au risque de lui faire prendre des risques inutiles par les temps qui courent et qui sont bien pénibles, je peux vous l’assurer – sans barguigner - en prenant à témoin, les miséreux qui aimeraient bien être ailleurs, dans une réponse aussi claire que votre question était obscure qu’il ne faut se poser une question que si elle mérite une réponse qui apporte une solution possible voire définitive à un dilemme qui souffre d’une ambiguïté évidente et susceptible, par conséquent, de provoquer une inquiétude angoissante et préjudiciable à un équilibre instable pouvant verser à tout moment dans la dépression profonde, la schizophrénie aiguë et, peut-être même, dans un état de stupeur irréversible avec risque de sombrer dans une catatonie proche de la rigidité cadavérique. Votre cas est heureusement complètement étranger à ce scénario qui mériterait l’intervention rapide des efforts conjugués du Samu social, de Police secours et des Pompiers volontaires en incendies criminels. Vous ne souffrez que d’une insomnie légère suite à l’absorption probable d’une tasse de thé trop chargée en théine, alcaloïde parfois redoutable. Vous ne devriez plus vous poser ce genre de questions stupides après un verre d’eau chaude enrichie de quelques feuilles d’un tilleul non traité et bien séchées de la dernière récolte».  
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jeudi 11 juillet 2013

CE MESSAGE EST POUR VOUS

-Si vous êtes trop pressé d’aller ailleurs pour rester ici ;
- si vous êtes trop pressé de courir pour vous arrêter ;
- si vous ne suivez que les conseils qui sont des ordres ;
- si vous croyez qu’il suffit d’être nommé pour devenir une pierre ;
- si le tableau de Cébès ne mérite pas un regard ;
- si une phrase d’Épictète ne vaut pas une parole d’évangile ;
- si l’évangile a une origine extra-terrestre.
Vous êtes incurable, ne changez rien. Il est trop tard.

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lundi 1 juillet 2013

TAISEZ-VOUS SI VOUS N’AVEZ RIEN À DIRE

Pourquoi me racontez-vous, en boucle, la panne de courant, la fuite d’eau, la pluie qui traverse le toit, la connerie de l’un, la bêtise de l’autre que je ne connais pas ? Ces évènements considérables remplissent votre vide. Ils me sont insignifiants, insupportables. Quand comprendrez-vous que la seule chose qui m’intéresse c’est ce que je fais, ai fait, ferai et la pensée, la réflexion, les idées que j’ai, que j’ai eues et que je sais que je vais avoir.  

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