Chaque pays a, comme chacun de nous, deux histoires : la glorieuse et la calamiteuse.
La France, par exemple, peut s’enorgueillir et mettre à son crédit d’avoir bâti Versailles et beaucoup d’autres beaux châteaux, comme Chambord, Cheverny, Angers, Villandry et tant d’autres tout aussi merveilleux ; d’avoir enfanté quantité de bons fromages, planté des vignes qui produisent des vins qui font plaisir ; d’avoir vu naître Molière, Racine, Hugo ; d’avoir connu le siècle des Lumières ; d’être le pays des impressionnistes et du french cancan ; d’être parmi les fondateurs de la haute couture et d’une certaine idée de la gastronomie ; d’avoir fixé, enfin, les règles d’un certain art de vivre.
L’autre histoire emprunte une tout autre paire de manches, et son débit obère le bilan d’une façon désolante.
Nous n’épiloguerons pas sur des siècles de féodalité, avec les guérillas permanentes de soi-disant seigneurs qui n’étaient que des querelleurs sans cervelle, ni sur les siècles de royauté passés à faire encore et toujours la guerre, à l’intérieur comme à l’extérieur, sans beaucoup plus de raison.
Tout cela fut parsemé de jacqueries, de croisades, d’un premier exemple de colonisation, de guerres épouvantables de religion fomentées par la Sainte Église dominante, de révoltes et d’une révolution qui échangea une tyrannie contre une autre, impériale.
La suite fut à l’identique : une répétition interminable de guerres, de défaites, de ridicule, de dépression. Elle est devenue chronique, inguérissable, malgré une surconsommation de psychotropes.
Les Républiques se succèdent, sans grand succès. L’Histoire devient même farceuse à mesure qu’elle se rapproche de nous. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire le journal.
Tous les pays sont des Janus à notre exemple. Certains ont eu la bonne idée de privilégier les bonnes histoires, et la balance leur est favorable. D’autres, au contraire, se sont enfoncés, sans possibilité de retour, dans les égouts de l’Histoire, à coups de génocides, de camps de concentration, de camps d’extermination, de bombes en tous genres qui tuent par centaines de milliers des innocents.
Les poubelles de l’Histoire débordent de leurs méfaits. Et cela continue sous nos yeux, ébahis par tant d’impudence, de mépris et de bêtise.
PS: demain, je vous parlerai des nôtres.
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