Quand un conflit armé arrive au moment qui précède la signature du cessez-le-feu, il est temps de songer à chercher les démineurs et les débombeurs qui élimineront les mines et les bombes qui ont oublié d'exploser et qui gisent ici et là. Le métier est dangereux et la survie d'un tel agent ne dépasse pas les 37 minutes. Il n'intéresse que les écervelés, les têtes brulés et les suicidaires. Quoique nombreux, ils ne se précipitent pas, trop occupés à travailler chez RedBull, à skier sur une piste ultra noire ou à se promener à Soweto. Les robots spécialisés de la Légion Étrangère refusent l'emploi par principe car contraire à leur déontologie : interdiction de se mettre ou de mettre en danger.
Le problème serait résolu par une proposition du cynique. Il a suggéré au ministre des armées de signer un arrêté autorisant les qui de droit à prospecter les unités de soins palliatifs. On y accueille des patients en fin de vie souvent impatients de la quitter car vivre emprisonné dans un lit médicalisé, bardé de tuyaux dans tous les orifices, la peau piquée d'aiguilles pour empêcher de souffrir, fait vivoter dans un semi-coma qui n'a rien de jouissif. Leur donner un moyen de sortir de ce cauchemar, en pleine nature, armé d'un marteau avec le seul devoir de frapper sur le nez de la bête déjà à terre est une perspective enthousiasmante qui devrait vider tous les lits. Partir dans un feu d'artifice au lieu de mourir à petit feu donne une dimension héroïque autant que festive à cette cérémonie des adieux.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire