Vous vous rappelez ce vieux conte soufiste plagié par Andersen qui raconte comment un roi était recouvert d'un tissu merveilleux mais invisible et que seul un enfant osa dire qu'il était nu. La vérité sort de la bouche des innocents, de ceux qui ne se cachent pas derrière l'hypocrisie de la diplomatie. Trump, en plus de ses défauts, a cette qualité rare de dire urbi et orbi ce que le monde pense tout bas et n'ose dire par lâcheté. En proclamant avec un mépris arrogant que l'Amérique considérait le pétrole vénézuélien comme le sien, Trump dit tout haut ce que l'Amérique fait sans interruption depuis l'arrivée des premiers colons descendus du Mayflower: le monde lui appartient. Elle s'en empare sans honte, sans vergogne, sans pitié, par l'argent, l'intimidation, la ruse, le mensonge, la force. Son orgueil impitoyable lui donne le droit, croit-elle, d'être le gendarme du monde, de dicter ses lois, son mode de vie, son culte de l'argent, de la domination des forts.
Trump, par inconscience, imbécilité sénile, révèle ce que les américains dissimulent depuis toujours, sous une phraséologie bienveillante, lénifiante, jésuitique. Il plastronne, provocateur, se vante d'être le président d' un pays voyou, terroriste, impérialiste dont l'état moral est pire qu'il n'était au temps des pères fondateurs, de l'époque de Monroe, car , aujourd'hui, il est aussi la victime des drogues qu'il consomme sans limites, des crimes qui remplissent ses prisons, de deux idéologies opposées qui divisent sa population en deux blocs antagonistes et l'on comprend que cette société corrompue ne sait plus ce qu'elle se fait et fait au reste qui n'est pas américain.
PS: le maître que les USA se sont donnés est un mélange de Néron et de Caligula, deux empereurs romains dont la trace ne s'est pas effacée. On retrouve chez Trump leur goût du spectacle, leur mépris des spectateurs, l'amour de la mise en scène, de la provocation. Comme eux, il se juge au-dessus des lois et se moque des règles. L'empire romain survécut à leurs frasques. Il n'est pas certain que l'américain aura cette résilience.
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