Les mondes s'empilent comme des poupées russes.
Il y a le monde sidéral infini qui englobe tous les autres. C'est une vue théorique que même l'imagination ne sait concevoir.
Le monde intergalactiques est connu des astronomes qui s'y promènent par le bout de leurs lunettes.
Le monde extraterrestre est devenu habitable depuis que l'on s'y promène dans des vaisseaux spatiaux qui, sans être spacieux, sont suffisamment logeables pour que la promiscuité y soit supportable.
Le monde terrestre nous contient. On l'a vu en photo, on s'y est promené, il contient de belles choses, on en entend parlé. Il s'y passe des choses. Il est très peuplé. On y fait la guerre, les catastrophes sont nombreuses, les gens s'entretuent.
Il disparaît dés que l'on ferme le livre, l'album de photos, que l'on éteint la télévision, la radio. On se retrouve alors dans notre monde à nous, une maison ou un appartement, dans une pièce entourée de 4 murs, remplie de meubles, d'objets que l'on connait parce qu'on les a achetés, que l'on s'assoie sur eux, qui nous servent. Si on ouvre la porte, on sort dans un monde plus grand, dans la nature ou la rue d'une ville ou d'un village. Les yeux voient plus loin des arbres, des champs de blé, de colza, de luzerne ou des rues avec des réverbères, des voitures, des vélos, des gens à pied, à trottinettes. Il disparait dès qu'on tourne le dos et un autre le remplace, pas tout à fait le même mais cependant très proche. Il recule quand on avance.
Si nous fermons les yeux, surgit notre monde intérieur. Il ne se projette pas sur la face postérieur des paupières. On n'y voit que du noir un peu strié de blanc, plus ou moins opaque selon la lumière qu'elles reçoivent. Il nous accompagne, on est inséparable, on le transporte. Il est habité par un esprit, une entité en alerte maximum tant que nous sommes éveillé. Elle parle, pense, réfléchit, décide, se souvient. Elle a son caractère, l'impose, bon ou mauvais. Versatile, son humeur change. Son imagination lui joue des tours. La nuit, cette conscience s'endort, livrant la place à l'inconscience, un trésor caché dans un repli inconnu du cerveau. Elle nous fait voyager dans notre monde onirique. Il est unique, chaque nuit nouveau, fantastique où l'extraordinaire est possible. Privé, nul n'y accède. On est étonné à l'entrée, on en sort ébloui, ragaillardi, avec la force de supporter les autres, tous effrayants, inquiétants, dangereux, ennuyeux.
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